La Gambie privilégie le raccordement au réseau pour augmenter l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural. De nouveaux investissements publics viennent soutenir cette stratégie, alors que le pays doit parallèlement diversifier sa production.
La Gambie mise principalement sur l’extension de son réseau électrique pour parvenir à l’accès universel, un choix que le gouvernement justifie notamment par la géographie du pays. Les deux contrats totalisant 14,2 millions USD et signés le lundi 28 septembre pour raccorder 241 communautés dans les régions de Central River et Upper River s’inscrivent directement dans cette stratégie.
Entièrement financés sur le budget national, les travaux porteront sur 377 km de lignes moyenne tension, 248 km de lignes basse tension, et l’installation de 219 transformateurs. L’entreprise Alpha TND réalisera le lot de Central River, évalué à 8,8 millions USD, pour 148 communautés, tandis que Power Factor Limited raccordera 93 communautés d’Upper River pour 5,35 millions USD.
Avec une superficie d’environ 11 300 km² et 2,4 millions d’habitants, la Gambie considère, selon son National Energy Compact, que les raccordements au réseau constituent « la voie la plus durable » vers l’accès universel. Plus de 99 % des connexions électriques du pays sont déjà réalisées par ce biais, tandis que les mini-réseaux sont principalement envisagés dans les zones où l’extension du réseau rencontre des contraintes environnementales.
Toujours selon le Compact, le taux d’accès national atteignait 73,7 % en 2024, mais tombait à 45 % en milieu rural, contre plus de 97 % à Banjul et Kanifing. Les projets réalisés depuis ont, selon les autorités, porté le taux national à environ 90 %. Mais pour ce pays d’Afrique de l’Ouest, étendre le réseau ne constitue qu’une partie de l’équation.
En 2024, 87 % de la production électrique nationale provenait encore du thermique et le pays importait également une part importante de son électricité. Produire plus tout en diversifiant devient donc un enjeu majeur. La Gambie prévoit d’ailleurs de porter les énergies renouvelables à 50 % de son approvisionnement électrique d’ici 2030.
Abdoullah Diop
L’huile de colza et l’huile de tournesol représentent ensemble environ 25 % de la consommation mondiale d’huiles végétales. Ces deux oléagineuses, habituellement éclipsées par le soja et le palmier à huile, seront les moteurs du marché cette saison.
Le commerce mondial des huiles végétales devrait atteindre un nouveau sommet en 2026/2027, mais les huiles qui dominent la consommation ne seront pas celles qui tireront le plus les exportations. C’est ce qu’estime le dernier rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA) sur les oléagineux, paru dans le mois.
Selon l’organisme américain, les exportations mondiales sont attendues à 141 millions de tonnes, en hausse de 2 % sur un an. Si l’huile de palme et l’huile de soja continueront de dominer en volume, ce sont le colza et le tournesol qui porteront la croissance du marché sur la campagne.
Dans le détail, l’USDA prévoit une hausse de 8 % des exportations d’huile et de graines de colza, exprimées en équivalent huile. Le Canada, la Russie, l’Ukraine et l’Australie devraient contribuer à cette progression. Les États-Unis et la Chine comptent parmi les marchés où la croissance des importations serait la plus forte. Le rapport anticipe, par ailleurs, une production mondiale de graines de colza et de produits dérivés proche de 100 millions de tonnes, contre environ 96 millions en 2025/2026.
Le rebond attendu des exportations d’huile de tournesol est encore plus important, avec des ventes attendues en hausse de 15 %, grâce notamment à de meilleures récoltes en Ukraine et en Russie. Après deux campagnes marquées par des rendements inférieurs à la moyenne dans la région de la mer Noire, l’extension des surfaces cultivées devrait soutenir l’offre.
L’organisme américain prévoit ainsi une récolte mondiale de graines de tournesol de 63,7 millions de tonnes en 2026/2027, contre 55,2 millions la campagne précédente. L’Inde et la Chine devraient enregistrer les plus fortes hausses d’importations sur ce segment.
Pendant ce temps, les exportations d’huile de palme devraient baisser de 2 %, alors que, du côté de l’huile de soja, la progression sera limitée à 1 %.
Un écart qui continuera de se resserrer au sommet
Dans un contexte de ralentissement du commerce de ses deux huiles, qui représentent près des deux tiers de la consommation d’huiles végétales, l’avance de l’huile de palme sur le soja continuera de s’effriter sur la campagne en cours.
La production mondiale d’huile de palme atteindrait 81,1 millions de tonnes en 2026/2027, contre 75,1 millions pour l’huile de soja. Un écart d’environ 6 millions de tonnes, alors qu’il était supérieur à 15 millions de tonnes en 2022/2023.
Au total, depuis 2017/2018, l’offre d’huile de soja aura augmenté de près de 20 millions de tonnes, selon les données de l’USDA, portée par la forte demande industrielle, notamment en Chine, où l’activité de trituration des graines fournit aussi des tourteaux destinés à l’alimentation animale, mais aussi en Inde, où les importations ont gagné du terrain. De son côté, la production d’huile de palme n’a progressé que d’environ 10 millions de tonnes sur la même période.
Espoir Olodo
Avec la progression du commerce intra-régional, les infrastructures de transport deviennent un enjeu central pour l’intégration économique en Afrique de l’Est. Les projets ferroviaires et routiers transfrontaliers se multiplient ainsi autour des principaux axes reliant les économies de la CAE.
Un plan d’extension du réseau à écartement standard (SGR) kenyan a été dévoilé le dimanche 27 septembre par le président William Ruto. Le projet, qui doit mobiliser environ 5 milliards de shillings (environ 38,5 millions USD) s’étendra de Voi, dans le comté de Taita Taveta, à la frontière tanzanienne. L’infrastructure doit servir au transport de personnes et de marchandises, et accompagner le développement économique de cette zone frontalière.
Cette annonce survient alors que Nairobi poursuit parallèlement l’extension de son réseau SGR vers l’ouest du pays. La ligne doit être prolongée de Naivasha jusqu’à Kisumu, puis à Malaba, à la frontière avec l’Ouganda. Le projet doit ainsi renforcer la connexion du réseau ferroviaire kényan au corridor de transport desservant les marchés d’Afrique de l’Est.
Vers un maillage ferroviaire régional
L’initiative Voi - Taveta s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des infrastructures de transport transfrontalières en Afrique de l’Est. La Tanzanie développe elle aussi son réseau SGR, avec des extensions envisagées vers plusieurs pays de la région, notamment le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo. L’Ouganda travaille de son côté au développement de son propre réseau à écartement standard, avec l’objectif de renforcer sa connexion ferroviaire avec le Kenya.
A terme, ces différents projets pourraient contribuer à constituer un réseau ferroviaire davantage intégré autour des principaux ports et pôles économiques de la région. La connexion entre les réseaux kényan et tanzanien constitue notamment un enjeu pour la circulation des marchandises entre les ports de Mombasa et de Dar es Salaam et les marchés intérieurs de l’Afrique de l’Est.
Le rail n’est toutefois pas le seul axe retenu pour renforcer cette intégration. La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) soutient également plusieurs projets routiers transfrontaliers. Parmi eux figure l’autoroute multinationale Kenya - Ouganda de 193 km, destinée à relier Kisumu et Busia au Kenya à Kakira et Malaba en Ouganda. Le projet doit également moderniser plusieurs postes-frontières afin de faciliter la circulation des biens et des personnes.

Cette multiplication des infrastructures intervient dans un contexte de progression des échanges au sein de la CAE. Selon les données publiées par l’organisation régionale, le commerce intra-communautaire est passé de 14,2 milliards à 18 milliards USD entre juin 2024 et juin 2025, soit une hausse de 27 %.
Un projet à articuler avec les infrastructures existantes
Le nouveau projet SGR annoncé par Nairobi intervient par ailleurs dans une zone où une autre liaison ferroviaire est déjà en cours de réhabilitation. En avril 2026, le gouvernement kényan a lancé les travaux de reconstruction de la ligne à voie métrique Voi - Mwatate - Taveta. Cette ancienne liaison, qui a cessé de fonctionner depuis près de vingt ans, doit notamment contribuer à rétablir les échanges avec le nord de la Tanzanie. Un port sec est également prévu à Voi.
Les deux projets ne reposent donc pas sur le même standard ferroviaire : la ligne réhabilitée est à voie métrique, tandis que l’annonce du nouveau tronçon concerne une nouvelle infrastructure à écartement standard. Leur articulation pourrait donc constituer un enjeu pour éviter une multiplication d’infrastructures parallèles dans un même corridor et optimiser les capacités logistiques de Voi et de la zone frontalière.
Le principal défi du projet SGR Voi - Tanzanie sera toutefois sa concrétisation, au-delà de l’annonce du financement initial. La réalisation de cette liaison transfrontalière nécessitera notamment une coordination étroite avec la Tanzanie sur le tracé, les normes ferroviaires, les procédures douanières et le financement des infrastructures de part et d’autre de la frontière.
Henoc Dossa
Edité par : Feriol Bewa
La trente-sixième Coupe d’Afrique des Nations de football se profile à l’horizon et les préparatifs vont bon train. Pour la première fois, la grande messe sportive continentale sera dite simultanément dans trois pays : Kenya, Ouganda et Tanzanie.
Les diffuseurs Canal+, SuperSport et accessoirement beIN Sport veulent désormais diffuser l’intégralité de l’épopée africaine, capable de tenir en alerte les abonnés pendant plusieurs mois, au lieu de concentrer l'intérêt uniquement sur la CAN proprement dite.
En sécurisant à la fois les éliminatoires et la phase finale, ils prennent l’option de narrer l’aventure complète des sélections africaines, depuis les premiers espoirs de qualification jusqu'au sacre continental.
« Ce qui rend cet accord particulièrement enthousiaste, c’est le parcours. Il commence dès maintenant, avec les qualifications, et culminera avec une CAN historique en Afrique de l’Est l’année prochaine. Les supporters pourront suivre cette aventure sur SuperSport, des batailles pour les qualifications jusqu’au suspense de la phase finale », déclare David Mignot, directeur général de Canal+ Afrique et de Multichoice.
À propos de l’accord
En effet, un accord entre SuperSport, Canal+ et la CAF permet à SuperSport de retransmettre les qualifications ainsi que la phase finale de la CAN Pamoja 2027 sur l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. De son côté, la chaîne de télévision généraliste française va couvrir plus d’une vingtaine de pays francophones.
Il est aussi indiqué que la phase finale pourra être suivie avec les formules d’accès standard et ne nécessitera pas de souscrire à un abonnement haut de gamme. Selon un communiqué officiel de la CAF récemment publié, cette mesure inclusive avec les diffuseurs en clair (Free-To-Air) vise à donner accès aux millions de passionnés de football sur le continent.
« beIN Sport, partenaire de longue date de la CAF pour les droits médias, diffusera les qualifications dans la région MENA », affirme, par ailleurs, la même source.
En revanche, la dernière communication ne rend pas publics le montant de la transaction, la ventilation exacte entre les droits payants et gratuits, les dispositions relatives à l’exclusivité, ni les informations concernant les propositions des autres diffuseurs.
Raconter une histoire et fidéliser les téléspectateurs
Le nouveau challenge pour les diffuseurs de la CAN 2027 ne débutera pas avec le match d'ouverture du tournoi, mais a déjà commencé avec les éliminatoires, le jeudi 24 septembre. Pour les chaînes accréditées, chaque sélection entame un parcours jalonné de défis et d'ambitions qui nourrissent l'intérêt du public tout au long de la compétition.
Les diffuseurs disposent ainsi de plusieurs mois pour mettre en lumière les nouveaux talents, les retours de joueurs majeurs, les rivalités régionales ou encore les exploits des outsiders. Chaque rencontre devient un épisode supplémentaire d'une histoire en construction.
En diffusant à la fois les éliminatoires et la phase finale, les chaînes de télévision cherchent à transformer la CAN en un véritable feuilleton continental. Lorsque le tournoi s'ouvrira en Afrique de l'Est, les téléspectateurs seront déjà familiers des équipes, des joueurs et des enjeux qui auront marqué la route vers le sacre.
Pour rappel, les éliminatoires rassemblent 48 nations réparties en 12 poules et prendront fin en mars 2027. La phase finale est attendue du 19 juin au 17 juillet 2027 en Afrique de l’est avec 24 équipes.
Ubrick F. Quenum
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Le solaire gagne rapidement du terrain dans le système électrique zambien, mais les grandes centrales ne suffiront pas à elles seules à atteindre l’accès universel. Le hors-réseau devrait lui aussi jouer un rôle important.
La Zambie estime à 2,18 milliards USD les investissements nécessaires pour développer l’accès à l’électricité hors-réseau d’ici 2030. Environ 1,5 milliard USD doivent provenir du secteur privé, selon le National Energy Compact du pays, alors que les solutions décentralisées sont appelées à compléter un système électrique où les grandes centrales solaires prennent beaucoup de place.
C’est dans ce contexte qu’Acumen a annoncé, la semaine dernière, un investissement en fonds propres de 5 millions USD dans la filiale zambienne de Sun King. Réalisée à travers son initiative H2R Catalyze, l’opération doit financer l’expansion nationale du fournisseur de systèmes solaires PayGo et surtout l’aider à mobiliser ensuite de la dette en monnaie locale auprès d’institutions financières zambiennes.
Sun King estime que son développement pourrait apporter une connexion nouvelle ou améliorée l’accès à près de 5,6 millions de personnes au cours des cinq prochaines années. Acumen, le bailleur de fonds, ne précise cependant ni le montant de dette supplémentaire que son investissement doit permettre de mobiliser ni les établissements financiers susceptibles de la fournir.
Pour atteindre l’accès universel en 2030, la Zambie prévoit au moins 294 719 nouvelles connexions hors réseau par an, principalement à travers les mini-réseaux et les systèmes solaires domestiques. Son plan géospatial d’électrification estime même que, compte tenu notamment de la faible densité de population, jusqu’à 72 % de la population pourrait être desservie au moindre coût par des solutions hors réseau dans le scénario d’accès universel d’ici 2030.
Cette montée du solaire décentralisé accompagne celle, déjà visible, des installations de grande taille. La centrale de Chisamba a porté sa capacité à 200 MW en juillet, tandis que Maamba, une centrale solaire de 100 MW, a commencé à injecter de l’électricité sur le réseau le jeudi 24 septembre.
Abdoullah Diop
Edité par : Feriol Bewa
Atex dispose déjà de plusieurs résultats de forage encourageants, mais toujours pas d’estimation de ressources minérales. Après le retrait de Ricca Resources en 2025, le projet ivoirien de lithium cherchait un nouveau partenaire pour poursuivre son développement.
Après plus de deux ans sans nouvelle campagne de forage, l’exploration doit prochainement reprendre sur le projet de lithium Atex, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Australasian Metals a annoncé le mardi 29 septembre la préparation des pistes d’accès en vue d’une campagne de forage à la tarière, alors que la compagnie australienne évalue depuis quelques semaines une prise de participation dans le projet.
Cette campagne doit permettre de prélever des échantillons à faible profondeur afin de mieux identifier les zones à cibler lors de travaux plus poussés. Australasian mène parallèlement une revue des anciens échantillons de forage et des données géologiques disponibles. Une inspection des infrastructures, des accès et des besoins logistiques a commencé. La société prévoit de recruter localement une partie du personnel nécessaire aux prochains travaux.
« Nous avons été ravis de l’accueil positif que notre équipe a reçu de la part de la communauté locale lors de notre visite dans la région. Le chef et les représentants de la communauté ont salué nos projets visant à lancer des activités d’exploration dans le cadre du projet Atex Lithium, notamment notre intention de recruter du personnel local pour explorer cette zone prometteuse », a déclaré Qingtao Zeng, directeur général d’Australasian.
Ces préparatifs interviennent dans le cadre de l’option exclusive de 90 jours obtenue début septembre auprès de Firering Strategic Minerals. Elle permet à Australasian d’acquérir jusqu’à 75 % d’Atex, mais la transaction n’est pas encore acquise. La société utilise notamment cette période pour conduire ses vérifications techniques avant de décider si elle exerce l’option.
La nouvelle campagne prolongerait des travaux dont la dernière phase de forage remonte à mars 2024. Firering avait alors achevé 3 753 mètres de forage à circulation inverse répartis sur 23 trous. Les résultats avaient permis d’étendre de 122 % la minéralisation connue en lithium, sur une longueur d’environ 800 mètres. Les prochains travaux peuvent aider à mieux délimiter cette minéralisation et à identifier les cibles justifiant de nouveaux forages. Le projet ne dispose pas encore d’une première estimation de ressources minérales, une étape nécessaire pour commencer à évaluer son potentiel et envisager des études de développement plus avancées.
Emiliano Tossou
Édité par Wilfried ASSOGBA
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chapô : La demande en connectivité à haut débit continue de progresser en Afrique, au rythme de l’adoption des services numériques. Gouvernements et opérateurs privés multiplient les efforts pour y répondre.
Les autorités malgaches cherchent à renforcer les infrastructures télécoms pour accompagner l’augmentation de la demande et des usages d’Internet, stimulée par la baisse des tarifs. Mahefa Andriamampiadana (photo), ministre en charge des Télécommunications, a abordé cette question lundi 28 septembre lors d’une rencontre avec les dirigeants de Starlink aux États-Unis.
La rencontre, organisée à Los Angeles à l’invitation de SpaceX, a permis au ministre malgache d’échanger avec les responsables de l’entreprise sur les prochaines évolutions de Starlink et les projets envisagés pour Madagascar.
Des tarifs plus accessibles pour stimuler les usages
Les autorités malgaches considèrent la baisse des tarifs comme un moyen de favoriser l’accès à Internet et d’accroître les usages. En décembre 2025, des négociations avec les opérateurs locaux avaient permis d’améliorer les volumes de données proposés pour certains tarifs. Pour 1 000 ariarys, une offre qui donnait auparavant accès à 200 Mo permet désormais d’obtenir 1 Go, réparti entre 500 Mo utilisables durant la journée et 500 Mo durant la nuit.
Cette stratégie s’appuie sur un constat plus large : le prix constitue un facteur important dans la décision d’adopter ou d’utiliser davantage l’Internet mobile. Une étude publiée en 2021 par la Banque mondiale et portant sur sept pays d’Afrique de l’Ouest montre qu’une baisse du prix des services mobiles d’environ 3,60 dollars par mois est associée à une hausse de 2,4 points de pourcentage de la probabilité d’adoption.
« La vision va au-delà d’une simple baisse immédiate du prix de l’Internet. Il s’agit de faire en sorte que l’argent dépensé par les Malgaches pour acheter de l’Internet ait un véritable impact sur leur vie : leur permettre de communiquer davantage, d’accéder à la connaissance et d’ouvrir de nouvelles opportunités économiques », a indiqué le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications dans une publication sur les réseaux sociaux.
La hausse des usages appelle davantage de capacités
En rendant les données plus abordables, la baisse des tarifs peut aussi inciter les utilisateurs à consommer davantage de services en ligne, à regarder plus de contenus vidéo ou à multiplier les usages nécessitant une connexion. Pour les opérateurs, cette progression se traduit par une hausse du trafic à acheminer sur les réseaux, avec un risque de congestion si les capacités disponibles ne suivent pas.
Sur ce plan, la hausse des usages pousse les acteurs du secteur à renforcer les infrastructures existantes et à développer de nouvelles capacités. Avec les opérateurs, les autorités examinent également la mise en place d’infrastructures pouvant être partagées entre plusieurs acteurs, tout en se disant ouvertes à de nouveaux partenariats.
Ces efforts sont déjà visibles sur le terrain. Le projet public MRTAM II prévoit notamment de déployer de nouvelles liaisons en fibre optique entre Mahajanga, Antananarivo, Antsirabe, Fianarantsoa, Manakara et Taolagnaro. Dans le secteur privé, Orange Madagascar a mis en service en décembre 2025 une liaison de 558 km entre Antananarivo et Mahajanga et poursuit l’extension de son réseau. Airtel, de son côté, a obtenu des autorisations pour plusieurs projets de fibre, dont une liaison entre Antananarivo et Toamasina et un autre axe entre Bongatsara et Antsirabe.
C’est dans ce contexte que les autorités malgaches s’intéressent aux évolutions de Starlink. Lors de sa rencontre avec les responsables de SpaceX, le ministre a notamment échangé sur les capacités annoncées de la nouvelle génération V3. Selon le ministère, chaque satellite doit par exemple disposer d’une capacité de réception de 1 Tb/s et d’une capacité de transmission de 160 Gb/s, soit respectivement 10 et 22 fois plus que la génération V2.
Pour le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, « ces chiffres ne sont pas qu’une simple donnée technique. [...] Ces avancées doivent répondre à la croissance des besoins en Internet et améliorer la qualité des connexions, notamment dans les zones à forte demande comme Antananarivo et les autres grandes villes ».
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La Côte d’Ivoire veut mieux organiser la commercialisation des produits vivriers. Le gouvernement vient de valider de nouveaux textes et outils destinés à encadrer les marchés de proximité et certaines pratiques comme le commerce « bord-champ ».
En Côte d’Ivoire, un atelier organisé sous l’égide du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a permis de valider un ensemble de textes juridiques et d’outils opérationnels destinés à encadrer les marchés de proximité.
Selon le communiqué publié le samedi 26 septembre, parmi les documents validés figure un avant-projet de loi sur l’organisation de la commercialisation des produits vivriers. Un projet type d’arrêté interministériel doit également permettre aux préfets de région de mieux encadrer certaines pratiques de commercialisation, notamment le commerce « bord-champ ».
Les participants ont adopté les statuts et le règlement intérieur des marchés de proximité, en vue d’une gestion par une société nationale de gestion (SNG). Un manuel de procédures administratives et financières ainsi qu’un guide de fonctionnement ont également été validés. Un modèle économique fondé sur l’autofinancement des marchés a par ailleurs été retenu.
La rencontre s’est tenue dans le cadre du programme « Sécurité alimentaire de la fourche à la fourchette » (SAFAF), mis en œuvre par l’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV) et LadyAgri.
L’objectif est de « renforcer les fondements juridiques et opérationnels des marchés de proximité pour une commercialisation plus organisée et plus efficiente des produits vivriers en Côte d’Ivoire », souligne le gouvernement.
La Côte d’Ivoire mène depuis plusieurs années un vaste programme de développement des marchés de proximité afin de mieux organiser la commercialisation des produits vivriers. Cette initiative s’inscrit notamment dans le Programme social du gouvernement (PS Gouv) et prévoit la réalisation de 155 marchés, pour un coût d’environ 20 milliards FCFA (34,5 millions $). La phase pilote de construction de 40 marchés a été lancée.
La construction de 50 marchés est prévue dans le cadre de la deuxième phase du projet, tandis que 65 marchés seront réalisés lors de la troisième phase. Ces infrastructures devront faciliter l’approvisionnement des marchés de gros et de détail dans les grands centres de consommation.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de développement du commerce intérieur, afin d’accroître les échanges commerciaux. Pour y parvenir, le gouvernement entend renforcer l’offre et les infrastructures commerciales, développer les chaînes de valeur nationales et régionales, favoriser la formalisation et l’accompagnement des commerçants.
Lydie Mobio
Après près d’un an d’exil, Umaro Sissoco Embaló entend revenir sur la scène politique bissau-guinéenne, alors que le pays s’apprête à sortir de la transition militaire. Son retour annoncé intervient dans un contexte institutionnel encore fragile, marqué notamment par l’adoption d’une nouvelle Constitution et les contestations de l’opposition.
L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló (photo) a annoncé, le lundi 28 septembre, son intention de revenir en Guinée-Bissau et de se présenter à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026. En exil depuis son renversement par l’armée le 26 novembre 2025, il n’a toutefois pas précisé la date de son retour.
Cette annonce intervient alors que le pays se prépare à des élections présidentielle et législatives destinées à mettre fin à la transition militaire et à rétablir un pouvoir civil.
Une transition toujours contestée
Le 26 novembre 2025, l’armée a pris le contrôle de Bissau alors que le processus électoral était en cours, à la veille de l’annonce des résultats de la présidentielle. Un pouvoir militaire dirigé par le général Horta N’Tam s’est ensuite installé pour conduire une transition d’un an.
Les autorités de transition ont engagé une réforme institutionnelle, approuvée lors du référendum constitutionnel du 30 août 2026, lors duquel le « Oui » a recueilli 70 % des suffrages, pour une participation de 62,6 %. La réforme vise, selon le régime militaire, à réduire les tensions entre la présidence et la Primature et à renforcer la stabilité institutionnelle.
Le processus reste cependant contesté par l’opposition. Le PAIGC, principale force d’opposition, avait appelé au boycott du référendum, estimant que les conditions nécessaires à une consultation crédible n’étaient pas réunies.
La tenue des élections en décembre doit ainsi permettre à la junte de mettre fin à la transition et de répondre à l’objectif de retour à l’ordre constitutionnel défendu par la CEDEAO.
Des indicateurs économiques en amélioration
Sur le plan économique, la présidence d’Embaló a été marquée par une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques, portée par de bonnes campagnes de cajou et par des réformes soutenues par le Fonds monétaire international (FMI).
Selon la Banque africaine de développement (BAD), la croissance est passée de 4,1 % en 2024 à 5,8 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire a reculé de 8,1 % à 6,9 % du PIB et la dette publique de 82,7 % à 76 % du PIB. L’inflation s’est établie à 2 % en 2025.
Cette embellie reste toutefois fragile. L’économie demeure fortement dépendante de la noix de cajou, tandis que les recettes fiscales ne représentaient que 8,5 % du PIB en 2025, selon la Banque mondiale. Les fragilités institutionnelles et financières continuent ainsi de limiter la diversification de l’économie.
Charlène N’dimon
Producteur de pétrole et de gaz au Ghana notamment, la compagnie porte une dette qu’elle doit rembourser. La trésorerie dégagée par ses champs conditionne sa capacité à tenir ses échéances.
Tullow Oil a dégagé 4 millions de dollars de trésorerie disponible au premier semestre 2026, contre une sortie de 188 millions un an plus tôt. Le producteur basé au Royaume-Uni et principalement actif au Ghana, l’a indiqué dans son rapport semestriel publié lundi 28 septembre.
Ce résultat constitue son premier semestre positif depuis au moins quatre années d’opérations. Ces déficits ont atteint respectivement 205 millions de dollars en 2022, 142 millions en 2023 et 126 millions en 2024. Tullow calcule ce flux comme l’argent restant après les investissements, les loyers de crédit-bail, les intérêts et les frais de refinancement.
Tullow a signalé avoir encaissé 40 millions de dollars en vendant sa filiale kényane. Elle a aussi payé 70,2 millions de dollars de frais pour refinancer sa dette. Le prix moyen réalisé a atteint 95 dollars le baril, contre 71,4 dollars un an plus tôt.
Le groupe produit 43 700 barils équivalents pétrole par jour, contre 40 600, surtout sur les champs pétroliers offshores Jubilee et TEN. Parallèlement, les navires de production de la compagnie ont été disponibles plus de 99 % du temps. « Nous avons livré une performance opérationnelle exceptionnelle au premier semestre 2026 », a déclaré le directeur général, Ian Perks.
Sur le gaz particulièrement, Tullow a reçu du gouvernement ghanéen, le règlement de 73 millions de dollars de factures antérieures à 2026. La société a relevé à une fourchette entre 170 et 250 millions de dollars sa prévision annuelle de trésorerie disponible, pour un baril entre 70 et 100 dollars.
Malgré ce développement, le groupe demeure globalement déficitaire. Sa perte nette atteint 101 millions de dollars, contre 80 millions un an plus tôt. La dette nette, soit la dette moins la trésorerie, atteint 1,4 milliard de dollars contre 1,6 milliard un an plus tôt.
Cette dette prend surtout la forme d’obligations de 1,16 milliard de dollars, dues en novembre 2028. Sans accord de vente d’actifs conclu avant le 30 septembre 2027, cette échéance passe à mai 2028.
Tullow fait aussi face à plusieurs litiges fiscaux au Ghana et au Kenya. La Ghana Revenue Authority lui réclame 190,5 et 196,5 millions de dollars, que le groupe conteste devant la Chambre de commerce internationale. Au Kenya, Tullow s’oppose à la Kenya Revenue Authority qui lui réclame environ 170 millions de dollars sur la vente de sa filiale. Tullow juge cette demande infondée et la conteste en appel avec l’acheteur.
Abdel-Latif Boureima
Édité par Wilfried ASSOGBA
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