Les dattes font partie des principaux fruits secs commercialisés dans le monde, aux côtés des raisins secs, des figues et des abricots. En Afrique, la production et le commerce sont principalement concentrés en Afrique du Nord, même si certains pays au sud du Sahara commencent à se positionner sur le marché.
Le vendredi 18 septembre, l’Éthiopie a annoncé son intention de se positionner sur le marché mondial de la datte en dévoilant un plan de développement de la filière sur dix ans. À travers cette feuille de route, Addis-Abeba, qui souhaite devenir un exportateur net, prévoit notamment de plus que quadrupler la superficie consacrée à la culture du palmier dattier, pour la porter à 25 000 hectares à terme, contre environ 6 000 hectares actuellement.
Cette ambition s'annonce alors que plusieurs pays africains disposent déjà de filières tournées vers les marchés internationaux. Les données compilées sur la plateforme Trade Map permettent d’établir un classement des 5 principaux exportateurs africains de ce fruit en 2025.
L’Algérie

Premier pays à figurer dans ce classement, l’Algérie a exporté environ 185 000 tonnes de dattes en 2025, pour 184 millions USD de recettes.
La filière s’appuie sur d’importantes plantations concentrées dans les oasis du sud du pays, notamment dans les régions de Biskra, El Oued et Ouargla. Ces trois bassins constituent le cœur de la production phoenicicole algérienne, avec une forte présence de la variété Deglet Nour, particulièrement à Biskra et Ouargla.
Selon les données de l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Algérie a produit environ 1,34 million de tonnes de dattes en 2024, sur une superficie d’environ 176 000 hectares. La faible part des exportations dans la production suggère que l’essentiel de la demande provient du marché domestique.
La Tunisie
Avec 147 000 tonnes de dattes expédiées sur le marché international en 2025, la Tunisie s’impose comme le deuxième exportateur africain du fruit en volume. Malgré un tonnage inférieur à celui de l’Algérie, la filière tunisienne a généré 347 millions USD de recettes, soit près du double des exportations algériennes.
Cet écart s’explique notamment par une valeur unitaire plus élevée. D’après les données compilées par Trade Map, les dattes tunisiennes ont été exportées à une valeur moyenne de 2 400 USD par tonne en 2025, contre 993 $ pour celles en provenance d’Algérie. La Tunisie représente ainsi environ 13 % des exportations mondiales de dattes en valeur et occupe la première place du classement africain selon ce critère.
La base productive tunisienne reste toutefois moins importante que celle de l’Algérie. Selon les données de la FAO, le pays a produit environ 400 219 tonnes de dattes en 2024, sur une superficie récoltée de 81 732 hectares. La production est principalement concentrée dans le sud du pays, notamment dans les gouvernorats de Kébili et Tozeur.
L’Égypte
Avec environ 39 000 tonnes de dattes exportées en 2025, l’Égypte occupe la troisième place du classement africain en volume. Selon Trade Map, ces ventes ont généré 147 millions USD.

Le pays dispose toutefois d’une base productive largement supérieure à ses volumes exportés. D’après les données de la FAO, l’Égypte a récolté environ 1,75 million de tonnes de dattes en 2024, ce qui en fait le premier producteur africain. La production est principalement concentrée dans les oasis de la Nouvelle-Vallée, de Siwa et de Bahariya, ainsi que dans d’autres zones irriguées du pays.
Comme en Algérie, la faible part des exportations dans la production nationale souligne la dynamique du marché domestique.
La Libye
Avec 16 000 tonnes de dattes exportées en 2025, la Libye occupe la quatrième place du classement africain en volume. Ces ventes ont généré environ 25 millions USD de recettes d’exportations.
La présence de la Libye dans ce classement confirme la concentration géographique de la filière africaine autour des zones arides d’Afrique du Nord. D’après la FAO, le pays a récolté 187 000 tonnes de dattes en 2024 sur une superficie de 34 578 hectares. La production est principalement concentrée dans les oasis et les zones arides du pays, où le palmier dattier bénéficie de conditions climatiques favorables.
L’Afrique du Sud
Seul pays d’Afrique subsaharienne à figurer dans ce classement, l’Afrique du Sud a placé 6 200 tonnes de dattes sur le marché international en 2025, générant 26 millions USD de recettes.
Le pays se distingue toutefois par une valeur unitaire estimée à 4 100 USD par tonne, la plus élevée du classement. Malgré son faible poids en volume, l’Afrique du Sud parvient donc à générer des recettes relativement importantes grâce à une meilleure valorisation de ses exportations.
L’expérience des principaux exportateurs africains montre que le volume n’est pas le seul déterminant des recettes. Pour l’Éthiopie, qui souhaite se positionner sur le segment des exportations, l’enjeu sera donc à la fois d’accroître la production et de développer une offre suffisamment valorisée pour accéder aux marchés internationaux.
Stéphanas Assocle
Edité par : Feriol Bewa
Lire aussi : 21/09/2026: L’Éthiopie veut se positionner sur le marché mondial de la datte
La flambée d’Ebola en Afrique centrale reste caractérisée par une forte concentration des cas en RDC, où la progression de la transmission s’ajoute aux difficultés de surveillance, au manque de moyens médicaux et aux contraintes sécuritaires dans l’est du pays.
Les États-Unis renforcent leur soutien à la lutte contre Ebola en Afrique centrale, avec une nouvelle contribution de 267 millions USD principalement destinée à la République démocratique du Congo. Annoncée le mercredi 23 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, cette enveloppe porte à 886 millions USD l’engagement de l’administration Trump contre la flambée de cette maladie. Les USA continuent, parallèlement à d’autres pays, à contribuer à l’objectif de 2 milliards USD fixé pour la riposte.
Le financement doit notamment soutenir les centres de traitement, les capacités de diagnostic et les moyens médicaux destinés aux personnels de santé. Il survient alors que l’épidémie, détectée en mai, est devenue la deuxième plus meurtrière jamais enregistrée, derrière celle en Afrique de l’Ouest pendant la période 2014-2016.
La pression augmente dans le Nord-Kivu
Aujourd’hui, la RDC concentre l’essentiel de la crise. Au mercredi 23 septembre, date du dernier rapport fourni par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays affichait 7 890 cas confirmés et 3 779 décès. L’Ituri reste la province la plus touchée, mais le Nord-Kivu signale désormais une part importante des nouveaux cas, soit 567 cas sur les 21 jours arrêtés au 23 septembre.
Des responsables sanitaires et chercheurs pensent que le virus de l’espèce rare Bundibugyo pourrait avoir circulé depuis plusieurs mois avant la confirmation des premiers cas en Ituri. La riposte est également compliquée par les réductions de l’aide, les failles dans la surveillance, l’absence de vaccins et de traitements approuvés, ainsi que par le conflit armé dans l’est de la RDC.

La transmission s’est par ailleurs étendue au Sud-Ubangi, devenu la septième province affectée. Dans certaines zones de l’Ituri, les autorités et les partenaires de la riposte observent toutefois des signes de ralentissement. Ils poursuivent l’installation de centres de traitement, l’identification des cas, le traçage des contacts et la sensibilisation des populations.
Les précédents financements américains
La nouvelle contribution s’inscrit dans une série de financements annoncés depuis le début de la flambée. En mai, après la confirmation des premiers cas en RDC et en Ouganda, le Département d’État avait débloqué 13 millions USD pour la surveillance, les laboratoires, la communication sur les risques, le contrôle aux frontières et la prise en charge des malades.
Washington avait ensuite annoncé 80 millions USD supplémentaires pour renforcer les opérations dans les deux pays, notamment le traçage des contacts et la fourniture d’équipements de protection. En août, 242 millions USD additionnels avaient été annoncés pour soutenir la réponse en RDC, renforcer la préparation en Ouganda et financer l’aide humanitaire liée à la crise.

Ces annonces s’inscrivent dans un dispositif plus large. Les USA ont également annoncé 1,8 milliard USD de financements supplémentaires pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), dont 350 millions USD via ses fonds communs pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud, afin de soutenir la réponse à Ebola et les besoins humanitaires dans la région.
La situation régionale reste néanmoins contrastée. L’Ouganda, touché au début de la flambée, a déclaré la fin de son épidémie le 28 juillet après 42 jours sans nouveau cas local. Le pays demeure exposé à une réintroduction du virus tant que la transmission persiste en RDC.
Olivier de Souza
Le Nigeria estime avoir levé le principal obstacle juridique qui paralysait depuis des années le projet hydroélectrique de Mambilla. Cette victoire contre Sunrise Power améliore les perspectives d’un projet à plusieurs milliards de dollars, mais ne règle cependant pas tout.
La décision arbitrale rendue le jeudi 17 septembre en faveur du Nigeria par la Chambre de commerce internationale (ICC) a levé le « principal obstacle juridique » au développement du projet hydroélectrique de Mambilla, selon le président Bola Tinubu. Le verdict sanctionne un long litige entre l’État nigérian et Sunrise Power and Transmission, société qui revendique depuis 2003 des droits sur le développement de ce projet prévu et étudié depuis plusieurs décennies dans l’État de Taraba, mais jamais construit.
Pour savoir si cette victoire rapproche réellement Mambilla d’un début de chantier, il faut toutefois regarder au-delà du seul litige avec Sunrise. Le projet a en effet changé plusieurs fois de configuration, son financement n’a jamais été bouclé, et le montage conclu avec des entreprises chinoises en 2017 reste aujourd’hui à clarifier.
La version nigériane du projet des « Trois-Gorges » qui tarde à se concrétiser
Prévu sur le plateau de Mambilla, dans l’est du Nigeria, le projet doit exploiter l’important dénivelé de la zone à travers un ensemble de barrages, de tunnels et de centrales souterraines. Le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA) le présente aujourd’hui comme ayant une capacité de 3 050 MW, un coût estimé à 5,8 milliards USD et une production annuelle attendue d’environ 5,5 TWh.
Cette configuration est l’aboutissement de plusieurs décennies d’études et de modifications. Le développement du projet remonte aux années 1970 et différentes capacités ont été envisagées depuis. En 2021, le ministre nigérian de l’Énergie de l’époque, Saleh Mamman, annonçait encore son redimensionnement de 3 050 MW à 1 500 MW afin de le rendre plus bancable aux yeux des investisseurs.
Le PIDA l’affiche aujourd’hui de nouveau à 3 050 MW et indique qu’une revue de la conception est encore menée pour améliorer sa viabilité. Même indépendamment des contentieux judiciaires et arbitraux, certains paramètres techniques et financiers de Mambilla restent donc à stabiliser.
C’est dans cette longue histoire qu’intervient Sunrise Power. En 2003, la société obtient une lettre relative au développement de Mambilla sous forme de Build, Operate and Transfer, un modèle dans lequel un investisseur finance, construit et exploite une infrastructure avant de la transférer à l’État. Sunrise considère depuis cette attribution comme la base de ses droits sur le projet. Les autorités nigérianes en contestent toutefois la validité, estimant notamment qu’elle n’avait pas reçu les autorisations nécessaires du Federal Executive Council.
Cette divergence devient beaucoup plus qu’un désaccord administratif lorsque le Nigeria décide de poursuivre le développement de Mambilla avec d’autres partenaires.
Quand le contentieux a bloqué les milliards chinois
En novembre 2017, le ministère nigérian de l’Énergie signe un contrat de 5,79 milliards USD pour construire Mambilla avec un consortium réunissant China Gezhouba Group Corporation, Sinohydro et China Geo-Engineering Corporation. Le projet retenu porte alors sur une puissance de 3 050 MW.
Son financement devait être lui aussi largement octroyé par la Chine. China Exim Bank devait en effet apporter environ 85 % des fonds, le gouvernement nigérian prenant en charge les 15 % restants. Mais Sunrise, qui estimait que ce nouveau montage méconnaissait ses droits antérieurs sur Mambilla, avait engagé la même année une procédure arbitrale contre le Nigeria.
Le différend contractuel a alors eu une conséquence directe sur le financement. En 2019, un responsable du consortium chinois expliquait que China Exim ne pouvait financer un projet faisant encore l’objet d’un litige. Les autorités chinoises avaient également demandé au Nigeria de résoudre le différend avant que les négociations financières puissent réellement avancer.
Abuja tente alors de solder l’affaire avec Sunrise. Un accord conclu en 2020 prévoit le paiement de 200 millions USD à la société. Un addendum introduit ensuite une somme supplémentaire de 200 millions USD en cas de défaut. Le paiement n’étant finalement pas exécuté, Sunrise engage une nouvelle procédure pour réclamer les 400 millions USD, auxquels viennent s’ajouter des intérêts. C’est donc cette demande issue du règlement de 2020 qui vient d’être rejetée.
Une victoire juridique, mais pas encore de chantier
Selon la présidence nigériane et le procureur général Lateef Fagbemi, le tribunal arbitral constitué sous l’égide de la Chambre de commerce internationale a donc estimé que les responsables ayant conclu les accords de 2020 ne disposaient pas de l’autorité nécessaire pour engager l’État sans approbation présidentielle. Fagbemi indique également que le tribunal a retenu des éléments relatifs à la corruption et à l’ordre public nigérian.
La décision écarte ainsi une demande qui atteignait environ 680 millions USD, si on compte les intérêts. Mais elle ne met pas fin à l’ensemble du différend entre Sunrise et le Nigeria. Les autorités nigérianes indiquent d’ailleurs qu’une procédure arbitrale parallèle reste en cours, avec une demande de plus de 2,7 milliards USD en compensation et intérêts liée au contentieux plus ancien sur les droits revendiqués par Sunrise.
Par ailleurs, la disparition de cette créance ne règle pas automatiquement les difficultés qui empêchent encore Mambilla de passer à la construction. Le redimensionnement annoncé en 2021 montre que la « bancabilité » du projet posait déjà problème indépendamment du litige. Aucune annonce récente ne confirme non plus que China Exim Bank est toujours disposée à financer le montage envisagé plusieurs années auparavant.
Le statut du contrat signé en 2017 avec les trois entreprises chinoises reste également à préciser. Le prospectus PIDA disponible actuellement classe toujours Mambilla au stade de la « structuration » . Ces indications montrent que le projet ne peut pas être
Pour le Nigeria, l’enjeu est pourtant immense. Une centrale de plusieurs milliers de mégawatts apporterait une nouvelle source majeure de production à un système électrique encore confronté à des déficits de capacité et d’accès. Le pays compte le plus grande de personnes sans accès à l’électricité au monde.
Abdoullah Diop
Edité par : Feriol Bewa
Cette semaine en Afrique : L'OMS publie un guide sur le cancer du sein pour les soins primaires, et le Burkina Faso distribue 15 millions de moustiquaires contre le paludisme. Dans les Grands Lacs, l'épidémie de maladie à virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo dépasse les 7700 cas confirmés, s'étendant désormais sur sept provinces et 63 zones de santé. Si la situation s'améliore dans l'Ituri et le Haut-Uélé, le Nord-Kivu enregistre une progression préoccupante. Près de 3 milliards $ d'engagements ont été annoncés pour la riposte, avec Africa CDC qui exige une traçabilité stricte des fonds. Parallèlement, l'OMS et KSrelief signent un accord de 5,3 millions $ contre le choléra dans le bassin du lac Tchad. Le Nigeria fait face à une fièvre de Lassa au taux de létalité en hausse
Cancer du sein : l'OMS Afrique publie un guide pour les soins primaires
L'OMS Afrique a lancé cette semaine, le 21 septembre, un nouveau guide clinique destiné aux personnels des soins de santé primaires pour améliorer la détection précoce, l'évaluation et l'orientation des femmes présentant des symptômes suspects de cancer du sein.
Le document entend corriger un goulot d'étranglement structurel : la plupart des femmes africaines consultant pour un problème mammaire se présentent d'abord dans un dispensaire ou un centre de santé communautaire, et non dans un établissement de soins spécialisés.
4 women are diagnosed with breast cancer every minute. #BreastCancer can have a variety of symptoms, especially when more advanced. Early diagnosis increases the chances for successful treatment https://t.co/Yov4s1LeBd https://t.co/rLoxTM380g
— World Health Organization (WHO) (@WHO) October 4, 2025
En permettant aux agents de santé de première ligne d'identifier les signes d'alerte et d'orienter rapidement les patientes, l'OMS espère raccourcir les délais de prise en charge.
Notons que, dans la majorité des pays de la région, plus de 70 % des cancers du sein sont détectés à un stade avancé, ce qui réduit considérablement les possibilités de traitement curatif et les chances de survie.
Ce guide s'inscrit du reste dans le cadre d’un plan régional de lutte contre le cancer, avec pour objectif de renforcer les capacités diagnostiques, d’étendre la couverture en imagerie médicale et de réduire les inégalités d'accès aux traitements oncologiques en Afrique subsaharienne.
Ebola en RDC : 7 733 cas et 3 732 décès, Nord-Kivu en progression
Au 23 septembre 2026, l'épidémie de maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, en République démocratique du Congo (RDC) était à plus de 7 700 cas confirmés et 3 760 décès, répartis dans sept provinces et 63 zones de santé, selon les données consolidées du ministère de la Santé et de l'OMS.
La situation présente un profil contrasté selon les territoires : si les cas poursuivent leur repli dans les foyers historiques de l'Ituri (-26 %) et dans le Haut-Uélé (-15 %), l'épidémie progresse fortement au Nord-Kivu (+73 %). L'OMS note que le taux de létalité y dépasse 65 % et que la maladie frappe particulièrement les enfants de moins de 5 ans, dont la mortalité excède 60 %.
Des cas signalés à Dungu, près de la frontière avec le Soudan du Sud, alimentent les inquiétudes quant à un risque de propagation transfrontalière. « La transmission s'est étendue au-delà de son épicentre d'origine, et cela exige que nous adaptions notre réponse », selon la Dre Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique.
Face à ce défi sanitaire, la riposte s'intensifie sur le terrain : alors que 33 nouvelles guérisons ont été enregistrées au cours des dernières 24 heures, une campagne de vaccination ciblée à l'aide du vaccin Ervebo a été lancée à Bunia pour protéger prioritairement les professionnels de santé et les agents de première ligne. Parallèlement, les équipes médicales poursuivent leurs efforts pour concilier les protocoles sanitaires avec les pratiques funéraires locales en Ituri, un enjeu clé pour freiner la transmission communautaire.
Ebola : près de 3 milliards $ mobilisés, Africa CDC exige la traçabilité
Au total, près de 3 milliards $ d'engagements financiers ont été annoncés pour soutenir la riposte à l'épidémie d'Ebola en RDC, en Ouganda et dans la région. Ces annonces ont été formulées en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 24 septembre.
Africa CDC, l’Agence sanitaire de l’UA, a salué ce niveau d'engagement tout en appelant à la plus grande traçabilité des financements. L'institution africaine insiste sur la nécessité de savoir précisément quels fonds ont été décaissés, à quel rythme et dans quels secteurs de la riposte, afin de combler les lacunes critiques sans attendre de nouvelles promesses de financement.
Nearly US$3 billion has now been mobilised for the Ebola response in Central Africa, with Africa CDC saying the priority has shifted from raising money to ensuring the funds reach the frontline. Africa CDC Director-General Dr Jean Kaseya said the total stood at US$2.997 billion following a G20+ Foreign Ministers meeting convened by the United States in New York. https://t.co/7vMX26RkM8
— The Standard Digital (@StandardKenya) September 25, 2026
Le Dr Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, a rappelé que le plan de riposte sur six mois requiert 1,3 milliard $, et que le plan de réponse humanitaire révisé pour 2026 nécessite 2,1 milliards.
En Ouganda, où une épidémie distincte avait été déclarée, l'OMS a confirmé la fin de la transmission le 27 août, après 42 jours sans nouveau cas. La clôture de cet épisode souligne à la fois la nécessité d'une surveillance frontalière soutenue et la capacité des systèmes de santé nationaux à contenir la propagation.
Choléra : l'OMS et KSrelief allouent 5,3 millions $ au bassin du lac Tchad
L'OMS et le King Salman Humanitarian Aid and Relief Centre (KSrelief) ont signé le 22 septembre un accord de 5,3 millions $ pour renforcer la prévention et la réponse au choléra dans le bassin du lac Tchad.
.@WHO et @KSRelief ont signé un accord d'un montant de 5,3 millions de dollars américains visant à renforcer la préparation et la réponse au #choléra dans le bassin du lac Tchad, apportant ainsi un soutien au Cameroun, au Tchad, au Mali, au Niger et au Nigéria. Cet appui permettra de renforcer la détection précoce, la réponse rapide et l'accès à des traitements essentiels contre le choléra, contribuant à protéger plus de 6 millions de personnes dans ces cinq pays.
— OMS Afrique (@OMS_Afrique) September 21, 2026
Le programme couvre cinq pays : le Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger et le Nigeria, tous régulièrement confrontés à des flambées épidémiques liées aux conditions d'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à la surpopulation des sites de déplacés.
L'accord prévoit notamment des interventions intégrées allant de la surveillance épidémiologique à l'accès aux médicaments essentiels, en passant par la vaccination anticholérique et les mesures d'eau-hygiène-assainissement (EHA). Cette approche transfrontalière entend répondre à la nature intrinsèquement régionale du choléra dans cette zone, où les mouvements de population entre bassins versants favorisent la propagation.
Notons que la signature fait suite aux annonces antérieures de l'UNICEF, qui avait mobilisé 15 millions $ pour six pays sahéliens en août, et complète un dispositif de financement régional orienté vers la durabilité des capacités de réponse.
Fièvre de Lassa au Nigeria : plus de 1 000 cas et 259 décès, létalité en hausse à 23,9 %
En Afrique de l’Ouest, le Nigeria a enregistré 1 086 cas confirmés de fièvre de Lassa et 259 décès depuis le début de l'année 2026, selon le Centre nigérian de contrôle des maladies (NCDC), dont les données ont été publiées le 22 septembre. Le taux de létalité atteint 23,9 %, contre 18,6 % sur la même période en 2025, une hausse que le NCDC attribue principalement aux retards de consultation des patients et au coût élevé de la prise en charge, notamment de la ribavirine, traitement antiviral de référence.
La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale endémique au Nigeria et dans plusieurs pays de la sous-région. Elle est transmise essentiellement par les déjections du rat multimammate (Mastomys natalensis). Au Nigeria, les États d'Edo, d'Ondo et de Bauchi concentrent historiquement les cas les plus nombreux.
La progression du taux de létalité en 2026 par rapport à 2025 est préoccupante dans un contexte où les systèmes de surveillance et les stocks de médicaments restent insuffisants dans plusieurs zones endémiques. L'OMS accompagne le NCDC dans la surveillance et la formation des équipes de réponse rapide.
Noma au Nigeria : des opérations gratuites pour une maladie tropicale négligée
Des opérations reconstructrices gratuites sont proposées à des enfants atteints de noma à Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, selon des agences cette semaine.
Le noma est une infection gangreneuse rapidement progressive qui détruit les tissus du visage, particulièrement chez les enfants de moins de 6 ans souffrant de malnutrition et vivant dans des environnements précaires. Sans traitement précoce, le noma peut être mortel dans 90 % des cas. Les survivants portent des séquelles faciales sévères qui entraînent une stigmatisation profonde et une exclusion sociale. La maladie est classée parmi les maladies tropicales négligées par l'OMS depuis 2023, ce qui ouvre la voie à un financement et à une attention accrue.
Au Nigeria, la ceinture sahélienne du nord concentre la majorité des cas signalés sur le continent. Les opérations chirurgicales reconstructrices proposées à Sokoto visent à corriger les déformations chez des enfants et adolescents ayant survécu à la phase aiguë de la maladie, mais ces interventions restent insuffisantes face à l'ampleur des besoins et à l'absence de système de dépistage précoce structuré dans les zones rurales.
Paludisme : le Burkina Faso distribue 15 millions de moustiquaires et introduit le vaccin RTS,S
Le Burkina Faso a distribué 15 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILD) durant la période 2025-2026. Cette campagne de masse, inscrite dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme, associe protection individuelle nocturne et vaccination.
Le pays sahélien a par ailleurs introduit le vaccin RTS,S contre le paludisme dans son programme de vaccination de routine, devenant l'un des premiers États d'Afrique de l'Ouest à franchir cette étape.
Le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité au Burkina Faso, pays sahélien particulièrement exposé à la transmission saisonnière, avec des pics pendant et après la saison des pluies.
Si la campagne de distribution de moustiquaires est un pilier de la stratégie du pays, elle est complétée par la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS), administrée aux enfants de moins de 5 ans dans les zones à haute transmission. La combinaison vaccination + MILD + CPS est recommandée par l'OMS comme approche intégrée dans les pays à forte charge palustre.
Néanmoins, le Burkina Faso affronte des défis logistiques importants liés notamment à l'insécurité dans plusieurs régions, ce qui complique la distribution en zone rurale.
Ghana : essais cliniques et surveillance communautaire renforcés
Au Ghana, on note cette semaine deux avancées en matière de renforcement des capacités sanitaires. D'une part, l'OMS a conduit une évaluation de 15 institutions publiques et privées de santé et de recherche afin d'identifier les forces et les lacunes du pays en matière d'essais cliniques. L'objectif est de permettre au Ghana de participer, conduire et superviser ses propres essais cliniques pour des vaccins, médicaments et technologies de santé, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des données produites à l'étranger.
D'autre part, l'OMS a soutenu le renforcement de la surveillance événementielle au niveau communautaire dans neuf districts de trois régions ghanéennes. Ce dispositif forme les membres des communautés à signaler rapidement des événements inhabituels, tels qu'une hausse de mortalité animale ou une grappe de cas de fièvre, afin de déclencher plus tôt les investigations sanitaires.
Ces deux initiatives pourraient du reste marquer une tendance continentale : consolider les capacités analytiques et de détection nationales plutôt que de dépendre uniquement des systèmes centraux de surveillance.
Le Ghana, qui accueille plusieurs institutions régionales de référence en santé, cherche à se positionner comme un pôle de recherche et de réponse aux urgences en Afrique de l'Ouest.
Ayi Renaud Dossavi
Pour les économies enclavées d’Afrique de l’Est, la compétitivité des échanges se joue aussi dans la capacité à réduire les frictions lors du transit des marchandises. La CAE cherche désormais à agir sur un maillon moins visible, mais déterminant, de cette chaîne.
La modernisation des corridors commerciaux d’Afrique de l’Est aborde une nouvelle étape, celle de la dématérialisation des cautions douanières. Une garantie de 29 millions USD annoncée par Afreximbank en faveur de BSMART Technology, accompagnera le déploiement de cette solution à l’échelle de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE).
L’objectif est de s’attaquer à un volet administratif encore contraignant en matière de transit régional, et notamment à la garantie financière exigée pour couvrir les droits et taxes susceptibles d’être dus pendant l’acheminement des marchandises. Concrètement, la plateforme permettra aux transitaires et autres opérateurs éligibles d’obtenir et de traiter leurs cautions douanières sous format numérique.
Les administrations douanières et les organismes garants peuvent également accéder au dispositif, avec à la clé une réduction du recours aux documents physiques lors du franchissement des frontières.
De la fluidification des frontières à la dématérialisation des procédures
La démarche prolonge une série de réformes engagées depuis plusieurs années par la CAE pour réduire les frictions sur ses corridors. Avant la numérisation des cautions, l’organisation avait notamment misé sur le territoire douanier unique et les postes frontaliers à guichet unique, ou OSBP.
Ces dispositifs ont déjà modifié le fonctionnement du transit régional. Selon les données de la CAE, le territoire douanier unique a permis de réduire de 70 % les coûts des opérations commerciales et de ramener de 21 jours à moins de quatre jours le temps de rotation des camions entre le point d’entrée et leur destination finale. Les postes à guichet unique ont, pour leur part, permis de réduire les délais de transit jusqu’à 72 %, tout en renforçant les connexions économiques entre les États partenaires de la CAE.

La caution numérique ajoute donc une nouvelle couche à cette architecture. Là où les précédentes réformes visaient principalement à rapprocher les administrations et à limiter les contrôles répétés aux frontières, la nouvelle plateforme cherche à supprimer une partie des formalités documentaires qui accompagnent les garanties de transit.
Le projet a commencé à prendre forme en août 2025, lorsque le Secrétariat de la CAE a lancé les premiers tests en Ouganda. Le Rwanda et le Burundi ont intégré le dispositif en janvier 2026, avant son lancement officiel lors du sommet des chefs d’État de la CAE en mars.
Afreximbank veut faciliter la circulation des garanties
La garantie accordée à BSMART Technology s’inscrit dans le Programme de garantie de transit collaboratif africain d’Afreximbank. Celui-ci vise notamment à réduire le recours à plusieurs garanties douanières successives lorsqu’une marchandise traverse différents territoires sur une même route de transit. Pour la banque, l’enjeu consiste à faciliter l’accès des entreprises aux garanties nécessaires à leurs opérations et de rendre leur traitement plus homogène entre les différents acteurs du corridor.

« Grâce à la caution douanière de la CAE, nous soutenons la numérisation et la simplification de l’accès aux garanties douanières pour les entreprises qui transportent des marchandises dans la région », a déclaré Kanayo Awani, vice-présidente exécutive d’Afreximbank chargée du commerce intra-africain et du développement des exportations.
L’Afrique de l’Est constitue un marché important pour ce type de réforme. D’après le rapport 2025 d’Afreximbank sur le commerce africain, la région représentait 14,5 % des échanges commerciaux intra-africains en 2024, ce qui la plaçait au troisième rang derrière l’Afrique australe et l’Afrique de l’Ouest.
A mesure que les volumes de marchandises augmentent, la réduction des délais administratifs devient un enjeu aussi important que la capacité physique des corridors. La numérisation des cautions pourrait contribuer à cette évolution, mais son impact dépendra de l’adoption effective de la plateforme par les transitaires, les organismes de garantie et les administrations des différents États membres. La CAE devra également maintenir l’interopérabilité entre ce nouvel outil et les dispositifs déjà déployés aux frontières.
Henoc Dossa
Longtemps reléguée derrière l’enjeu de l’accès à l’électricité, la cuisson propre gagne du terrain dans les politiques énergétiques africaines. Les progrès restent toutefois loin du rythme nécessaire pour résorber un déficit qui touche encore près de 1 milliard de personnes.
La mobilisation autour de la cuisson propre s’est renforcée depuis le sommet international organisé à Paris en 2024. Le mardi 22 septembre, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le Kenya et la Norvège ont réuni, avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et leurs partenaires, gouvernements, institutions financières et acteurs privés pour faire le point sur les avancées et préparer le prochain sommet prévu à Nairobi.

Selon l’AIE, plus de 120 nouvelles politiques consacrées à la cuisson propre ont été introduites depuis le rendez-vous de Paris. Plus de 80 % des Africains encore privés d’accès vivent désormais dans des pays ayant renforcé leur cadre politique. Le nombre de personnes accédant chaque année à des solutions propres progresse également à un rythme supérieur de 30 % à la moyenne des cinq dernières années.
Les financements, principal enjeu, commencent aussi à être déployés. Plus du tiers des 2,2 milliards USD engagés à Paris a été consacré à des projets dans 28 pays africains. En juillet, 900 millions USD de nouveaux engagements avaient par ailleurs été sécurisés en préparation du prochain sommet.
Ces avancées restent toutefois modestes face à l’ampleur du besoin. Près de 1 milliard d’Africains restent sans accès à la cuisson propre, alors que l’AIE estime à environ 4 milliards USD par an les investissements nécessaires pour combler le déficit dans le monde, dont la moitié en Afrique. Le président kényan William Ruto a ainsi insisté à New York sur la nécessité de transformer les engagements en investissements, puis en réalisations concrètes.
Le deuxième sommet devait initialement se tenir les 9 et 10 juillet 2026 à Nairobi, avant d’être reporté aux 27 et 28 janvier 2027. Après ce contretemps, la rencontre de New York visait précisément à maintenir la mobilisation politique et financière jusqu’à ce prochain rendez-vous, où de nouveaux engagements sont attendus.
Abdoullah Diop
La sidérurgie sud-africaine doit réduire une empreinte carbone élevée, tout en préservant sa compétitivité sur les marchés extérieurs. ArcelorMittal South Africa s’appuie sur Veolia et Norfund pour faire avancer plusieurs projets allant dans ce sens.
Le fer et l’acier constituent le secteur sud-africain le plus exposé au mécanisme carbone aux frontières de l’Union européenne, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). C’est dans ce contexte qu’ArcelorMittal South Africa (AMSA) s’est associé à Veolia et au fonds norvégien Norfund pour développer des projets destinés à réduire l’empreinte énergétique et environnementale de ses activités.
Les premières pistes portent sur la récupération et la réutilisation du gaz de haut-fourneau ainsi que sur la modernisation des installations de vapeur et de production électrique. Les partenaires examineront ensuite les énergies renouvelables, l’optimisation de l’eau et le traitement des eaux usées.
L’enjeu de la décarbonation dépasse les seules activités d’AMSA et concerne plus largement un secteur qui pèse 1,5 % du PIB sud-africain et environ 200 000 emplois. Selon l’OCDE, la sidérurgie sud-africaine génère environ 30 % des émissions de CO₂ de l’industrie manufacturière et la production par haut-fourneau émet près de 4 tonnes de CO₂ par tonne d’acier, contre environ 2 tonnes en moyenne mondiale.
Cette forte intensité carbone expose davantage ce secteur qui est xtourné vers l’exportation au durcissement des règles sur ses marchés extérieurs. L’OCDE le considère d’ailleurs comme le secteur sud-africain le plus à risque face au CBAM européen et estime que plus de 500 millions USD de fer et d’acier étaient exportés vers l’Union européenne en 2021.
Du coté de Norfund, on dispose déjà d’une expérience dans ce type de transition. En 2025, l’institution norvégienne a prêté 15 millions USD au sidérurgiste ghanéen B5 Plus, notamment pour moderniser son usine et installer 16 MW de solaire. Avec Veolia, l’autre partenaire, il dispose également depuis 2024 d’une plateforme destinée à développer et financer des projets industriels africains pouvant atteindre 50 millions d'euros (environ 57 millions USD).
Abdoullah Diop
Entre renouvellement de la flotte nationale, construction de Donsin et réorganisation de la gestion aéroportuaire, le Burkina Faso redessine progressivement son paysage du transport aérien. Cette transformation pose aussi la question des outils nécessaires pour soutenir l'essor des plateformes.
En marge de l’Assemblée générale de l'Airports Council International (ACI) qui s'est tenue du 19 au 25 septembre, la Société des Aéroports du Faso (SAFA) a signé un protocole d’accord avec ACI Africa et BARTHAUER Software GmbH pour expérimenter SACOS (Smart Airport Certification and Operations Software), une plateforme destinée à numériser plusieurs processus de gestion aéroportuaire.
L’accord prévoit une phase pilote au cours de laquelle la solution sera testée dans des conditions opérationnelles réelles ou représentatives. La SAFA doit notamment évaluer son apport dans la gestion des opérations, la coordination entre les services, le suivi des activités, la traçabilité, la sécurité et le pilotage de la performance. L’expérimentation doit également permettre de vérifier l’adéquation de l’outil avec les procédures existantes avant d’envisager une éventuelle utilisation plus large.
Le numérique comme composante d’une stratégie plus large
Cette initiative intervient alors que le Burkina Faso cherche à renforcer l’ensemble de son système de transport aérien. Pour ce pays enclavé, le développement de la connectivité aérienne constitue notamment un enjeu pour faciliter les échanges avec les marchés extérieurs et améliorer les liaisons avec les autres pays de la région.
La création de la SAFA s’inscrit dans cette dynamique. L’État lui a confié la gestion, l’exploitation et le développement des aéroports du pays, parallèlement à d’autres mesures destinées à renforcer les infrastructures et les capacités du secteur. Le gouvernement a notamment acté en juin dernier l’acquisition de scanners destinés aux aéroports.
La modernisation concerne également le transporteur national. Les autorités se sont engagées dans la relance d’Air Burkina, notamment à travers la mise à disposition de nouveaux aéronefs, après une période marquée par l’indisponibilité des appareils, mais aussi par des difficultés managériales et de trésorerie.
A ces initiatives s’ajoute le chantier du nouvel aéroport de Donsin, appelé à remplacer l’aéroport international de Ouagadougou-Taamsê. Construite dans les années 1960, cette dernière plateforme doit progressivement céder sa place à une infrastructure conçue pour accompagner l’évolution du trafic, avec une capacité annoncée d’au moins 1 million de passagers par an.
Dans cet ensemble, SACOS représente un autre volet de la transformation recherchée pour l’industrie dans son enemble. Le passage à une gestion davantage numérisée devra toutefois être accompagné par l’appropriation des nouveaux outils par les équipes, leur intégration aux systèmes déjà utilisés et la capacité à maintenir ces solutions dans la durée. Les résultats de la phase pilote seront à ce titre déterminants pour apprécier la pertinence d’un éventuel déploiement plus large dans les aéroports burkinabè.
Henoc Dossa
Edité par : Feriol Bewa
La concentration de l’offre des terres rares en Chine pousse Washington à rechercher de nouvelles sources d’approvisionnement. Avec plusieurs projets avancés, Madagascar peut devenir l’un des alliés africains de cette diversification.
Harena Rare Earths cherche à renforcer l’appui américain à son projet de terres rares Ampasindava, avec le soutien des autorités malgaches. En marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, la compagnie a multiplié les échanges avec l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC), alors qu’elle doit encore réunir les financements nécessaires pour conduire le projet jusqu’à la production.
Dans un communiqué publié vendredi 25 septembre, Harena explique que son président exécutif Ivan Murphy a rencontré le président malgache Michaël Randrianirina, l’ambassadrice de Madagascar aux États-Unis et des représentants de la DFC. Il s’est également entretenu séparément avec le directeur général de l’institution américaine, Ben Black, au sujet de la « prochaine étape » de leur relation.
La DFC est l’institution américaine de financement du développement, chargée notamment de mobiliser des capitaux privés vers des projets jugés stratégiques pour les intérêts économiques et internationaux des États-Unis. Elle a déjà soutenu plusieurs projets africains de terres rares, notamment Songwe Hill au Malawi et les activités de Pensana en Angola. L’institution a d’ailleurs annoncé plus tôt cette année un engagement de 4,84 millions $ pour Ampasindava, son premier investissement minier à Madagascar.
Pour Harena, cette première enveloppe doit notamment l’aider à financer les travaux environnementaux et sociaux, les autorisations réglementaires et une installation pilote de traitement avant l’étude de faisabilité définitive. La DFC indique elle-même que ces travaux doivent permettre d’évaluer Ampasindava en vue d’un éventuel investissement ultérieur en dette ou en fonds propres. C’est précisément ce soutien de plus grande ampleur que Harena cherche désormais à préparer.
L’étude de préfaisabilité publiée en janvier évalue à 142 millions $ le capital nécessaire pour développer une mine. Harena vise environ 4 000 tonnes d’oxydes de terres rares par an, dont quelque 1 700 tonnes de néodyme et praséodyme (NdPr), ainsi que du dysprosium et du terbium (DyTb), utilisés notamment dans les aimants permanents. Le projet affiche une durée de vie estimée à 20 ans.
Dans les prochains mois, il faudra donc voir si les démarches engagées par Harena débouchent sur une participation américaine au financement de la construction d’Ampasindava. La compagnie vise désormais une première production de concentré à la mi-2028, après une année 2027 qui doit notamment être consacrée au financement du projet et, selon la feuille de route publiée en janvier, à la décision finale d’investissement.
Emiliano Tossou
Édité par Wilfried ASSOGBA
Tasiast est l’une des deux plus grandes mines de Kinross, compagnie canadienne qui exploite des mines du Chili aux Etats-Unis. En 2025, l’actif mauritanien a livré 503 429 onces, soit un quart de la production totale du groupe.
Alors qu’il sort d’un premier semestre 2026 où la production d’or en Mauritanie a augmenté de 2 % en glissement annuel, Kinross Gold vient d’ajuster ses prévisions de production pour l’année. Le groupe s’attend à produire entre 1,84 million et 1,86 million d’onces cette année, soit une baisse de 2 à 3 % par rapport aux objectifs initiaux.
Ce changement s’explique essentiellement par les difficultés rencontrées à La Coipa, au Chili, et Round Mountain, aux États-Unis. À La Coipa, plusieurs épisodes météorologiques extrêmes ont perturbé l’extraction et le traitement du minerai au troisième trimestre. Kinross a aussi rencontré des teneurs en cuivre plus élevées que prévu dans certains minerais sulfurés, avec des taux de récupération d’or inférieurs aux attentes. À Round Mountain, des rythmes d’extraction plus faibles ainsi que des teneurs et des récupérations inférieures aux prévisions ont également pesé sur la production.
La révision ne concerne en revanche pas Tasiast. La mine mauritanienne a livré 263 325 onces au premier semestre, contre 256 870 un an plus tôt. Au deuxième trimestre, sa production a atteint 133 311 onces, soutenue notamment par une hausse du débit de l’usine. Avec Paracatu, au Brésil, Tasiast devrait encore contribuer à une production combinée de 1,1 million d’onces en 2026, conforme aux attentes de Kinross.
La compagnie prévoit à nouveau entre 1,84 million et 1,86 million d’onces en 2027. À partir de 2028, elle compte notamment sur la montée en puissance de Phase X à Round Mountain et sur l’accès à des teneurs plus élevées dans les parties profondes de Tasiast, qui devrait conserver encore longtemps un rôle central dans le socle de production de Kinross. La mine disposait encore de 4,4 millions d’onces de réserves prouvées et probables à fin 2025, pour une durée de vie actuellement estimée jusqu’en 2033.
Emiliano Tossou
Édité par Wilfried ASSOGBA
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