(Agence Ecofin) - La fièvre aphteuse figure parmi les principales menaces sanitaires pour les élevages de bétail en Afrique de l’Est. L’Ouganda, en quête d’autonomie sanitaire dans le secteur, avance avec l’Égypte sur un projet de construction d’une unité de fabrication de vaccins vétérinaires contre cette maladie.
L’Ouganda est sur le point de concrétiser la réalisation d’un projet d’unité de fabrication de vaccins vétérinaires pour lutter contre la fièvre aphteuse (FMD) avec l’appui de l’Égypte. C’est ce qu’a révélé Frank Tumwebaze, ministre ougandais de l’Agriculture, lors d’une visite de travail le 26 juillet au Caire.
« L’un des projets de coopération les plus avancés que nous espérons signer et finaliser au cours de cette visite est la définition d’un calendrier pour le lancement des travaux de l’unité de fabrication de vaccins contre la fièvre aphteuse en Ouganda », rapporte le média local Chimp Report, citant le responsable.
Un projet en cours de planification depuis deux ans
Cette annonce marque une nouvelle étape dans un partenariat lancé en 2024 entre Kampala et Le Caire. Les deux pays avaient alors décidé de développer une capacité locale de production de vaccins contre la fièvre aphteuse, en s’appuyant sur l’Organisation nationale de recherche agricole de l’Ouganda (NARO) et sur l’expertise technique égyptienne.
La coopération repose sur une complémentarité entre les capacités des deux pays. L’Égypte dispose déjà d’une production vaccinale couvrant trois variantes ou sérotypes du virus présent en Ouganda (O, A et SAT 2) et apporte son expertise technique au projet. L’Ouganda prévoit, pour sa part, de produire le composant vaccinal ciblant le sérotype SAT 1, également présent sur son territoire.
L’objectif est de mettre au point un vaccin quadrivalent capable d’offrir une protection adaptée au cheptel ougandais exposé à ces quatre sérotypes du virus. Il est également prévu que des scientifiques égyptiens accompagnent leurs homologues de la NARO à travers des formations spécialisées sur les techniques de production de vaccins contre la fièvre aphteuse.
Vers un renforcement de la stratégie nationale de lutte
La mise en place de cette fabrique intervient alors que l’Ouganda cherche à renforcer sa stratégie de lutte contre la fièvre aphteuse, une maladie virale hautement contagieuse qui touche principalement les bovins, mais également les chèvres, les moutons et les porcs.
En Ouganda, la maladie a connu une forte recrudescence ces dernières années. Selon la FAO, plus de 40 districts ougandais ont rapporté des foyers de la maladie en 2023, tandis que de nouveaux épisodes ont continué à être signalés en 2024 et 2025.
Bien que rarement mortelle pour les animaux adultes, cette maladie serait responsable d’un taux de mortalité de 37,8 % chez les veaux, selon de récentes études effectuées par des chercheurs ougandais et rapportées par le média Chimp Report. D’autres estimations montrent que les flambées de fièvre aphteuse peuvent entraîner une baisse de 63 % des revenus tirés de l’élevage par les ménages et une diminution de 70 % des ventes de produits d’origine animale.
C’est dans ce contexte que Kampala a décidé de lancer, entre juillet et août 2026, sa première campagne nationale de vaccination de masse contre la maladie. Cette opération prévoit deux cycles de vaccination par an et ciblera environ 46,5 millions d’animaux sensibles.
Alors que l’Ouganda dépend encore largement des vaccins importés, principalement depuis l’Égypte, pour protéger son cheptel, la perspective d’une production locale doit donc permettre de sécuriser l’approvisionnement et de renforcer la réponse du pays face aux futures flambées.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
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