Agence Ecofin

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Les investissements américains autour du corridor de Lobito ne concernent pas seulement le transport du cuivre et du cobalt. Washington intervient aussi en amont sur l'alimentation en électricité des zones minières, avec des études destinées à préparer des projets et à y positionner des fournisseurs américains. 

Washington ne se limite pas à faciliter pour son intérêt l’acheminement du cuivre et du cobalt via le corridor de Lobito. À travers l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA), les États-Unis interviennent aussi sur l’électricité nécessaire aux zones de production et cherchent à préparer les futurs marchés aux technologies et services américains. 

La dernière initiative en date est une subvention de 3 millions USD accordée le mardi 22 septembre à Anzana Electric Group pour une étude de faisabilité en RDC et en Zambie. L’etude doit évaluer la réhabilitation d’actifs hydroélectriques, le développement de nouvelles capacités et l’extension des réseaux de distribution alimentant notamment les opérations de cuivre et de cobalt situées le long du corridor. 

Dans le cadre de l’étude, l’USTDA prévoit aussi l’identification de fournisseurs américains et la préparation de projets susceptibles d’attirer des financements. L’agence rattache explicitement cette intervention à la diversification des chaînes américaines d’approvisionnement en minerais critiques. Son directeur adjoint Thomas Hardy a déclaré : « L'investissement de l'USTDA contribuera à renforcer les chaînes d'approvisionnement en minerais dont dépendent la sécurité et l'économie des États-Unis, tout en permettant la mise en place des réseaux électriques dont nos partenaires en RDC et en Zambie ont besoin pour se développer ».

Ce nouveau financement complète d’autres interventions américaines autour de Lobito. En décembre 2025, la DFC a bouclé un prêt de 553 millions USD pour le Lobito Atlantic Railway, qu’elle relie également à la sécurisation des minerais critiques. En Zambie, l’USTDA finance parallèlement une étude pour l’expansion de la mine de cuivre-cobalt de Kazozu, qui couvre notamment son alimentation électrique et sa logistique. 

De son côté, le Anzana, qui est le développeur choisi, est déjà présente dans cette articulation entre mines et électricité en Afrique. Le développeur basé à Maurice a signé en mars un protocole avec Metalex pour raccorder la mine de Kazozu au réseau zambien et travaille avec ZESCO sur l’extension de la distribution dans la province du Nord-Ouest. 

Il faut toutefois souligner que les capacités électriques finales, le coût des investissements et leurs financements restent inconnus. À ce stade, Washington finance surtout leur préparation, tout en cherchant à positionner en amont les entreprises américaines sur les projets qui pourraient en découler. 

Abdoullah Diop

Edité par : Feriol Bewa

Réunis à Cotonou par l'Association internationale des services du Trésor, les argentiers d'une trentaine de pays ont reconnu que le plus dur reste à faire : démontrer que l'argent fléché vers le climat y est réellement dépensé.

L'argent, on sait désormais le lever. Le prouver, beaucoup moins. C'est, en substance, le constat qui a traversé le 17e colloque de l'Association internationale des services du Trésor (AIST), réuni les 15 et 16 septembre à Cotonou autour du thème : « Les finances publiques au service de l'impératif environnemental ».

Créée en 2006 à Antananarivo, l’association compte aujourd’hui 29 pays membres et dispose d’un secrétariat général installé à Paris. Le rendez-vous béninois, qui coïncidait avec son vingtième anniversaire, réunissait des responsables des administrations du Trésor, des experts ainsi que des représentants d’institutions internationales.

Pour Oumara Karimou Assouma, directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique du Bénin et président en exercice de l’AIST, cette évolution impose aux administrations financières de dépasser leur rôle traditionnel. « Face au défi climatique mondial, il ne s’agit plus seulement de mobiliser, de gérer ou de comptabiliser avec rigueur ; il s’agit en plus de garantir la pérennité du monde après nous », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux.

ko7e colloque de lassociation internationale des services du tresor aist

Oumara Karimou Assouma

Le Bénin, pays hôte, avait justement un exemple à faire valoir. En juillet 2021, il plaçait sur les marchés un eurobond de 500 millions d'euros adossé aux objectifs de développement durable, à échéance 2035. Un instrument à usage mixte, social et environnemental, qui n'est pas une obligation verte au sens strict, mais que l'AIST présente volontiers en modèle. L'opération « a démontré qu'il est possible d'associer innovations financières, crédibilité budgétaire et ambitions de développement », estime sa secrétaire générale, Catherine Lemesle.

Mais à Cotonou, c’est un fonctionnaire béninois qui a résumé le mieux la limite de l’exercice. « Au Bénin, la volonté politique y est. La part du crédit budgétaire qui est allouée aux dépenses climatiques est très importante. Ce qui reste maintenant, c’est le suivi, le reporting, afin de faire de ce choix politique un cycle vertueux », a déclaré Cyr Dansou, chef du service Performance à la direction générale du budget. Autrement dit : identifier les crédits ne suffit plus ; encore faut-il pouvoir en suivre l’exécution et rendre compte de leur utilisation.

Le problème ne concerne pas que le Bénin. Le « marquage climatique » des dépenses consiste à identifier, mesurer et suivre les crédits considérés comme favorables au climat. Mais les définitions, les périmètres et les méthodes de classification varient encore sensiblement d’un pays à l’autre, relève la Banque mondiale, ce qui complique les comparaisons. Derrière une question apparemment technique se cache donc un enjeu plus important : qu’est-ce qu’une dépense réellement climatique, et selon quels critères doit-elle être comptabilisée ? Faute de normes communes et de contrôle indépendant, le risque est connu : habiller en vert des budgets qui ne changent guère.

C'est pour y répondre que les participants ont planché sur l’idée d’un futur observatoire AIST des finances publiques vertes, chargé de faciliter le partage des expériences et des ressources entre pays membres. Et si l'ambition est réelle, ses moyens et son calendrier restent à préciser.

En creux, c'est le métier même des Trésors qui se redessine. Longtemps cantonnés à la tenue des comptes et à la gestion des liquidités, ils se voient désormais assigner le rôle de garants de la sincérité climatique des États. Un rôle que leur réclament aussi, de plus en plus, les investisseurs.

À l'issue de l'assemblée générale, Oumara Karimou Assouma, directeur général du Trésor béninois, a transmis la présidence de l'AIST à son homologue de la République démocratique du Congo. Le pays abrite l'une des plus vastes forêts tropicales de la planète, et se revendique volontiers « pays solution » face au dérèglement climatique.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia

Le Congo s’apprête à disposer d’une infrastructure nationale dédiée à l’hébergement et au traitement de ses données publiques. Le chantier, lancé en 2024, arrive dans sa phase finale après plusieurs reports du calendrier initial.

Le data center national de la République du Congo devrait être inauguré avant la fin de 2026. L’annonce a été faite mercredi 23 septembre lors d’une visite du chantier par Jean-Jacques Bouya, vice-Premier ministre chargé de la Coordination des infrastructures de développement et de l’Aménagement du territoire, qui a reçu des assurances de l’entreprise chinoise chargée des travaux sur l’achèvement de l’ouvrage.

Le projet a toutefois connu plusieurs reports depuis le lancement du chantier en 2024. En septembre de cette année-là, les autorités prévoyaient une livraison avant fin décembre, alors que les travaux dépassaient 60 %. En mars 2025, leur niveau était supérieur à 80 % et une inauguration était annoncée pour novembre. Puis, en août 2025, le taux dépassait 90 %, avec une mise en service annoncée avant le 28 novembre. Le calendrier n’a finalement pas été tenu. Les travaux ont notamment été ralentis par l’attente d’une dernière tranche de financement, avant que la Banque africaine de développement ne confirme en février 2026 la disponibilité des fonds nécessaires à leur finalisation.

Une infrastructure pour les données de l’État

Installé sur l’ancien site de l’Union africaine des postes et télécommunications, à Bacongo, le centre servira à stocker, héberger et traiter les données numériques du Congo ainsi que les applications utilisées ou développées par l’administration. Le bâtiment comprend trois niveaux et un sous-sol, avec des salles de serveurs, de contrôle et de supervision ainsi que des installations dédiées à l’énergie et à la climatisation.

Le Congo dispose déjà de centres de données liés à certaines administrations, notamment au ministère des Finances, mais le projet de Bacongo a une vocation nationale. Il constituera une infrastructure de référence pour l’hébergement des données publiques et contribuera à renforcer leur sécurité et leur conservation sur le territoire. La Banque africaine de développement présente également le projet comme un outil de souveraineté numérique pour le Congo et la sous-région.

Un maillon de l’infrastructure numérique régionale

Le data center constitue une composante du projet Central Africa Backbone (CAB) au Congo. Celui-ci bénéficie d’un financement global de 66,55 millions d’euros (76 millions de dollars), dont 52,47 millions apportés par la BAD et 14,5 millions par l’État congolais. Quelque 13,8 millions d’euros de cette enveloppe sont consacrés à la construction et à l’exploitation du centre de données.

Le projet CAB a également permis de déployer plus de 600 km de fibre optique reliant le Congo au Cameroun et à la République centrafricaine. Le data center vient ainsi compléter cette infrastructure de connectivité en apportant une capacité nationale d’hébergement et de traitement des données.

Les derniers travaux concernent notamment l’alimentation électrique du centre. Les équipes étudient une combinaison entre le réseau national et une source solaire afin d’assurer une alimentation plus stable de l’infrastructure. Le champ solaire de Kintélé, équipé de plus de 19 000 panneaux pour une capacité annoncée de 12 MW, alimentera notamment plusieurs infrastructures de la capitale, tandis que cette technologie de résilience est également envisagée pour le data center. La mise en service reste donc liée à la finalisation de ces travaux techniques.

Samira Njoya

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Le Nigeria est le principal marché pour les produits laitiers en Afrique de l’Ouest. Depuis 2025, Abuja affiche sa volonté de réduire sa dépendance aux importations en développant l’industrie locale avec l’appui du secteur privé.

Au Nigeria, les acteurs de la filière laitière cherchent à tirer des enseignements de l’expérience kényane. À cet effet, une délégation de la Commercial Dairy Ranchers Association of Nigeria (CODARAN), organisation professionnelle représentant les acteurs de la filière laitière commerciale du pays, a engagé une mission d’échange d’expériences (benchmarking) d’une semaine dans le pays d’Afrique de l’Est.

Selon un communiqué publié par le Kenya Dairy Board (KDB) le 22 septembre, la délégation nigériane vient explorer les bonnes pratiques mises en œuvre au sein de la chaîne de valeur laitière kényane, de la production à la commercialisation, avec un intérêt particulier pour la qualité, la réglementation, la productivité et le développement du marché.

Un modèle kényan qui suscite l’intérêt

Le choix du Kenya pour cette mission n’est pas anodin. Le pays d’Afrique de l’Est s’impose en effet comme le principal producteur de lait en Afrique subsaharienne.

En 2025, le pays a produit 5,5 millions de tonnes de lait frais, soit une progression de 3,5 % sur un an et un nouveau record, selon les données du Bureau national des statistiques (KNBS) rapportées par l’Agence Ecofin. La transformation progresse également. Le volume de lait transformé a atteint 701 500 tonnes en 2025, en hausse de 13,4 % sur un an.

Si le KNBS n’explique pas les raisons de cette embellie en 2025, on sait que Nairobi met en œuvre depuis 2023, à travers le Conseil laitier (KDB), une feuille de route pour la durabilité de l’industrie laitière sur une période de 10 ans. Les interventions prévues dans le cadre de cette stratégie sont axées sur l’amélioration de l’accès des éleveurs aux aliments pour animaux et aux services vétérinaires, avec pour objectif de doubler la production journalière de lait frais par vache pour la porter à près de 14 litres.

Quoi qu’il en soit, les performances de l’industrie kényane en 2025 donnent néanmoins un aperçu de l’expérience sectorielle que les producteurs nigérians viennent étudier.

Une filière nigériane en pleine mutation

Cette démarche du secteur privé nigérian au Kenya prend une importance particulière, d’autant plus que l’industrie laitière nigériane est en pleine transformation. En juin 2025, le gouvernement avait annoncé son ambition de doubler la production nationale de lait pour la porter à 1,4 million de tonnes par an d’ici 2030. Abuja a également prévu d’associer les États fédérés, le secteur privé, les partenaires techniques et les communautés pastorales à l’élaboration d’une feuille de route commune en vue de renforcer les capacités de production et de transformation.

Depuis, plusieurs projets impliquant des opérateurs privés ont déjà été annoncés en ce sens. En juin 2026, Pure Dairy Herds a annoncé des démarches visant à mettre en place une ferme laitière de 250 millions de dollars dans l’État d’Ogun, même si les détails sur sa capacité de production n’ont pas encore été communiqués.

Quelques mois plus tôt, en mars 2026, le fonds souverain nigérian NSIA a signé un protocole d’accord avec le gestionnaire britannique Asset Green Ltd pour un projet estimé à près de 500 millions de dollars. Celui-ci prévoit la valorisation de 20 000 hectares de cultures fourragères, une ferme pouvant accueillir 10 000 vaches laitières et une unité de transformation d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes.

Cette dynamique avait également été amorcée en juin 2025 avec le groupe agroalimentaire qatari Baladna, qui a annoncé son intention d’investir dans une activité de production et de transformation laitières dans l’État d’Ogun. Le coût du projet et sa capacité n’avaient alors pas été précisés.

La mission menée au Kenya montre que les professionnels nigérians ne cherchent pas seulement à mobiliser des capitaux pour accroître l’offre locale. Ils veulent également tirer des enseignements d’une filière qui dispose d’une expérience plus avancée en matière de productivité, de réglementation, de contrôle de la qualité et de transformation. Reste à voir dans quelle mesure ces pratiques pourront être adaptées aux réalités de la filière nigériane.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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Bridge Bank Group Côte d’Ivoire enregistre une forte demande lors de son introduction à la BRVM. Désormais cotée sous le symbole BBGC, elle ouvre une nouvelle page de son développement sur le marché financier régional.

Bridge Bank Group Côte d’Ivoire a fait officiellement son entrée à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), où ses actions sont désormais négociées sous le symbole BBGC. Cette première cotation marque une étape importante dans l’évolution de l’établissement, qui ouvre ainsi son capital au public et rejoint le cercle des sociétés cotées du marché financier sous-régional.

L’introduction en bourse, réalisée le jeudi 24 septembre, porte sur 10 millions d’actions, représentant 20 % du capital de Bridge Bank Group Côte d’Ivoire. Les titres ont été proposés au prix de 6750 FCFA (11,7 $) par action, pour un montant total de 67,5 milliards FCFA. L’offre a été souscrite à hauteur de 142 % en moins de 24 heures.

L’opération, visée par l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA) sous le numéro OA/26-03, a été menée sous la responsabilité de Bridge Securities.

Pour Ehouman Kassi, directeur général de la banque, le succès de cette introduction traduit « l’intérêt du marché pour la qualité de nos fondamentaux, la solidité de notre modèle économique et la pertinence de notre stratégie de développement. Cette confiance repose sur une trajectoire de croissance construite avec constance depuis une vingtaine d’années ». Il ajoute : « cette admission constitue à la fois une reconnaissance du travail accompli et une responsabilité nouvelle. Elle nous engage à renforcer davantage nos standards de gouvernance, notre exigence de transparence et la qualité du dialogue que nous entretenons avec l’ensemble de nos actionnaires et investisseurs ».

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Un marché bancaire en croissance

Cette opération intervient alors que Bridge Bank Group Côte d’Ivoire enregistre une croissance soutenue de ses activités. Durant la période 2021-2025, le produit net bancaire (PNB) a progressé en moyenne de 17,5 % par an, tandis que le résultat net a enregistré une croissance annuelle moyenne de 15,8 %, avec un rendement moyen des fonds propres de 28 %. La banque a notamment affiché, à fin 2025, un résultat net de 27,2 milliards FCFA, tandis que son produit net bancaire s’est établi à 67,7 milliards FCFA. Son total de bilan a atteint environ 1 427 milliards FCFA.

Cette dynamique s’est poursuivie au premier semestre 2026. Au 30 juin, le total de bilan atteignait 1560 milliards FCFA, les ressources de la clientèle 1318 milliards FCFA et les encours de crédits 824 milliards FCFA. Sur la même période, le produit net bancaire s’établissait à 37,7 milliards FCFA.

Ces performances s’inscrivent dans un environnement où les établissements financiers jouent un rôle central dans le financement des économies de l’UEMOA. Selon les données de la BRVM au 22 septembre, les banques cotées représentaient 42,94 % de la capitalisation boursière du marché des actions. Cette présence reflète le rôle central du secteur bancaire dans le financement des économies africaines, dans un contexte marqué par l’essor de la digitalisation, du mobile banking, des paiements digitaux et de l’intelligence artificielle.

Pour BBGCI, cette entrée sur le marché financier régional constitue une nouvelle étape de son développement et doit lui permettre de préparer sa prochaine phase de croissance.

Lydie Mobio

Edité par M.F. Vahid Codjia

La qualité des services télécoms reste une préoccupation dans de nombreux pays africains. Face aux plaintes des consommateurs, les autorités alternent entre dialogue avec les opérateurs, renforcement du contrôle et mesures coercitives pour tenter d’améliorer les performances des réseaux.

Les autorités guinéennes ont engagé de nouvelles initiatives pour améliorer la qualité des services de télécommunications dans le pays. Cette démarche intervient dans un contexte marqué par les plaintes récurrentes des consommateurs concernant la qualité des services proposés par les opérateurs et les fournisseurs d’accès à Internet (FAI).

L’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) a présenté ces initiatives dans un communiqué publié la semaine dernière, à l’issue d’une rencontre avec les FAI, première étape d’une série d’échanges avec les acteurs du secteur.

Un nouveau dispositif pour mieux suivre les opérateurs

L’ARPT a mis en place un Département Services numériques et Usagers, structuré autour de pôles spécialisés, afin de renforcer le suivi des opérateurs et de la qualité des services. Ce département doit faciliter les échanges entre le régulateur et les acteurs du secteur, assurer un meilleur suivi de leurs engagements et veiller au respect des obligations prévues dans leurs cahiers des charges.

L’autorité prévoit également de nouveaux mécanismes de suivi destinés à améliorer la traçabilité des dossiers, à mieux encadrer les délais de traitement et à fluidifier les échanges avec les opérateurs. Elle entend par ailleurs renforcer la prise en compte de la qualité d’expérience (QoE), en complément des indicateurs techniques utilisés pour mesurer la qualité de service (QoS). L’objectif est de mieux tenir compte de l’expérience vécue par les abonnés dans leur utilisation quotidienne des services.

Le régulateur compte aussi maintenir des échanges réguliers avec les opérateurs afin de mieux anticiper les difficultés rencontrées dans le secteur et d’accélérer leur traitement. Il considère enfin que la poursuite des investissements reste nécessaire pour améliorer durablement la qualité des services et accompagner le développement du marché.

Des exigences qui évoluent avec les usages

En Guinée, comme dans de nombreux marchés africains, la qualité des services reste un sujet récurrent pour les utilisateurs de télécommunications. Les difficultés de connexion, les interruptions de service et les écarts de performance entre les zones alimentent régulièrement les plaintes des consommateurs.

Les pouvoirs publics accordent eux aussi une attention croissante à cette question. En juillet, Mourana Soumah, alors ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, avait ainsi insisté sur la qualité des services lors d’une rencontre avec Orange, principal opérateur télécoms du pays.

La qualité des réseaux devient d’autant plus importante que les habitudes de consommation d’Internet évoluent. Les utilisateurs dépendent davantage des services numériques pour communiquer, travailler, étudier, accéder aux services publics ou effectuer des transactions, ce qui accroît leurs attentes en matière de disponibilité et de performance des connexions.

Pour les autorités, l’amélioration de la qualité des services constitue aussi une condition importante de la transformation numérique du pays. Le développement des usages et des services numériques repose en effet sur des réseaux capables de fournir une connexion suffisamment stable et performante pour accompagner leur adoption par les populations et les entreprises.

Il convient toutefois de rappeler que la qualité de service n’est qu’un des facteurs qui déterminent l’accès et l’usage des services télécoms. La couverture réseau, le coût des services, les compétences numériques de base et la capacité à disposer d’un appareil compatible sont autant de conditions nécessaires pour permettre aux populations de profiter pleinement de la connectivité. L’accès à l’électricité reste aussi déterminant, notamment dans les zones où l’alimentation électrique demeure irrégulière.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le projet Epanko figure parmi les futures mines susceptibles de renforcer la production de graphite de la Tanzanie. Son opérateur EcoGraf cherche actuellement à mobiliser les fonds nécessaires au lancement de la construction des installations de sa première phase d’exploitation.

En Tanzanie, la future mine de graphite Epanko pourrait afficher une capacité de production supérieure à celle actuellement prévue dans son plan d’exploitation. Son opérateur australien EcoGraf en a fait l’annonce jeudi 24 septembre, faisant état d’un potentiel d’augmentation de 20 % de la production nominale de la première phase du projet.

L’étude de faisabilité publiée en février dernier décrivait une mine pouvant livrer 73 000 tonnes de graphite par an au cours de ses premières années d’exploitation. Les travaux d’optimisation menés depuis ont toutefois identifié la possibilité de porter cette capacité à 87 600 tonnes par an, notamment grâce à des ajustements du circuit de traitement et des installations de stockage des résidus.

Selon EcoGraf, cette évolution nécessiterait environ 12 millions de dollars de dépenses d’investissement supplémentaires, tout en permettant de réduire le coût de production unitaire. Elle entraînerait en revanche une exploitation plus rapide des réserves du projet, avec une durée de vie ramenée de 22 à 20 ans.

Cette capacité supplémentaire annoncée n’en reste pas moins une éventualité. La compagnie australienne indique vouloir approfondir les études d’ingénierie relatives à ce scénario, dont l’adoption ne serait envisagée qu’après la décision finale d’investissement (FID), étape devant précéder le lancement de la construction. Le scénario donne néanmoins un aperçu de la marge d’optimisation recherchée par EcoGraf pour Epanko, dont le potentiel pourrait, à plus long terme, permettre de porter la production à environ 390 000 tonnes par an, selon ses prévisions.

Reste désormais à voir comment ces perspectives se concrétiseront au fil des prochaines étapes du projet, et surtout quel accueil leur réserveront les bailleurs de fonds et les clients potentiels, alors que la demande de graphite est attendue en hausse avec les besoins liés à la transition énergétique. La priorité reste toutefois le financement de la première phase. EcoGraf cherche encore à mobiliser les 181,2 millions de dollars nécessaires à la construction des installations et discute notamment avec la banque allemande KfW IPEX-Bank d’un prêt de 105 millions de dollars.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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L’Angola tire toujours l’essentiel de ses recettes d’exportation du pétrole, dont la production recule depuis une décennie. Le pays compte sur ses mines pour prendre le relais, mais exporter du minerai brut rapporte peu.

Pour Diamantino Azevedo (photo), la transformation locale des minerais angolais doit s’appuyer sur l’énergie disponible. Le ministre des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz de l’Angola s’est exprimé dans ce sens mercredi 23 septembre à Luanda, dans le cadre de la célébration des 15 ans du code minier angolais, adopté en 2011.

Il a cité cinq autres conditions, le réalisme, l’échelle, les infrastructures, la technologie et l’accès aux marchés. Le ministre a refusé d’en faire « une formule rigide », identique pour tous les minerais et à toutes les phases du marché, a rapporté l’agence publique Agência Angola Press (ANGOP).

Azevedo a aussi annoncé une étude sur la compétitivité du secteur minier. Elle examinera notamment le code pour identifier les règles à maintenir, clarifier, améliorer ou modifier. La sécurité juridique restera un principe « non négociable », a-t-il précisé, pour ne pas fragiliser les droits acquis.

Le ministre souhaite également alléger les procédures qui n’ajoutent aucune valeur. « Simplifier ne signifie pas réduire l’exigence », a-t-il déclaré, sans donner de détails au sujet du calendrier et de l’organisme chargé de l’étude.

Un développement minier qui se heurte au faible accès à l’électricité

Les chiffres officiels décrivent un accès à l’électricité très inégal en Angola. Lors de l’ouverture d’un forum sur l’eau, l’énergie et l’environnement début mai 2024, le secrétaire d’État à l’Énergie, Arlindo Bota Carlos évaluait la capacité installée du pays, à 6200 mégawatts (MW) en 2023. Le taux d’électrification atteignait alors 43 %.

Lors du même forum, Diógenes Diogo, le directeur national de l’électricité, indiquait que seule la province de Luanda dépassait 50 % en matière d’accès à l’électricité. Dans l’est, où se trouvent les gisements de diamants des Lunda, l’accès restait inférieur à 10 %, d’après des données relayées par l’hebdomadaire Expansão en octobre 2024. Le média relevait aussi que le réseau de lignes à haute tension qui achemine le courant, n’avait pas suivi la hausse de la production.

Le gouvernement attend de nouveaux apports du barrage de Caculo Cabaça, d’une capacité totale de 2 172 MW. Le ministère de l’Énergie et des Eaux prévoyait en mars 2026 une première production à la mi-2027. Le chantier atteignait alors 44 % d’exécution physique.

Le ministre avait déjà tenu un discours similaire sur le cuivre. En octobre 2025, à l’inauguration de la mine de Tetelo, il avait reporté toute raffinerie locale au jour où les réserves le justifieraient. Le concentré, un minerai partiellement enrichi, part donc à l’exportation.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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Arrivé en tête des législatives du mercredi 23 septembre, le PAM devance le RNI et le PI, mais reste loin des 198 sièges nécessaires à la majorité absolue à la Chambre des représentants.

À l’issue des élections législatives marocaines du mercredi 23 septembre, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) obtient 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, loin de la majorité absolue fixée à 198 sièges. Ces résultats provisoires ont été annoncés dans la nuit du 23 au 24 septembre par le gouvernement.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI) arrive en deuxième position avec 66 sièges, devant le Parti de l’Istiqlal (PI), qui en obtient 65, et le Parti de la justice et du développement (PJD), avec 54. Suivent le Mouvement populaire (MP) avec 29 sièges, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) avec 26 sièges, le Parti du progrès et du socialisme (19) et l’Union constitutionnelle avec 17.

Le Mouvement démocratique et social (MDS) et l’Alliance de la gauche décrochent chacun huit sièges, tandis que les six sièges restants se répartissent entre quatre autres formations. Ces chiffres restent provisoires, dans l’attente de la finalisation du processus électoral.

Selon la Constitution marocaine, le roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. La composition du prochain gouvernement dépendra ensuite des alliances que les différentes formations représentées au Parlement parviendront à nouer.

Le scrutin s’est tenu sur fond de baisse de la participation électorale. Celle-ci s’est établie à 38,08 %, contre 50,86 % en 2021 et 42,27 % en 2016.

La prochaine majorité devra notamment répondre aux enjeux d’emploi, de pouvoir d’achat, de protection sociale et de soutien à l’entrepreneuriat. Elle devra aussi accompagner plusieurs projets structurants, dans un contexte marqué par la préparation de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, ainsi que par des défis persistants en matière d’emploi des jeunes et de disparités territoriales.

Carelle Yourann (stagiaire)

23/09/2026 - Maroc : 15,8 millions d’électeurs appelés aux urnes pour élire 395 députés

Le groupe bancaire panafricain prévoit de porter à 2 milliards $ son portefeuille de crédits destiné aux entreprises dirigées par des femmes et à 600 millions ses encours auprès des PME de l’agrobusiness. Cette feuille de route, annoncée à Lomé à l’issue de son 40e anniversaire, doit être déployée d’ici 2030.

Ecobank Transnational Incorporated (ETI) veut renforcer son exposition au financement des PME africaines. Le groupe bancaire basé à Lomé a annoncé, jeudi 24 septembre, des objectifs de portefeuille totalisant 2,6 milliards de dollars à l’horizon 2030, répartis entre l’entrepreneuriat féminin et les chaînes de valeur agricoles.

La plus grande partie, soit 2 milliards de dollars, sera consacrée à Ellever, son programme destiné aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes. Ecobank entend constituer un portefeuille de crédits de ce montant d’ici 2030. Le groupe indique avoir déjà accompagné plus de 110 000 entreprises dirigées par des femmes et vise désormais 400 000 PME. Près d’un million de micro-entrepreneures devraient également être ciblées à travers des actions de bancarisation et de formation, notamment aux outils numériques.

Les financements devraient notamment bénéficier à des entreprises actives dans l’agrobusiness, la santé et l’éducation. La banque prévoit de s’appuyer sur des mécanismes de garantie apportés par des institutions de financement du développement afin de réduire une partie du risque associé au crédit aux PME.

Un financement élargi aux chaînes de valeur agricoles

Le second volet porte sur 600 millions de dollars d’encours de crédits destinés aux PME agricoles. Ecobank veut élargir son intervention au-delà du financement traditionnel des campagnes, en ciblant l’ensemble de la chaîne, depuis les producteurs jusqu’aux exportateurs, en passant par les agrégateurs, les transformateurs, les logisticiens et les commerçants.

Ces objectifs restent toutefois limités au regard des besoins sur le continent. La Banque africaine de développement estime à 49 milliards de dollars le déficit de financement des PME détenues ou dirigées par des femmes en Afrique. Pour les PME agricoles, elle évalue à environ 96 milliards de dollars par an le déficit d’accès au financement.

Cette orientation traduit, selon Jeremy Awori, directeur général d’Ecobank, la volonté du groupe de financer davantage la transformation des productions agricoles africaines, et non plus seulement les campagnes agricoles. Une partie des crédits sera orientée vers l’agriculture résiliente au changement climatique, la digitalisation des paiements ruraux et le financement du commerce. L’objectif est également de favoriser l’émergence de marchés agricoles régionaux et de réduire la dépendance du continent aux importations alimentaires.

Ecobank compte pour cela tirer parti de son implantation panafricaine et de ses infrastructures de paiement. Sa plateforme numérique d’échanges commerciaux met déjà en relation plus de 60 000 entreprises et doit servir de relais aux transactions entre fournisseurs et acheteurs de différents pays africains, notamment dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Cette annonce intervient quelques mois après celle d’un engagement de 3 milliards de dollars sur trois ans pour financer le commerce intra-africain et mondial. Dévoilé en mai 2026 lors de l’Africa Forward Summit à Nairobi, ce dispositif a vocation à accompagner les entreprises africaines et à renforcer leur intégration aux chaînes de valeur régionales.

Pour Jeremy Awori, ces programmes doivent permettre d’agir simultanément sur l’accès au capital et sur la transformation économique. Ecobank, présent dans 34 pays d’Afrique subsaharienne, fait ainsi de ces engagements l’un des principaux marqueurs de sa stratégie post-40e anniversaire.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia