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Depuis quelques mois, Rainbow Rare Earths travaille à réadapter le modèle technique de son projet de terres rares Phalaborwa autour d’un nouveau procédé d’exploitation. L’objectif est de parvenir à une méthode plus compétitive en termes de coûts avant d’engager les démarches vers la construction.

Rainbow Rare Earths a annoncé jeudi 24 septembre la signature d’un protocole d’accord avec le producteur d’aimants aux terres rares Neo Performance Materials. Le partenariat envisagé prévoit notamment un contrat d’enlèvement portant sur une partie de la production future de Phalaborwa, que le groupe cherche à faire progresser vers la construction d’une mine en Afrique du Sud.

Selon les termes annoncés, Neo doit devenir le partenaire technique de Rainbow pour le circuit final de séparation par extraction par solvant (SX) de l’actif sud-africain, avec pour objectif de produire un oxyde de néodyme-praséodyme (NdPr) d’une pureté supérieure à 99 % et un carbonate mixte de terres rares lourdes. En contrepartie, le protocole prévoit que Neo bénéficie de droits d’enlèvement sur 40 % du NdPr et 65 % du carbonate SEG+ produits annuellement par Phalaborwa. Les parties doivent toutefois encore formaliser les accords commerciaux définitifs.

Ce partenariat constitue le dernier développement du plan de Rainbow Rare Earths visant à revoir le modèle d’exploitation de Phalaborwa. Une étude préliminaire publiée en 2024 prévoyait une mine capable de produire environ 1 900 tonnes d’oxydes de terres rares sur une durée de vie de 16 ans.

En 2025, la société a toutefois réorienté ses travaux en testant la possibilité d’extraire les terres rares non plus d’un minerai brut, mais de résidus industriels appelés « phosphogypses ». Une étude de préfaisabilité (PFS), attendue au quatrième trimestre, doit actualiser le modèle économique du projet et fournir les premiers indicateurs liés au nouveau procédé, avant une étude de faisabilité définitive (DFS) prévue au premier semestre 2027, qui doit ouvrir la voie à la construction.

Dans ce contexte, sécuriser l’expertise nécessaire à la mise en œuvre du nouveau procédé tout en trouvant un débouché pour une partie de la future production, constitue un élément important pour Rainbow Rare Earths. Les modalités du contrat d’enlèvement restent toutefois en discussion, la société indiquant que les prix devraient être fixés sur la base des « indices de prix pertinents des terres rares ». Aucune échéance n’a été avancée pour la finalisation du partenariat. En attendant, des essais utilisant la solution de terres rares de Rainbow sont déjà menés dans les installations de Neo en Estonie.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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Depuis le démarrage de Sangomar en 2024, le Sénégal accélère son développement pétrolier et cherche parallèlement à renforcer ses capacités de raffinage afin de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers.

Le mercredi 23 septembre, la Société africaine de raffinage (SAR), seule raffinerie publique du Sénégal, a conclu avec le groupe turc Yamata un protocole d’accord pour la construction d’une deuxième raffinerie de pétrole dans le pays. Selon les informations relayées sur le site du gouvernement sénégalais, le projet nécessitera entre 2 et 3 milliards de dollars. La nouvelle unité sera dotée d’une capacité de raffinage de 4 millions de tonnes par an, destinée à traiter le brut provenant du champ pétrolier offshore de Sangomar ainsi qu’une large gamme de pétroles bruts.

Dans le cadre du protocole d’accord, Yamata s’engage à assurer l’ingénierie, les achats et la construction de la nouvelle raffinerie, tout en mobilisant son financement avec ses partenaires. Le montage annoncé doit être réalisé sans garantie souveraine de l’État sénégalais. La signature ouvre désormais la voie à la finalisation des études d’ingénierie de détail, présentées comme la dernière étape avant le démarrage de la construction.

Le partenariat prévoit également la modernisation de la raffinerie de Mbao, première raffinerie de pétrole du pays, dotée d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an et actuellement exploitée par la SAR. Cette opération représente un investissement supplémentaire de 300 à 500 millions de dollars.

Un projet en gestation depuis 2023

Le projet d’une deuxième raffinerie ne date toutefois pas de l’accord conclu avec Yamata. Baptisé SAR 2.0, il a été lancé en 2023 par les autorités sénégalaises.

Selon la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie et des mines 2025-2029, il prévoit la construction d’une raffinerie de dernière génération adossée à un complexe pétrochimique. L’objectif est de porter la capacité totale de raffinage du pays à 5,5 millions de tonnes par an, afin de couvrir l’intégralité de la demande intérieure. En décembre 2024, l’avancement du projet était évalué à 10 %.

Yamata s’est ensuite progressivement positionné sur ce projet. En août 2025, le groupe turc avait engagé des discussions à Istanbul avec les autorités sénégalaises autour du financement et de la mise en œuvre de SAR 2.0. Ces discussions ont été suivies, un an plus tard, par la signature du protocole d’accord avec la SAR, qui formalise l’implication du groupe turc dans la réalisation de la nouvelle raffinerie.

Pour l’heure, la date de démarrage des travaux de construction de la deuxième raffinerie n’est pas encore connue. Les modalités économiques de la participation de Yamata restent également à préciser. Si le protocole lui confie l’ingénierie, les achats, la construction et la mobilisation du financement, les informations rendues publiques ne détaillent toutefois ni les conditions de rémunération de Yamata ni les modalités d’exploitation de la future raffinerie.

Une forte dépendance aux importations

En attendant l’entrée en service de la deuxième raffinerie du pays, le Sénégal devrait continuer à approvisionner une grande partie de ses besoins en produits pétroliers finis sur le marché international.

Les données compilées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) montrent que le pays a importé en moyenne 3,45 millions de tonnes de produits pétroliers finis par an entre 2021 et 2025. Sur la même période, la facture associée à ces achats s’est élevée à près de 1 480 milliards de francs CFA (2,5 milliards de dollars) par an en moyenne.

Le volume moyen de produits pétroliers finis importé sur la période est ainsi plus de deux fois supérieur à la capacité annuelle de raffinage de Mbao, ce qui illustre l’écart que le projet cherche à réduire.

Pour Dakar, l’enjeu est donc de rapprocher davantage la production de pétrole brut du pays de ses besoins en produits raffinés, afin de réduire progressivement sa dépendance aux importations et la facture associée à ces achats. L’ambition du projet dépasse toutefois la seule couverture de la demande intérieure. Selon les informations communiquées lors de la signature du protocole d’accord, la nouvelle raffinerie doit également permettre de dégager des volumes excédentaires destinés aux marchés de la sous-région.

Stéphanas Assocle

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Au Liberia, les femmes restent moins présentes dans l’économie numérique que les hommes, sur fond de difficultés d’accès aux compétences numériques. Un nouveau programme veut rapprocher formation, entrepreneuriat et services d’accompagnement.

Le Liberia va créer cinq pôles dédiés à la formation numérique et au développement des entreprises dirigées par des femmes. Le projet découle d’un accord signé le mercredi 23 septembre à New York entre le ministère du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale et l’entreprise américaine Cybastion, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Prévu sur 36 mois, le programme cible notamment les femmes actives dans l’économie informelle et les chaînes de valeur agricoles.

Cinq centres pour former et accompagner les femmes

Baptisé « Liberia Women’s Digital and Economic Empowerment Program », le dispositif prévoit un campus principal à Monrovia et quatre pôles régionaux à Voinjama, Gbarnga, Kakata et Buchanan. Cybastion sera chargé de concevoir, construire, équiper et exploiter ces centres. Ils proposeront des formations aux compétences numériques et à l’entrepreneuriat, du mentorat ainsi qu’un accompagnement pour faciliter l’accès aux marchés et aux services financiers.

Chaque centre intégrera par ailleurs un service de garde d’enfants, afin de faciliter la participation des mères aux formations et aux programmes de mentorat. Une partie des formations sera assurée par la Theya Foundation, l’organisation philanthropique de Cybastion, en partenariat avec Cisco à travers la Cisco Networking Academy. Les programmes seront également ouverts aux jeunes.

Un écart numérique marqué

 

Selon un document de la Banque mondiale publié en 2026, le Liberia se classait 99e sur 100 dans l’Inclusive Internet Index en 2022. Le rapport relève également un important écart entre les sexes : les hommes étaient près de 50 % plus susceptibles d’utiliser Internet que les femmes, notamment en raison du coût des appareils et des données et du manque de compétences numériques.

« En réunissant les compétences numériques, le soutien à l’entrepreneuriat et la garde d’enfants moderne en un seul endroit, ces pôles d’innovation technologique créeront des voies pour les femmes afin de bâtir des entreprises plus fortes et de participer plus pleinement à l’économie numérique du Liberia », a déclaré Thierry Wandji (photo, à gauche), PDG de Cybastion.

Ce nouvel accord prolonge la coopération engagée entre Monrovia et Cybastion en 2024. Les deux parties avaient alors signé un cadre de cinq ans portant notamment sur le renforcement de la connectivité internationale, la construction d’un centre de données, le développement de services publics numériques et la cybersécurité. Le nouveau programme étend cette coopération au développement des compétences numériques et à l’entrepreneuriat féminin.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le marché algérien des paiements électroniques connaît une forte progression, porté par l’essor du commerce en ligne et des usages numériques. Djezzy cherche désormais à y prendre position avec sa future activité de paiement. 

La Banque d’Algérie a autorisé, mercredi 23 septembre, « Djezzy Payment Services », filiale d’Optimum Telecom Algérie, à se constituer en prestataire de services de paiement (PSP), selon un communiqué du Conseil monétaire et bancaire. La société devra toutefois obtenir un agrément avant de pouvoir commencer ses activités.

Cette autorisation permet à la filiale de Djezzy d’entrer dans le nouveau cadre ouvert aux prestataires de services de paiement en Algérie. Ces acteurs peuvent notamment proposer des comptes de paiement, exécuter des opérations de paiement et de transfert de fonds ou encore fournir des services liés aux paiements des commerçants. Pour Djezzy, cette nouvelle activité élargit ainsi son positionnement au-delà des télécommunications.

L’arrivée de l’opérateur intervient dans un marché en pleine progression. À fin juin 2026, le nombre de commerçants permettant le paiement en ligne dépassait 1 000, contre 644 un an plus tôt. Sur les six premiers mois de l’année, 15,43 millions de transactions ont été réalisées sur Internet, en hausse de 52 % sur un an.

Le paiement électronique gagne également du terrain dans les usages de proximité. Au premier semestre 2026, plus de 8 millions de paiements ont été effectués via les terminaux électroniques, soit une progression de 81 % sur un an. Les paiements interbancaires par QR code ont également fortement progressé sur la période.

Cette évolution est notamment liée à l’ouverture réglementaire du secteur à de nouveaux acteurs. La loi monétaire et bancaire de 2023 a introduit le statut de prestataire de services de paiement, avant que la Banque d’Algérie n’en fixe les conditions de constitution, d’agrément et d’exercice par le règlement n°25-02 en avril 2025.

Pour Djezzy, cette diversification intervient alors que l’opérateur dispose déjà d’une importante base de clients. Celle-ci atteignait 18,1 millions d’abonnés à fin juin 2026, en hausse de 4,2 % sur un an, selon les résultats publiés par l’entreprise. Cette base peut servir de point d’appui à de futurs services financiers, même si Djezzy n’a pas encore précisé les offres qu’il proposera.

Djezzy Payment Services devra désormais soumettre sa demande d’agrément à la Banque d’Algérie dans un délai maximal de douze mois à compter de la notification de la décision d’autorisation de constitution. Le périmètre des services proposés et les modalités de leur lancement seront précisés dans le cadre de cette procédure.

Samira Njoya

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03/03/2026 - Algérie : Djezzy accélère le déploiement de son réseau 5G

Le Mozambique travaille depuis plusieurs années au développement de son infrastructure de gouvernement numérique. En 2021, le pays a reçu un financement de 150 millions de dollars de la Banque mondiale pour soutenir sa transformation numérique.

Le Mozambique veut disposer, d’ici 2029, de services publics mieux intégrés et accessibles en ligne. Le gouvernement prépare un plan opérationnel de trois ans qui doit préciser les actions, les résultats attendus et les coûts de cette transformation. L’objectif est de permettre aux administrations de s’appuyer sur une architecture commune plutôt que de développer des systèmes isolés.

Le projet repose notamment sur le « Portal do Cidadão », qui regroupe déjà environ 26 services et compte plus de 3000 utilisateurs. La plateforme permet d’accéder à des services liés aux transports, à l’identification fiscale et au guichet unique administratif. Elle doit progressivement devenir un point d’accès commun aux services de l’État.

« Les citoyens doivent ressentir l’impact direct de la transformation numérique dans leur vie quotidienne. Ce processus vise à améliorer la qualité des services et à moderniser l’administration publique », a indiqué Inocêncio Impissa (photo), ministre mozambicain de l’Administration publique.

Le gouvernement veut aller au-delà d’un simple portail

L’Agence de transformation numérique et d’innovation (ATDI) développe une plateforme d’interopérabilité destinée à connecter les systèmes des différentes institutions. Sa mise en service est prévue au quatrième trimestre 2026. Le dispositif doit être complété par un système de paiement pour les services publics, dont le déploiement est prévu en 2027, ainsi que par une identité numérique et une infrastructure gouvernementale de données.

Cette architecture doit également s’appuyer sur un centre de données gouvernemental, sur le CloudGov et sur le réseau GovNET. L’objectif est notamment de mutualiser les infrastructures, d’éviter la duplication des investissements et de faciliter l’échange de données entre administrations.

Cette approche figure déjà dans le Programme quinquennal du gouvernement 2025-2029. Celui-ci prévoit l’intégration des services dans un portail unifié, la standardisation des systèmes publics, la création d’une infrastructure commune d’interopérabilité et l’intégration progressive des systèmes administratifs à cette plateforme.

Le chantier répond toutefois à un problème qui n’est pas uniquement technologique. Le Mozambique révise actuellement son cadre réglementaire sur l’interopérabilité, adopté en 2017, afin de renforcer les normes techniques, la gouvernance des échanges de données, la protection des données personnelles et la cybersécurité.

Le pays prépare parallèlement une Stratégie nationale de transformation numérique avec l’Union internationale des télécommunications. Lancée en février 2026, cette démarche vise précisément à coordonner des initiatives aujourd’hui réparties entre plusieurs stratégies et projets sectoriels. Le plan opérationnel doit encore préciser les besoins financiers et les résultats attendus.

Adoni Conrad Quenum

La guerre civile a détruit l’essentiel des 191 mégawatts (MW) du réseau électrique du Liberia. La présidence présentait en 2025, l’accès à une énergie fiable comme le fondement d’une économie dynamique et prospère.

Le Liberia annonce un taux d’accès à l’électricité de 39 %, contre 32 % à l’arrivée du gouvernement actuel, en janvier 2024, soit 36 points en deçà des 75 % promis en 2030. Daniel Sanoe, vice-ministre chargé de la presse au ministère de l’Information, a présenté ce chiffre mardi 22 septembre à Monrovia.

Les données de la Banque mondiale, mises à jour en juillet dernier, s’arrêtent quant à elles à 34,9 % atteints fin 2024. L’objectif de 75 % figure dans le compact national que Monrovia a présenté en janvier 2025 au titre de Mission 300, une initiative de la Banque mondiale et de la Banque Africaine de Développement qui vise à raccorder 300 millions d’Africains d’ici 2030. Pour y parvenir, le compact prévoit de raccorder 100 000 ménages chaque année.

Des raccordements plus rapides que la production

Accélérer les raccordements au réseau suppose toutefois de produire davantage. En avril dernier, Mohammed Sherif, directeur général de la Liberia Electricity Corporation (LEC), cité par The New Dawn, reconnaissait que la demande dépassait déjà l’offre.

La LEC a en effet branché plus de 63 000 ménages en un an sans augmenter sa production dans les mêmes proportions, précisait le dirigeant. Elle recourt donc aux délestages. « Ce problème ne peut pas se régler du jour au lendemain », prévenait-il.

Deux mois plus tard, le pays a accru sa capacité de 42 MW. Début juin, le président Joseph Boakai a en effet inauguré une centrale solaire de 20 MW au complexe hydroélectrique Mount Coffee tandis qu’une turbine réparée y a rendu 22 MW.

Le réseau, l’autre chantier à financer

D’après Jerolinmek Matthew Piah, ministre de l’Information, ce gain a permis de réduire les achats d’électricité depuis la Côte d’Ivoire et la Guinée. La centrale solaire produit par ailleurs peu en saison des pluies. En août, Thomas Gonkerwon, directeur général adjoint de la LEC, évaluait sa production à 5 MW en moyenne, quatre à six heures par jour. Il en attend davantage en saison sèche.

Hors des zones déjà desservies, l’accès dépend aussi de l’extension du réseau. La LEC vient d’évaluer la faisabilité de nouvelles lignes dans les comtés de Lofa et de Grand Cape Mount, a précisé Daniel Sanoe. Pour les financer, le gouvernement qui cherche, comme rapporté par Agence Ecofin en mars, à restructurer le secteur électrique national, mise en partie sur un second accord de financement avec la Millennium Challenge Corporation (MCC), avec une signature espérée en décembre 2027, rapportait GNN Liberia mi-septembre.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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02/03/2026 : Liberia : le gouvernement prépare une refonte structurelle de son secteur électrique

Après avoir reculé au deuxième trimestre, l’activité sud-africaine devrait rester sous pression en 2026, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. La hausse attendue des prix des carburants devrait par ailleurs accentuer les tensions sur l’inflation.

La Banque de réserve d’Afrique du Sud (SARB) a revu à la baisse sa prévision de croissance économique à 1,2 %, contre une prévision précédente de 1,4 %, dans un contexte international plus difficile.

Selon la SARB, les tensions géopolitiques, notamment les conflits au Moyen-Orient et entre la Russie et l’Ukraine, perturbent les chaînes d’approvisionnement ainsi que les flux de pétrole et de produits alimentaires. « Les chocs mondiaux pèsent manifestement sur notre économie », a-t-elle indiqué.

L’institution estime ainsi que les risques qui pèsent sur ses perspectives de croissance restent orientés à la baisse, malgré les perspectives de reprise de l’activité au cours des prochains mois. Cette révision intervient alors que la nation arc-en-ciel enregistre depuis une décennie une croissance moyenne d’environ 1 % par an. Au deuxième trimestre 2026, le pays a enregistré une contraction de 0,2 % de son PIB, après une hausse de 0,4 % au trimestre précédent.

La Banque centrale maintient toutefois sa perspective d’une croissance d’environ 2 % à moyen terme, sous réserve d’une stabilisation de l’environnement international et de la poursuite des réformes engagées.

Des pressions inflationnistes accrues

La révision des perspectives de croissance intervient alors que les pressions inflationnistes devraient s’accentuer. La hausse des prix des carburants devrait porter l’inflation au-dessus de 5 % à fin 2026 et début 2027, avant un retour vers la cible de 3 % à la fin de 2027.

Dans ce contexte, le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé à l’unanimité de relever son taux directeur de 25 points de base, à 7,25 %, à compter du vendredi 25 septembre. Le CPM justifie cette décision par la nécessité d’éviter que les chocs actuels sur les prix ne se traduisent par une inflation plus persistante.

À plus long terme, la Banque centrale souligne l’importance des réformes structurelles dans les secteurs de l’énergie et des transports, ainsi que de la maîtrise de la dette et de l’inflation, pour soutenir durablement la croissance de l’économie sud-africaine.

Charlène N’dimon

Face à la persistance de l’exploitation minière clandestine, Abidjan veut frapper plus durement les acteurs qui alimentent le phénomène. Le projet de loi adopté par le gouvernement prévoit notamment de nouvelles incriminations et un cumul des peines pouvant porter la sanction à 20 ans d’emprisonnement pour certains auteurs.

Le gouvernement ivoirien a adopté, le mercredi 23 septembre, un projet de loi visant à renforcer les sanctions applicables à l’orpaillage illégal et à plusieurs autres infractions pénales. Le texte prévoit notamment des peines plus lourdes à l’encontre des personnes qui facilitent ou financent cette activité.

Le projet de loi introduit de nouvelles incriminations visant spécifiquement les commanditaires, receleurs, financiers et propriétaires de sites d’orpaillage illégal. Le texte prévoit également le cumul des peines, qui pourront atteindre 20 ans d’emprisonnement lorsque l’auteur est un agent public.

Le texte prévoit par ailleurs un renforcement de la répression des atteintes à l’environnement, notamment l’orpaillage illégal et le remblayage non autorisé du domaine maritime et des voies d’eau intérieures. Il durcit également les sanctions contre certains comportements ou propos dirigés contre des agents de l’administration, notamment les rois et les chefs de village.

Pour le gouvernement, la réforme vise à rapprocher « le dispositif pénal ivoirien des engagements internationaux du pays et à renforcer la lutte contre la criminalité ». Elle prévoit une protection accrue des mineurs et des femmes contre le viol et certaines infractions à caractère sexuel.

Un dispositif renforcé face à la persistance du phénomène

Cette réforme s’inscrit dans la lutte engagée par les autorités ivoiriennes contre l’exploitation minière clandestine. Depuis 2021, plus de 8500 sites d’orpaillage illégal ont été détruits et 4474 personnes déférées, selon les données du Conseil national de sécurité.

Malgré ces opérations, l’orpaillage illégal et la contrebande continuent de peser sur l’économie nationale, avec 30 à 40 tonnes d’or exportées clandestinement chaque année, pour un manque à gagner estimé à plus de 4 milliards de dollars. Les autorités visent désormais l’éradication du phénomène dans les six prochains mois et renforcent la formalisation du secteur en partenariat avec la Banque mondiale et le World Gold Council.

Au-delà de l’orpaillage, le projet de loi introduit une nouvelle formulation de l’incrimination de la torture, intégrant la responsabilité du chef militaire et du supérieur hiérarchique, conformément à la Convention des Nations unies contre la torture.

Charlène N’dimon

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Situé sur le corridor Nord-Sud, entre le Zimbabwe et la Zambie, le poste-frontière de Chirundu joue un rôle important dans le transit régional des marchandises. Le projet du CBC et du gouvernement entend améliorer les infrastructures et réduire les délais de passage, alors que Harare cherche à accroître l’efficacité de ses principaux corridors commerciaux.

Le gouvernement du Zimbabwe et le Chirundu Border Consortium (CBC) ont annoncé la clôture financière du projet de mise à niveau du poste-frontière de Chirundu, à la frontière avec la Zambie, selon un communiqué du ministère des Transports et du Développement des infrastructures.

Ce partenariat public-privé (PPP) ouvre la voie à la modernisation de cette infrastructure stratégique pour les échanges régionaux. Il s’inscrit dans les efforts du Zimbabwe pour fluidifier le commerce le long du corridor nord-sud, qui relie l’Afrique australe à plusieurs autres marchés du continent.

Le CBC mobilisera les capitaux nécessaires à la construction et à l’exploitation du poste-frontière modernisé, sans apport en capital de l’État zimbabwéen. « La modernisation du poste-frontière de Chirundu va améliorer la facilitation des échanges commerciaux, renforcer la connectivité régionale et accroître l’efficacité du corridor nord-sud », a déclaré le ministre des Transports, Felix T. Mhona (photo).

En outre, la modernisation complète du poste-frontière permettra de rénover les infrastructures existantes, d’introduire des systèmes opérationnels avancés, de réduire considérablement les délais de transit et d’assurer une circulation efficace et sécurisée des voyageurs et des marchandises.

Le projet devrait contribuer à renforcer la position du Zimbabwe comme pôle régional du transport et de la logistique, tout en améliorant la compétitivité du corridor. Situé entre le Zimbabwe et la Zambie, le poste-frontière est l’un des plus fréquentés de la région et joue un rôle clé dans le commerce transfrontalier.

Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des postes-frontières du Zimbabwe. Il intervient notamment après le réaménagement du poste-frontière de Beitbridge, réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le secteur privé et inauguré en 2023.

Des réformes pour renforcer les PPP

Le Zimbabwe a entrepris plusieurs réformes pour rendre les partenariats public-privé (PPP) plus attractifs et sécurisés et favoriser l’investissement privé dans les projets d’infrastructures. En 2026, le gouvernement a notamment approuvé de nouvelles lignes directrices destinées à mieux encadrer l’identification, l’évaluation et la mise en œuvre des projets PPP, tout en clarifiant le partage des risques entre l’État et les investisseurs.

Parallèlement, il a réduit certains frais de licence liés aux investissements afin de diminuer les coûts d’entrée sur le marché. Ces réformes visent à rendre l’environnement des affaires plus prévisible et à faciliter la mobilisation de capitaux privés, notamment pour les projets d’infrastructures.

Le financement du projet du poste-frontière de Chirundu est assuré par plusieurs partenaires, dont Standard Bank of South Africa, Stanbic Bank Zimbabwe, SAFAGA International et Strategic Partners Group (SPG).

Lydie Mobio

Les pays de l’AES renforcent leur coopération numérique, considérée comme un levier de développement socio-économique. Ils ont ainsi créé, en avril 2025, un cadre commun pour la protection des données.

Les régulateurs des télécommunications du Burkina Faso, du Mali et du Niger veulent renforcer leur collaboration pour mieux coordonner leurs actions face aux enjeux communs du secteur. Cette démarche vise à favoriser le partage d’informations et d’expériences au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

La signature de la convention de coopération est prévue vendredi 25 septembre à Ouagadougou, entre l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Burkina Faso (ARCEP Burkina Faso), l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP) et l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste du Niger (ARCEP Niger). La convention sera signée sous le co-patronage des ministres chargés du numérique des trois pays.

Un cadre commun pour la régulation dans l’espace AES

La convention prévoit la création du Conseil des régulateurs du Sahel (CRS), qui servira de cadre permanent aux trois autorités. Il doit faciliter la coordination de leurs actions et la conduite d’initiatives communes dans les domaines relevant de leurs compétences.

Les régulateurs veulent en particulier travailler sur l’itinérance communautaire au sein de l’espace AES, la protection des consommateurs, la cybersécurité ainsi que la gestion et le contrôle des fréquences. La coopération portera aussi sur la reconnaissance mutuelle des équipements homologués, le développement des infrastructures et la régulation des activités postales transfrontalières, ainsi que sur l’introduction coordonnée des technologies émergentes.

Les trois autorités prévoient enfin de rapprocher leurs positions dans les instances internationales et de défendre les intérêts communs de l’espace AES sur les questions intéressant les secteurs des communications électroniques, des TIC et des postes.

Des enjeux qui dépassent la régulation

Cette initiative vient formaliser davantage les efforts de coopération déjà engagés par les trois pays dans le domaine du numérique. Ce front commun réglementaire intervient dans un contexte de transformation numérique accélérée, marqué par l’essor des télécommunications, la multiplication des services numériques et l’émergence de nouvelles technologies.

Par exemple, la cybersécurité est devenue un enjeu incontournable alors que « les États de l’AES font face à des menaces sans précédent, caractérisées notamment par des cyberattaques sophistiquées, la désinformation, l’escroquerie électronique et l’infiltration de systèmes critiques ». Cette tendance concerne l’ensemble du continent, dans un contexte de transformation numérique accélérée. Interpol estime à au moins 5 milliards de dollars les dommages économiques directs causés par la cybercriminalité en Afrique en 2025.

La reconnaissance mutuelle des équipements homologués s’inscrit dans la même logique. L’homologation permet aux autorités de vérifier qu’un équipement de télécommunications répond aux exigences techniques et de sécurité avant sa mise sur le marché ou son utilisation sur les réseaux. Elle vise principalement à limiter les risques d’interférences, à garantir la compatibilité avec les infrastructures existantes et à protéger les utilisateurs.

Enfin, l’introduction coordonnée des technologies émergentes répond à l’évolution rapide du secteur. La 5G et les solutions de connectivité par satellite, dont l’usage progresse sur le continent, illustrent ces nouvelles technologies auxquelles les régulateurs doivent adapter leurs cadres. Leur déploiement soulève des questions de gestion des fréquences, de sécurité des réseaux, de protection des données et de coexistence avec les infrastructures existantes.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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