En Afrique, la Namibie s’impose comme le deuxième exportateur de viande bovine du continent après l’Afrique du Sud et figure parmi les principaux exportateurs de bovins vivants. La recrudescence d’une maladie contagieuse comme la fièvre aphteuse est une mauvaise nouvelle pour la filière bétail.
En Namibie, les services vétérinaires ont notifié le 23 septembre dernier l’apparition d’un foyer de fièvre aphteuse à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Ce nouvel épisode intervient après une période d’accalmie relative. Le pays d’Afrique australe n’avait en effet plus signalé de foyer de fièvre aphteuse à l’OMSA depuis 2022.
Selon la notification immédiate consultée par l’Agence Ecofin, 63 bovins présentant des signes cliniques de la maladie ont été identifiés lors d’activités de surveillance sanitaire de routine dans la région de Kharas, au niveau du district vétérinaire de Karasburg.
La notification de l’OMSA précise qu’il s’agit d’une première apparition dans la zone concernée, avec une origine de l’infection encore « inconnue ou incertaine ». Le foyer se situe par ailleurs dans la zone namibienne officiellement reconnue comme indemne de fièvre aphteuse sans vaccination, un statut sanitaire important pour le maintien de l’accès de la viande et des animaux namibiens à certains marchés internationaux.
Un coup d’arrêt pour les exportations de bétail
Face à la détection du foyer, les autorités namibiennes ont immédiatement renforcé les mesures de contrôle. Devant le Parlement, le 23 septembre, Charles Mubita, ministre de l’Agriculture, a également annoncé la suspension, avec effet immédiat, de la commercialisation du bétail et des produits d’élevage, tant au niveau national qu’international. Cette interdiction s’appliquera ainsi aux importations, aux exportations et au transit des animaux ciblés et de leurs produits dérivés.
Ces mesures devraient peser directement sur les acteurs de la filière, qui tirent une partie non négligeable de leurs revenus des exportations. Les données compilées sur la plateforme Trade Map montrent par exemple que la Namibie a expédié 33 000 tonnes de bovins, d’ovins et de caprins vivants en 2025, pour une valeur totale de près de 65 millions $.
En ce qui concerne les produits dérivés, les flux de commercialisation font état de près de 13 100 tonnes de viandes bovine, ovine et caprine, générant près de 114,4 millions $ de recettes. Reste à voir dans quelle mesure ce coup d’arrêt pourrait affecter les performances de la filière sur le segment des exportations d’ici la fin de l’année 2026.
Une pression régionale qui s’accentue
Le nouveau foyer namibien intervient surtout dans un contexte sous-régional déjà marqué par une multiplication des notifications de réapparition et de recrudescence de fièvre aphteuse. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs autres pays d’Afrique australe ont signalé des foyers de fièvre aphteuse à l’OMSA, notamment le Zimbabwe, le Botswana, le Lesotho, l’Afrique du Sud, l’Eswatini et le Mozambique.
L’Afrique du Sud est le pays le plus touché dans la sous-région et est considérée comme l’épicentre de l’épizootie. En effet, huit des neuf provinces de la nation arc-en-ciel sont désormais confrontées à une recrudescence de l’épizootie de fièvre aphteuse, affectant aussi bien les exploitations commerciales que les exploitations communautaires depuis 2025.
Pour la Namibie, l’enjeu est désormais de contenir rapidement le foyer afin de limiter sa diffusion au-delà de la zone concernée et de préserver les conditions nécessaires à la reprise des mouvements et du commerce de bétail.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
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Dans un contexte de relance du nucléaire civil à travers le monde, la sécurisation de nouvelles sources d’uranium pour alimenter les réacteurs devient un enjeu croissant. La Chine illustre cette dynamique, avec un parc nucléaire dont la capacité installée progresse rapidement.
Près de sept mois après avoir fait un premier pas en ce sens, la Chine prend officiellement pied dans le projet d’uranium Etango, en Namibie. Bannerman Energy, l’opérateur australien de la future mine, l’a annoncé vendredi 25 septembre, précisant que le partenariat conclu avec Pékin lui permet désormais de réunir les conditions financières nécessaires au lancement des travaux de construction sur le site.
L’intérêt chinois pour Etango avait été formalisé en février dernier avec l’accord conclu entre Bannerman Energy et CNNC Overseas Limited (CNOL), filiale de la compagnie publique China National Nuclear Corporation (CNNC). L’opération prévoyait notamment la création d’une coentreprise chargée de développer et d’exploiter le projet namibien. Sa finalisation confirme désormais l’entrée effective de CNOL au capital de cette entité.
Cela permet à CNOL de détenir 42,75 % d’intérêts directs dans le projet, contre 52,25 % pour Bannerman. Surtout, son investissement de 320,4 millions de dollars permet de financer la construction d’Etango sans recours à la dette, tandis que les futurs besoins de financement seront pris en charge par les deux parties au prorata de leurs participations respectives. Ce partenariat comprend également un accord d’enlèvement donnant à CNOL le droit d’acheter 60 % de la production de la mine pendant toute sa durée de vie, tandis que Bannerman conservera la commercialisation des 40 % restants.
L’uranium namibien n’est en réalité pas étranger à CNNC. Le groupe détient déjà 68,62 % de Rössing et 25 % de Langer Heinrich, deux mines actuellement en production dans le pays. Son entrée dans Etango prolonge donc une présence déjà établie dans le secteur de l’uranium namibien. Elle intervient par ailleurs dans un contexte de développement rapide du nucléaire civil chinois, qui accroît les besoins du pays en sources d’approvisionnement à long terme. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la capacité nucléaire installée de la Chine a progressé de 72 % entre 2016 et 2024. Fin 2025, elle atteignait 62 GWe, tandis que 38 réacteurs, représentant environ 39 GWe, étaient alors en construction, d’après la World Nuclear Association.
Pour qu’Etango puisse jouer toute éventuelle partition dans ces dynamiques, le projet doit franchir l’étape de la décision finale d’investissement (FID), prévue au quatrième trimestre 2026. Les travaux préliminaires se poursuivent déjà sur le site depuis plusieurs mois, mais cette étape doit ouvrir la voie au lancement de la construction à grande échelle et à l’engagement des financements correspondants.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
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Lancé en 2023 pour soutenir les PME affectées par la crise de covid-19, le Fonds islamique de relance a progressivement élargi son portefeuille au cours de ses trois premières années d’activité. Après une opération de 600 millions FCFA en septembre 2026, ses investissements cumulés atteignent désormais 7,5 milliards FCFA.
Le Fonds islamique de relance (FIR), filiale du Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), a porté à 7,5 milliards FCFA (13 millions $) le montant cumulé de ses investissements au Sénégal, à fin septembre 2026.
Ce montant comprend des interventions en fonds propres et des financements sous forme de moudharaba, un mécanisme fondé sur le partage des bénéfices et des risques, selon les principes de la finance islamique. Le nouveau cap a été franchi après une opération de 600 millions FCFA réalisée le mardi 22 septembre au profit de quatre entreprises sénégalaises. Ses récentes opérations montrent une orientation vers le financement de capacités productives, de chaînes de valeur locales et d’infrastructures éducatives dans différents territoires du Sénégal.
Le FIR élargit son portefeuille
Au cours de ses trois premières années d’activité, le Fonds islamique de relance (FIR) a progressivement diversifié ses interventions au-delà de la réponse aux difficultés de financement nées de la crise de Covid-19. Créé avec une enveloppe de 20 milliards FCFA, le fonds avait été structuré dès son lancement, en octobre 2023, autour de deux fenêtres : 5 milliards FCFA destinés au renforcement des fonds propres des entreprises et 15 milliards destinés à des financements sous forme de dette. Le dispositif devait initialement cibler 400 entreprises, avec des interventions comprises entre 10 et 50 millions FCFA.
La stratégie s’est ensuite déployée à travers plusieurs canaux. En octobre 2024, le FIR a ainsi alloué 5 milliards FCFA à Taysir Finance pour financer les PME sénégalaises à un taux annoncé de 5,5 %. Taysir Finance est devenu le troisième partenaire du fonds, après la Banque islamique du Sénégal et Coris Bank Baraka. En janvier 2025, 2,5 milliards FCFA supplémentaires ont été mis à la disposition d’Al Rahma, une institution de microfinance filiale de la Banque nationale pour le développement économique (BNDE), toujours dans le cadre du FIR.
Le volet en fonds propres s’est également matérialisé par des investissements directs. En mars 2025, le FIR a engagé 586,5 millions FCFA dans cinq entreprises sénégalaises : Contanna, Dialibatou, By Tchico, Prozen Industries et la Clinique du Littoral. Ces investissements concernent des activités allant de la transformation de produits agricoles et halieutiques au textile et à la santé.
Un portefeuille désormais plus diversifié
À son lancement, le FIR avait été conçu comme un instrument de relance destiné aux PME et PMI affectées par la crise sanitaire. Près de trois ans plus tard, ses interventions couvrent un éventail plus large d’activités productives, avec des opérations dans l’agroalimentaire, la transformation agricole, la valorisation des ressources locales, le textile, la santé et l’éducation. Le FONSIS présente le fonds comme un instrument destiné à renforcer la résilience des PME, soutenir leur croissance et favoriser la création d’emplois.
Cette diversification s’inscrit dans une stratégie plus large du FONSIS en faveur du financement des entreprises. L’institution indique avoir déployé plusieurs instruments de capital-investissement, dont le FIR, Teranga Capital, le WE! Fund et Oyass Capital, pour près de 86 milliards FCFA. Le FIR constitue ainsi l’une des composantes du dispositif mis en place par le fonds souverain pour améliorer l’accès des entreprises sénégalaises aux capitaux.
Chamberline Moko
La reconnaissance du cinéma africain sur l’échiquier mondial est un débat qui suscite beaucoup d’intérêt lors des rendez-vous internationaux du septième art. Souvent mal comprises et ne jouissant pas de gros budgets hollywoodiens, les productions ne manquent pas cependant d’originalité.
Alors que les cinéastes africains peinent à exporter leurs films, le véritable défi serait de reconquérir les publics africains eux-mêmes. La réconciliation avec les cinéphiles du continent apparaît comme un impératif dans la mesure où la consommation des créations locales s’impose comme un préalable à tout développement.
Pour sa 11e édition qui se déroule du jeudi 24 au dimanche 27 septembre à Kumasi, au Ghana, le Black Star International Film Festival (BSIFF) a pour thème central de la manifestation « Cinéma et culture mondiale : la nouvelle vague du cinéma africain ».
Ce sujet principal se décline en quatre champs, dont le développement du public africain et la promotion du cinéma en langue locale.
Pour son déroulement, les organisateurs ont retenu les films de 11 pays après un casting des candidatures portant sur 42 pays d’Afrique et d’ailleurs : Ghana, Nigeria, Ouganda, États-Unis, Afrique du Sud, Zimbabwe, Chine, Cameroun, Singapour, République dominicaine et Russie.
Rapprocher le cinéma africain de son public et promouvoir le cinéma vernaculaire
« Depuis sa création, le Black Star International Film Festival s’est appuyé sur un principe simple : rapprocher le cinéma du public tout en renforçant à la fois l’art cinématographique et l’industrie du film », informa la plateforme officielle du festival.
Le BSIFF défend l'idée que les films africains doivent d'abord trouver leur public en Afrique avant de viser les marchés occidentaux, mettant ainsi l'accent sur la création d'audiences locales, la diffusion régionale et l'éducation à l'image.
Ce crédo du festival trouve aussi son écho dans la promotion du « Consommons local » tant prôné dans d’autres domaines d’activité économique. Et pour que cette consommation soit digeste, la production en langue locale s’avère importante.
Entre autres objectifs du BSIFF, il s’agit de permettre aux cinéastes africains de raconter des histoires ancrées dans leurs langues et leurs cultures tout en développant des publics durables, capables de soutenir l'industrie sur le long terme.
L'accent est donc mis sur le cinéma en langue vernaculaire, particulièrement visible à travers l'implication de l'industrie Kumawood, célèbre pour ses productions en twi, principale langue parlée dans la région Ashanti. Le déplacement du festival à Kumasi vise aussi à valoriser cette tradition cinématographique populaire qui a bâti son succès grâce aux langues locales plutôt qu'à l'anglais.
Pour rappel, l’étude de l’influence de l’intelligence artificielle dans la narration et le bien-être psychologique des créatifs, sont également des problématiques au cœur du festival.
Ubrick F. Quenum
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Dix ans après l’adoption de l’Amendement de Kigali, plusieurs gouvernements et fondations climatiques veulent accélérer la réduction des HFC et améliorer l’efficacité énergétique des équipements de refroidissement. L’initiative vise à mobiliser 100 millions $ de financements philanthropiques, alors que le parc mondial de climatiseurs pourrait atteindre 5,6 milliards d’unités en 2050.
À l’occasion du 10ᵉ anniversaire de l’Amendement de Kigali, le Rwanda, le Brésil et le Royaume-Uni ont lancé à New York une nouvelle coalition destinée à accélérer le développement de solutions de refroidissement plus durables et moins énergivores. L’initiative s’accompagne d’un objectif de mobilisation de 100 millions $ de financements philanthropiques pour réduire les émissions d’hydrofluorocarbures (HFC) et soutenir le déploiement d’équipements plus respectueux du climat.
Baptisée « Friends of the Kigali Amendment », cette coalition entend renforcer la mise en œuvre de l’accord adopté en 2016 dans le cadre du Protocole de Montréal. Les financements annoncés doivent compléter les ressources publiques et celles mobilisées par le Fonds multilatéral pour la mise en œuvre du Protocole de Montréal.
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— Ministry of Environment - Rwanda (@EnvironmentRw) September 24, 2026
Ten years after the Kigali Amendment, Rwanda, Brazil and the UK have launched the Friends of the Kigali Amendment.
The renewed coalition comes ahead of #MOP38 in Kigali this November.
Read the full press release?? pic.twitter.com/O7Mj4A7Hfy
Cette mobilisation intervient dans un contexte de forte croissance des besoins en refroidissement. Le nombre de climatiseurs installés dans le monde devrait passer de 1,6 milliard d’unités en 2018 à 5,6 milliards en 2050, selon le communiqué. L’enjeu porte notamment sur l’accès à des équipements plus efficaces, alors que le refroidissement joue un rôle croissant dans « la sécurité alimentaire, les hôpitaux et les systèmes de santé, la conservation des vaccins et des médicaments, les infrastructures numériques, la productivité et la résilience face aux vagues de chaleur extrêmes ».
L’action de la coalition reposera sur trois axes : la réduction progressive des HFC, l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements de refroidissement et le renforcement de la gestion des fluides frigorigènes sur l’ensemble de leur cycle de vie. Elle cherchera également à mobiliser davantage de financements publics, privés et philanthropiques.
Le Rwanda veut consolider son rôle dans le refroidissement durable
Pour Kigali, cette initiative intervient alors que le pays cherche à renforcer son rôle dans la promotion de solutions de refroidissement durables. Le Rwanda accueille notamment la prochaine réunion des parties au Protocole de Montréal, la MOP38, prévue en novembre. Les membres de la coalition doivent y faire le point sur leurs engagements et identifier de nouvelles mesures pour accélérer leur mise en œuvre.
À l’échelle africaine, le développement de solutions de refroidissement efficaces répond également à des besoins liés à la sécurité alimentaire, à la santé et aux infrastructures. L’amélioration des chaînes du froid constitue notamment un enjeu pour limiter les pertes de produits agricoles et faciliter leur conservation et leur commercialisation.
La mise en œuvre de l’Amendement de Kigali pourrait par ailleurs contribuer à éviter jusqu’à 0,5 °C de réchauffement d’ici 2100, selon le communiqué. Le texte souligne que des gains supplémentaires pourraient être obtenus en améliorant l’efficacité énergétique des équipements à mesure que la demande mondiale de refroidissement augmente.
Charlène N’dimon
Malgré la remontée de l’inflation en août, la Banque centrale du Ghana estime que les tensions sur les prix restent maîtrisées. Elle relève également l’amélioration des conditions de financement et la solidité du secteur bancaire, dans une économie dont la croissance reste soutenue.
Réuni les 23 et 24 septembre, le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque centrale du Ghana a décidé de maintenir son taux directeur à 14 %. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une remontée de l’inflation et une dynamique économique contrastée.
The Monetary Policy Committee (MPC) of the Bank of Ghana has unanimously maintained the Monetary Policy Rate at 14.0% following its 132nd regular meeting held from 23 to 24 September 2026.
— Bank of Ghana (@thebankofghana) September 24, 2026
The Committee noted the continued resilience of the domestic economy, supported by easing… pic.twitter.com/NOLUeZ2zlP
En août 2026, l’inflation globale a atteint 5 %, contre 4,6 % en juillet, une hausse principalement imputable à l’accélération de l’inflation hors produits alimentaires. Malgré cette progression, l’institution estime que les pressions inflationnistes restent contenues et que la stabilité monétaire doit être préservée. Sur un an, l’inflation demeure nettement inférieure aux 11,5 % enregistrés en août 2025.
Le Comité a souligné la résilience de l’économie nationale, portée par « un assouplissement des conditions de crédit et une amélioration du climat des affaires et de la confiance des consommateurs », tout en reconnaissant les risques inflationnistes liés à la hausse des prix du pétrole brut, aux ajustements tarifaires des services publics et aux tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Parallèlement, le secteur bancaire affiche des signes de solidité. Le taux moyen de prêt a reculé à 15,9 %, contre 24,2 % un an plus tôt, traduisant une amélioration des conditions de financement. D’après l’institution, les banques demeurent solvables, rentables et liquides, avec une qualité d’actifs en amélioration.
Cette décision intervient alors que l’économie ghanéenne affiche une bonne dynamique. Le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 6 % au deuxième trimestre 2026, contre 6,6 % un an plus tôt, principalement soutenu par les secteurs des services et de l’industrie.
Par ailleurs, le cedi, la monnaie nationale, est resté relativement stable. Les réserves internationales brutes s’élevaient à 12 milliards $, soit l’équivalent de 4,5 mois de couverture des importations, au 22 septembre 2026.
Lydie Mobio
Dans une Afrique où quelques grandes plateformes concentrent une part importante des correspondances internationales, Kampala cherche à faire émerger une alternative à l’Est. Uganda Airlines entend pour cela s’appuyer sur l’aéroport d’Entebbe, et sur l’élargissement progressif de son réseau.
A partir du 27 octobre 2026, Uganda Airlines desservira Accra quatre fois par semaine, sur une liaison reliant Entebbe à la capitale ghanéenne en Boeing 737-800, via Lagos. Selon AviationGhana, la compagnie deviendra ainsi le quatrième transporteur d’Afrique de l’Est à desservir Accra, après Kenya Airways, Ethiopian Airlines et Air Tanzania.
Uganda Airlines présente cette expansion comme un moyen de renforcer les échanges commerciaux, touristiques et de fret entre l’Afrique de l’Est et de l’Ouest, tout en améliorant l’accessibilité de l’Ouganda à partir d’autres régions du continent. Cette stratégie survient après une première phase d’expansion marquée par l’ouverture de liaisons vers plusieurs destinations, notamment Nairobi, Dubaï, Mogadiscio, Lagos et Mumbai. La compagnie, relancée en 2019 après près de deux décennies d’interruption de l’activité de la compagnie nationale, revendique désormais près de 1 million de passagers transportés et une progression de ses revenus.
Son réseau reste principalement concentré sur l’Afrique de l’Est et de l’Ouest, mais il s’étend progressivement vers d’autres marchés. Des liaisons existantes ou projetées concernent notamment le Moyen-Orient, avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, l’Europe, avec Londres-Gatwick et Istanbul, ainsi que l’Asie, avec Guangzhou et Mumbai. Cette évolution traduit la volonté de Kampala de consolider progressivement la connectivité internationale du pays.
De la croissance du réseau à l’ambition de hub
L’expansion du réseau s’accompagne d’une ambition plus large pour l’aéroport international d’Entebbe. Le choix d’investir dans une flotte plus importante doit permettre à Uganda Airlines de renforcer les capacités de la plateforme et de la rapprocher du modèle de hub régional incarné par Nairobi ou Addis-Abeba. L’objectif est notamment de capter davantage de trafics en correspondance entre différentes régions du continent.
Cette montée en puissance intervient toutefois alors que le transporteur doit encore consolider ses bases opérationnelles et financières. Ces dernières années, Uganda Airlines a connu des reports et des annulations de vols, tandis que l'augmentation de sa flotte et de son réseau a accru les exigences liées à l'exploitation. En août 2025, sa direction anticipait une hausse de 14 % des pertes pour l'exercice en cours, après des pertes évaluées à 237 milliards de shillings (environ 60,6 millions USD). La compagnie fait également face à un niveau d’endettement élevé et à des enjeux de gouvernance.
Les autorités ougandaises ont engagé plusieurs mesures pour accompagner le redressement du transporteur. Parmi elles figure la nomination de Girma Wake, ancien directeur général d’Ethiopian Airlines, à la tête de la compagnie. Uganda Airlines a également signé avec Boeing un accord portant sur l’acquisition de 10 appareils, pour un montant estimé à 985 millions USD.
L’ouverture d’Accra et le lancement prévu de vols quotidiens vers Kigali à partir du 18 novembre s’inscrivent ainsi dans une stratégie plus large. Pour Kampala, l’enjeu est désormais de transformer l’élargissement du réseau et l’augmentation des capacités de la flotte en trafic régulier et en revenus suffisants pour soutenir durablement le développement du transporteur. La fiabilité des opérations, la maîtrise des coûts et la capacité à remplir les appareils seront notamment déterminantes pour concrétiser les ambitions de la compagnie qui cherche à se faire une place sur des marchés où plusieurs transporteurs africains disposent déjà de réseaux bien établis.
Henoc Dossa
En juillet 2026, le Mali et le Burkina Faso enregistrent les taux d’inflation les plus élevés de l’UEMOA, tandis que le Niger reste en déflation. À l’échelle régionale, l’inflation repart progressivement à la hausse, notamment sous l’effet de l’alimentation et des transports.
En juillet 2026, l’inflation a atteint 2,8 % au Mali et 2,3 % au Burkina Faso, les deux taux les plus élevés de l’UEMOA, tandis que les prix ont reculé de 2 % au Niger sur un an. Ces chiffres soulignent le contraste entre les trajectoires des trois pays de l’AES, selon le rapport sur la politique monétaire dans l’UMOA publié par la BCEAO en septembre.
Le Niger affiche ainsi le taux d’inflation le plus faible de toute l’organisation et reste le seul pays de l’AES en situation de déflation. Cela s’observe depuis plusieurs mois, même si la baisse des prix s’est nettement atténuée par rapport à l’année précédente, où le taux de déflation atteignait 9,1 % en juillet. À l’inverse, l’inflation s’accélère au Mali et au Burkina Faso, où elle dépasse désormais la moyenne régionale, établie à 1,2 % en juillet.
Des trajectoires économiques contrastées
Ces écarts interviennent dans un contexte où les conditions économiques et d’approvisionnement diffèrent entre les trois pays. Leurs économies devraient néanmoins rester en croissance en 2026, à des rythmes contrastés.
Au Niger, l’activité devrait rester dynamique, portée par la montée en puissance des exportations pétrolières et l’agriculture. Le FMI prévoit une croissance de 6,7 % en 2026, après 7 % en 2025.
Au Burkina Faso, la croissance devrait ralentir à 4,9 % en 2026, contre 5,3 % en 2025, soutenue par les secteurs minier et agricole. Au Mali, le FMI table sur une croissance de 5,5 %, après 4,9 % en 2025, soutenue notamment par la reprise de la production d’or et l’agriculture. Cette trajectoire reste toutefois exposée aux risques sécuritaires, aux difficultés d’approvisionnement en carburant et aux contraintes de financement.
Le cas du Niger reste particulier. Après une forte inflation en 2024 (+9,1 %), le pays a connu une nette baisse de l’inflation en 2025. La BCEAO l’explique notamment par l’amélioration de l’offre alimentaire régionale et un effet de base favorable. La déflation ne signifie toutefois pas que tous les produits deviennent moins chers : elle indique que le niveau général des prix est inférieur à celui observé un an auparavant.
L’inflation remonte progressivement dans l’UEMOA
À l’échelle de l’Union, la dynamique commence à changer. Après une inflation moyenne nulle en 2025, les prix ont progressivement augmenté en 2026. L’inflation sous-jacente a également progressé, signalant une remontée des pressions sur certains postes de consommation.
L’alimentation et les transports figurent parmi les principaux moteurs de cette évolution. En glissement annuel, les prix alimentaires ont augmenté de 0,8 % en juillet, après une stabilité en juin. Les transports ont progressé de 3,7 %, tandis que les restaurants et hôtels sont passés à 1,7 %. Le logement a augmenté de 1,5 %, mais à un rythme inférieur à celui de juin (+1,9 %).
Les marchés internationaux constituent également un point de vigilance. En juillet, les prix des principaux produits alimentaires importés par l’UEMOA ont augmenté de 9,2 % sur un an, après plusieurs mois de baisse. L’huile, le blé et le riz ont notamment enregistré des hausses marquées.
Pour l’ensemble de l’année, la BCEAO prévoit une inflation moyenne de 1 % en 2026 et de 1,9 % en 2027.
Carelle Yourann (stagiaire)
Edité par M.F. Vahid Codjia
Avec un taux de chômage de 22,9 % au premier trimestre 2026, qui atteint 28,4 % chez les jeunes, le Sénégal cherche à renforcer les perspectives d’insertion professionnelle. Le projet de nouvelle raffinerie porté par la SAR et Yamata mise notamment sur le contenu local, à travers les métiers de l’ingénierie, de la maintenance et de la logistique industrielle.
Le partenariat conclu entre la Société africaine de raffinage (SAR) et la compagnie turque Yamata devrait générer plus de 15 000 emplois directs pendant la construction de la nouvelle raffinerie prévue au Sénégal. Le projet accorde une place importante au contenu local, notamment dans les métiers de l’ingénierie, de la maintenance et de la logistique industrielle.
L’accord, signé le mercredi 23 septembre en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, prévoit la construction d’une deuxième raffinerie d’une capacité de 4 millions de tonnes par an, pour un investissement estimé entre 2 et 3 milliards de dollars. Yamata prendra en charge l’ingénierie, les achats, la construction et le financement du projet, sans garantie souveraine de l’État.
Un projet dans un marché de l’emploi sous tension
Cette perspective intervient alors que le marché du travail sénégalais reste marqué par un niveau élevé de chômage. Le taux de chômage a atteint 22,9 % au premier trimestre 2026, contre 21,7 % un an plus tôt. Le taux de chômage des jeunes s’établissait à 28,4 %.
Le gouvernement multiplie ainsi les initiatives destinées à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et à développer les possibilités d’emploi. Parmi elles figure le Fonds d’amorçage du Projet de formation professionnelle et d’insertion (PFPI), qui vise à faciliter l’accès à l’emploi de plus de 100 000 jeunes d’ici 2027, dont 70 % de femmes.
Doté de 1,8 milliard FCFA (3,1 millions $), le programme doit également soutenir les projets entrepreneuriaux et d’auto-emploi des jeunes âgés de 18 à 35 ans, notamment dans l’agriculture et les systèmes agroalimentaires.
Au-delà des emplois directement liés à la construction, le projet de raffinerie devrait favoriser le développement de nouvelles activités industrielles et renforcer les compétences locales, selon le gouvernement sénégalais. Le partenariat prévoit notamment des projets dans la pétrochimie, avec l’objectif de renforcer la transformation locale des dérivés du pétrole.
Charlène N’dimon
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La RDC prépare l’ouverture de sa future bourse des valeurs mobilières, dans un marché des capitaux encore largement porté par les titres publics. Kadoo Securities explore les possibilités d’y développer des activités de courtage, de conseil en investissement et de gestion de fonds.
Kadoo Securities s’intéresse au marché congolais des capitaux. Une délégation de cet intermédiaire financier a rencontré le mercredi 23 septembre le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, dans le cadre d’une réunion facilitée par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (Anapi).
Au cours de cette rencontre, Kadoo Securities a présenté son projet d’implantation en RDC et son intérêt pour le développement de ses activités sur le marché local des capitaux. La société de bourse a été mise en relation avec la direction compétente de la BCC afin de poursuivre les échanges sur son projet. Les discussions ont notamment porté sur les activités que Kadoo pourrait développer en RDC, notamment le courtage de valeurs mobilières, le conseil en investissement et la gestion de fonds. Des séances de travail techniques pourraient permettre d’examiner plus en détail le projet, les activités envisagées et les conditions d’accès au marché congolais.
Les échanges ont également porté sur les opportunités d’investissement, le cadre réglementaire, le climat des affaires et les possibilités de renforcer la coopération économique entre la Tanzanie et la RDC. Pour le moment, il n’est pas encore question pour Kadoo d’obtenir une licence, de créer une filiale ou de commencer ses opérations en RDC. Il s’agit plutôt d’un « intérêt manifesté » pour le marché congolais.
Une bourse en préparation
Cet intérêt pour la RDC intervient alors que le pays prépare la mise en place de son marché boursier, dénommé Kinshasa Stock Exchange. La RDC prévoit de lancer les activités de sa bourse et d’enregistrer ses premières opérations de cotation entre juin et décembre 2027. Cette échéance, annoncée début septembre par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, fait suite à la promulgation, le 20 août, de la loi n°26/034 relative aux marchés boursiers. Le texte établit le cadre juridique nécessaire à l’organisation, au fonctionnement et à la supervision du marché boursier congolais.
La mise en place de cette infrastructure bénéficie par ailleurs de l’appui de la Société financière internationale (SFI). Le gouvernement congolais et l’institution du Groupe de la Banque mondiale ont signé, le 18 juin 2026, un accord de coopération destiné à accompagner le développement de la première Bourse de valeurs mobilières du pays.
Un marché en transition
Kadoo s’intéresse à un marché des capitaux congolais qui évolue encore principalement autour des titres publics, notamment des bons et obligations du Trésor, tandis que les autorités travaillent à élargir les instruments de financement disponibles pour les entreprises et les investisseurs. Au 17 juin 2026, l’encours global des titres publics en RDC a atteint 7 027,1 milliards de francs congolais, selon des données communiquées par la Banque centrale du Congo.
L’intérêt de Kadoo intervient donc dans un marché qui dispose déjà d’un segment consacré aux titres publics, mais dont le compartiment boursier est encore en construction. Pour l’intermédiaire tanzanien, les prochaines étapes dépendront notamment de l’évolution du cadre réglementaire et des conditions d’accès au marché congolais.
Chamberline Moko
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