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Strontium : l’autre métal critique dominé par la Chine que l’Afrique veut produire

Strontium : l’autre métal critique dominé par la Chine que l’Afrique veut produire
  • Date de création: 12 mai 2026 04:17

(Agence Ecofin) - Des terres rares au lithium, en passant par le graphite ou encore le cuivre, la liste des métaux critiques présents dans le sous-sol africain est à la fois longue et diversifiée. Cet inventaire continue d’ailleurs de s’étoffer, accueillant désormais un nouvel élément découvert en Namibie.

Lundi 11 mai, la junior minière australienne Aldoro Resources a annoncé la découverte de ce qu’elle présente comme la plus « grande ressource mondiale » de strontium sur son projet Kameelburg, en Namibie. Ce développement constitue également la trouvaille la plus importante réalisée en Afrique pour ce métal considéré comme critique et dont la chaîne de valeur reste principalement dominée par la Chine.

Le strontium est un métal alcalino-terreux utilisé dans plusieurs applications industrielles spécialisées, notamment la pyrotechnie, les aimants en ferrite (intégrés dans un ensemble d’aimants utilisés pour les moteurs de véhicules électriques et les turbines d’éoliennes), ainsi que certaines technologies émergentes liées à l’énergie et à la défense.

Selon l’U.S Geological Survey (USGS), sa production primaire est principalement concentrée entre un petit nombre de pays, dont l’Iran, l’Espagne et la Chine, cette dernière constituant également un pôle majeur de raffinage, à l’instar des terres rares, du graphite ou du cuivre, d’autres métaux plus médiatisés déjà produits en Afrique.

Une brèche pour l’Afrique

Le strontium figure d’ailleurs sur la liste des 34 matières premières critiques reconnues par l’Union européenne, qui regroupe les minéraux jugés stratégiques en raison de leur importance économique et des risques pesant sur leur approvisionnement. L’USGS ne mentionne, à ce stade, aucun pays africain dans les dynamiques liées à ce métal, que ce soit en termes de production ou de réserves disponibles. Dans ce contexte, Aldoro pourrait combler ce vide avec les ressources identifiées sur son projet Kameelburg et estimées à 596 millions de tonnes de minerai à une teneur de 2,17 % de strontium.

Dans le détail, l’entreprise indique que cette découverte résulte d’une vingtaine de forages au diamant réalisés ces derniers mois sur le projet namibien. Au-delà de son ampleur, le gisement se distingue également par la concentration de sa minéralisation en strontium sous forme d’ancylite (un minéral associant strontium et terres rares) plutôt que de célestine, considérée comme la principale source naturelle de ce métal. À noter que cette dernière fait déjà l’objet d’une exploitation artisanale en Afrique, notamment sur le site de Sakoany à Madagascar.

« Cette mise à jour des ressources représente une nouvelle étape décisive pour le projet Kameelburg et confirme l’émergence de l’un des systèmes minéraux multicritiques les plus importants au monde […]. Surtout, nous avons officiellement déclaré une première ressource en strontium et un premier crédit pour les sous-produits, ce qui positionne Kameelburg comme la plus grande ressource en strontium connue au monde », a déclaré Quinn Li, présidente d’Aldoro Resources.

Des conditions à remplir…

Compte tenu de la forte concentration de l’offre mondiale, la capacité de Aldoro Resources à produire les premiers volumes industriels de strontium depuis le continent africain pourrait constituer un levier déterminant. Dans des marchés aussi étroits, les dynamiques de diversification sont en effet généralement bien accueillies, d’autant plus qu’ils restent exposés à des chocs structurels récurrents. Cette vulnérabilité s’est d’ailleurs illustrée en 2025, où « l’approvisionnement mondial en carbonate de strontium a été perturbé en raison d’une baisse de la production chinoise, d’une importante explosion dans un port iranien et d’un incendie survenu dans une usine au Mexique », révèle l’USGS.

Seulement, si l’Afrique est déjà bien positionnée ou en voie de l’être sur plusieurs métaux critiques dominés par la Chine, comme les terres rares, le cas du strontium demeure encore à préciser. Avant d’envisager une exploitation commerciale à Kameelburg, Aldoro Resources devra intensifier ses travaux d’exploration afin de convertir les ressources en réserves exploitables, tout en menant des études de faisabilité pouvant valider un plan minier économiquement viable. Ces étapes pourraient nécessiter davantage d’investissements et s’étaler sur plusieurs années, d’autant plus que le strontium n’est ici considéré que comme un sous-produit associé aux terres rares dans le modèle économique du projet.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

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04/05/2026 - Terres rares : l’australien Aldoro lève des fonds pour accélérer l’exploration en Namibie

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