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La Zambie veut renforcer ses liens économiques avec les Émirats arabes unis, alors que Lusaka cherche à attirer davantage de capitaux pour développer ses infrastructures et transformer localement ses ressources minières. La visite du président Hakainde Hichilema doit notamment déboucher sur de nouveaux accords de coopération.

Le président zambien Hakainde Hichilema (photo) effectuera une visite de travail aux Émirats arabes unis du mardi 29 au mercredi 30 septembre, à l’invitation du président émirati, Mohamed bin Zayed Al Nahyan.

Cette visite vise à renforcer les relations bilatérales et à attirer davantage d’investissements dans le cadre de l’agenda économique « Grow Zambia ». Les deux pays doivent notamment faire le point sur leurs engagements existants, identifier les éventuels retards dans leur mise en œuvre et relancer la coopération dans plusieurs secteurs prioritaires.

Les deux dirigeants tiendront une réunion bilatérale officielle qui devrait aboutir à la signature de protocoles d’accord (MoU) destinés à approfondir la coopération et à traduire les engagements bilatéraux en investissements et en projets concrets. Les discussions porteront notamment sur l’exploitation minière et la transformation locale des minerais, l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, les transports et la logistique, le tourisme et la santé. La Zambie souhaite également faire avancer les négociations en vue d’un accord de partenariat économique global (CEPA) avec les Émirats.

Un forum d’affaires et d’investissement, des rencontres avec des dirigeants d’entreprises émiratis ainsi que des échanges avec la communauté zambienne installée dans le pays sont également prévus. L’objectif est de faciliter de nouveaux partenariats privés et de stimuler les flux d’investissement et de commerce.

Cette visite présidentielle s’inscrit dans un rapprochement diplomatique. La Zambie a ouvert son ambassade à Abou Dhabi en 2023, tandis que les EAU ont récemment nommé leur premier ambassadeur résident en Zambie en septembre 2026.

Le cuivre au cœur des intérêts économiques

Le cuivre constitue la principale source de recettes d’exportation de la Zambie, qui figurait en 2024 parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre, selon l’US Geological Survey (USGS).

Les EAU constituent un débouché important pour les exportations zambiennes de cuivre. Selon les données de l’Observatoire de la complexité économique (OEC), les exportations de cuivre et d’articles en cuivre vers le marché émirati ont atteint 244 millions de dollars en 2024, contre 94,5 millions de dollars un an plus tôt.

Cette dynamique s’accompagne d’un renforcement des investissements émiratis dans le secteur minier zambien. Depuis 2023, la société International Resources Holding (IRH) a injecté plus de 1,1 milliard de dollars dans Mopani Copper Mines. Devenue actionnaire majoritaire de l’entreprise avec 51 % du capital en 2024, IRH soutient un plan d’expansion destiné à porter la production de cuivre à 200 000 tonnes par an, grâce notamment à l’augmentation de la production de minerai.

Charlène N’dimon

Edité par M.F. Vahid Codjia

Le secteur minier africain prend doucement mais sûrement un nouveau virage. Il ne s’agit plus seulement d’extraire les ressources, mais aussi de développer des capacités de raffinage pour retenir davantage de valeur sur le continent. L’or figure parmi les filières qui portent cette ambition.

Près de trois ans après la pose de la première pierre, le Burkina Faso s’apprête désormais à accueillir sa première raffinerie d’or. Baptisée Raffinor-BF, cette installation d’une capacité d’affinage de 150 tonnes par an sera officiellement inaugurée ce lundi 28 septembre 2026. Mais au-delà de cette étape, le pays devra désormais s’atteler à relever le défi de valoriser effectivement son or dans des conditions permettant à l’usine d’exploiter pleinement son potentiel.

Lancée en novembre 2023 avec la société malienne Marena Gold, Raffinor-BF est aujourd’hui portée par la SONASP, qui détient, selon le rapport ITIE 2024, 100 % de la raffinerie après le rachat des titres initialement détenus par son partenaire malien. D’un coût estimé à 7 milliards de FCFA (environ 12 millions de dollars), hors valeur foncière, selon l’ITIE-Burkina Faso, l’installation vise une production d’or à 99,99 % de pureté. Elle devra pour cela s’approvisionner auprès des exploitations industrielles et artisanales, mais aussi recourir aux importations, ajoute l’organisation.

Sécuriser la production nationale

C’est précisément à la question de l’approvisionnement que Ouagadougou devra désormais s’attaquer. Comme toute unité industrielle, Raffinor-BF devra disposer d’un flux régulier de matière première pour exploiter sa capacité annuelle d’affinage de 150 tonnes d’or dans des conditions permettant de maintenir un équilibre entre coûts d’exploitation et rentabilité. Cette ambition intervient alors que la production nationale a dépassé 94 tonnes en 2025, dont près de 43 tonnes issues de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée.

Ce niveau de production traduit en réalité une progression importante depuis le lancement du projet. En 2022, le Burkina Faso avait déclaré 57,67 tonnes d’or issues de l’exploitation industrielle et environ 0,48 tonne provenant de l’artisanat. Depuis, les autorités ont notamment entrepris de renforcer leur contrôle sur la filière artisanale, à travers la collecte de l’or par la SONASP. Mais aussi importante soit-elle, la hausse de la production nationale ne garantit pas systématiquement l’approvisionnement de l’usine. Raffinor-BF devra encore trouver sa place dans les circuits d’approvisionnement des grandes mines, en complément de l’or artisanal entrant dans les circuits gérés par l’État.

Les dynamiques autour de l’or industriel sont particulièrement importantes. Le cadre réglementaire actuellement en vigueur dans le pays offre déjà un levier dans ce sens. Le Code minier adopté en 2024 impose aux titulaires de permis d’exploitation industrielle de grande ou de petite mine de transformer ou valoriser une partie de leur production sur le territoire national. Un décret adopté en avril 2025 est venu préciser le cadre applicable à cette obligation. Pour l’or, il prévoit notamment que la production concernée est le lingot brut susceptible d’être affiné dans une raffinerie, tandis que la proportion à transformer ou valoriser doit être fixée par arrêté du ministère des Mines.

Pour les autorités, l’enjeu sera donc de créer les conditions commerciales susceptibles d’inciter les producteurs industriels à respecter la réglementation et à réserver une part de leur or à la nouvelle capacité nationale de raffinage. Le Ghana offre à cet égard un précédent intéressant. Depuis juillet 2026, le gouvernement a conclu un accord avec les mineurs industriels pour racheter 30 % de leur production, avec pour objectif notamment d’alimenter les capacités de raffinage locales.

La piste des importations à ne pas écarter

Au-delà de la production nationale, la mention des importations par l’ITIE n’est pas anodine. Le recours à des sources extérieures pourrait élargir le bassin d’approvisionnement de la nouvelle usine. D’autant plus que la trajectoire que prendra la production nationale dans la durée reste encore à déterminer. Les pays voisins pourraient constituer une première source potentielle en raison de leur proximité, mais cette option devra composer avec l’émergence de plusieurs projets de raffinage dans la région, qui cherchent eux aussi à capter une part des flux d’or disponibles.

De la Guinée au Mali, en passant par la Côte d’Ivoire, plusieurs projets avancent ainsi avec des capacités ambitieuses. La Guinée, par exemple, entend se positionner comme un pôle régional avec la Nimba Gold Refinery, dont la capacité est annoncée à plus de 2 300 kg par jour et pourrait être portée à plus de 500 tonnes par an. Cet environnement potentiellement concurrentiel souligne davantage l’étendue de l’enjeu pour Ouagadougou, alors que de précédents cas illustrent les difficultés liées à l’approvisionnement durable d’une raffinerie. Au Ghana, la Gold Coast Refinery est longtemps restée sous-utilisée avant de bénéficier d’un accord avec le Ghana Gold Board, tandis qu’en Afrique du Sud, le recul de la production nationale a également poussé Rand Refinery à diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment à l’étranger.

Pour le Burkina Faso, la mise en service de Raffinor-BF n’annonce donc que le début du chemin à parcourir. Sa capacité à mobiliser durablement les volumes nécessaires au bon fonctionnement de l’usine déterminera dans quelle mesure le pays pourra concrétiser ses ambitions de transformation locale. Le niveau toujours élevé des prix de l’or offre en tout cas un environnement porteur pour ce nouveau pari industriel dans cette filière stratégique de l’économie burkinabè.

Aurel Sèdjro Houenou

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La Zambie veut faire passer la part d’hydroélectricité dans son mix d’environ 85 % à 42 % d’ici 2031. Déjà en forte progression ces dernières années, le solaire doit occuper une place croissante dans cette diversification. 

Le projet solaire Maamba entre progressivement en service au moment où le gouvernement zambien précise son ambition de réduire fortement la domination de l’hydroélectricité dans le mix électrique d’ici 2031. D’une capacité de 100 MWac, la centrale a en effet a injecté pour la première fois de l’électricité dans le réseau national la semaine écoulée.

Développée par Maamba Solar Energy Limited, détenue à 65 % par Nava Global et à 35 % par ZCCM Investments Holdings, elle représente un investissement d’environ 90 millions USD. Sa production est couverte par un contrat d’achat d’électricité de 20 ans avec ZESCO. Le projet reste en phase de « commissioning », avec des essais à achever avant son exploitation commerciale complète.

Maamba rejoint un parc solaire qui est déjà en forte progression depuis quelques années. La capacité solaire installée en Zambie est passée de 88 MW en 2021 à environ 841 MW en 2026, selon le ministère de l’Énergie. Elle représente désormais plus de 18 % des capacités du pays, contre moins de 3 % cinq ans auparavant. Cette croissance s’est notamment appuyée sur des centrales comme celles d’Itimpi et Chisamba.

Mais cette progression doit encore se poursuivre. Selon les projections gouvernementales, le solaire atteindrait 2 733 MW en 2031, soit environ 26 % du mix, contre 4 279 MW et 42 % pour l’hydroélectricité. Le thermique atteindrait, lui, 2 555 MW pour une capacité totale d’environ 10 182 MW. Ces projections ne prennent en compte, selon le ministère, que les projets déjà en cours de mise en œuvre. 

La sécheresse de 2023-2024, qui avait fortement affecté la production des barrages hydroélectriques et provoqué des délestages, a en effet accéléré cette recherche d’un mix moins dépendant des conditions hydrologiques. Avec Maamba, cette diversification gagne donc 100 MW, alors que d’autres projets sont encore en construction.

Abdoullah Diop

Edité par : Feriol  Bewa

L’endettement public nigérian poursuit sa progression malgré les réformes engagées depuis 2023 pour assainir les finances publiques. La hausse enregistrée au deuxième trimestre intervient alors que le service de la dette continue de peser lourdement sur les recettes de l’État fédéral.

Au Nigeria, la dette publique totale s’est établie à 120,93 milliards de dollars au 30 juin, contre 114,95 milliards de dollars au 31 mars. Cela représente une augmentation de 5,98 milliards de dollars.

Selon les données du Debt Management Office (DMO) publiées le vendredi 25 septembre, cette progression concerne les deux composantes de la dette publique. La dette intérieure représente 54,91 % de l’encours total. Elle est passée de 63,05 milliards de dollars à 66,41 milliards de dollars, soit une augmentation de 3,36 milliards de dollars.

Dans le même temps, la dette extérieure a également progressé pour s’établir à 54,52 milliards de dollars, contre 51,90 milliards de dollars trois mois auparavant, soit une hausse de 2,62 milliards de dollars. Sa part dans l’endettement public s’établissait à 45,09 %.

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Parallèlement, le gouvernement fédéral concentre la majeure partie de cet endettement. Fin juin, ses engagements atteignaient 47,69 milliards de dollars au titre de la dette extérieure et 63,08 milliards de dollars au titre de la dette intérieure. Les États et le territoire de la capitale fédérale (FCT) cumulaient, pour leur part, respectivement 6,83 milliards et 3,32 milliards de dollars de dette.

Cette hausse intervient alors que le gouvernement nigérian a approuvé le paiement de plus de 1240 entrepreneurs locaux intervenant dans divers ministères, départements et agences (MDAs), pour un montant total d’environ 700 milliards de nairas au cours des derniers mois. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie visant à réduire les arriérés, à renforcer la crédibilité financière de l’État et à améliorer l’exécution des projets d’infrastructures à travers le pays.

Des finances publiques toujours sous pression

Depuis 2023, le gouvernement nigérian mène une politique de réformes visant notamment à réduire les déficits et à stabiliser les finances publiques. La suppression de la subvention aux carburants, la réforme du marché des changes et le resserrement monétaire ont contribué à améliorer certains équilibres macroéconomiques, selon le FMI. Toutefois, le pays reste confronté à des pressions budgétaires persistantes et à un coût élevé du service de la dette.

Pour 2026, le FMI estime que les intérêts de la dette pourraient absorber environ 53,7 % des recettes du gouvernement fédéral.

L’institution financière souligne que « les progrès en matière de stabilité macroéconomique, le renforcement de la position extérieure et l’amélioration de la sécurité devraient soutenir la croissance et permettre à la dette de suivre une trajectoire stable ».

Lydie Mobio

Edité par M.F. Vahid Codjia

D’ici 2035, la Côte d’Ivoire entend se hisser au rang de premier producteur africain d’or, un statut actuellement détenu par le Ghana. Cette ambition repose notamment sur les nouveaux projets en développement dans le pays, parmi lesquels Koné, dont la construction a démarré fin 2024.

La compagnie minière canadienne Montage Gold a annoncé dimanche 27 septembre la première coulée d’or de sa mine Koné, en Côte d’Ivoire. Cette étape marque l’entrée en production de l’actif, moins de deux ans après le démarrage de sa construction, avec l’objectif d’en faire à terme la prochaine grande mine d’or du pays.

Projet budgétisé à 712 millions USD, Koné est conçu pour une durée de vie de 16 ans, avec une production annuelle projetée supérieure à 300 000 onces au cours de ses huit premières années d’exploitation. Montage Gold indique avoir réalisé la première coulée le samedi 26 septembre, avec environ 1 140 onces d’or produites à partir du circuit destiné au traitement des minerais oxydés. Celui-ci constitue, avec le circuit de traitement de la roche dure, l’une des principales installations de traitement du site.

Cette réalisation vient alimenter les ambitions de la Côte d’Ivoire, qui entend se positionner comme le premier producteur africain d’or à l’horizon 2035. Avec Koné, le pays accueille sa 14ème mine d’or en exploitation, aux côtés de Lafigué, Séguéla, Yaouré ou encore Ity, l’actuelle plus grande mine d’or. Abidjan ambitionne de porter sa production au niveau du cap des 100 tonnes d’or d’ici la prochaine décennie, contre 59,33 tonnes enregistrées en 2025. Il faudra toutefois encore attendre plusieurs mois pour voir Koné atteindre sa pleine capacité afin de s’inscrire pleinement dans cet agenda.

Montage Gold entend lancer la production commerciale à l’usine de minerais oxydés au quatrième trimestre 2026. La mise en exploitation de Gbongogo, le gisement principal du site, est également prévue dans la même période, tandis que celle d’autres gisements satellites devrait commencer en 2027. L’achèvement de l’usine de roche dure devrait quant à lui intervenir au deuxième trimestre 2027. En attendant, le projet contribue déjà à l’économie ivoirienne notamment via sa main-d’œuvre, avec 3 600 emplois directs créés depuis le début des travaux selon la compagnie, dont 95 % occupés par des ressortissants ivoiriens.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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18/09/2026 - Premier producteur d’or d’Afrique d’ici 2035 : la Côte d’Ivoire fixe le cap de ses ambitions

Alors que les principales compagnies africaines cherchent à consolider leurs hubs, le Ghana veut renforcer sa propre position dans la géographie aérienne ouest-africaine. Le projet de compagnie nationale pourrait constituer l’un des instruments de cette ambition.

Le Ghana veut relancer sa compagnie aérienne nationale après plus de 15 ans d’absence, mais cette fois avec une ambition allant au-delà du transport de passagers. Les discussions engagées la semaine dernière avec Boeing portent également sur la maintenance aéronautique, la formation, le transfert de technologies et le développement de compétences locales, avec l’objectif affiché de renforcer la place du pays dans l’industrie aéronautique ouest-africaine.

Une nouvelle tentative pour ressusciter la compagnie nationale

En avril 2026, le ministère ghanéen des Transports avait lancé un processus de sélection d’un partenaire stratégique pour la création d’une nouvelle compagnie aérienne nationale. Le futur transporteur doit être établi à Accra et fonctionner comme une plateforme de connectivité régionale et intercontinentale. Le schéma envisagé prévoit une activité long-courrier vers l’Europe, l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient et l’Asie, ainsi que des liaisons régionales. Une division fret intégrée est également prévue afin de soutenir les échanges commerciaux et la logistique.

Le projet intervient dans un contexte marqué par plusieurs échecs. Ghana Airways, créée en 1958, a cessé ses activités en 2004 après plusieurs années de difficultés financières, de tentatives de restructuration et d’endettement. Ghana International Airlines lui a succédé en 2005, mais la compagnie n’a opéré que pendant environ cinq ans.

Depuis 2016, Accra a multiplié les tentatives pour remettre sur pied un transporteur national. Le Ghana a notamment négocié avec Air Mauritius et Ethiopian Airlines, avant d’explorer d’autres partenariats avec Abu Dhabi Aviation, EgyptAir et Ashanti Airlines. En 2025, le gouvernement de John Dramani Mahama avait également engagé des discussions avec le groupe espagnol West Atlantic. Ces différentes initiatives n’ont finalement pas permis de lancer durablement une nouvelle compagnie nationale.

Boeing appelé à intervenir au-delà des avions

Les discussions engagées avec Boeing donnent désormais une dimension différente au projet. Lors d’une rencontre avec des dirigeants du constructeur américain, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le président John Dramani Mahama a indiqué que le Ghana souhaitait établir avec Boeing un partenariat dépassant l’acquisition d’appareils.

L’un des principaux axes étudiés concerne la création au Ghana d’un centre régional de maintenance, de réparation et de révision aéronautique, ou MRO (Maintenance, Repair and Overhaul). Celui-ci pourrait fournir des services aux compagnies opérant en Afrique de l’Ouest et, plus largement, sur le continent.

Pour Accra, cette infrastructure permettrait de compléter l’activité de la future compagnie par une capacité technique susceptible de servir d’autres transporteurs. Les discussions portent également sur la formation aéronautique, le développement des compétences et le transfert de technologies, avec la perspective de créer des emplois qualifiés dans un secteur qui nécessite une main-d’œuvre spécialisée.

Un calendrier encore conditionné à la mise en place du projet

Boeing estime que le retour de la compagnie nationale dans le ciel pourrait intervenir dans un délai d’environ 18 mois, à condition que le gouvernement mette en place les structures et les modalités nécessaires à la réalisation du projet. Cette échéance constitue donc une perspective et non un calendrier définitif d’entrée en exploitation.

Toutefois, l’objectif reste ambitieux compte tenu des étapes restantes à franchir. Au-delà de la compagnie, Accra devra notamment parvenir à transformer ce projet en activité aéronautique durable, capable de générer suffisamment de trafic et de revenus pour soutenir son développement, tout en construisant progressivement les compétences et les infrastructures locales envisagées dans le partenariat avec Boeing.

Henoc Dossa

La Namibie cherche à renforcer la transformation locale de ses minerais critiques, alors que la Chine occupe déjà une place importante dans l’exploitation de l’uranium. Windhoek veut diversifier ses partenariats et industrialiser son secteur minier.

La présidente namibienne, Netumbo Nandi-Ndaitwah (photo), a invité la semaine dernière les entreprises américaines à investir dans l’ensemble de la chaîne de valeur des minerais critiques, lors d’une table ronde organisée à New York par la Chambre de commerce américaine. L’offre couvre l’exploration, l’exploitation, le traitement, le raffinage et la fabrication.

L’uranium, le lithium, les terres rares, le cuivre, le cobalt, le graphite, le manganèse, le tantale et l’étain figurent parmi les ressources ciblées. Windhoek cherche ainsi à attirer les technologies et les capacités industrielles nécessaires pour accroître leur transformation sur place.

Cette démarche intervient après le renforcement de la coopération avec la Chine. En juillet, lors d’une visite d’État à Pékin, Nandi-Ndaitwah a conclu huit accords portant notamment sur les minerais, l’énergie, les infrastructures et les technologies. Les deux pays sont convenus d’approfondir leur coopération dans l’uranium, le lithium et les terres rares, avec un accent sur le traitement local, le transfert de technologies et le développement des compétences.

L’uranium mesure l’empreinte chinoise

Selon les données de l’American Enterprise Institute citées par Reuters, les entreprises chinoises ont investi environ 4,2 milliards de dollars en Namibie, dont la quasi-totalité dans les mines. La Chine absorbe par ailleurs environ un quart des exportations namibiennes, selon le FMI. Parmi les biens namibiens exportés vers la Chine, près de 85 % sont constitués d’uranium.

Les groupes chinois sont présents dans les trois mines en activité. China National Nuclear Corporation (CNNC) détient 68,62 % de Rössing et 25 % de Langer Heinrich, tandis que des capitaux chinois possèdent 90 % de Husab, aux côtés d’Epangelo, l’entreprise publique namibienne. En 2025, la Namibie s’est classée troisième producteur mondial et première productrice africaine d’uranium.

L’empreinte chinoise s’étend aussi aux capacités futures. Le 25 septembre, CNNC Overseas Limited (CNOL) a finalisé son entrée dans Etango, le projet de l’australien Bannerman Energy, après un investissement de 320,4 millions de dollars. CNOL détient indirectement 42,75 % du projet, qui pourrait devenir la quatrième mine d’uranium du pays. Bannerman dispose d’un permis depuis 2023 et les travaux préparatoires ont commencé. La décision finale d’investissement est attendue au quatrième trimestre 2026. Etango doit produire en moyenne 1 588 tonnes d’oxyde d’uranium (U₃O₈) par an, dont CNOL pourra acheter 60 % sur la durée de vie de la mine, à un prix indexé sur le marché.

Washington cherche à prendre position

L’ouverture de la Namibie aux entreprises américaines intervient alors que Washington cherche à sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement en minerais critiques. Le 23 juillet, l’administration Trump a lancé un programme de 500 millions de dollars destiné à soutenir, en Afrique subsaharienne, des projets d’exploration, de transformation, de raffinage et d’infrastructures minières.

Les financements, compris entre 5 et 50 millions de dollars par projet, doivent diversifier les approvisionnements américains, renforcer la présence des entreprises américaines dans les chaînes de valeur africaines et développer les capacités locales. Cette stratégie répond notamment à la croissance des besoins américains en ressources indispensables aux batteries, aux technologies énergétiques et à d’autres industries stratégiques.

La présence américaine reste toutefois plus limitée en Namibie. NANO Nuclear Energy avait signé en 2025 un protocole d’accord portant sur des infrastructures liées à la chaîne de valeur du combustible nucléaire. L’appel de Nandi-Ndaitwah élargit désormais la coopération potentielle à l’ensemble des minerais critiques et aux activités situées en aval de l’extraction. Pour la Namibie, l’enjeu est de convertir l’intérêt de ces différents partenaires en capacités industrielles locales. L’interdiction, depuis 2023, d’exporter certains minerais critiques non transformés, notamment le lithium, le cobalt, le manganèse, le graphite et les terres rares, participe déjà de cette volonté de retenir davantage de valeur sur le territoire.

Olivier de Souza

YATT&CO accélère son expansion dans l’aval pétrolier béninois, sur un marché en pleine recomposition depuis 2023. Le groupe entend élargir son activité à des infrastructures de stockage et de logistique, alors que le recul du « kpayo » a redessiné les conditions de concurrence dans le pays.

Au Bénin, Yattassaye & Company Energy Invest (YATT&CO) veut accélérer son développement dans le secteur pétrolier. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) vient d’approuver un financement de 17,5 milliards de francs CFA, environ 30,3 millions $ en faveur du groupe.

L’opération doit lui permettre d’acquérir plusieurs actifs déjà existants dans le pays. La BOAD mentionne des dépôts de stockage de pétrole et de gaz, un quai pétrolier ainsi qu’un réseau de stations-service.

Cette acquisition pourrait permettre à YATT&CO de renforcer sa présence sur plusieurs étapes de la chaîne pétrolière. Le groupe ne serait plus seulement positionné sur la distribution de carburants, mais également sur le stockage et la logistique.

Plusieurs informations restent toutefois inconnues. La BOAD n’a pas révélé le nom de l’entreprise qui cède ces actifs. Elle n’a pas non plus précisé leur valeur totale, leurs capacités de stockage ou le nombre de stations-service concernées. Les 17,5 milliards de francs CFA correspondent donc au financement accordé par la banque régionale, et non nécessairement au prix total de l’acquisition.

YATT&CO est dirigé par Kaou Yattassaye, un homme d’affaires franco-malien actif depuis plusieurs années dans le commerce et la distribution d’hydrocarbures en Afrique de l’Ouest. Avant de développer le groupe, il a notamment été co-gérant puis administrateur de SOMAYAF-Togo, autre acteur du secteur pétrolier régional. YATT&CO, aujourd’hui présent notamment au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Mali, intervient dans l’importation et la distribution de produits pétroliers et de lubrifiants.

Pour porter cette nouvelle phase d’expansion, il s’appuie sur Yattassaye & Company Energy International, une société créée à Lomé en 2026 avec un capital de 500 millions de francs CFA, notamment dédiée à la prise et la gestion de participations.

Cette offensive intervient sur un marché béninois des carburants en pleine recomposition depuis 2023. Pendant des décennies, les stations-service ont été fortement concurrencées par le « kpayo », l’essence acheminée clandestinement du Nigeria, où les subventions avaient maintenu les prix très bas. La suppression de ces subventions à partir de mai 2023 a réduit cet avantage : le prix du « kpayo » a brusquement augmenté, jusqu’à dépasser celui pratiqué dans les stations béninoises, avant que la dépréciation du naira ne réduise à nouveau l’écart. Selon le FMI, la part de la demande satisfaite par le circuit formel était alors passée de 11 % à 27 %, ouvrant un nouvel espace à un secteur longtemps marginalisé par l’informel.

Le marché compte aujourd’hui plusieurs opérateurs, parmi lesquels Bénin Petro, Oryx Energies, Puma Energy, MRS et YATT&CO. Depuis 2023, l’importation, le stockage et la distribution de produits pétroliers sont également soumis à un nouveau régime d’agréments.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia

L’accès au financement demeure une contrainte majeure pour les petites entreprises ivoiriennes, dont une part importante repose encore sur leurs ressources propres pour investir. La nouvelle enveloppe doit permettre à COFINA d’élargir ses capacités de crédit, notamment vers les entreprises dirigées par des femmes et les projets verts.

COFINA Côte d’Ivoire obtient de nouvelles ressources pour développer son activité de crédit. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a approuvé une ligne de refinancement de 10 milliards de francs CFA (14,3 millions $) en faveur de l’institution financière.

L’argent doit principalement servir à financer à moyen terme les investissements des PME et PMI ivoiriennes. La BOAD cite également parmi les priorités l’entrepreneuriat féminin, l’inclusion financière et les projets verts, sans préciser la part des ressources qui sera réservée à chacun de ces segments.

Créée en 2014, COFINA Côte d’Ivoire se positionne sur la mésofinance, un segment situé entre la microfinance traditionnelle et les banques, destiné notamment aux entrepreneurs dont les besoins deviennent trop importants pour le microcrédit, mais qui accèdent encore difficilement au financement bancaire classique.

Fin 2025, l’institution revendiquait plus de 90 000 clients, un total de bilan de 139 milliards FCFA, 76 milliards FCFA de crédits et 69 milliards de dépôts. La nouvelle ligne de la BOAD représente ainsi environ 13,2 % de son encours de crédits à cette date. COFINA figure déjà parmi les principaux systèmes financiers décentralisés de Côte d’Ivoire : elle affichait en 2024 le deuxième bilan du secteur dans le pays, derrière Baobab.

L’accès au crédit reste toutefois un obstacle important pour les petites entreprises ivoiriennes. Selon la dernière Enterprise Survey de la Banque mondiale, 27,6 % d’entre elles placent l’accès au financement en tête des contraintes à leur activité, contre 17,8 % des entreprises de taille moyenne. Par ailleurs, 31,1 % des petites entreprises interrogées utilisent les banques pour financer leurs investissements, tandis que près de 70 % de ces investissements restent financés sur ressources internes.

COFINA s’est déjà tournée vers plusieurs institutions de développement pour renforcer ses capacités de financement. En 2023, la Banque européenne d’investissement lui avait accordé une ligne de 10,5 milliards FCFA destinée notamment aux PME des chaînes de valeur agricoles ivoiriennes, avec des objectifs liés au financement des femmes et des investissements verts.

La nouvelle enveloppe de la BOAD prolonge donc cette stratégie, avec cette fois un périmètre plus large. Pour COFINA, groupe fondé et dirigé par l’Ivoirien Jean-Luc Konan, l’enjeu est notamment de disposer de ressources à maturité suffisamment longue pour financer les investissements d’entreprises qui restent encore largement prises entre les limites du microcrédit et les exigences du crédit bancaire classique.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia

Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est imposé comme un enjeu suivi de près par les autorités sénégalaises et les instances sous-régionales.

Le Programme national de développement intégré de l’élevage au Sénégal (PNDIES) travaille sur une stratégie nationale de lutte contre le vol de bétail, dotée d’un budget d’un milliard de francs CFA (1,7 million $). C’est ce qu’a annoncé son coordonnateur, Dr Dame Sow, le 24 septembre dernier à Fatick, dans des propos rapportés par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Selon le responsable, une phase pilote sera bientôt lancée et portera sur l’identification et la traçabilité du bétail à travers différents dispositifs, dont des puces électroniques, des colliers et des boucles. Pour l’heure, les détails concernant la date de lancement et les zones ciblées pour cette expérimentation n’ont pas été précisés.

Cette annonce s’inscrit toutefois dans la continuité des efforts déployés par Dakar depuis plusieurs années pour renforcer les moyens de lutte contre un phénomène aux conséquences économiques non négligeables. D’après les estimations de la FAO, les éleveurs sénégalais perdent chaque année entre 22 000 et 30 000 têtes de bétail, pour une valeur estimée à environ 3,2 millions $.

Un cadre national qui se renforce

La réponse sénégalaise ne date pas de 2026. Un dispositif national de prévention et de lutte contre le vol de bétail avait déjà été structuré au début des années 2010, avec notamment la création de la Cellule de lutte contre le vol de bétail (CLVB) en 2013 et la mise en place de brigades spécialisées au sein des unités rurales de la Gendarmerie. Le cadre pénal a ensuite été durci avec l’adoption, en 2017, d’une loi renforçant la répression du phénomène, avec des peines allant de 5 à 10 ans de prison ferme pour certains cas de vol de bétail.

Le gouvernement a par ailleurs renforcé cette approche en 2025 avec la mise en place d’un système de renseignement communautaire et d’un système national d’identification du bétail.

La dimension technologique s’est progressivement imposée dans cette évolution. Au Sénégal, cette orientation s’est structurée en décembre 2025 avec la validation, avec l’appui de la FAO, du Système national d’identification et de traçabilité du bétail (SNITB). Des start-up locales avaient alors présenté des solutions numériques et des dispositifs connectés destinés notamment à suivre les animaux et à prévenir les vols. Une feuille de route budgétisée avait également été validée.

Une impulsion sous-régionale

Cette évolution du dispositif sénégalais intervient dans un contexte de mobilisation croissante en Afrique de l’Ouest. Du 9 au 12 février 2026, la FAO et le gouvernement sénégalais ont réuni à Dakar des représentants des 15 pays de la sous-région pour élaborer une réponse commune au vol de bétail. Les participants ont travaillé à l’élaboration d’un programme régional et au lancement d’une coalition sous-régionale de lutte contre le vol de bétail en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Ce programme, dont le budget annoncé dépasse 345 millions $, doit couvrir la période 2026-2030, sous réserve de sa validation. Les interventions envisagées portent notamment sur la digitalisation de la traçabilité du cheptel, l’harmonisation des dispositifs judiciaires et sécuritaires, ainsi que l’implication des communautés pastorales et des organisations professionnelles dans l’alerte, la prévention et la sensibilisation.

La CEDEAO travaille également à harmoniser les systèmes d’identification et de traçabilité. En avril 2026, son Comité régional vétérinaire a adopté une feuille de route visant à accompagner les États dans la mise en place de systèmes plus coordonnés, notamment grâce aux technologies numériques. Ces dispositifs sont présentés comme des outils de lutte contre le vol, mais aussi de gestion des mouvements pastoraux, de prévention des conflits et de facilitation du commerce régional.

Pour le Sénégal, l’enjeu sera désormais de traduire ces différents dispositifs en résultats concrets sur le terrain.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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