Dans une lettre adressée au président Paul Biya, chef de l’Etat camerounais, la Fédération internationale des musiciens (FIM) accuse les opérateurs de téléphonie mobile Orange et MTN de faire, au Cameroun, « une utilisation commerciale illicite de répertoires musicaux protégés, sans titre ni droit, en violation des droits moraux et patrimoniaux des créateurs, éditeurs et producteurs de musique qui sont les détenteurs légaux de ces droits ». Le secrétaire général de la FIM, Benoît Machuel, explique que MTN et Orange utilisent des répertoires protégés de musique sans avoir obtenu ni sollicité de licence auprès des titulaires de droits.
Avant la FIM, le Syndicat camerounais des musiciens et la Société camerounaise de l’art musical (SOCAM) avaient accusé les deux opérateurs de piraterie. Pour Roméo Dika, un des administrateurs de la SOCAM, une organisation qui regroupe près de 7000 artistes, « MTN et Orange sont des pirates [qui] vendent les téléchargements de nos musiques [et qui] devraient verser une quote-part aux artistes ». Roméo Dika estime que les artistes spoliés peuvent « récolter pas moins de 300 millions de francs CFA au cours de cette année 2012 qui commence ».
Du fait de ces actes de piraterie, les 12 millions d’abonnés des deux opérateurs sont incités à ne plus acheter de musique enregistrée, celle-ci étant à mise à leur disposition par voie de téléchargement contre 150 FCFA par chanson. Malgré les efforts des organisations professionnelles camerounaises représentant les artistes et les producteurs, les deux opérateurs ne se sont toujours pas acquittés du paiement des sommes dues.
La FIM rappelle que la loi camerounaise sur le droit d’auteur protège tous les acteurs de la chaîne créative et invite le chef de l’Etat camerounais à user de son influence pour contraindre les contrevenants à s’engager, sans délai, dans des négociations de bonne foi, dans le respect du droit et de la dignité des créateurs.