Agence Ecofin

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Producteur de pétrole et de gaz au Ghana notamment, la compagnie porte une dette qu’elle doit rembourser. La trésorerie dégagée par ses champs conditionne sa capacité à tenir ses échéances.

Tullow Oil a dégagé 4 millions de dollars de trésorerie disponible au premier semestre 2026, contre une sortie de 188 millions un an plus tôt. Le producteur basé au Royaume-Uni et principalement actif au Ghana, l’a indiqué dans son rapport semestriel publié lundi 28 septembre.

Ce résultat constitue son premier semestre positif depuis au moins quatre années d’opérations. Ces déficits ont atteint respectivement 205 millions de dollars en 2022, 142 millions en 2023 et 126 millions en 2024. Tullow calcule ce flux comme l’argent restant après les investissements, les loyers de crédit-bail, les intérêts et les frais de refinancement.

Tullow a signalé avoir encaissé 40 millions de dollars en vendant sa filiale kényane. Elle a aussi payé 70,2 millions de dollars de frais pour refinancer sa dette. Le prix moyen réalisé a atteint 95 dollars le baril, contre 71,4 dollars un an plus tôt.

Le groupe produit 43 700 barils équivalents pétrole par jour, contre 40 600, surtout sur les champs pétroliers offshores Jubilee et TEN. Parallèlement, les navires de production de la compagnie ont été disponibles plus de 99 % du temps. « Nous avons livré une performance opérationnelle exceptionnelle au premier semestre 2026 », a déclaré le directeur général, Ian Perks.

Sur le gaz particulièrement, Tullow a reçu du gouvernement ghanéen, le règlement de 73 millions de dollars de factures antérieures à 2026. La société a relevé à une fourchette entre 170 et 250 millions de dollars sa prévision annuelle de trésorerie disponible, pour un baril entre 70 et 100 dollars.

Malgré ce développement, le groupe demeure globalement déficitaire. Sa perte nette atteint 101 millions de dollars, contre 80 millions un an plus tôt. La dette nette, soit la dette moins la trésorerie, atteint 1,4 milliard de dollars contre 1,6 milliard un an plus tôt.

Cette dette prend surtout la forme d’obligations de 1,16 milliard de dollars, dues en novembre 2028. Sans accord de vente d’actifs conclu avant le 30 septembre 2027, cette échéance passe à mai 2028.

Tullow fait aussi face à plusieurs litiges fiscaux au Ghana et au Kenya. La Ghana Revenue Authority lui réclame 190,5 et 196,5 millions de dollars, que le groupe conteste devant la Chambre de commerce internationale. Au Kenya, Tullow s’oppose à la Kenya Revenue Authority qui lui réclame environ 170 millions de dollars sur la vente de sa filiale. Tullow juge cette demande infondée et la conteste en appel avec l’acheteur.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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23/02/2026 : Au Ghana, Tullow Oil restructure sa dette et pose les bases d’un redressement financier durable

La Banque de réserve du Zimbabwe ajuste sa politique monétaire alors que les tensions inflationnistes restent limitées et que l’activité économique devrait conserver un rythme soutenu en 2026. L’institution prévoit par ailleurs une inflation annuelle inférieure à 7 % à fin décembre.

La Banque de réserve du Zimbabwe (RBZ) a décidé d’abaisser son taux directeur de 30 % à 27,5 %. La décision a été prise lors de la réunion du Comité de politique monétaire (MPC) tenue le 28 septembre 2026.

Cette décision repose sur une inflation toujours contenue et sur la nécessité de soutenir la croissance attendue. Le comité souligne par ailleurs que « la réduction du taux directeur ne constitue pas un signal d’assouplissement monétaire, mais plutôt un réalignement du taux directeur sur la dynamique observée de l’inflation ».

Le taux d’inflation reste à des niveaux historiquement faibles au Zimbabwe. Après avoir atteint 2,9 % en août 2026, son plus bas niveau depuis 1980, l’inflation annuelle est remontée à 3,7 % en septembre.

Selon le MPC, cette légère accélération s’explique principalement par la hausse des cours internationaux du pétrole, qui ont dépassé 100 dollars le baril début septembre, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient.

Malgré cette hausse, les anticipations d’inflation restent contenues. L’inflation mensuelle s’est établie en moyenne à 0,4 % entre janvier et septembre 2026, soit un rythme annualisé moyen de 4 %. La Banque de réserve prévoit ainsi que l’inflation annuelle restera inférieure à 7 % à fin 2026.

La banque centrale souligne également que la stabilité des prix est soutenue par une gestion prudente de la masse monétaire, conformément aux objectifs définis avec le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre du programme suivi par ses services.

Cette décision intervient dans un contexte de stabilisation de l’activité économique du Zimbabwe. La croissance devrait se situer à 5 % en 2026, après une croissance de 8,3 % en 2025, d’après le FMI. Le compte courant devrait rester excédentaire en 2026, grâce à d’importantes recettes d’exportation et aux entrées de transferts de fonds.

La position extérieure du pays s’est également renforcée. Les réserves en devises destinées à soutenir le ZiG, la monnaie locale, ont dépassé 2 milliards de dollars en septembre, représentant environ deux mois de couverture des importations.

Le comité indique ainsi poursuivre progressivement la « normalisation » de la politique monétaire, tout en restant attentif aux risques susceptibles de modifier les perspectives économiques. Parmi ces risques figurent notamment les tensions géopolitiques internationales et les conditions climatiques associées à l’éventualité d’un phénomène El Niño durant la saison agricole 2026/2027.

Lydie Mobio

Au-delà des 46,95 milliards de nairas, soit environ 35,4 millions $, déjà mobilisés, le dispositif public de garantie de prêts veut surtout lever l’un des principaux freins au financement au Nigeria : l’absence de garanties et d’historique de crédit pour des millions d’emprunteurs.

Au Nigeria, un mécanisme public de garantie de prêts commence à produire ses premiers effets. Créée en mai 2025, la National Credit Guarantee Company (NCGC) a permis, au cours de sa première année d’activité, de débloquer 46,95 milliards de nairas, soit environ 35,4 millions de dollars de crédits, au bénéfice de 67 512 emprunteurs.

Le principe à la base est d’aider les banques à prêter davantage à des entreprises ou à des particuliers qui disposent de peu de garanties ou qui n’ont encore jamais emprunté dans le système financier formel.

Pour cela, la NCGC prend en charge une partie du risque supporté par les établissements financiers. Depuis le début de ses activités, elle a accordé 21,59 milliards de nairas de garanties. Ces garanties ont permis aux banques partenaires d’accorder 46,95 milliards de nairas de prêts.

Autrement dit, chaque naira apporté sous forme de garantie publique a permis de générer un peu plus de deux nairas de crédit. L’État ne prête donc pas directement l’ensemble de l’argent. Il absorbe une partie du risque pour rassurer les banques et les encourager à financer des profils qu’elles auraient autrement pu écarter.

Selon les chiffres communiqués par le président Bola Tinubu, 67 512 emprunteurs ont déjà profité de ces financements dans 25 États ainsi que dans le territoire de la capitale fédérale, Abuja. Parmi eux, plus de 22 000, soit environ un tiers, ont accédé pour la première fois à un crédit formel.

Le gouvernement insiste sur cet aspect. Au Nigeria, une large partie de la population et des petites entreprises reste encore en dehors des circuits bancaires traditionnels, ou dépend de financements informels souvent plus coûteux et plus difficiles à sécuriser. Les femmes représentent également 11 374 bénéficiaires du dispositif.

Pour distribuer ces financements, la NCGC travaille avec 19 institutions financières, dont 13 banques commerciales, trois banques de microfinance et trois institutions de financement du développement. Les établissements restent chargés d’étudier les dossiers, d’accorder les prêts et d’en assurer le remboursement. La garantie publique intervient seulement sur une partie du risque.

Le dispositif s’inscrit dans la stratégie mise en place par le gouvernement nigérian pour développer une économie davantage fondée sur le crédit. Abuja a parallèlement lancé CREDICORP pour le crédit à la consommation et NELFUND pour le financement des études, tout en continuant de s’appuyer sur la Bank of Industry et la Development Bank of Nigeria pour financer les entreprises.

La NCGC estime enfin que les entreprises soutenues représentent plus de 661 000 emplois directs et indirects.

Reste désormais à savoir si ce mécanisme permettra, sur la durée, de changer réellement les pratiques des banques et d’élargir l’accès au financement pour les petites entreprises nigérianes, sans faire peser une part excessive du risque sur les finances publiques.

Fiacre E. Kakpo

Du 31 octobre au 13 novembre, Dakar, Diamniadio et Saly accueilleront le premier événement sportif olympique organisé en Afrique. Au-delà du symbole, les JOJ vont créer deux semaines de demande supplémentaire pour l’hôtellerie, les transports, la restauration et les loisirs.

À six semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le Sénégal se prépare aussi à un test économique grandeur nature. Si 2 700 jeunes athlètes viennent tenter de décrocher le Graal, les entreprises sénégalaises elles aussi espèrent tirer profit de l’évènement. Pour l’économie locale, l’enjeu réside dans les dépenses en biens et services qu'effectueront pendant deux semaines délégations, médias, familles, officiels et visiteurs.

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Le Comité d’organisation (COJOJ) évoque 25 000 accréditations, 6 000 volontaires et jusqu’à 1 million de spectateurs sur l’ensemble de la compétition. Près de 965 000 billets sont par ailleurs proposés pour les épreuves.

L’hôtellerie apparaît comme le premier bénéficiaire potentiel. Le COJOJ indique avoir sécurisé environ 5 000 chambres dans 74 hôtels. En juin, le ministère du Tourisme a lancé de son côté une opération d’inspection, d’homologation et de classement visant en priorité 72 établissements partenaires, représentant alors 5 200 chambres à Dakar, Diamniadio et Saly. Pour Adama Ndiaye, directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT), les JOJ sont une « vitrine exceptionnelle » pour le secteur.

Saly pourrait être l’un des principaux laboratoires à cet effet. Dans la station balnéaire, 528 athlètes et plus de 15 000 spectateurs sont attendus autour des sports de plage et nautiques. Au-delà des nuitées dans les établissements hôteliers, les restaurants, commerces, excursions et autres services touristiques disposeront eux aussi d’une clientèle supplémentaire potentielle durant les 14 jours de compétition.

Un surcroît de clients pour les transports

Les transports devraient constituer un autre canal direct de diffusion des retombées des Jeux. Avec jusqu’à 1 million de spectateurs annoncés sur l’ensemble de la compétition, il faudra pendant deux semaines assurer les déplacements entre les différents sites de compétition, mais aussi depuis l’aéroport. Cette demande supplémentaire bénéficiera aux opérateurs ferroviaires et routiers comme aux taxis. 

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Le Train express régional (TER) doit notamment assurer une grande partie des liaisons entre Dakar et Diamniadio, où sera installé le village olympique, puis avec l’aéroport international Blaise-Diagne. Son prolongement entre Diamniadio et l’aéroport doit entrer en service avant les Jeux. Il est prévu sur ce tronçon une fréquence pouvant atteindre un train toutes les 8 minutes de 5 h à l’aube jusqu’à 1 h du matin, afin d’absorber l’afflux de participants et de spectateurs. 7 nouvelles rames ont aussi été annoncées pour accompagner cette montée en capacité.

La hausse d'activité ne se limitera pas au rail. Dakar Dem Dikk, partenaire du comité d'organisation, mettra son réseau au service des Jeux et dispose d'un parc renforcé par 370 autobus ainsi que d'un nouveau centre de contrôle opérationnel. Les chauffeurs indépendants sont également intégrés au dispositif. Le Conseil exécutif des Transports urbains durables (CETUD) prépare en effet un réseau de « Taxis JOJ », avec des professionnels agréés, une manière de faire descendre une partie de l'activité olympique jusqu'aux petits opérateurs du transport.

Faire durer l’effet JOJ

Pour le tourisme, les retombées les plus importantes pourraient ne pas être celles enregistrées pendant les quinze jours de compétition. Le pari des autorités est aussi d’utiliser l’événement pour vendre la destination Sénégal après le départ des athlètes. Le partenariat conclu en août entre le COJOJ et l’ASPT prévoit ainsi de travailler sur la qualité de l’accueil, afin d’inciter les visiteurs à découvrir le pays au-delà des sites de compétition et de transformer l’exposition offerte par l’événement en intérêt touristique durable.

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Ce coup de projecteur intervient alors que l’ASPT cherche déjà à élargir les marchés de la destination. Son plan stratégique 2026-2030 vise 2,4 millions de visiteurs internationaux à l’horizon 2029, en misant notamment sur la diversification des marchés, l’amélioration de la qualité de l’offre et une promotion plus active du Sénégal. Les JOJ peuvent ainsi constituer une campagne grandeur nature auprès de milliers de visiteurs étrangers, mais aussi des médias et diffuseurs présents à Dakar.

L’héritage recherché dépasse d’ailleurs le tourisme de loisirs. Dans sa feuille de route, le gouvernement a inscrit parmi les suites à donner aux Jeux le développement de l’industrie des rencontres, conférences et expositions, dite MICE. Accueillir le premier événement olympique organisé en Afrique peut ainsi servir de référence au Sénégal pour attirer ensuite congrès, compétitions et autres rendez-vous internationaux.

Cet effet ne pourra cependant être mesuré à la clôture des Jeux. Il faudra notamment observer dans les mois et les années à venir l’évolution des arrivées internationales et des dépenses touristiques pour savoir si l’exposition olympique a effectivement généré de nouveaux séjours. 

La billetterie officielle de Dakar 2026 est ouverte sur https://tickets.dakar2026.org/.

L’essor des constellations satellitaires et des technologies permettant à un téléphone de communiquer directement avec un satellite, sans passer par une antenne-relais terrestre, modifie progressivement les rapports entre réseaux terrestres et spatiaux. Pour les régulateurs africains, cette évolution pose de nouveaux défis en matière de gestion et de coordination des fréquences, alors que les besoins en connectivité continuent de croître.

À Abidjan, dans le cadre de l’Africa Space Expo (Aspex), la gestion du spectre radioélectrique a été au centre des discussions du Forum des radiocommunications, organisé du jeudi 24 au samedi 26 septembre par l’Agence ivoirienne de gestion des fréquences radioélectriques (AIGF). La rencontre a notamment porté sur le déploiement conjoint des réseaux terrestres et satellitaires et la gestion des fréquences dans la sous-région ouest-africaine.

Des réseaux autrefois séparés se rapprochent

Le spectre radioélectrique désigne les fréquences utilisées par les communications sans fil, des réseaux mobiles aux liaisons satellitaires. Cette ressource étant limitée et plusieurs équipements pouvant subir des interférences lorsqu’ils utilisent les mêmes fréquences, les États organisent depuis longtemps son attribution entre différents usages.

La gestion de cette ressource devient plus complexe avec l’évolution des technologies. Les réseaux mobiles terrestres doivent continuer à absorber la croissance des usages de données, tandis que les opérateurs déploient la 5G et préparent les futures générations de réseaux mobiles. Dans le même temps, les constellations satellitaires se développent et certaines technologies permettent désormais à un téléphone ordinaire de communiquer directement avec un satellite. Le Direct-to-Device (D2D) constitue l’un des exemples les plus visibles de ce rapprochement.

L’Union internationale des télécommunications (UIT) considère que ces technologies pourraient contribuer à l’émergence, à l’horizon 2030, d’un système de connectivité davantage intégré entre réseaux terrestres et spatiaux. Pour les régulateurs, cette évolution soulève une question simple : comment organiser les fréquences lorsque des réseaux qui étaient auparavant distincts commencent à utiliser des ressources communes ou à fonctionner ensemble ?

L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA), qui représente l’écosystème des opérateurs et acteurs du mobile, souligne elle aussi cette évolution. Elle note que le D2D utilisant des fréquences mobiles terrestres ouvre un nouveau champ de régulation et que la protection des réseaux mobiles existants contre les interférences reste un enjeu. Les règles internationales doivent notamment être précisées lors de la prochaine Conférence mondiale des radiocommunications, prévue en 2027.

Le satellite ne doit toutefois pas être considéré comme un substitut aux réseaux terrestres. La GSMA estime que le D2D est surtout appelé à compléter leur couverture, notamment dans les zones rurales ou difficiles à desservir, en raison des limites de capacité des liaisons satellitaires par rapport aux réseaux mobiles terrestres.

Le problème dépasse les satellites

La convergence des réseaux ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’espace. Les régulateurs doivent également arbitrer entre les besoins croissants du mobile, du Wi-Fi, des réseaux fixes et d’autres usages sans fil.

La bande des 6 GHz illustre cette difficulté puisqu’elle fait l’objet de choix réglementaires différents selon les régions entre les usages du Wi-Fi et les besoins futurs des réseaux mobiles. Ces arbitrages montrent que la gestion du spectre ne consiste plus seulement à attribuer définitivement une bande à un service, mais à déterminer comment plusieurs technologies peuvent coexister et évoluer dans le temps.

En ce qui concerne les pays africains, ils doivent simultanément étendre la couverture mobile, améliorer la qualité des réseaux existants, préparer la 5G et les futures générations de réseaux mobiles, tout en intégrant de nouveaux acteurs et technologies satellitaires. La coordination entre pays devient également nécessaire, puisque les fréquences ne s’arrêtent pas aux frontières nationales.

Lors du Forum des radiocommunications, la Côte d’Ivoire a mis en avant la coordination régionale et a souligné que la gestion des fréquences constitue un moyen d’éviter les brouillages tout en accompagnant le développement des réseaux terrestres et satellitaires.

L’enjeu pour les régulateurs africains consiste de plus en plus à organiser l’utilisation du spectre entre des réseaux qui deviennent complémentaires, interconnectés et parfois concurrents pour les mêmes ressources. Une gestion plus harmonisée du spectre contribue également à faciliter le déploiement de la 5G, à réduire le coût du haut débit et à étendre la couverture aux zones moins rentables. C’est précisément l’objectif de l’initiative de Politique et de régulation pour l’Afrique numérique (PRIDA), un programme mis en place par l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE) et l’UIT.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

Jusqu’ici tributaire d’une contribution économique encore marginale, le secteur minier égyptien fait l’objet d’initiatives visant à valoriser son potentiel. L’enjeu est de taille pour un pays aux ressources diversifiées, allant de l’or à l’argent, en passant par le cuivre, le zinc et le tantale.

Lundi 28 septembre, lors de la journée d’ouverture de l’Egypt Mining Forum 2026, le groupe de la Banque mondiale et le ministère égyptien des Mines ont réitéré leur volonté de coopérer pour accélérer le développement du secteur minier. Les échanges ont notamment été l’occasion pour l’institution de Bretton Woods d’affirmer son intérêt « à fournir un financement initial pour soutenir le secteur minier » du pays des pharaons.

Les discussions ont réuni Karim Badawi, ministre égyptien des Mines et Namrata Thapar, directrice monde des Métaux et Minéraux au sein de la Banque mondiale. Plusieurs objectifs ont été annoncés, notamment la mise en place de mécanismes de financement pour les projets miniers, en particulier ceux portés par le secteur privé, avec pour ambition de mettre en relation les « sociétés minières juniors avec des investisseurs et partenaires appropriés afin d’améliorer leur accès au financement ». L’institution financière n’a toutefois fourni aucun détail sur le financement initial évoqué, sa nature ou les projets qui pourraient être concernés.

Cette annonce prolonge les perspectives de coopération évoquées plus tôt par les deux parties en janvier dernier, lors de la Conférence minière internationale de Riyad. Pour l’Égypte, l’enjeu est d’attirer davantage d’investissements afin de transformer un secteur minier dont la contribution au PIB avoisine encore 1 %. Le Caire entend porter cette part à 6 % d’ici 2030, à travers le développement de nouveaux projets avec un sous-sol qui renferme notamment de l’or, de l’argent, des phosphates et du cuivre.

Le soutien au secteur minier est également présent dans l’agenda de la Banque mondiale, qui a déjà accordé des financements en ce sens sur le continent. En 2021, elle avait notamment accordé 150 millions USD au Burkina Faso pour permettre au pays d’améliorer ses services fonciers et miniers, tandis que la République démocratique du Congo obtenait la même année un montant total de 250 millions USD pour soutenir ses efforts visant notamment à accroître la transparence des recettes minières.

De prochaines annonces issues des récentes discussions devraient apporter davantage de précisions sur le cas égyptien. En attendant, le pays voit déjà émerger des initiatives privées pour financer les projets miniers, après plusieurs années de réformes destinées à favoriser l’attractivité du secteur. Plus tôt ce mois, Aton Resources, junior cotée à la Bourse canadienne TSX Venture, avait annoncé un accord pour lever 30 millions USD afin de soutenir le développement de son projet aurifère Hamama dans le pays.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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Entre 2027 et 2029, la Zambie vise une croissance économique moyenne de près de 7 % dans un contexte de stabilisation macroéconomique. Le gouvernement mise notamment sur une réorientation de sa politique économique.

La Zambie amorce une nouvelle phase de sa politique économique. Après plusieurs années consacrées à la stabilisation macroéconomique et à la restructuration de sa dette, le gouvernement entend désormais réorienter ses priorités vers l’accélération de la production et des exportations, ainsi que la hausse des investissements, avec pour objectif de stimuler la création d’emplois et d’améliorer les revenus des ménages.

Cet objectif figure dans le Plan budgétaire à moyen terme 2027-2029 et dans le Livre vert sur le budget national 2027, publiés par le ministère des Finances et de la Planification nationale le dimanche 27 septembre. Ces documents serviront de cadre pour l’élaboration du budget national 2027 et la mise en œuvre des priorités de développement à moyen terme.

Les priorités du nouveau cadre

Les autorités zambiennes ont ainsi fixé une série d’objectifs de production regroupés sous l’appellation « 10-10-5-3-3-1-1-1 ». Ce cadre prévoit 10 millions de tonnes de maïs, 10 000 MW de production électrique, 5 millions de touristes, 3 millions de tonnes de cuivre, 3 millions de tonnes de soja, 1 million de tonnes de blé, 1 million de tonnes de sucre et 1 milliard de dollars de recettes d’exportation de viande bovine. Il place l’industrialisation tirée par les exportations au cœur de la transformation économique et de la création d’emplois.

Parallèlement, le gouvernement renforcera la gestion des finances publiques, préservera la viabilité de la dette et poursuivra des opérations proactives de gestion des engagements. Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central dans cette nouvelle phase. Le gouvernement souhaite voir davantage d’investissements, de production, de transformation locale et d’exportations, tandis que les institutions financières sont encouragées à accroître l’accès au financement productif.

Le secrétaire au Trésor, Felix Nkulukusa (photo), indique que ce cadre « s’appuie sur les progrès réalisés à la suite de la restructuration de la dette extérieure de la Zambie et de la stabilisation des principaux fondamentaux macroéconomiques ».

Des fondamentaux macroéconomiques améliorés

Cette nouvelle orientation intervient notamment dans un contexte d’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques. L’inflation annuelle est revenue à 6,1 % en septembre 2026, contre 16,7 % en décembre 2024, et devrait converger vers la fourchette cible de 6 à 8 % d’ici 2027. Les réserves internationales brutes ont dépassé 5,5 milliards de dollars, soit plus de quatre mois de couverture des importations, tandis que la balance commerciale affichait un excédent de 1,6 milliard de dollars à fin juin 2026.

Par ailleurs, la monnaie locale, le kwacha, s’est renforcée pour atteindre une moyenne de 17,81 kwachas pour un dollar américain en 2026.

L’amélioration de ces indicateurs macroéconomiques permet désormais au gouvernement d’afficher des ambitions de croissance plus élevées. Selon le nouveau cadre, l’économie zambienne devrait progresser de 6 % en 2027, de 7,5 % en 2028 et de 7,1 % en 2029, soit une moyenne de près de 7 % sur la période.

Ces évolutions interviennent après les avancées enregistrées dans la restructuration de la dette extérieure. Lusaka est engagée dans un processus de restructuration de sa dette publique après avoir fait défaut sur le paiement de ses euro-obligations et accumulé des arriérés de paiement envers ses créanciers bilatéraux officiels et d’autres créanciers commerciaux externes en 2020.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), « les accords de restructuration de la dette couvrent désormais environ 94 % du périmètre de restructuration ». L’institution estime que la dette publique zambienne est soutenable, mais considère que le pays demeure exposé à un risque élevé de surendettement global et extérieur.

Cependant, des pressions subsistent, notamment en raison du changement climatique, des tensions géopolitiques, de recettes publiques inférieures aux prévisions et de l’augmentation des besoins de dépenses.

Les perspectives à moyen terme demeurent favorables, selon le FMI, et reposent sur l’augmentation des investissements miniers, une production agricole soutenue, l’amélioration de la production d’électricité et le maintien d’une discipline budgétaire.

Lydie Mobio

Alors que le trafic de fret reste fortement concentré autour de Lagos, Abuja veut davantage exploiter les capacités disponibles dans les ports de l’Est du pays. La modernisation annoncée doit notamment améliorer leur efficacité opérationnelle et leur capacité à accueillir davantage de marchandises.

Le gouvernement nigérian a approuvé la modernisation et la mise à niveau de quatre ports situés hors de Lagos, notamment ceux d’Onne et Rivers, dans l’État de Rivers, ainsi que de Delta et Calabar, a-t-on appris de la chaîne publique Voice of Nigeria, le dimanche 27 septembre.

Cette décision complète une précédente approbation concernant les ports d’Apapa et de Tin Can Island à Lagos. Pour Abuja, l’objectif est de développer un réseau portuaire plus équilibré en créant davantage de points d’entrée pour le commerce international, afin de réduire la concentration du trafic de fret autour de Lagos, selon le média.

La modernisation doit notamment porter sur les infrastructures et l’efficacité opérationnelle. D’après le ministre de la Marine et de l’Économie bleue, Adegboyega Oyetola, elle devrait améliorer la manutention du fret, réduire le temps de rotation des navires et renforcer la connectivité régionale, avec pour objectif de rendre l’acheminement des marchandises plus prévisible et moins coûteux. Le montant des investissements, le calendrier des travaux et les capacités supplémentaires attendues n’ont toutefois pas été précisés.

Les quatre plateformes disposent déjà d’infrastructures offrant une marge de développement. Onne affiche une capacité historique de 800 000 EVP et un chenal d’environ 11 mètres, contre 300 000 EVP pour Delta et 200 000 EVP pour Calabar. À Rivers, le port compte huit postes à quai et un chenal d’environ 10 mètres, selon la Nigerian Ports Authority.

Leur modernisation doit ainsi permettre de mieux valoriser ces capacités et d’accroître les volumes traités, tout en réduisant les délais de passage des navires et la concentration du fret à Lagos. En 2017, les quatre ports avaient traité près de 37 millions de tonnes de marchandises, avec 1831 mouvements de navires enregistrés. Onne représentait à lui seul 26,05 millions de tonnes, soit environ 70 % du trafic cumulé, devant Delta (5,20 millions), Rivers (3,54 millions) et Calabar (2,19 millions).

L’enjeu est d’autant plus important que plusieurs infrastructures portuaires de l’Est restent sous-utilisées. En août 2026, le Nigerian Shippers’ Council indiquait que la faible utilisation des ports d’Onne, de Calabar et de Port Harcourt contribuait à accroître les coûts logistiques et à limiter l’efficacité des chaînes d’approvisionnement. 

Carelle Yourann (stagiaire)

L’essor de l’IA pousse les États à revoir la manière dont ils produisent, sécurisent et exploitent leurs données. En Éthiopie, cette réflexion accompagne une stratégie numérique qui place la donnée au centre de la modernisation de l’administration et de l’innovation technologique.

L’Éthiopie avance vers la mise en place d’un cadre national de gouvernance des données. Le Conseil des ministres a approuvé à l’unanimité le lundi 28 septembre, à Addis-Abeba, un projet de proclamation sur la gouvernance nationale des données et décidé de le transmettre à la Chambre des représentants du peuple pour examen. La décision a été prise lors de la 59e session ordinaire du Conseil.

Le texte vise notamment à renforcer la souveraineté et la sécurité des données tout en facilitant leur partage, leur interopérabilité et leur réutilisation. Le gouvernement veut ainsi disposer de règles communes pour mieux organiser les échanges de données entre les différents systèmes, avec l’objectif d’améliorer le fonctionnement des services publics numériques.

L’interopérabilité au cœur du projet

Le projet de proclamation place également l’intelligence artificielle parmi les domaines concernés par cette nouvelle gouvernance. Selon l’ENA, le cadre proposé doit notamment favoriser la recherche en IA et soutenir une croissance économique davantage fondée sur les données. L’objectif est de disposer d’un environnement permettant de mieux exploiter les données nationales pour la recherche, l’innovation et le développement de services numériques.

Cette orientation prolonge les priorités déjà affichées dans Digital Ethiopia 2030. Le document stratégique du gouvernement relève la fragmentation actuelle des données dans le pays et prévoit la mise en place d’un cadre national de gouvernance, ainsi que d’infrastructures permettant d’interconnecter les centres de données, les registres nationaux et différentes plateformes publiques. Il prévoit également des mécanismes pour améliorer la qualité des données et leur utilisation dans la prise de décision.

Pour l’administration, la nouvelle proclamation devrait fournir une base commune à la modernisation des services publics et à la circulation des données entre institutions. Pour l’écosystème numérique, elle intervient alors que l’Éthiopie cherche également à développer ses capacités dans le cloud, l’analyse des données et l’intelligence artificielle dans le cadre de Digital Ethiopia 2030.

Le projet n’a toutefois pas encore valeur de loi. Après son approbation par le Conseil des ministres, il sera examiné par la Chambre des représentants du peuple. Son contenu pourra donc encore évoluer au cours du processus législatif.

Samira Njoya

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01/12/2025 - L’Ethiopie adopte une nouvelle stratégie de transformation numérique

Le promoteur camerounais prévoit 214 chambres et suites, 35 appartements hôteliers et 17 000 m² de bureaux. Le financement combine notamment 140,7 millions d’euros de dette senior et 157,5 millions de fonds propres.

Kempinski poursuit son implantation en Afrique centrale. Après Brazzaville, l’enseigne hôtelière suisse doit apposer son nom sur un palace de 214 chambres et suites à Douala, au cœur d’un projet hôtelier et immobilier chiffré à 339,4 millions d’euros, soit 222,62 milliards de FCFA. La première pierre du Kempinski Shekinah Palace Douala Bonanjo a été posée le 25 septembre 2026.

Mais l’investissement n’est pas porté par Kempinski. Derrière le projet se trouve l’homme d’affaires camerounais Rodolphe Simo Kam, PDG d’All Luxury Suites Group (ALS Group), qui assure le développement du complexe. Kempinski Hotels interviendra comme opérateur de l’établissement hôtelier.

Le montage financier donne la mesure de l’opération. Selon le plan détaillé du projet, 140,7 millions d’euros, soit 92,3 milliards de FCFA, doivent être mobilisés sous forme de dette senior. Cette enveloppe représente 41,5 % du coût total.

La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), Afreximbank et BGFIBank figurent parmi les établissements associés au financement. BGFIBank Cameroun intervient notamment dans la structuration de l’opération comme arrangeur et agent de financement. Le dossier ne détaille toutefois pas la quote-part définitive de chacun des prêteurs ni le niveau des décaissements déjà effectués au titre de la dette senior.

Plus de 157 millions d’euros de fonds propres

Le financement prévoit parallèlement 157,5 millions d’euros de fonds propres apportés par les associés, soit 103,32 milliards de FCFA. Quelque 41,2 millions d’euros supplémentaires, près de 27 milliards de FCFA, doivent provenir notamment de ventes immobilières et d’autres ressources intégrées au montage.

La ventilation détaillée aboutit ainsi à 339,4 millions d’euros : 157,5 millions de fonds propres, 140,7 millions de dette senior et 41,2 millions d’autres ressources.

Sur cette enveloppe, 268,9 millions d’euros sont affectés aux dépenses d’investissement. Les frais financiers sont évalués à 35,5 millions d’euros, tandis qu’environ 35 millions couvrent le développement du projet et le foncier.

À Bonanjo, quartier administratif et d’affaires de Douala, l’hôtel ne constituera qu’une partie de l’ensemble immobilier, prévu sur près de deux hectares. Outre ses 214 chambres et suites, le programme comprend 35 appartements hôteliers, environ 17 000 m² de bureaux, une salle de conférence de 2 000 places, des espaces commerciaux, cinq restaurants, cinq bars, une galerie d’art et 600 places de stationnement.

Cette configuration distingue l’investissement porté par ALS Group d’un projet hôtelier classique : les revenus attendus doivent également provenir de l’immobilier de bureaux, des appartements, du commerce, de la restauration et de l’événementiel.

Un projet préparé depuis 2019

Le chantier engagé en septembre 2026 est l’aboutissement d’un projet lancé plusieurs années auparavant. Selon le calendrier présenté par ALS Group, les premières études remontent à juin 2019. Kempinski a été retenu comme opérateur hôtelier en août 2020.

Le permis de construire a été obtenu en décembre 2022. En novembre 2025, ALS Group a ensuite confié les travaux à China Machinery Engineering Corporation (CMEC).

Le groupe de Rodolphe Simo Kam positionne le complexe sur le segment haut de gamme.« Ce projet s’inscrit dans la vision d’un Cameroun reconnu comme une véritable “mine d’or touristique” », a déclaré le PDG d’ALS Group lors du lancement du projet.

Le chantier doit durer 36 mois, dont 31 mois de construction et cinq mois d’équipement. ALS Group avance environ 3 000 emplois pendant les travaux et 4 000 emplois directs et indirects lorsque le complexe sera en activité. Il s’agit, à ce stade, de projections du promoteur.

Pour Kempinski, l’opération prolonge son retour en Afrique centrale après l’ouverture de son établissement de Brazzaville. À Douala, le groupe hôtelier apporte son enseigne et son savoir-faire d’exploitation, tandis que l’investissement immobilier et son financement restent portés par ALS Group et ses partenaires.

Baudouin Enama