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UEMOA : le Niger reste en déflation, le Mali et le Burkina Faso au-dessus de la moyenne

UEMOA : le Niger reste en déflation, le Mali et le Burkina Faso au-dessus de la moyenne
  • Date de création: 25 septembre 2026 14:20

(Agence Ecofin) - En juillet 2026, le Mali et le Burkina Faso enregistrent les taux d’inflation les plus élevés de l’UEMOA, tandis que le Niger reste en déflation. À l’échelle régionale, l’inflation repart progressivement à la hausse, notamment sous l’effet de l’alimentation et des transports.

En juillet 2026, l’inflation a atteint 2,8 % au Mali et 2,3 % au Burkina Faso, les deux taux les plus élevés de l’UEMOA, tandis que les prix ont reculé de 2 % au Niger sur un an. Ces chiffres soulignent le contraste entre les trajectoires des trois pays de l’AES, selon le rapport sur la politique monétaire dans l’UMOA publié par la BCEAO en septembre.

Le Niger affiche ainsi le taux d’inflation le plus faible de toute l’organisation et reste le seul pays de l’AES en situation de déflation. Cela s’observe depuis plusieurs mois, même si la baisse des prix s’est nettement atténuée par rapport à l’année précédente, où le taux de déflation atteignait 9,1 % en juillet. À l’inverse, l’inflation s’accélère au Mali et au Burkina Faso, où elle dépasse désormais la moyenne régionale, établie à 1,2 % en juillet.

Des trajectoires économiques contrastées

Ces écarts interviennent dans un contexte où les conditions économiques et d’approvisionnement diffèrent entre les trois pays. Leurs économies devraient néanmoins rester en croissance en 2026, à des rythmes contrastés.

Au Niger, l’activité devrait rester dynamique, portée par la montée en puissance des exportations pétrolières et l’agriculture. Le FMI prévoit une croissance de 6,7 % en 2026, après 7 % en 2025.

Au Burkina Faso, la croissance devrait ralentir à 4,9 % en 2026, contre 5,3 % en 2025, soutenue par les secteurs minier et agricole. Au Mali, le FMI table sur une croissance de 5,5 %, après 4,9 % en 2025, soutenue notamment par la reprise de la production d’or et l’agriculture. Cette trajectoire reste toutefois exposée aux risques sécuritaires, aux difficultés d’approvisionnement en carburant et aux contraintes de financement.

Le cas du Niger reste particulier. Après une forte inflation en 2024 (+9,1 %), le pays a connu une nette baisse de l’inflation en 2025. La BCEAO l’explique notamment par l’amélioration de l’offre alimentaire régionale et un effet de base favorable. La déflation ne signifie toutefois pas que tous les produits deviennent moins chers : elle indique que le niveau général des prix est inférieur à celui observé un an auparavant.

L’inflation remonte progressivement dans l’UEMOA

À l’échelle de l’Union, la dynamique commence à changer. Après une inflation moyenne nulle en 2025, les prix ont progressivement augmenté en 2026. L’inflation sous-jacente a également progressé, signalant une remontée des pressions sur certains postes de consommation.

L’alimentation et les transports figurent parmi les principaux moteurs de cette évolution. En glissement annuel, les prix alimentaires ont augmenté de 0,8 % en juillet, après une stabilité en juin. Les transports ont progressé de 3,7 %, tandis que les restaurants et hôtels sont passés à 1,7 %. Le logement a augmenté de 1,5 %, mais à un rythme inférieur à celui de juin (+1,9 %).

Les marchés internationaux constituent également un point de vigilance. En juillet, les prix des principaux produits alimentaires importés par l’UEMOA ont augmenté de 9,2 % sur un an, après plusieurs mois de baisse. L’huile, le blé et le riz ont notamment enregistré des hausses marquées.

Pour l’ensemble de l’année, la BCEAO prévoit une inflation moyenne de 1 % en 2026 et de 1,9 % en 2027.

Carelle Yourann (stagiaire)

Edité par M.F. Vahid Codjia

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