(Agence Ecofin) - La reconnaissance du cinéma africain sur l’échiquier mondial est un débat qui suscite beaucoup d’intérêt lors des rendez-vous internationaux du septième art. Souvent mal comprises et ne jouissant pas de gros budgets hollywoodiens, les productions ne manquent pas cependant d’originalité.
Alors que les cinéastes africains peinent à exporter leurs films, le véritable défi serait de reconquérir les publics africains eux-mêmes. La réconciliation avec les cinéphiles du continent apparaît comme un impératif dans la mesure où la consommation des créations locales s’impose comme un préalable à tout développement.
Pour sa 11e édition qui se déroule du jeudi 24 au dimanche 27 septembre à Kumasi, au Ghana, le Black Star International Film Festival (BSIFF) a pour thème central de la manifestation « Cinéma et culture mondiale : la nouvelle vague du cinéma africain ».
Ce sujet principal se décline en quatre champs, dont le développement du public africain et la promotion du cinéma en langue locale.
Pour son déroulement, les organisateurs ont retenu les films de 11 pays après un casting des candidatures portant sur 42 pays d’Afrique et d’ailleurs : Ghana, Nigeria, Ouganda, États-Unis, Afrique du Sud, Zimbabwe, Chine, Cameroun, Singapour, République dominicaine et Russie.
Rapprocher le cinéma africain de son public et promouvoir le cinéma vernaculaire
« Depuis sa création, le Black Star International Film Festival s’est appuyé sur un principe simple : rapprocher le cinéma du public tout en renforçant à la fois l’art cinématographique et l’industrie du film », informa la plateforme officielle du festival.
Le BSIFF défend l'idée que les films africains doivent d'abord trouver leur public en Afrique avant de viser les marchés occidentaux, mettant ainsi l'accent sur la création d'audiences locales, la diffusion régionale et l'éducation à l'image.
Ce crédo du festival trouve aussi son écho dans la promotion du « Consommons local » tant prôné dans d’autres domaines d’activité économique. Et pour que cette consommation soit digeste, la production en langue locale s’avère importante.
Entre autres objectifs du BSIFF, il s’agit de permettre aux cinéastes africains de raconter des histoires ancrées dans leurs langues et leurs cultures tout en développant des publics durables, capables de soutenir l'industrie sur le long terme.
L'accent est donc mis sur le cinéma en langue vernaculaire, particulièrement visible à travers l'implication de l'industrie Kumawood, célèbre pour ses productions en twi, principale langue parlée dans la région Ashanti. Le déplacement du festival à Kumasi vise aussi à valoriser cette tradition cinématographique populaire qui a bâti son succès grâce aux langues locales plutôt qu'à l'anglais.
Pour rappel, l’étude de l’influence de l’intelligence artificielle dans la narration et le bien-être psychologique des créatifs, sont également des problématiques au cœur du festival.
Ubrick F. Quenum
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