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La Namibie signale un nouveau foyer de fièvre aphteuse après près de 4 ans d’accalmie

La Namibie signale un nouveau foyer de fièvre aphteuse après près de 4 ans d’accalmie
  • Date de création: 25 septembre 2026 17:26

(Agence Ecofin) - En Afrique, la Namibie s’impose comme le deuxième exportateur de viande bovine du continent après l’Afrique du Sud et figure parmi les principaux exportateurs de bovins vivants. La recrudescence d’une maladie contagieuse comme la fièvre aphteuse est une mauvaise nouvelle pour la filière bétail.

En Namibie, les services vétérinaires ont notifié le 23 septembre dernier l’apparition d’un foyer de fièvre aphteuse à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Ce nouvel épisode intervient après une période d’accalmie relative. Le pays d’Afrique australe n’avait en effet plus signalé de foyer de fièvre aphteuse à l’OMSA depuis 2022.

Selon la notification immédiate consultée par l’Agence Ecofin, 63 bovins présentant des signes cliniques de la maladie ont été identifiés lors d’activités de surveillance sanitaire de routine dans la région de Kharas, au niveau du district vétérinaire de Karasburg.

La notification de l’OMSA précise qu’il s’agit d’une première apparition dans la zone concernée, avec une origine de l’infection encore « inconnue ou incertaine ». Le foyer se situe par ailleurs dans la zone namibienne officiellement reconnue comme indemne de fièvre aphteuse sans vaccination, un statut sanitaire important pour le maintien de l’accès de la viande et des animaux namibiens à certains marchés internationaux.

Un coup d’arrêt pour les exportations de bétail

Face à la détection du foyer, les autorités namibiennes ont immédiatement renforcé les mesures de contrôle. Devant le Parlement, le 23 septembre, Charles Mubita, ministre de l’Agriculture, a également annoncé la suspension, avec effet immédiat, de la commercialisation du bétail et des produits d’élevage, tant au niveau national qu’international. Cette interdiction s’appliquera ainsi aux importations, aux exportations et au transit des animaux ciblés et de leurs produits dérivés.

Ces mesures devraient peser directement sur les acteurs de la filière, qui tirent une partie non négligeable de leurs revenus des exportations. Les données compilées sur la plateforme Trade Map montrent par exemple que la Namibie a expédié 33 000 tonnes de bovins, d’ovins et de caprins vivants en 2025, pour une valeur totale de près de 65 millions $.

En ce qui concerne les produits dérivés, les flux de commercialisation font état de près de 13 100 tonnes de viandes bovine, ovine et caprine, générant près de 114,4 millions $ de recettes. Reste à voir dans quelle mesure ce coup d’arrêt pourrait affecter les performances de la filière sur le segment des exportations d’ici la fin de l’année 2026.

Une pression régionale qui s’accentue

Le nouveau foyer namibien intervient surtout dans un contexte sous-régional déjà marqué par une multiplication des notifications de réapparition et de recrudescence de fièvre aphteuse. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs autres pays d’Afrique australe ont signalé des foyers de fièvre aphteuse à l’OMSA, notamment le Zimbabwe, le Botswana, le Lesotho, l’Afrique du Sud, l’Eswatini et le Mozambique.

L’Afrique du Sud est le pays le plus touché dans la sous-région et est considérée comme l’épicentre de l’épizootie. En effet, huit des neuf provinces de la nation arc-en-ciel sont désormais confrontées à une recrudescence de l’épizootie de fièvre aphteuse, affectant aussi bien les exploitations commerciales que les exploitations communautaires depuis 2025.

Pour la Namibie, l’enjeu est désormais de contenir rapidement le foyer afin de limiter sa diffusion au-delà de la zone concernée et de préserver les conditions nécessaires à la reprise des mouvements et du commerce de bétail.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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