Après avoir défini son cadre national sur l’IA, le Lesotho doit désormais développer les capacités nécessaires à sa mise en œuvre, notamment en matière de calcul, d’infrastructures, d’énergie et de compétences. L’objectif est de faire de l’IA un levier concret pour l’économie et les services publics.
Le Lesotho est le premier pays à mettre en œuvre le « Blueprint for National AI and Data Strategies » des Nations unies, un cadre destiné à aider les gouvernements à passer de l’élaboration d’une stratégie à sa mise en œuvre. Le gouvernement l’a annoncé le mardi 22 septembre 2026.
L’objectif est de permettre au pays de renforcer sa capacité à développer et utiliser l’intelligence artificielle (IA), et à en assurer la gouvernance, plutôt que de dépendre uniquement de solutions développées ailleurs. Le cadre de l’ONU accompagne les États dans l’identification de leurs besoins et la définition de stratégies nationales adaptées et réalisables. La Guinée devrait être le prochain pays à mettre en œuvre ce cadre.
Pour le Lesotho, l’enjeu ne se limite toutefois pas à la construction de centres de données. Il entend également renforcer son accès à la puissance de calcul, aux données et aux compétences. Il dispose déjà de plusieurs politiques numériques, d’un centre de données gouvernemental et, depuis août 2026, d’une politique nationale sur l’IA.
La prochaine étape est la mise en œuvre de la première phase de la « National Compute Roadmap 2026-2029 », qui doit guider le développement des capacités de calcul du pays en tenant compte notamment des besoins en énergie, en eau, en financement et en compétences.
Le gouvernement entend par ailleurs adapter ces investissements aux besoins locaux. Les infrastructures numériques devront ainsi être adaptées à des usages concrets dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, la gestion de l’eau et les services publics. « La technologie doit être jugée à l’aune de son impact sur la vie des gens et de sa capacité à ne laisser personne de côté », a déclaré Amandeep Gill, sous-secrétaire général de l’ONU et envoyé spécial pour les technologies numériques et émergentes.
Cette démarche fait suite à un atelier organisé à Maseru du 17 au 21 août 2026 avec l’appui de l’ONU. Les discussions ont porté sur la puissance de calcul, l’énergie, la connectivité, les données, les compétences et le financement. Elles ont abouti à l’élaboration d’un projet de feuille de route nationale sur les capacités de calcul.
Le processus a réuni plusieurs agences de l’ONU, la Banque mondiale, l’OCDE ainsi que des experts du Sénégal, de l’Éthiopie et de la Guinée. Le gouvernement du Lesotho entend toutefois conserver la maîtrise de cette transformation numérique, tout en s’appuyant sur ses partenaires internationaux.
Carelle Yourann (stagiaire)
Alors que la Côte d’Ivoire cherche à rapprocher davantage l’enseignement technique des besoins de son économie, l’intelligence artificielle s’impose comme un nouvel outil pour faire évoluer les compétences que les établissements doivent transmettre aux futurs travailleurs.
La Côte d’Ivoire ne se limite plus à introduire l’intelligence artificielle (IA) dans les programmes destinés aux apprenants. Elle commence par préparer ceux qui transmettent les compétences. Le pays a lancé, jeudi 17 septembre, un programme destiné à former 3 000 enseignants, encadreurs pédagogiques et chefs d’établissement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle à l’usage pédagogique de l’IA. Le dispositif bénéficie de l’appui technique de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
Un pilote pour transformer les pratiques pédagogiques
La première phase du programme concernera 1 000 enseignants de la zone d’Abidjan, du 1er octobre au 30 décembre. Le dispositif combinera des enseignements à distance et des sessions en présentiel animées avec des experts de l’UNESCO. D’après les autorités, près de 2 000 personnes étaient déjà inscrites au lancement.
Le contenu de la formation porte sur les fondamentaux de l’IA, ses usages pédagogiques, l’ingénierie de formation, l’évaluation, les disciplines techniques, les travaux pratiques, l’éthique et la sécurité des données. L’objectif annoncé est de permettre aux enseignants d’utiliser ces outils dans leurs pratiques pédagogiques.
Le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Jean-Louis Moulot (photo), a expliqué que cette première phase devrait permettre de « tirer les enseignements de l’expérimentation, d’améliorer le dispositif et de garantir sa pertinence à plus grande échelle ».
L’IA intégrée à une réforme plus large de la formation
La formation des enseignants à l’IA intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à accroître la place de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Selon le gouvernement, cette filière représentait environ 6 % des apprenants en 2024, avec une cible de 15 % d’ici 2035. Cette ambition repose notamment sur les investissements prévus dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030, avec la construction de 100 nouveaux établissements et la réhabilitation de 55 autres.
Pour accompagner cette montée en puissance, le gouvernement mise aussi sur une implication accrue des entreprises. En avril 2026, il a engagé un partenariat avec le secteur privé autour de la co-construction des cursus, de l’alternance et de l’insertion professionnelle. Selon les autorités, l’objectif est de proposer des parcours « parfaitement alignés sur les besoins réels des industries ». Cette démarche a été complétée en juin par le lancement d’un Système d’information sur le marché du travail (SIMT) destiné à exploiter les données relatives à l’emploi, aux qualifications et aux compétences.
Le programme consacré à l’IA s’aligne sur les mesures engagées pour renforcer la formation professionnelle, en intervenant directement auprès de ceux qui transmettent les savoirs. Au-delà de la formation des enseignants, l’enjeu sera d’observer les effets de ces nouveaux usages sur les apprentissages et les compétences des apprenants.
La phase pilote permettra d’en apprécier la portée avant un éventuel passage à l’échelle nationale. La suite donnera à voir si cette expérimentation reste limitée à la formation du personnel éducatif ou si elle trouve progressivement sa place dans l’ensemble de l’enseignement technique et professionnel ivoirien.
Félicien Houindo Lokossou
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La progression de l’activité de BOA Mali au premier semestre 2026 s’est traduite par une nette amélioration de sa performance opérationnelle. Mais la hausse du coût du risque a réduit l’effet de cette dynamique sur le résultat net, dont la progression reste inférieure à celle du PNB.
Au 30 juin 2026, le produit net bancaire (PNB) de Bank of Africa (BOA) Mali a atteint 21,99 milliards FCFA (38,12 millions $), contre 18,71 milliards un an plus tôt. Il progresse ainsi de 17,5 % sur un an. Cette évolution marque une accélération par rapport au premier semestre 2025, lorsque le PNB n’avait augmenté que de 2,7 %.
Cette progression s’est accompagnée d’une hausse plus modérée des charges. Les frais généraux ont atteint 11,18 milliards FCFA, contre 10,36 milliards FCFA à fin juin 2025, soit une augmentation de 7,9 %. La progression plus rapide du PNB que des charges a permis à la banque d’améliorer son résultat brut d’exploitation, qui s’est élevé à 10,81 milliards FCFA, en hausse de 29,4 % sur un an.
Le coût du risque augmente de 23,5 %
Cette performance de BOA Mali a toutefois été partiellement absorbée par la hausse du coût du risque. Celui-ci est passé de 3,66 milliards FCFA au premier semestre 2025 à 4,53 milliards FCFA au 30 juin 2026, en hausse de 23,5 %. Le coût du risque représente désormais environ 20,6 % du PNB de la banque, contre 19,6 % à fin juin 2025.
BOA Mali affiche néanmoins un bénéfice en hausse. Le résultat net atteint 6,72 milliards FCFA au 30 juin 2026, contre 6,21 milliards FCFA l’année dernière, soit une progression de 8,2 %. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, BOA Mali avait dégagé un bénéfice de 11,08 milliards FCFA. À mi-parcours de l’exercice 2026, le bénéfice semestriel représente donc déjà un peu plus de 60 % du bénéfice enregistré toute l’année 2025.
L’évolution du bénéfice sur l’ensemble de l’exercice dépendra notamment de celle du coût du risque au second semestre. La banque devra ainsi maintenir la progression de son PNB tout en maîtrisant le coût du risque.
Chamberline Moko
La République tchèque cherche depuis plusieurs années à développer ses relations sécuritaires et industrielles avec les pays africains. Le Nigeria figure parmi les marchés ciblés par son industrie de défense.
Le Nigeria explore un partenariat avec la République tchèque en vue d’établir une ligne de production de munitions sur son territoire. Le projet vise à développer les capacités industrielles de la Defence Industries Corporation of Nigeria (DICON), selon un communiqué de la présidence nigériane publié le mardi 22 septembre.
La demande a été formulée par le ministre d’État à la Défense, Bello Matawalle, lors d’une visite de travail effectuée en République tchèque du 20 au 22 septembre. Les échanges avec son homologue, le lieutenant-général Jaromír Zuna, ont également porté sur le transfert de technologies, notamment dans le domaine des véhicules aériens sans pilote (UAV), ainsi que sur d’autres équipements militaires.
Nigeria-Czech Republic Deepens Defence Industrial Cooperation. ???? pic.twitter.com/tuk4qkkkdq
— Presidency Nigeria (@NGRPresident) September 22, 2026
La partie tchèque s’est déclarée disposée à accompagner Abuja dans le développement des capacités industrielles de la DICON, notamment à travers le transfert des technologies nécessaires. La fabrication locale de munitions et, à terme, de drones permettrait au Nigeria de réduire sa dépendance aux importations d’équipements militaires et de limiter les sorties de devises qui en découlent.
La République tchèque cherche depuis plusieurs années à accroître sa présence en Afrique, notamment en développant ses échanges dans le secteur des technologies de défense. Le Nigeria fait partie des pays avec lesquels Prague entend approfondir cette coopération, dans un contexte marqué par les besoins de modernisation des capacités militaires.
Selon le rapport annuel du ministère tchèque de l’Industrie et du Commerce sur le contrôle des exportations de matériel militaire, les exportations vers le Nigeria ont atteint 1,5 million d’euros en 2025. Les deux pays travaillent par ailleurs depuis 2023 à la conclusion d’un accord bilatéral de coopération dans le domaine de la défense.
Le Nigeria consacre par ailleurs 5410 milliards de nairas (4 milliards de dollars) à la défense et à la sécurité dans son budget 2026. Cette enveloppe couvre la modernisation des forces armées, le renseignement, la sécurisation des frontières et l’acquisition d’équipements militaires.
Ingrid Haffiny
La fermeture du détroit d’Ormuz depuis février a bouleversé les flux mondiaux de gaz naturel liquéfié. Plusieurs producteurs africains cherchent désormais à accélérer le développement de leurs propres ressources gazières.
Selon une annonce de la compagnie française TotalEnergies, le mercredi 23 septembre, elle et sa partenaire nigériane AMNI ont pris la décision finale d’investissement du champ gazier Ima, au large du Nigeria. Son gaz alimentera l’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) de Nigeria LNG (NLNG), à Bonny Island, qui peine à trouver assez de matière première.
La multinationale qui opère le projet avec 40 % de participation contre 60 % pour AMNI, n’a pas dévoilé le montant concerné. Situé en eaux peu profondes, Ima s’étend sur deux permis offshores, les Oil Mining Lease (OML) 112 et 117. Une plateforme unique l’exploitera, reliée à l’usine par un gazoduc de 22 kilomètres.
Selon les parties prenantes, la production doit démarrer en 2028 et atteindre 350 millions de pieds cubes par jour, soit environ 60 000 barils équivalents pétrole par jour. Ima couvrira environ un tiers des besoins en gaz du Train 7, la septième unité de liquéfaction de NLNG. Le Train 7 portera la capacité du site de 22 à 30 millions de tonnes par an.
La major pétrolière française qui détient par ailleurs 15 % d’intérêt dans NLNG, annonce un projet sans torchage, c’est-à-dire sans brûlage du gaz excédentaire, et alimenté en électricité depuis la terre ferme. Le groupe affirme que ses principaux sous-traitants dans le cadre de ce projet sont tous nigérians.
« Ce nouveau projet contribuera de manière significative à l’approvisionnement en gaz de Nigeria LNG », a déclaré Nicolas Terraz, président Exploration-Production de TotalEnergies. Il inscrit le projet Ima dans le cadre des incitations adoptées par Abuja pour développer le gaz non associé, c’est-à-dire le gaz extrait de gisements qui ne contiennent pas de pétrole.
Le 15 septembre dernier, en marge de la conférence Gastech à Bangkok, le directeur général de NLNG, Adeleye Falade a indiqué que les six trains existants tournaient à 82-83 % de leur capacité. « Notre plus grande contrainte reste l’approvisionnement en gaz », a-t-il affirmé, évoquant un écart d’environ 15 % à combler. NLNG demeure sous force majeure depuis les inondations de 2022, une clause qui suspend ses obligations de livraison. Elle prévoit de la lever à 90 % d’utilisation.
Fin juillet, devant des journalistes à Lagos, le dirigeant avait situé le taux d’utilisation moyen autour de 60 % sur les deux à trois dernières années. Il citait le vandalisme des canalisations parmi les causes majeures.
NLNG vise une mise en service du Train 7 fin 2027, alors qu’Ima ne produira pas avant 2028. Ubeta lancé en 2024 par TotalEnergies et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), doit démarrer en 2027.
Abdel-Latif Boureima
Édité par Wilfried ASSOGBA
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La richesse tirée des hydrocarbures a jusqu’ici permis à la Libye de satisfaire ses besoins en denrées alimentaires sur les marchés internationaux, plutôt que de produire localement. Le pays a cependant expérimenté ces dernières années les limites de ce modèle rentier, dans un contexte de baisse des revenus pétroliers, de conflits internes récurrents et de tensions géopolitiques mondiales.
L’entreprise privée libyenne Julyana Sugar Company a signé, le jeudi 17 septembre, un contrat avec l'allemand Braunschweigische Maschinenbauanstalt AG (BMA), pour la construction d'une raffinerie de sucre destinée à couvrir l’ensemble des besoins du pays nord-africain pour cette denrée, et à dégager un excédent pour l'exportation.
La raffinerie devrait être installée dans la zone franche de Julyana (Julyana Free Zone), un pôle portuaire, commercial et logistique majeur, qui a pour but de libérer le commerce des restrictions douanières et fiscales habituelles afin d'attirer les investissements étrangers et de stimuler l'économie nationale. Les travaux de construction s’étaleront sur 24 mois, selon les termes du contrat dévoilés par la société d’ingénierie spécialisée dans la conception et la fabrication de machines et d'usines complètes pour l'industrie sucrière.
Le site industriel aura une capacité de traitement initiale de 2 500 tonnes par jour. Sa production maximale théorique devrait ainsi atteindre environ 912 500 tonnes de sucre par an, soit un niveau largement supérieur à la consommation intérieure qui ouvre des perspectives d’exportation vers d’autres marchés.
Une consommation par habitant de 31,5 kg par an
Selon les données du Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), les importations de sucre par la Libye, qui ne dispose actuellement d’aucune usine de traitement opérationnelle, ont atteint 662 000 tonnes en 2024, portées par une consommation par habitant d’environ 31,5 kg par an, soit l'une des plus fortes moyennes en Afrique.
« Le projet vise à faire émerger une industrie sucrière locale et à renforcer la sécurité alimentaire nationale, en créant des capacités de production locales capables de répondre aux besoins futurs du marché libyen et d'ouvrir des opportunités d'accès aux marchés régionaux et internationaux », a déclaré le président du Conseil d'administration de Julyana Sugar Company, Mohamed Ben Attia.
Une fois la raffinerie de Julyana Sugar Company opérationnelle, la Libye n'aura plus besoin de dépenser des centaines de millions de dollars chaque année pour importer du sucre raffiné. La raffinerie de Benghazi devra cependant importer du sucre brut pour le transformer localement, à moins de développer parallèlement des cultures locales de betteraves sucrières.
La Libye, dont le territoire est majoritairement désertique, importe entre 75 % et 90 % de ses besoins en produits alimentaires, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Outre un climat aride et des sols peu fertiles en dehors d'une étroite bande côtière méditerranéenne, le poids prépondérant du secteur pétrolier dans l’économie a marginalisé les autres secteurs productifs, décourageant les investissements lourds dans l’agriculture et les industries de transformation.
Walid Kéfi
Sur la côte méditerranéenne de la Libye, à environ 120 kilomètres à l’est de Tripoli, s’élève l’un des ensembles archéologiques les plus impressionnants du monde romain : Leptis Magna. Longtemps méconnue du grand public en raison des vicissitudes politiques du pays, cette cité ancienne constitue aujourd’hui un trésor patrimonial dont la richesse rivalise avec celle des plus célèbres sites antiques du bassin méditerranéen.

Ancienne cité romaine et berceau de Septime Sévère
Fondée par les Phéniciens plusieurs siècles avant notre ère, Leptis Magna prospère grâce à sa position stratégique sur les routes commerciales reliant l’Afrique, l’Europe et le Proche-Orient. Son destin bascule véritablement lorsque la ville devient l’une des grandes cités de l’Empire romain. Son plus illustre enfant, l’empereur Septime Sévère, né à Leptis Magna en 145 après J.-C., contribue largement à son embellissement. Sous son règne, la cité connaît un véritable âge d’or marqué par la construction de monuments grandioses destinés à affirmer sa puissance et son prestige.

L’arc et le théâtre, deux joyaux incontournables
Aujourd’hui, le visiteur découvre un paysage où les vestiges semblent surgir directement du sable. L’arc de Septime Sévère, magnifiquement conservé, accueille les voyageurs à l’entrée du site. Avec ses reliefs finement sculptés, il témoigne du savoir-faire artistique des bâtisseurs romains. Plus loin, les vastes thermes, le forum et la basilique révèlent l’organisation raffinée d’une cité qui comptait parmi les plus importantes d’Afrique romaine.
Le théâtre constitue l’un des points forts de la visite. Ouvert sur la mer Méditerranée, il offre un décor exceptionnel où l’histoire et la nature se rencontrent harmonieusement. Depuis les gradins, l’imagination transporte facilement le visiteur à l’époque où les spectacles attiraient des milliers de spectateurs venus de tout l’Empire.

Leptis, un exemple de conservation
Leptis Magna se distingue également par son remarquable état de conservation. Contrairement à de nombreux sites antiques, une grande partie de ses structures n’a jamais été recouverte par une urbanisation moderne. Pendant des siècles, les dunes ont protégé ses monuments des dégradations du temps. Cette situation unique permet aujourd’hui d’admirer des rues pavées, des colonnades majestueuses et des bâtiments dont les détails architecturaux restent étonnamment lisibles.

Un décor pittoresque où le passé et la nature se rencontrent
Au-delà de son intérêt historique, la cité séduit par son atmosphère particulière. Le silence qui règne sur les ruines n’est interrompu que par le souffle du vent venu de la mer. Le contraste entre les pierres dorées, le bleu profond de la Méditerranée et l’horizon désertique crée des panoramas saisissants qui ravissent les amateurs de photographie.

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, Leptis Magna apparaît comme un témoignage exceptionnel des échanges culturels entre l’Afrique et le monde méditerranéen. Chaque colonne, chaque mosaïque et chaque avenue raconte une page de l’histoire antique, rappelant l’importance de cette cité dans le développement économique et culturel de son époque.
Après plusieurs années d’expérimentation, la Côte d’Ivoire se prépare à élargir l’usage des technologies intelligentes dans les transports. Ce changement d’échelle se profile dans un contexte où la congestion continue de coûter cher à l’économie.
La Côte d’Ivoire prépare une nouvelle étape dans la numérisation de son système de transport. Après une première phase consacrée notamment au déploiement de dispositifs de surveillance et de contrôle, Abidjan veut porter la couverture de son Système de Transport Intelligent (STI) à 40 %, contre 16,8 % actuellement, selon les données présentées dans le cadre de la mission conduite en Chine par le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné.
Du 14 au 22 septembre 2026, la délégation ivoirienne a notamment exploré à Pékin et Shanghai les solutions développées par Huawei dans les domaines des transports intelligents, des villes connectées, de la cybersécurité et des infrastructures numériques, dans le prolongement de missions similaires effectuées auparavant aux États-Unis et au Japon.
Cette extension se profile alors que les premiers résultats disponibles montrent une amélioration de certains indicateurs de sécurité routière, mais aussi la persistance de difficultés sur le réseau. Entre 2021 et 2023, le nombre d’accidents corporels est passé de 10 054 à 8 089, soit une baisse de 24 %, selon le bilan de la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2025. Le nombre de morts a également reculé de 833 à 765 sur la même période.
Passer d’un dispositif ciblé à une couverture plus large
Le STI ivoirien repose notamment sur des radars fixes et mobiles, des panneaux à messages variables, des réseaux de télécommunications dédiés, des feux intelligents et des systèmes d’information destinés aux usagers. Le pays dispose également d’un centre de commandement dont l’achèvement est en cours.

La vidéo-verbalisation constitue l’une des composantes déjà déployées. En 2023, le gouvernement indiquait que son extension était alors réalisée à plus de 90 % au niveau national, avec une couverture complète sur plusieurs grands axes, notamment Abidjan - Yamoussoukro, Yamoussoukro - Ouangolodougou, Yamoussoukro - Daloa et Abidjan - Noé. Le dispositif avait notamment pour objectif de produire davantage de données sur les comportements routiers afin d’orienter les politiques de sécurité.
La phase envisagée aujourd’hui cherche à aller plus loin. Outre l’extension de la couverture à 40 %, les autorités prévoient notamment un système global de surveillance des véhicules, un Centre national d’opération des transports et une plateforme sécurisée destinée à la gestion des véhicules commerciaux.
Un enjeu au delà de la sécurité routière
L’extension du STI répond également à un problème économique majeur pour Abidjan. La capitale économique concentre une part importante des activités et des déplacements du pays, alors que ses principaux axes sont régulièrement confrontés à la congestion. La Banque mondiale estimait déjà à environ 4 à 5 % du PIB le coût annuel des dépenses et pertes de temps liées aux déplacements à Abidjan. Elle évaluait à plus de 10 millions le nombre de déplacements quotidiens dans la ville, et à environ 1 200 milliards FCFA (environ 2,08 milliards USD) par an les coûts directs et les coûts d’opportunité associés à la mobilité.
Dans ce contexte, la gestion numérique du trafic constitue un complément aux investissements physiques dans les infrastructures. Les données issues des radars, des capteurs, des feux intelligents ou des systèmes de surveillance peuvent permettre de mieux identifier les points de congestion, de coordonner les interventions et d'améliorer la gestion des flux.

Le gouvernement inscrit d’ailleurs le STI dans une stratégie plus large de transformation de la mobilité urbaine. Le projet de mobilité urbaine durable et intégrée d’Abidjan, financé notamment par un accord de plus de 131 milliards FCFA avec la Banque islamique de développement, prévoit à la fois des infrastructures BRT, du métro, le développement du transport lagunaire et le déploiement d’un système de transport intelligent.
La prochaine phase devra donc répondre à plusieurs enjeux : assurer la maintenance des équipements, garantir la disponibilité des réseaux, sécuriser les données collectées et assurer l’interopérabilité entre les différentes plateformes utilisées par les acteurs du transport.
Henoc Dossa
Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont déjà plusieurs de leurs entreprises parmi les développeurs les plus actifs sur le marché africain du renouvelable. Oman commence à suivre le mouvement, avec le Botswana, puis l’Angola.
Le sultanat d'Oman cherche à élargir sa présence encore récente dans le marché des énergies renouvelables en Afrique. OQ Alternative Energy (OQAE), filiale de OQ, un groupe énergétique public omanais, a signé la semaine dernière avec le gouvernement angolais un accord pour étudier environ 500 MW de capacités renouvelables accompagnées de stockage par batterie, sous modèle IPP (producteurs indépendants).
L’annonce survient cinq mois après le lancement au Botswana, d’un projet solaire de 500 MW associé à 500 MWh de stockage. Egalement porté par une société rattachée aux institutions publiques omanaises sous un accord d’achat d’électricité (PPA) de 30 ans, le projet Maun constitue la première réalisation d’un partenariat pouvant atteindre 3 GW de solaire, d’éolien et de stockage.
Les deux marchés, angolais et botswanais, ont en commun leur ouverture relativement récente aux grands projets IPP. Au Botswana, Scatec a achevé fin 2025 Mmadinare, 120 MW, présenté comme le premier projet solaire indépendant de grande échelle du pays. En Angola, la Banque mondiale ne recensait encore en 2025 que deux IPP opérationnels, totalisant 85 MW.
Malgré ces deux marchés, Oman reste un acteur modeste face à ses voisins émiraties et saoudiens dont les sociétés sont déjà bien installées en Afrique. Les Émirats arabes unis s’appuient notamment sur Masdar, présent dans plus de 40 pays dans le monde avec un portefeuille renouvelable de 65 GW, mais aussi sur AMEA Power, actif dans plusieurs pays africains et qui revendique plus de 6 GW de projets dans 20 marchés.
L’Arabie saoudite de son côté dispose de son côté d’ACWA Power, implanté depuis plusieurs années au Maroc, en Égypte et en Afrique du Sud, et dont le portefeuille renouvelable mondial atteignait 52,3 GW fin 2025.
Abdoullah Diop
La transition énergétique a franchi un cap historique en 2025, portée par un niveau inédit d’installations renouvelables. Toutefois, l’effort devra encore s’intensifier fortement dans les prochaines années.
Avec 693 GW de capacités renouvelables ajoutées en 2025, le monde a signé sa meilleure année à ce jour. Mais pour atteindre l’objectif de 11,2 TW fixé dans le cadre du Consensus des Émirats arabes unis pendant la COP28 en 2023, les installations annuelles devront atteindre en moyenne 1 200 GW entre 2026 et 2030. C’est l’appel lancé par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) dans un rapport publié cette semaine avec la présidence turque de la COP31 (prévue du 9 au 20 novembre à Antalya) et la Global Renewables Alliance (GRA).
« Cet objectif est réalisable »
Si l’ampleur de la tâche reste importante, les auteurs estiment que les ambitions sont atteignables. Ils en veulent pour preuve l’année 2025, qui a été historique pour les renouvelables dans le monde. Après l’ajout net de près de 693 GW, les capacités renouvelables mondiales ont progressé de 15,5 % à 5 155 GW, soit plus du double du niveau enregistré en 2016.
Le solaire photovoltaïque a été le moteur de cette croissance, avec 513 GW supplémentaires, soit environ trois quarts des nouvelles capacités renouvelables installées. L’éolien a, pour sa part, ajouté 158 GW, portant sa capacité mondiale à 1 291 GW.
Cette dynamique a permis aux renouvelables de représenter 49,5 % de l’ensemble des capacités électriques mondiales en 2025, contre 46,5 % un an auparavant. Alors que l’Asie a pesé pour plus de 74 % des ajouts mondiaux et compte pour plus de la moitié du parc mondial, l’organisation souligne que la baisse des coûts du solaire et de l’éolien, associée à la recherche d’une plus grande sécurité énergétique, renforce leur compétitivité pour l’addition de nouvelles capacités électriques dans la plupart des marchés, comme l’Europe et l’Afrique.
Ce dernier continent a d’ailleurs enregistré sa plus forte progression annuelle en 2025, avec 11,3 GW de nouvelles capacités, soit une hausse de 15,9 %.
« Cet objectif est réalisable : les capacités industrielles existent et les arguments économiques sont incontestables. Mais le déploiement doit s’accélérer dès maintenant, en particulier dans les marchés émergents et les économies en développement, où le coût du financement et les obstacles réglementaires restent des freins persistants », a déclaré Ben Backwell, président de la GRA.
Le défi des infrastructures
L’IRENA estime que l’expansion des capacités de production ne suffira pas sans une modernisation parallèle des infrastructures électriques.
Le rapport appelle à investir près de 1 000 milliards $ par an dans les réseaux et la flexibilité entre 2026 et 2030, soit plus du double du niveau de 2025. Cette enveloppe doit financer l’extension des lignes de transport, la numérisation des réseaux, les interconnexions et les équipements nécessaires à l’intégration de volumes croissants de solaire et d’éolien.
Le défi est d’autant plus important que la demande mondiale d’électricité augmente rapidement, sous l’effet de l’électrification des usages, de l’essor des véhicules électriques, de la climatisation, de l’industrie et des centres de données. Les investissements doivent donc porter simultanément sur la production renouvelable, les réseaux, les batteries et les mécanismes de flexibilité qui permettent d’ajuster l’offre et la demande.
Le stockage est appelé à devenir un pilier de cette nouvelle architecture. Le coût des batteries a chuté de 30 % entre 2024 et 2025 et de 95 % depuis 2010, ce qui accélère le déploiement de centrales hybrides combinant solaire et stockage. Ces solutions, capables de fournir une électricité renouvelable disponible en continu, représentaient environ un quart des capacités solaires à grande échelle mises en service dans le monde en 2025.
L’électrification, l’autre chantier à accélérer
Parallèlement au réseau, le rapport indique que la course aux capacités renouvelables doit aussi prendre en compte la nécessité de développer rapidement l’électrification. En d’autres termes, il ne suffit pas de produire davantage d’électricité verte. Il faut remplacer les usages directs de combustibles fossiles par une électricité décarbonée, tout en réduisant les pertes et le gaspillage énergétique.
« L’électrification rapide des secteurs d’usage final est indispensable pour réaliser les gains d’efficacité requis, en particulier dans les transports, le chauffage, les bâtiments et l’industrie. Elle peut réduire la demande finale totale d’énergie, même si la consommation augmente, tout en accélérant la décarbonation. Mais pour avoir une chance d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, cette électrification doit impérativement être alimentée par une production d’électricité renouvelable. Or, les réseaux électriques ne se sont ni étendus ni modernisés au même rythme que le déploiement des renouvelables. Il en résulte un allongement des files d’attente pour les raccordements, aggravé par les lenteurs liées aux procédures d’autorisation », explique Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA.
Espoir Olodo