Dans plusieurs pays africains, recenser les panneaux solaires des ménages et des entreprises reste un défi. Ce recensement conditionne pourtant la planification et la sécurité des réseaux de distribution, qui acheminent le courant jusqu’aux foyers.
Face à un essor du solaire domestique que les règles et les contrôles de qualité peinent à suivre, l’industrie namibienne des renouvelables s’organise. La Renewable Energy Industry Association of Namibia (REIAoN) a créé six groupes de travail, dont deux portent sur la qualité des installations et l’autoproduction, a rapporté la presse namibienne jeudi 24 septembre.
Dans le détail, le premier de ces deux groupes renforcera les normes professionnelles des installateurs de panneaux solaires. Le second travaillera sur le « net metering », un mécanisme permet à un foyer de déduire de sa facture le courant solaire qu’il injecte dans le réseau électrique public.
Quant aux quatre autres groupes, ils couvriront les producteurs privés d’électricité et les industries vertes, la mobilité électrique, le dialogue avec les autorités et la fabrication locale. Paulus Mulunga refuse que son pays reste un simple débouché pour les équipementiers étrangers.
La plupart des installations échappent encore au régulateur
La Namibie a importé environ 343 mégawatts-crête (MWc) de panneaux entre 2023 et 2026, d’après Zibusiso Ndlovu, coordinateur principal de projets chez Sustainable Energy Africa. L’expert s’appuie sur des estimations du centre de réflexion Ember, tirées des données d’exportation chinoises.
Cependant près de la moitié de ces panneaux, soit 172 MWc, serait raccordée aux réseaux de distribution, qui desservent foyers et entreprises. Commentant le rapport d’Ember, Zibusiso Ndlovu a relevé que « la plupart de ces systèmes sont officiellement inconnus », rapporte Mining & Energy le 13 septembre.
L’Electricity Control Board (ECB), le régulateur du secteur, prend acte de cette expansion. « Personne ne peut l’arrêter », a lancé son directeur général, Robert Kahimise, le 1er septembre à Windhoek, lors de l’inauguration d’une plateforme d’enregistrement en ligne destinée à recenser ces installations.
L’institution vise un traitement des demandes en 30 jours pour les systèmes de moins d’un mégawatt. Comme l’a rapporté Agence Ecofin en juin dernier, le solaire sur les toits est présenté par la Banque mondiale comme un levier face aux défis énergétiques dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
En Namibie, les nouvelles règles de net metering n’ont pourtant pas encore été promulguées. Le site de l’ECB les présente comme approuvées par son conseil d’administration, sans préciser de date d’entrée en vigueur. Le régulateur compte sur cette production décentralisée pour réduire des importations d’électricité. Celles-ci ont couvert 56,5 % de l’approvisionnement national en juillet, indique l’Agence namibienne de la statistique.
Abdel-Latif Boureima
Édité par Wilfried ASSOGBA
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La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation au Togo. Avec cette nouvelle enveloppe, les financements approuvés par l’institution en faveur de ce programme atteignent 105 milliards FCFA depuis octobre 2025.
La BOAD accélère son soutien à la modernisation de l’agriculture togolaise. Son conseil d’administration a approuvé, le 24 septembre, un nouveau financement de 45 milliards de francs CFA, soit plus de 78 millions $, pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation (ProMAI).
Cette nouvelle étape prévoit notamment l’aménagement de 530 hectares et l’acquisition d’équipements d’irrigation. La BOAD fixe comme objectif une production annuelle additionnelle d’au moins 100 000 tonnes de riz, ainsi que la création d’emplois pour les jeunes et les femmes.
L’investissement s’inscrit dans un programme dont une première enveloppe de 20 milliards FCFA a été approuvée en octobre 2025, essentiellement pour équiper les Centres régionaux de mécanisation agricole (CRMA). En juin 2026, la BOAD a ajouté 40 milliards FCFA pour la deuxième phase, portant alors son engagement à 60 milliards. Avec le nouveau concours, le cumul atteint désormais 105 milliards FCFA.
Les CRMA, dont ceux de Tové et de Tchitchao sont déjà opérationnels, proposent aux producteurs des services de mécanisation et doivent progressivement étendre leur couverture aux différentes zones agricoles du pays. La deuxième phase prévoit également des infrastructures hydrauliques destinées à réduire la dépendance de la production aux pluies.
L’objectif porte sur une hausse de la production de riz. En 2023, le Togo produisait environ 183 000 tonnes de riz paddy, avec un rendement moyen de 1,81 tonne par hectare. Les 100 000 tonnes supplémentaires annoncées représenteraient donc plus de la moitié de ce niveau de production. L’enjeu est aussi de réduire un déficit persistant. Toujours en 2023, la production locale de riz était estimée à 105 448 tonnes de riz usiné pour des besoins de près de 206 000 tonnes, selon la stratégie nationale de promotion de la consommation locale.
Fiacre E. Kakpo
Edité par M.F. Vahid Codjia
Starlink a lancé ses services commerciaux au Sénégal en février 2026. L’entreprise est entrée sur un marché de l’accès à Internet dominé par Sonatel, qui propose aussi une offre d’Internet par satellite.
Le Front contre la cherté des coûts de connexion (F4C), un collectif qui milite pour un accès abordable à Internet, s’oppose à la suspension provisoire de l’autorisation accordée à Starlink au Sénégal par la Cour suprême. Dans un communiqué publié le samedi 26 septembre, l’organisation estime que cette décision risque de fragiliser l’accès à Internet dans le pays.
Le F4C estime que cette mesure pourrait pénaliser les populations des zones rurales et des localités reculées, où l’accès à Internet reste limité. Le collectif considère que les solutions satellitaires peuvent offrir une alternative dans ces territoires et rappelle que la connexion est devenue essentielle pour les activités professionnelles, l’éducation et l’accès aux services numériques.
Le collectif s’interroge aussi sur les conséquences de la suspension alors que l’État avait prévu l’acquisition de 5000 kits Starlink, notamment pour les zones blanches, les écoles, les collectivités territoriales et les réseaux Wi-Fi communautaires. Il appelle les autorités à trouver une solution permettant de préserver l’accès à Internet des populations qui disposent de peu d’alternatives.
La Cour suprême a ordonné, le 7 septembre 2026, la suspension provisoire de l’autorisation permettant à Starlink de fournir des services d’accès à Internet fixe par satellite au Sénégal. La décision fait suite à un recours de Sonatel, qui conteste les conditions dans lesquelles cette autorisation a été délivrée. La mesure reste provisoire, dans l’attente de la décision de la Cour sur ce recours.
En attendant, aucune communication officielle ne fait état d’un arrêt des activités de Starlink au Sénégal. Au moment de la publication de cet article, le site de l’entreprise permettait toujours de souscrire à son offre dans le pays. Le terminal était proposé à 117 000 ou 146 000 francs CFA (203 $ ou 253 $), selon le modèle. L’abonnement mensuel quant à lui était affiché à 22 000 ou 30 000 FCFA, en fonction de l’offre choisie.
Isaac K. Kassouwi
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L’inventaire des métaux stratégiques fournis par l’Afrique est bien plus important et diversifié que ce qui est généralement mis en avant. Aux côtés du cuivre, du cobalt, des terres rares ou du graphite figurent aussi des métaux plus rares et tout aussi essentiels, comme le rhodium.
Lundi 28 septembre, le rhodium s’affiche à 9 350 USD l’once, en hausse de 3,31 % sur un mois et de 31,23 % sur un an, selon Trading Economics. Mais les récentes analyses de marché entrevoient un possible essoufflement de cette dynamique, avec notamment le retour d’un excédent mondial dès 2027. Des perspectives contrastées qui offrent l’occasion de s’intéresser davantage à ce métal rare, fourni en grande partie par l’Afrique.
De l’automobile à l’industrie du verre
Le rhodium est l’un des six métaux du groupe des platinoïdes (PGM), aux côtés du platine, du palladium, du ruthénium, de l’iridium et de l’osmium. Très rare, il n’est généralement pas extrait comme produit principal, mais récupéré comme sous-produit du platine et du palladium. Sa production est concentrée dans quelques régions, notamment en Afrique australe, où les complexes géologiques du Bushveld en Afrique du Sud, et du Great Dyke au Zimbabwe, figurent parmi les principaux pôles mondiaux.
L’Afrique du Sud domine largement l’offre minière, avec une capacité de production annuelle de rhodium estimée à environ 25 tonnes par l’US Geological Survey, contre 1,9 tonne pour le Zimbabwe, la Russie (3 tonnes) et le Canada (0,8 tonne) comptant également parmi les principaux fournisseurs. À cette production primaire s’ajoutent les volumes issus du recyclage des pots catalytiques des véhicules en fin de vie.
Très résistant à la corrosion et aux températures élevées, il possède surtout des propriétés catalytiques qui le rendent particulièrement efficace pour réduire les oxydes d’azote (NOx) dans les gaz d’échappement des véhicules à essence. C’est de loin son principal débouché, loin devant ses usages dans l’industrie chimique et la fabrication du verre. Dans cette dernière, il est notamment associé au platine pour former des alliages capables de supporter les températures très élevées nécessaires à la production de fibre de verre. Le rhodium intervient également comme catalyseur dans l’industrie chimique.
Cette combinaison entre rareté, concentration géographique de la production et importance de certains usages, explique aussi pourquoi le rhodium est considéré comme un métal critique. Aux États-Unis, il figure sur la liste officielle des 60 minerais critiques publiée en 2025 par l’US Geological Survey, qui le classe parmi les chaînes d’approvisionnement présentant les risques les plus élevés.
Un marché encore déficitaire
Depuis quelques années, le marché du rhodium est déficitaire. D’après le groupe technologique allemand Heraeus, le déficit était estimé à 75 000 onces en 2025 et devrait se réduire à 40 000 onces en 2026. Mais, selon une analyse attribuée en fin de semaine dernière à TD Securities, filiale de la banque canadienne TD Group, la demande du secteur automobile devrait s’affaiblir et entraîner dans son sillage le premier excédent du marché depuis 2022, susceptible de pousser parallèlement les prix à la baisse. TD prévoit ainsi que le prix du rhodium passera de ses niveaux actuels à 7 600 USD l’once en 2027, puis à 6 500 USD l’once en 2028.
Ce n’est en réalité pas la première fois que le marché est alerté sur la faiblesse persistante de la demande automobile. Si la demande brute de rhodium a augmenté de 3 % en 2025, notamment grâce au secteur du verre, celle attribuée au seul secteur automobile a fléchi de 10 000 onces sur l’exercice et devrait encore diminuer de 4 % cette année, selon Heraeus. Dès lors, les perspectives d’augmentation de l’offre minière, auxquelles s’ajoutent celles des circuits de recyclage, alimentent les spéculations sur un retour du surplus. L’entreprise chimique britannique Johnson Matthey indiquait même en mai dernier que le marché pourrait déjà connaître un « léger excédent » en 2026.
Ces dynamiques devraient être scrutées de près par le marché dans les prochains mois, aussi bien par les industriels en quête d’approvisionnement en rhodium que par les producteurs, notamment en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Si les évolutions de prix sont essentielles dans la planification de cette dernière catégorie d’acteurs, l’offre de rhodium réagit généralement peu à son propre prix, en raison de son extraction en tant que sous-produit d’autres métaux du groupe des platinoïdes.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
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En envisageant d’entrer au capital de la Banque africaine de l’Énergie, Kinshasa entend participer à la mise en place d’un nouvel outil africain de financement du secteur énergétique. La démarche intervient alors que la RDC cherche à mobiliser davantage de ressources pour le développement de ses projets dans les hydrocarbures.
La République démocratique du Congo (RDC) souhaite devenir membre fondateur de la Banque africaine de l’Énergie. La ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a reçu le jeudi 24 septembre à Kinshasa une délégation de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO).
Les échanges ont porté sur la participation de la RDC à la mise en place de cette institution créée à l’initiative de l’APPO et d’Afreximbank en juin 2024. Pour concrétiser son adhésion, Kinshasa devra ratifier le traité instituant la banque et effectuer le versement correspondant à sa participation au capital.
#RDC : Acacia Bandubola Mbongo échange avec l’APPO sur le lancement de la Banque Africaine de l’Énergie
— Ministère des Hydrocarbures RDC (@Min_hydro_Rdc) September 24, 2026
Kinshasa, Jeudi 24 septembre 2026
La Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo ( @bandubolambongo ), a accordé ce jeudi 24 septembre 2026 une… pic.twitter.com/j6nJxQB7bv
Un accès aux capitaux
L’enjeu est d’abord financier. Devenir actionnaire de la Banque africaine de l’Énergie permettrait à la RDC de prendre part à une institution appelée à mobiliser des ressources pour des projets énergétiques sur le continent. La banque a notamment vocation à financer les activités pétrolières et gazières, les infrastructures et d’autres segments de la chaîne de valeur énergétique.
L’accès à ces ressources ne serait toutefois pas automatique. Les projets congolais devront répondre aux conditions de financement et aux critères d’investissement de la banque. Son intervention dépendra notamment des ressources qu’elle parviendra à mobiliser auprès d’investisseurs et de partenaires financiers. Selon le gouvernement ivoirien, l’institution dispose d’une enveloppe d’amorçage de 500 millions $, avec pour objectif de porter son capital à 5 milliards $.
Les discussions du 24 septembre ont également porté sur une coopération entre l’African Energy Investment Corporation (AEICORP) et la Société nationale des hydrocarbures du Congo (SONAHYDROC). Elle pourrait porter sur le financement et la structuration de projets, ainsi que sur la recherche d’investisseurs pour le développement du secteur énergétique congolais.
La création de la Banque africaine de l’Énergie répond à la volonté de faciliter l’accès des projets énergétiques africains aux financements. Dans un communiqué conjoint publié en 2022, l’APPO et Afreximbank expliquaient vouloir apporter une réponse africaine aux difficultés croissantes rencontrées par les projets pétroliers et gaziers du continent pour accéder aux financements internationaux.
Une participation qui reste à concrétiser
Pour l’heure, l’adhésion congolaise n’est pas encore effective. Kinshasa doit encore ratifier le traité fondateur et effectuer le versement correspondant à sa participation au capital.
« Nous restons très confiants que la RDC fera tout pour être membre fondateur de cette banque. Nous pensons qu’elle fera un paiement initial et ratifiera le traité de création », a déclaré Zakaria Dosso, directeur général d’AEICORP, à l’issue des échanges avec la ministre des Hydrocarbures.
La démarche intervient par ailleurs alors qu’Acacia Bandubola Mbongo, actuellement vice-présidente de l’APPO, doit briguer la présidence de l’organisation lors de la session ordinaire du Conseil des ministres prévue le 17 novembre prochain.
Chamberline Moko
Edité par M.F. Vahid Codjia
Amazon cherche à étendre l’accès à Internet aux populations encore mal desservies par les réseaux traditionnels en Afrique. Le Ghana apparaît désormais comme un interlocuteur potentiel du groupe dans cette stratégie.
Le Ghana pourrait devenir un partenaire d’Amazon dans l’extension de la connectivité haut débit en Afrique. Le sujet a été discuté le vendredi 25 septembre à New York entre le président ghanéen John Dramani Mahama et David Zapolsky, vice-président senior et directeur des affaires mondiales et juridiques d’Amazon, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies.
Les échanges ont porté sur les possibilités de collaboration dans le haut débit et les infrastructures numériques. David Zapolsky a qualifié la rencontre de productive et évoqué le rôle que pourrait jouer le Ghana dans les projets d’Amazon visant à étendre la connectivité sur le continent. Aucun accord de partenariat n’a toutefois été annoncé à ce stade.
Amazon prépare l’extension de son réseau satellitaire
Cette discussion intervient alors qu’Amazon déploie Amazon Leo, son réseau de satellites en orbite basse, destiné à fournir une connexion Internet rapide aux zones difficilement couvertes par les infrastructures terrestres. L’entreprise prévoit de déployer plusieurs milliers de satellites afin de desservir notamment les régions rurales et les territoires où la fibre ou les réseaux mobiles sont difficiles à installer.
En Afrique, Amazon a déjà annoncé un partenariat avec Vanu pour utiliser Amazon Leo afin d’apporter une connectivité aux communautés rurales d’Afrique australe. L’entreprise estime que les réseaux satellitaires en orbite basse peuvent compléter les infrastructures traditionnelles dans les zones où celles-ci restent trop coûteuses ou difficiles à déployer.
Le Ghana cherche de son côté à accélérer l’accès au haut débit dans le cadre de son programme d’infrastructures « Big Push ». Le gouvernement a également annoncé début septembre des baisses de tarifs et une augmentation des volumes de données proposés par plusieurs opérateurs, tandis que le prix de l’offre fibre illimitée de 100 Mbps de MTN a été ramené de 987 à 299 cédis par mois.
Accélérer l’accès aux services numériques
Une éventuelle coopération avec Amazon pourrait ainsi compléter les efforts engagés par Accra sur les infrastructures terrestres, notamment dans les territoires où la couverture reste limitée. Une meilleure connectivité faciliterait l'accès aux services numériques dans l’éducation, la santé, les services financiers et le commerce électronique, tout en élargissant les possibilités pour les entreprises et les travailleurs de l’économie numérique.
Pour Amazon, le Ghana représente également un point d’ancrage potentiel en Afrique de l’Ouest. Le pays abrite notamment le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), ce qui renforce son positionnement comme plateforme pour les entreprises internationales souhaitant développer leurs activités sur le marché africain.
La rencontre avec Amazon intervient enfin dans une série d’échanges engagés par le président Mahama à New York pour attirer des investissements technologiques et industriels américains. Le gouvernement ghanéen cherche notamment à orienter ces relations vers l’investissement, le transfert de technologies, la formation et la création d’emplois.
Samira Njoya
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Connue dans le monde entier pour ses plages paradisiaques et ses eaux turquoises, l’île de Nosy Be abrite également l’un des plus précieux sanctuaires naturels de Madagascar : la Réserve de Lokobe. Située au sud-est de l’île, cette aire protégée constitue le dernier vestige significatif de forêt primaire de Nosy Be et offre une immersion unique dans l’extraordinaire biodiversité malgache.

Véritable écrin de verdure, Lokobe séduit les visiteurs par ses paysages luxuriants où se mêlent arbres centenaires, lianes, plantes endémiques et sentiers forestiers. Cette richesse végétale fait de la réserve un laboratoire naturel à ciel ouvert, contribuant à la préservation d’écosystèmes devenus rares dans plusieurs régions de l’île.

Une faune endémique et foisonnante
Mais c’est surtout sa faune exceptionnelle qui fait la renommée du site. Les amateurs de nature y découvrent plusieurs espèces emblématiques de Madagascar, à commencer par les lémuriens, symboles de la biodiversité nationale. Le célèbre lémur noir, espèce endémique de la région, évolue librement dans la forêt, offrant aux visiteurs des observations privilégiées dans son habitat naturel.

Les reptiles constituent également l’un des grands attraits de la réserve. Caméléons miniatures, geckos colorés et autres espèces endémiques se fondent parfaitement dans la végétation dense, témoignant de l’incroyable capacité d’adaptation de la faune malgache. Les passionnés d’ornithologie ne sont pas en reste, puisque de nombreuses espèces d’oiseaux fréquentent ce refuge naturel, transformant chaque randonnée en véritable expédition de découverte.

L’île de Nosy Be, un modèle écotouristique
L’accès à la réserve participe lui aussi à son charme. De nombreux visiteurs rejoignent Lokobe en pirogue traditionnelle à travers les mangroves et les eaux calmes qui bordent la côte. Cette traversée offre un avant-goût de l’aventure écologique qui attend les voyageurs une fois à l’intérieur de la forêt.
Au-delà de son intérêt scientifique et écologique, Lokobe représente un modèle de tourisme durable. Les excursions guidées favorisent la sensibilisation à la conservation de la nature tout en générant des revenus pour les communautés locales. Cette approche contribue à protéger le patrimoine naturel de Nosy Be tout en valorisant le savoir-faire et l’hospitalité des habitants.

Dans un contexte où la préservation de la biodiversité constitue un enjeu mondial, la Réserve de Lokobe apparaît comme l’un des sites écotouristiques les plus précieux de Madagascar. Entre forêt primaire, espèces endémiques et expériences authentiques au contact de la nature, ce sanctuaire offre aux visiteurs une rencontre privilégiée avec l’une des biodiversités les plus remarquables de la planète.
Pour quiconque recherche une autre facette de Nosy Be, loin des plages et des complexes balnéaires, Lokobe s’impose comme une destination incontournable, un lieu où la nature malgache dévoile toute sa splendeur.
Le haut débit est indissociable de la transformation numérique en cours sur le continent. Mais la fracture numérique reste importante, avec des écarts marqués dans l’accès aux réseaux entre les pays et les territoires.
Le régulateur télécoms ivoirien (ARTCI) et l’Union internationale des télécommunications (UIT) ont organisé du 21 au 25 septembre à Abidjan une formation sur les systèmes d’information géographique (SIG) et la gestion des données pour des régulateurs télécoms ouest-africains. La session s’inscrit dans le cadre d’Africa-BB-Maps, un projet qui vise à renforcer la cartographie des infrastructures haut débit en Afrique.
Elle a réuni des experts et des délégués de la Côte d’Ivoire, du Bénin et du Burundi, ainsi que des représentants de l’Association des régulateurs des télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO). La formation d’Abidjan fait suite à un premier module organisé en juin dernier à Cotonou, au Bénin. Les deux sessions visent à renforcer les capacités des participants à collecter, traiter et exploiter les données nécessaires à la cartographie des réseaux haut débit. Le projet Africa-BB-Maps a été officiellement lancé en mars 2025.
Mieux cartographier pour mieux cibler les investissements
L’intérêt de la cartographie est d’abord de donner aux autorités une vision plus précise de la situation sur le terrain. Les statistiques nationales de couverture peuvent en effet masquer d’importantes disparités entre les territoires, en particulier entre les zones urbaines et rurales. Pour l’UIT, disposer de données géographiques détaillées permet de rendre visibles les zones insuffisamment desservies et d’estimer les populations concernées.
Emmanuel Manasseh, directeur régional de l’UIT pour l’Afrique, avait expliqué lors du lancement du projet en mars 2025 que la cartographie permet de passer d’une approche générale à une planification plus ciblée des infrastructures. Elle fournit aux pouvoirs publics une base pour définir leurs priorités, coordonner les interventions et mieux allouer les ressources disponibles.
Le projet Africa-BB-Maps prévoit de croiser plusieurs catégories de données, portant à la fois sur les infrastructures physiques, la disponibilité des services et certains indicateurs de qualité comme les débits ou la latence. Cette approche doit permettre aux régulateurs de disposer d’une vision plus complète des besoins de connectivité et de mieux appuyer leurs décisions de planification.
Pour rappel, l’accès au haut débit progresse en Afrique de l’Ouest comme partout sur le continent, mais reste marqué par de fortes disparités entre les pays et les territoires. En 2024, l’utilisation d’Internet atteignait environ 60 % de la population au Sénégal, contre 41 % en Côte d’Ivoire et au Nigeria, 34 % au Bénin et 28 % au Burkina Faso, selon les données de l’UIT.
Quelques initiatives nationales existent déjà
Le projet Africa-BB-Maps ne couvre pour le moment que trois pays d’Afrique de l’Ouest sur ses onze bénéficiaires : le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. D’autres pays de la région ont toutefois engagé des démarches similaires pour disposer d’une connaissance plus précise de leurs infrastructures numériques.
Par exemple, au Burkina Faso, l’Observatoire de l’aménagement numérique (OAN) s’appuie depuis 2025 sur une plateforme WebSIG destinée à recenser et géoréférencer les infrastructures numériques du pays. Le dispositif doit notamment faciliter la planification des réseaux, la mutualisation des infrastructures et la coordination des investissements.
Au Sénégal, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a de son côté développé SUNU CARTO, présenté comme une plateforme de cartographie nationale des infrastructures numériques. Elle vise à collecter, analyser et mettre à disposition des données géographiques sur les infrastructures et la couverture des réseaux.
À une échelle plus large, la CEDEAO dispose également d’ECODOB, son observatoire numérique régional, qui propose une cartographie des infrastructures haut débit de ses États membres, notamment les réseaux de fibre optique, les câbles sous-marins et leurs points d’atterrissement.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord champ en vigueur dans ces deux pays, sont particulièrement scrutés par les opérateurs à l’ouverture de chaque nouvelle campagne de commercialisation.
Au Ghana, le prix producteur du cacao a été fixé à 42 400 cedis par tonne, soit environ 3,65 $/kg, pour la campagne principale 2026/27 qui a débuté le 25 septembre. Ce tarif est en hausse de près de 75 % par rapport au prix minimum garanti bord champ de 1 200 FCFA/kg (2,07 $/kg) fixé en Côte d’Ivoire, où la campagne principale de 2026/2027 a démarré le 1er septembre dernier.
L’écart de rémunération est donc particulièrement marqué entre les deux principaux producteurs mondiaux de cacao. Si les deux pays fixent administrativement les prix payés aux producteurs, les mécanismes et références utilisés pour déterminer ces tarifs diffèrent.
Au Ghana, le prix bord champ est, depuis plusieurs campagnes, fixé en référence à la valeur brute FOB (Free On Board, valeur du cacao au port de départ, avant le transport maritime et l’assurance). Pour 2026/27, le nouveau cadre introduit par le Ghana Cocoa Board Act, 2026 (Act 1182) garantit désormais aux producteurs un minimum de 70 % de la valeur brute FOB réalisée. Pour la nouvelle campagne, le COCOBOD a retenu une part de 71,18 %, ce qui conduit à un prix de 42 400 cedis par tonne.
Lors des campagnes précédentes, cette part n’était toutefois pas garantie par la loi. Elle représentait 63,9 % du FOB en 2024/25, avant d’être portée à 70 % au début de la campagne 2025/26.
En Côte d’Ivoire, le dispositif prévoit que le prix minimum garanti aux producteurs soit normalement au moins égal à 60 % du prix CAF (Coût, Assurance, Fret, valeur du cacao incluant le transport maritime et l’assurance jusqu’au port de destination) de référence. Il prévoit également qu’en cas de baisse du prix international, le prix au producteur ne puisse être inférieur à 50 % du prix CAF. Pour 2026/27, le gouvernement ivoirien a justifié le niveau de 1 200 FCFA/kg par la nécessité de maintenir un prix financièrement soutenable pour la filière, dans un contexte de recul des cours internationaux et en tenant compte des ventes déjà réalisées par anticipation.
Reste désormais à voir si le nouveau cadre ghanéen fera ses preuves dans la durée. Son principal test sera sa capacité à garantir aux producteurs la part minimale prévue par la loi tout en permettant aux acheteurs de rester actifs lorsque les cours internationaux évoluent fortement.
L’expérience de 2025/26 constitue à cet égard un précédent. Le Ghana avait initialement fixé le prix producteur à 51 660 cedis/t, correspondant à 70 % d’une valeur FOB de référence de 7 200 dollars par tonne, avant de le relever à 58 000 cedis/t en octobre 2025, puis de le ramener à 41 392 cedis/t en février 2026. La forte baisse des cours internationaux avait alors mis le mécanisme à l’épreuve, créant des difficultés de commercialisation et des tensions financières dans la filière.
Quel risque pour la contrebande ?
L’écart de prix entre les deux pays voisins d’Afrique de l’Ouest soulève également la question des flux transfrontaliers de cacao. Historiquement, les différences de rémunération entre producteurs ghanéens et ivoiriens ont déjà favorisé, par le passé, des flux informels de fèves entre les deux pays. Le phénomène est récurrent et les différentiels de prix constituent l’un des facteurs susceptibles d’orienter ces mouvements d’un côté ou de l’autre de la frontière.
Avec un prix producteur désormais nettement plus élevé au Ghana, le différentiel pourrait cette fois renforcer l’attractivité du marché ghanéen pour les fèves ivoiriennes. Le phénomène s’est déjà observé en 2026, lorsque des acheteurs ghanéens ont été accusés d’utiliser des fonds destinés à l’achat de cacao local pour acquérir des fèves ivoiriennes introduites clandestinement au Ghana, dans un contexte où le prix ivoirien était inférieur à celui pratiqué au Ghana.
Si cette incitation devait se maintenir au cours de la campagne 2026/27, elle pourrait exercer une pression supplémentaire sur les volumes commercialisés officiellement en Côte d’Ivoire. L’ampleur de cet effet dépendra toutefois de l’évolution des cours internationaux, des conditions de commercialisation dans les deux pays et du renforcement des contrôles aux frontières.
Les deux filières disposent désormais d’un autre outil pour limiter ces mouvements : la traçabilité. Le Ghana affirme avoir entièrement déployé son système national dans les zones productrices, tandis que la Côte d’Ivoire a rendu son Système national de traçabilité et la carte du producteur obligatoires depuis le 1er septembre 2026. Ces systèmes doivent permettre, entre autres, de mieux identifier l’origine des fèves et de détecter les anomalies dans les circuits de commercialisation.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
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La Guinée reconduit à 11 % le taux de son emprunt obligataire, alors que le montant recherché progresse de 67 % sur un an. Après deux émissions totalisant 3 500 milliards GNF en 2024 et 2025, l’État sollicite davantage l’épargne locale pour financer ses besoins.
La Guinée a lancé le samedi 26 septembre une nouvelle opération d’appel public à l’épargne destinée à mobiliser 2500 milliards de francs guinéens (GNF), soit environ 284 millions $ sur le marché national. Les souscriptions sont ouvertes jusqu’au 23 octobre, avec un montant minimum fixé à 5 millions GNF. Les titres offrent un taux d’intérêt annuel de 11 % sur une maturité de cinq ans.
Ce taux est identique à celui de l’emprunt lancé en 2025, qui portait sur 1500 milliards GNF sur cinq ans. En 2024, l’État avait recherché 2000 milliards GNF sur six ans, avec un taux de 12,5 %. Entre 2024 et 2026, la rémunération proposée aux investisseurs a donc baissé de 1,5 point de pourcentage, tandis que le montant recherché atteint désormais 2500 milliards GNF.
Un emprunt plus important
L’écart est particulièrement marqué entre 2025 et 2026. Le montant recherché augmente de près de 67 %. Mariama Cire Sylla (photo), ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a elle-même présenté cette progression comme un défi pour la mobilisation de l’épargne nationale.
L’enjeu dépasse ainsi la seule question du coût de la dette : le marché financier et le système bancaire guinéens disposent-ils d’une épargne suffisante pour absorber une émission plus importante sans que les investisseurs exigent une rémunération supérieure ?
La réponse dépendra notamment de la participation des banques, des compagnies d’assurances, des entreprises et des particuliers. L’opération de 2026 est ouverte à ces différentes catégories de souscripteurs. Son issue permettra de mesurer la capacité du marché local à absorber un appel à l’épargne plus important aux conditions proposées.
Afriland First Bank reconduite comme arrangeur et chef de file
Pour structurer et placer cette nouvelle émission, Afriland First Bank Guinée a été reconduite comme arrangeur principal et chef de file. L’établissement avait déjà participé aux précédentes opérations obligataires de l’État et coordonne cette fois la mobilisation des banques et autres acteurs financiers. Guy Laurent Fondjo, son directeur général, a réaffirmé l’engagement de la banque dans cette opération.
Chamberline Moko
Edité par M.F. Vahid Codjia