Agence Ecofin

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A deux jours du lancement officiel de sa future raffinerie de Lamu, Aliko Dangote se heurte à un premier obstacle judiciaire. Un tribunal kényan a ordonné le maintien du statu quo sur une partie du site, après un recours de 133 habitants qui contestent leurs conditions d’expropriation. Le projet, estimé à 16 milliards de dollars, doit devenir l’un des principaux pôles de raffinage d’Afrique de l’Est.

Le premier coup de pioche devait symboliser l’entrée du Kenya dans une nouvelle dimension pétrolière. Il pourrait finalement devoir attendre. La justice kényane a ordonné le maintien du statu quo sur une parcelle destinée à accueillir la future raffinerie de Dangote à Lamu, sur la côte nord-est du pays, dans l’attente d’une nouvelle audience fixée au 14 octobre.

Au cœur du litige, 133 agriculteurs et habitants de la région qui revendiquent des droits sur les terres concernées. Ils estiment que la réalisation du projet pourrait entraîner leur expulsion sans mécanisme adéquat de relogement ou d’indemnisation. Ils dénoncent également des manquements aux procédures d’évaluation environnementale et de consultation publique prévues par la législation kényane.

La décision judiciaire ne remet toutefois pas encore formellement en cause la cérémonie de lancement prévue le 30 septembre. Le tribunal de Malindi a refusé d’interdire spécifiquement la cérémonie de lancement des travaux, mais exige que la situation sur la parcelle litigieuse reste inchangée jusqu’à l’examen du dossier. Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals a indiqué qu’aucune activité ne serait menée sur le site avant cette échéance, tout en maintenant la cérémonie officielle.

Un projet stratégique pour le marché régional

L’enjeu dépasse largement ce contentieux foncier. Évaluée à environ 16 milliards de dollars, la raffinerie projetée doit disposer d’une capacité de traitement pouvant atteindre 700 000 barils par jour. Dangote a récemment confié à l’indien Engineers India une mission d’ingénierie et de supervision portant sur ce complexe pétrolier et pétrochimique.

Pour Nairobi, l’investissement doit surtout réduire la dépendance du Kenya et de plusieurs économies d’Afrique de l’Est aux carburants raffinés importés. Le complexe est également appelé à s’intégrer au vaste corridor Lamu Port-South Sudan-Ethiopia Transport (LAPSSET), qui regroupe ports, routes, pipelines et autres infrastructures destinées à faire de Lamu un nouveau hub logistique régional.

Pour Dangote, déjà propriétaire au Nigeria de la plus grande raffinerie d’Afrique, le projet kényan est une nouvelle étape d’expansion : passer d’un champion industriel ouest-africain à un acteur capable de remodeler la carte du raffinage à l’échelle du continent.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia

Alors que les violences reprennent dans le nord de l’Éthiopie, l’Union européenne annonce 18 millions d’euros supplémentaires d’aide humanitaire. Ce financement doit répondre aux besoins des populations touchées par les conflits, les déplacements et les chocs climatiques dans plusieurs régions du pays.

L’Union européenne (UE) va mobiliser 18 millions d’euros (20,4 millions $) supplémentaires pour répondre aux besoins humanitaires en Éthiopie, portant à 61 millions d’euros (69,2 millions $) le montant de son aide humanitaire au pays en 2026.

Selon le communiqué de la Commission européenne publié le lundi 28 septembre, cette aide sera destinée aux populations touchées par les conflits et les déplacements, ainsi que par les épidémies et les chocs climatiques. Les interventions cibleront en particulier les régions d’Amhara, de Benishangul-Gumuz, d’Oromia et du Tigré, où les besoins humanitaires restent élevés.

L’aide servira notamment à fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle, des soins de santé, de l’eau et des services d’assainissement, ainsi que des abris, des biens essentiels et une protection aux populations vulnérables. Une partie des fonds permettra également de renforcer les capacités de réponse rapide et les mécanismes de préparation aux catastrophes. Les personnes récemment déplacées, les réfugiés et les communautés qui les accueillent bénéficieront d’une attention particulière.

Des violences ravivées dans le nord et une crise humanitaire persistante

Cette nouvelle aide intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire dans le nord de l’Éthiopie. L’UE se dit « profondément préoccupée par la situation qui se détériore rapidement dans le nord de l’Éthiopie et par son impact sur la population ».

Bruxelles fait état d’activités militaires dans plusieurs localités et indique que les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont pris le contrôle des aéroports de Mekelle, Axoum et Shire, au Tigré. L’UE évoque également plusieurs frappes de drones menées ces dernières semaines par les forces de défense nationale éthiopiennes.

Cette situation aggrave une crise humanitaire déjà alimentée par les conflits, les déplacements, les sécheresses, les inondations et les épidémies. Selon l’UNICEF, 8,9 millions de personnes, dont 6,3 millions d’enfants, auront besoin d’une aide humanitaire en 2026. Le pays accueille également plus d’un million de réfugiés venus des pays voisins. L’organisation chiffre à 401,5 millions de dollars les besoins de financement de la réponse humanitaire cette année.

Le financement destiné à l’Éthiopie s’inscrit dans un paquet de près de 710 millions d’euros annoncé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à New York, pour soutenir les populations déplacées en Afrique et les personnes touchées par différentes crises dans le monde. L’enveloppe reste soumise à l’approbation de l’autorité budgétaire.

Charlène N’dimon

Edité par M.F. Vahid Codjia

 

Les compagnies pétrolières internationales sont présentes en Afrique depuis des décennies. Elles y ajustent régulièrement leurs projets selon les gisements et les négociations avec les gouvernements.

TotalEnergies place quatre pays africains parmi les six qui doivent soutenir sa production pétrogazière jusqu’en 2035. La multinationale française l’a annoncé lundi 28 septembre à New York, lors de sa journée réservée aux investisseurs. Namibie, Nigeria, Libye et Mozambique complètent une liste où figurent aussi la Malaisie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Ces six pays doivent permettre à TotalEnergies de maintenir un plateau de production d’environ 3 millions de barils équivalents pétrole par jour (bep/j). Le groupe vise ensuite 2 % à 3 % de hausse annuelle entre 2030 et 2035, d’après son communiqué, en s’appuyant sur des réserves prouvées pour plus de douze ans.

Des projets africains à des stades très différents

Les quatre pays africains n’avancent pas au même rythme. Au Nigeria, TotalEnergies et son partenaire Amni International Petroleum Development Company ont pris leur décision finale d’investissement, l’étape qui déclenche officiellement la construction, le 23 septembre dernier pour le champ gazier d’Ima. Comme rapporté par Agence Ecofin, il doit fournir un tiers du gaz nécessaire à l’extension de l’usine Nigeria LNG, dont la capacité passera de 22 à 30 millions de tonnes par an. L’entrée en production du site est envisagée pour 2028.

Au Mozambique, le chantier du site gazier d’Afungi a repris entièrement le 29 janvier dernier, quatre ans après son arrêt causé par une attaque armée. Le projet affiche un taux de réalisation estimé autour de 40 %, précise TotalEnergies, et la production initiale de gaz naturel liquéfié (GNL) est projetée pour 2029.

En Libye, le groupe a prolongé jusqu’en 2050, les concessions onshores de Waha, situées dans le bassin pétrolier de Syrte, dans le cadre d’un accord signé le 24 janvier avec les autorités libyennes. Le champ de Mabruk arrêté depuis 2015, a redémarré le 28 février avec une nouvelle unité de 25 000 barils par jour.

Quant à la Namibie, où TotalEnergies a découvert d’importantes réserves d’hydrocarbures dans le champ de Venus en 2022, aucune décision finale d’investissement n’a encore été prise. Reuters a rapporté le 22 septembre que la compagnie négociait encore des garanties fiscales avec le gouvernement namibien avant de trancher. Windhoek vise un premier baril en 2030.

Cette ambition de croissance de sa production africaine tranche avec l’évolution récente du groupe sur le continent. La production de TotalEnergies, hors Afrique du Nord, est en effet passée de 471 000 barils équivalents pétrole par jour en 2023 à 431 000 en 2025, d’après le rapport annuel déposé par le groupe auprès des autorités boursières américaines.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi :

26/09/2026 : TotalEnergies renforce sa présence dans le pétrole en Namibie

24/09/2026 : GNL : TotalEnergies lance le projet Ima pour alimenter en gaz Nigeria LNG

18/09/2026 : Afrique : TotalEnergies valorise ses infrastructures pétrogazières pour 1,8 milliard $

La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a approuvé quatre opérations d’un montant cumulé de 390 millions $, destinées à financer des projets dans l’énergie, les mines, les infrastructures ferroviaires et l’agriculture en Afrique de l’Ouest.

Ces décisions ont été prises lundi 28 septembre 2026, lors de la 101è session du Conseil d'administration de la BIDC, qui s'est tenue au siège de l'institution à Lomé. Les projets concernent principalement le Ghana et le Nigeria ; toutefois un financement régional couvre ensemble le Ghana, le Sénégal et le Togo.

Le principal engagement porte sur le secteur aurifère ghanéen. La BIDC prévoit une facilité de 230 millions $, près de 59 % de l’enveloppe, en faveur d’Azumah Resources Ghana Limited pour le développement du projet aurifère Black Volta. Le financement doit accompagner la mise en valeur de cette ressource et favoriser la création de valeur au niveau local.

Au Nigeria, 100 millions $, soit 26 % du montant total approuvé, seront consacrés à la deuxième phase du projet de chemin de fer à écartement standard Kano-Maradi. La facilité doit financer l’acquisition de matériel roulant et d’équipements d’exploitation. Le projet s’inscrit dans une logique de renforcement des échanges et de la mobilité entre le Nigeria et le Niger, tout en contribuant à l’intégration des réseaux de transport régionaux.

La BIDC a également approuvé une facilité de 50 millions $, équivalant à 13 %, pour MOSL Limited au Ghana. Elle doit soutenir l’approvisionnement en produits pétroliers et, selon la banque, contribuer au renforcement de la sécurité énergétique du pays.

Enfin, une enveloppe de 10 millions $, soit 2,6 %, est destinée à la phase pilote de l’Initiative ouest-africaine pour une agriculture intelligente face au climat (WAICSA). Le mécanisme couvre le Ghana, le Sénégal et le Togo et vise à améliorer l’accès au financement pour des investissements agricoles adaptés aux effets du changement climatique.

Au total, les quatre opérations traduisent une intervention de la banque sur plusieurs maillons des économies ouest-africaines : valorisation des ressources minières, sécurisation de l’approvisionnement énergétique, développement des infrastructures de transport et financement de l’agriculture résiliente.

Cette répartition montre que 84,6 % des financements vont à deux opérations : le projet aurifère Black Volta et le projet ferroviaire Kano-Maradi. Les secteurs de l’énergie et de l’agriculture climatique représentent respectivement 12,8 % et 2,6 % du montant total.

Pour la BIDC, ces investissements s’inscrivent dans sa stratégie « Croissance, Résilience et Optimisation » (GRO) 2026-2030. L’institution entend notamment orienter ses financements vers des projets susceptibles de soutenir la croissance, l’industrialisation, l’intégration régionale et la résilience des économies de la CEDEAO.

De fait, selon Dr George Agyekum Donkor, président de la BIDC et de son Conseil d’administration, les 4 projets au total approuvés pour un montant d’environ 400 millions $, réparti entre le secteur minier, le secteur agricole, la construction des routes, « contribueront à l’amélioration des activités économiques dans les pays membres de la BIDC ainsi qu’à la stratégie GRO 2026-2030 (Croissance, Résilience et Optimisation). Celle-ci consiste à investir dans les secteurs à fort potentiel de développement dans les différents pays de la sous-région ouest africaine ».

1 gro

Dans le secteur agricole, indique-t-il, « nous avons par exemple financé les petits exploitants agricoles dans les pays membres », avant de marteler : « Tout ceci s’aligne sur la stratégie GRO qui vise améliorer la croissance économique et le développement et un des principes que nous avons intégrés, c’est ESG (Les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance) pour renforcer l’intégration de ces questions dans la sous-région ».

Souveraineté alimentaire, agriculture, infrastructures, … les priorités de financement pour les prochaines années

L’agriculture devrait rester l’un des principaux axes d’intervention de la BIDC dans les prochaines années, dans un contexte ouest-africain marqué par les enjeux de sécurité alimentaire. La banque entend ainsi renforcer ses financements en faveur de projets susceptibles d’accroître la production agricole et de contribuer à la résilience des systèmes alimentaires dans la sous-région. « Comme vous le savez, le secteur agricole est un secteur très important dans la sous-région qui est confrontée à des questions de sécurité alimentaire. Donc les priorités pour la BIDC dans les prochaines années, c’est d’abord d’investir dans la sécurité alimentaire, les infrastructures, … le continent africain éprouve un important déficit de financement d’infrastructures », a déclaré le président de la BIDC et président du CA.

Cette orientation s’inscrit plus largement dans une stratégie axée sur des secteurs considérés comme prioritaires pour le développement économique régional, notamment les infrastructures et l’énergie. Le déficit de financement des infrastructures constitue en effet un enjeu majeur pour le continent africain, alors que les besoins d’investissement restent importants pour améliorer les réseaux de transport, l’accès à l’énergie et les capacités productives.

En tant qu’institution régionale de financement du développement, la BIDC entend donc mobiliser davantage de ressources vers ces secteurs, afin de soutenir les investissements structurants et accompagner la transformation des économies ouest-africaines.

Cette approche rejoint par ailleurs plusieurs des Objectifs de développement durable (ODD), notamment ceux relatifs à la sécurité alimentaire, à l’accès à une énergie abordable et aux infrastructures durables.  « La BIDC en tant qu’institution de financement du développement va se concentrer sur ces secteurs (agriculture, infrastructures, énergie) ; ce qui s’aligne aussi sur les ODD (Objectifs de Développement durable) », a dévoilé le N°1 de la BIDC.

S.A

L’Égypte renforce sa stratégie de valorisation de ses ressources minières. En signant un accord avec le groupe finlandais Metso, le pays entend notamment accélérer le transfert de technologies et accroître la transformation locale des minerais afin de favoriser l’industrialisation et les exportations.

Le ministère égyptien de l’Industrie a signé un protocole d’accord avec la société finlandaise Metso pour renforcer la coopération dans le traitement et l’extraction des minerais, notamment le minerai de fer et le phosphate, en marge de la 5ᵉ édition du Forum égyptien des mines.

Il prévoit un appui technique et opérationnel de Metso, couvrant notamment les analyses en laboratoire, les études de faisabilité, les évaluations techniques, le conseil en ingénierie ainsi que la mobilisation d’experts de terrain, selon le communiqué du ministère publié le lundi 28 septembre. L’objectif est également de renforcer les compétences des entreprises locales et de favoriser le transfert de connaissances.

Ce protocole entend également contribuer au développement des industries minières, à l’attraction de nouveaux investissements et à l’accroissement de la valeur ajoutée locale. le ministre de l’Industrie, Khaled Hashem, souligne que cette démarche vise à « approfondir la fabrication locale afin de combler les déficits d’importation et d’augmenter les taux d’exportation ». L’accord s’inscrit dans les efforts visant à « renforcer l’intégration industrielle et l’exploitation optimale des richesses minières de l’Égypte », a-t-il ajouté. De son côté, Rajnish Mishra, vice-président de Metso pour le Moyen-Orient, a réaffirmé la volonté de « renforcer sa coopération et d’élargir l’étendue de ses activités en Égypte ».

1 Mishra

Le phosphate et l’acier au cœur de la stratégie industrielle

Cette coopération intervient alors que l’Égypte cherche à développer davantage la transformation locale de ses ressources minières. Le pays dispose notamment de réserves importantes de phosphate et cherche à passer progressivement de l’exportation de matières premières à la fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée.

Cette orientation se traduit également par des investissements dans la filière phosphatière. En août 2026, l’Égypte a engagé 658 millions de dollars pour la construction d’un complexe d’acide phosphorique à Abu Tartour, avec l’objectif de renforcer la transformation locale du phosphate.

Dans la sidérurgie, l’Égypte cherche également à consolider ses capacités industrielles, notamment dans la zone économique du canal de Suez (SCZONE). Plusieurs investissements étrangers y sont en cours, à l’image du projet de 1,65 milliard de dollars du groupe chinois Xin Feng et de l’investissement de 300 millions de dollars annoncé par Zenith Steel dans la production d’aciers techniques.

La coopération avec Metso vient s’ajouter aux initiatives engagées par l’Égypte pour développer la transformation locale de ses ressources minières et accroître leur valeur ajoutée.

Charlène N’dimon

Après un premier concours de 10 millions $ à NMB Bank en 2024, l’institution britannique élargit son dispositif au Zimbabwe avec un nouveau financement destiné à deux banques locales. L’objectif est notamment de faciliter l’accès des entreprises agricoles et exportatrices aux financements à moyen et long terme.

L’institution britannique de financement du développement, British International Investment (BII), prévoit de mobiliser 50 millions $ pour renforcer le financement du secteur agricole, ainsi que des entreprises productives au Zimbabwe.

Annoncée le lundi 28 septembre, l’enveloppe sera déployée à travers deux banques locales, Central Africa Building Society (CABS) et NMB Bank, dans le cadre du nouveau programme de financement agricole de la BII dans le pays. CABS recevra 30 millions $, dont un prêt à terme de 20 millions $ sur quatre ans et une facilité de financement du commerce de 10 millions $. NMB Bank recevra pour sa part 20 millions $, répartis entre une facilité de prêt de 10 millions $ et une ligne de financement du commerce de 10 millions $.

Du capital pour l’agriculture

Cette facilité combinée vise à répondre aux besoins de financement des entreprises agricoles et des exportateurs qui disposent d’un accès limité aux financements à moyen et long terme. Les fonds serviront à financer des équipements, des machines agricoles, des intrants, des fertilisants, des produits agricoles et alimentaires ainsi que d’autres actifs destinés à la production.

La structure du financement répond à deux besoins différents. Le prêt à terme permet aux entreprises de financer des investissements dont le retour sur investissement s’étale sur plusieurs années, tandis que le financement du commerce couvre les besoins liés aux achats d’intrants, aux importations, au stockage et aux opérations d’exportation.

La facilité intervient alors que CABS a consacré environ 100 millions $ au financement du secteur agricole à fin juin 2026. Ses interventions couvrent notamment l’horticulture, la production sucrière et l’élevage. Le financement annoncé lui permettra d’élargir ses prêts aux PME, aux entreprises agricoles et aux acteurs de la transformation alimentaire.

Un retour du financement britannique

La nouvelle opération intervient dans un contexte d’amélioration du système financier zimbabwéen. D’après John Mushayavanhu, gouverneur de la Reserve Bank of Zimbabwe, « Le système financier zimbabwéen s'est considérablement amélioré : l'inflation est désormais maîtrisée et toutes les banques disposent de fonds propres solides, ce qui a favorisé l'arrivée de BII ».

BII avait accordé en juillet 2024 un financement de 10 millions $ à NMB Bank pour soutenir les exportateurs agricoles et les exploitations adaptées aux changements climatiques. Il s’agissait alors de son premier financement par dette dans le secteur des services financiers au Zimbabwe. Avec les 20 millions $ annoncés cette année, BII porte ainsi à 30 millions $ le montant de ses financements annoncés à NMB Bank depuis 2024. Selon Gerald Gore, son directeur général, le précédent financement a contribué à soutenir les exportateurs agricoles ainsi que des investissements dans les énergies renouvelables et l’irrigation.

L’opération avec CABS constitue par ailleurs le premier financement de BII en faveur de cette filiale détenue à 100 % par Old Mutual Zimbabwe.

Chamberline Moko

Edité par M.F. Vahid Codjia

SolarTaxi veut faire de son futur site de Prampram au Ghana une base d’exportation vers le reste de l'Afrique. Mais depuis février, la Zlecaf a fixé la barre : pour bénéficier des préférences commerciales, les voitures et bus devront limiter à 60 % les composants non-africains. Un défi pour un modèle qui repose encore largement sur des kits importés d’Asie.

Passer du statut d’importateur-assembleur à celui de base industrielle exportatrice : c’est l’ambition défendue par SolarTaxi, désormais également connu sous le nom de ST Mobility, lors d’un voyage de presse organisé par Ecobank dans ses locaux d’Accra le mercredi 23 septembre. Fondée en 2018 par Jorge Appiah, l’entreprise ghanéenne, qui se présente comme le 3e assembleur de véhicules électriques d’Afrique, mise sur son site de Prampram, dans le Grand Accra, pour accompagner la transition électrique du transport local, et à terme, alimenter plusieurs marchés voisins. 

Le projet repose sur un investissement de 4,5 millions USD, échelonné en trois phases, pour 4 lignes consacrées aux voitures, deux-roues, tricycles et bus de 40 places. SolarTaxi vise une capacité installée de 5 000 véhicules par an. L’entreprise entend surtout monter progressivement en gamme industrielle, de l’Enhanced SKD où le véhicule arrive déjà partiellement assemblé, au CKD où les composants sont importés séparément et une plus grande partie du processus est réalisée localement. 

1 solartaxi

Cette stratégie s’inscrit dans la Ghana Automotive Development Policy (GADP), le dispositif mis en place par Accra pour attirer les constructeurs et développer une industrie automobile locale. Pour être reconnu officiellement comme assembleur dans ce cadre, une entreprise doit notamment disposer d’une capacité installée d’au moins 5 000 véhicules par an. Cette reconnaissance ouvre l’accès à plusieurs incitations fiscales et douanières, plus avantageuses à mesure que l’assemblage réalisé localement devient plus poussé. 

Mais les incitations publiques ne suffisent pas, à elles seules, à justifier le pari ghanéen. Jorge Appiah avance deux arguments plus directement commerciaux. Le délai, d’abord : un véhicule commandé en Chine peut, selon lui, mettre jusqu’à 3 mois à arriver, contre une à deux semaines lorsqu’il est assemblé localement. Le coût, ensuite : les avantages consentis aux assembleurs permettent, affirme-t-il, de proposer des véhicules 30 à 40 % moins chers que certains modèles importés. Une équation à laquelle s’ajoutent les économies d’utilisation, SolarTaxi estimant que le passage à l’électrique peut réduire très fortement les dépenses de transport de ses clients.

Ecobank derrière la demande locale 

Avant l’exportation, le marché ghanéen constitue le premier étage de cette stratégie. Côté privé, SolarTaxi cible notamment les chauffeurs de VTC et les flottes d’entreprises, pour lesquels le carburant représente une part importante du coût d’exploitation. Côté public, l’entreprise compte sur les besoins de renouvellement du transport collectif et cite parmi ses débouchés potentiels des opérateurs comme Metro Mass Transit et InterCity STC. SolarTaxi chiffre à 179 millions USD son portefeuille de commandes clés.

C’est précisément sur ce terrain qu’interviennent des banques au réseaux denses comme  Ecobank. Selon les informations présentées par les deux partenaires, la banque panafricaine a mis en place une ligne de financement d’actifs de 8,35 millions USD couvrant deux-roues, voitures et bus. Elle intervient aussi dans le financement des clients à travers Truzt, la plateforme développée par SolarTaxi pour réunir sur un même guichet choix du véhicule, crédit, paiement, maintenance et recharge.

Mais SolarTaxi voit dans ce partenariat un avantage qui dépasse le seul financement. Présente dans une trentaine de pays africains, Ecobank dispose d’un réseau que l’entreprise considère comme un relais potentiel pour identifier de nouveaux clients, structurer le financement de la demande et accompagner son expansion sur d’autres marchés du continent. Pour un constructeur qui vise notamment le Nigeria, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, cette implantation panafricaine constitue donc aussi un argument commercial. 

L’objectif est d’abaisser une barrière déterminante pour l’électrique : le prix d’acquisition. SolarTaxi mise sur des mensualités compensées, au moins en partie, par les économies réalisées sur le carburant et l’entretien.

Le test des 40 %

Mais c’est au-delà du Ghana que le modèle devient plus délicat. SolarTaxi ambitionne d’exporter vers le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal et affirme avoir déjà réalisé des ventes au Nigeria, au Togo et au Bénin. Pour l’entreprise, la Zlecaf doit permettre à terme de transformer Prampram en plateforme régionale.

Pour les principales catégories de véhicules, 40 % de la valeur des matières et composants doivent provenir de contenus ou opérations reconnus comme africains, pour que le véhicule bénéficie des préférences commerciales de la Zlecaf.

Depuis février 2026, cette ambition se heurte cependant à une règle désormais clairement établie. Pour les principales catégories de véhicules, la valeur des matières et composants non originaires d’Afrique ne peut dépasser 60 % de la valeur du produit. Autrement dit, environ 40 % doivent provenir de contenus ou d’opérations reconnus comme africains pour que le véhicule puisse bénéficier des préférences commerciales de la Zlecaf. 

Mais, il y a une nuance qui reste essentielle. Il ne s’agit pas nécessairement de 40 % de contenu ghanéen, mais de contenu africain. SolarTaxi pourrait donc atteindre progressivement ce seuil en incorporant des composants produits ailleurs sur le continent, sans devoir tout fabriquer au Ghana. Reste que, dans sa configuration actuelle, une grande partie des composants et des véhicules de la société provient encore d’Asie, notamment de constructeurs chinois.

L’enjeu n’est donc plus de savoir si les règles d’origine automobiles seront adoptées, mais si la transformation réalisée au Ghana sera suffisante pour que les véhicules puissent être considérés comme originaires d’Afrique et accéder aux préférences tarifaires de la Zlecaf. Cette question ne concerne d’ailleurs pas seulement SolarTaxi. Le gouvernement ghanéen lui-même vient de durcir son discours. Le 15 septembre, le président John Dramani Mahama a annoncé la préparation d’un nouveau seuil minimum de production locale auquel les assembleurs devront satisfaire pour bénéficier de l’exonération de TVA. Le pourcentage doit être précisé dans le prochain budget.

L’objectif affiché est d’éviter que des véhicules presque entièrement montés à l’étranger ne bénéficient d’incitations fiscales après seulement quelques opérations réalisées au Ghana. Dans le même temps, Accra a approuvé une politique spécifique destinée à développer la fabrication locale de composants automobiles.

Quand la Chine entre sans droits

À cette contrainte industrielle s’ajoute un deuxième défi. Sur certains marchés visés par SolarTaxi, l’avantage fiscal de l’assemblage ghanéen est moins évident.

Au Togo, la Loi de finances 2026 maintient un abattement de 100 % sur la valeur en douane des véhicules électriques neufs. Au Bénin, les véhicules électriques neufs bénéficient cette année d’un abattement de 99 % sur leur valeur en douane ainsi que d’une exonération de TVA. Ces avantages s’appliquent aux véhicules importés indépendamment de leur provenance et peuvent donc profiter directement aux modèles venant de Chine.

Dans ces marchés, les entreprises comme SolarTaxi ne peuvent donc pas compter uniquement sur la protection douanière pour compenser le coût de l’assemblage local. Et Jorge Appiah le sait bien. Face aux constructeurs chinois capables de produire à très grande échelle, l’entrepreneur met en avant des arguments comme : délais de livraison plus courts, financement en monnaie locale, maintenance, disponibilité des pièces et service après-vente. 

« Tout le monde, y compris Tesla, fait de l’assemblage », rappelle-t-il pour défendre son modèle. Mais entre assembler un véhicule en Afrique et lui conférer une origine africaine, la Zlecaf trace désormais une frontière économique. 

C’est là que se joue le véritable pari de SolarTaxi. Le défi n’est plus seulement de faire sortir 5 000 véhicules par an d’une usine de Prampram, mais d’accroître suffisamment la part de valeur créée au Ghana et sur le continent pour transformer cette usine en véritable base d’exportation africaine. Car sous la Zlecaf, l’étiquette « assemblé au Ghana » ne suffira pas. Le passeport commercial du véhicule dépendra désormais de la quantité d’Afrique réellement contenue sous son capot.

Fiacre E. Kakpo, envoyé spécial à Accra

Trois ans après le début de la crise, le marché du diamant naturel subit toujours des prix bas et une demande en déclin, sous l’effet de la concurrence des diamants synthétiques. Cela rend plus que jamais urgente la question de la diversification des revenus des producteurs.

HB Antwerp va réduire ses opérations de taille et de polissage de diamants au Botswana. Annoncée dans la presse internationale la semaine dernière, la décision constitue autant un revers pour la société belge qu’un nouvel obstacle dans les efforts du Botswana pour faire grandir une industrie de transformation locale de son premier produit d’exportation. Confrontés aux conséquences de la crise que traverse le marché mondial du diamant naturel, le pays et les autres producteurs africains de diamants trouveraient pourtant dans cette industrie un axe de diversification bienvenu de leurs revenus miniers.

À l’origine de son recul au Botswana, HB Antwerp pointe l’échec du volet central de son partenariat avec l’État. « Ce qui avait été prévu en 2023 ne s’est pas concrétisé à ce jour », a expliqué à Reuters Boaz Lev, directeur général associé du groupe. Le partenariat annoncé sous l’ancien président Mokgweetsi Masisi prévoyait l’acquisition par l’État de 24 % de HB Antwerp et la fourniture au groupe, pendant cinq ans, de 10 % des diamants bruts commercialisés par l’entreprise publique Okavango Diamond Company.

Mais cette allocation n’a jamais été livrée. Le projet s’est en outre heurté à la dégradation du marché mondial, qui a conduit le Botswana à réduire sa propre production. Debswana, détenue à parts égales par l’État botswanais et De Beers, a vu sa production passer de 24,7 millions de carats en 2023 à 17,9 millions en 2024, puis à 15,1 millions en 2025.

L’Angola accélère

Bien qu’elle ne protège pas les diamants polis de la crise actuelle, la transformation locale peut permettre aux pays producteurs de conserver une partie supplémentaire de l’activité générée après l’extraction des pierres, notamment à travers des emplois qualifiés. L’enjeu est d’autant plus important que cette étape de la chaîne de valeur reste très concentrée en Inde, qui taille et polit environ 90 % des diamants mondiaux.

L’Angola a terminé l’an dernier premier producteur africain de diamants en valeur, dépassant le Botswana pour la première fois depuis des décennies, même si ce dernier domine toujours le classement africain par le volume. Au-delà de la qualité des diamants extraits, l’Angola cherche depuis quelques années à maximiser les revenus générés par son industrie diamantifère. Loin d’être le premier à développer cette stratégie de transformation locale parmi ses pairs du continent, le pays a connu une accélération importante de l’activité de taille et de polissage.

En 2025, le pays a exporté 23 300 carats de diamants polis pour 109,7 millions de dollars, avec un volume de ventes ayant progressé de 126,5 % et une valeur en hausse de 107 % sur un an. Dans le même temps, les usines locales ont acheté 62 500 carats de brut destinés à la transformation, soit 67,6 % de plus qu’en 2024. Cette évolution s’accompagne de nouvelles capacités. L’inauguration de l’unité de l’indien Diarough en août 2026 a porté à six le nombre d’usines de taille et de polissage installées dans le Pôle de développement diamantifère de Saurimo. Le gouvernement a annoncé en septembre l’arrivée prochaine d’une septième unité.

Des dispositifs appelés à se multiplier ?

L’accélération angolaise ne trouve pas encore d’équivalent chez les autres grands producteurs de la région. La Namibie dispose pourtant d’une industrie installée de longue date. Environ 15 à 20 % de sa production est mise à la disposition d’entreprises agréées qui achètent régulièrement du diamant brut pour le tailler et le polir dans le pays. En 2025, la Namibia Diamond Trading Company indiquait que 88 % des carats vendus à ces entreprises étaient effectivement transformés dans le pays. Le secteur fait toutefois face à des incertitudes sur son régime fiscal et sur sa compétitivité face aux autres centres de transformation.

Autre important producteur de diamants sur le continent, l’Afrique du Sud a construit elle aussi un mécanisme destiné à alimenter ses transformateurs. Le State Diamond Trader peut acheter jusqu’à 10 % de la production nationale pour la revendre aux entreprises locales, qui doivent transformer au moins 80 % des pierres acquises auprès de lui. Mais son propre plan 2025-2026 souligne les difficultés rencontrées pour acheter effectivement les volumes auxquels il peut prétendre, notamment en raison des prix proposés et de la baisse de la production nationale.

Au Botswana, le recul de HB Antwerp intervient alors même que les autorités reconnaissent que le potentiel reste largement sous-exploité. En juin 2026, Serty Leburu, la directrice générale de Diamond Trading Company Botswana, estimait à 34 milliards de dollars la valeur du segment mondial de la taille et du polissage, contre 14 milliards pour l’exploration, l’extraction et la récupération des pierres. Le pays dispose déjà de plusieurs usines et d’une main-d’œuvre formée, mais fait aussi face à des défis en matière de compétences et de productivité, selon les autorités.

La crise actuelle pourrait donner une nouvelle raison économique d’accélérer des politiques qui existent depuis des années. Elle ne rend pas pour autant la transformation locale automatiquement rentable face aux coûts, aux compétences et à l’écosystème industriel accumulé par l’Inde. Pour l’heure, l’Angola se distingue par la combinaison de volumes de brut en hausse pour les usines locales et de nouvelles capacités effectivement mises en service, mais le défi pour Luanda, comme pour les autres producteurs, sera de pérenniser les initiatives de transformation et d’être compétitifs face à l’Inde.

Emiliano Tossou

Après avoir marqué le pas en 2025, les crédits à la clientèle de la SIB repartent à la hausse au premier semestre 2026. Cette reprise s’accompagne d’une nette amélioration du coût du risque, tandis que le résultat net de la banque progresse de 9 % sur un an.

La Société ivoirienne de banque (SIB) a réduit son coût du risque de 75 % au premier semestre 2026, à 287 millions FCFA (environ 500 000 dollars), contre 1,16 milliard FCFA un an plus tôt. C’est ce qu’indique le rapport d’activité du 1er semestre.

Cette baisse intervient dans un contexte de progression de l’activité. Le produit net bancaire (PNB) atteint 56,6 milliards FCFA au 30 juin 2026, en hausse de 4 %, tandis que le résultat net s’établit à 32,1 milliards, contre 29,4 milliards un an plus tôt. Le bénéfice progresse ainsi de 9 %, soit une hausse de près de 2,7 milliards en un an.

Le risque recule sur trois ans

L’évolution du coût du risque permet de mieux comprendre la progression du résultat de la SIB. Au premier semestre 2024, la banque avait enregistré un coût du risque de 1,76 milliard FCFA, contre 318 millions FCFA un an auparavant. Cette hausse de 453 % avait alors pesé sur la progression du résultat d’exploitation, qui n’avait augmenté que de 5 %, malgré une hausse de 7 % du PNB.

La tendance s’est inversée dès 2025. Le coût du risque est revenu à 1,16 milliard FCFA, soit une baisse de 34 % sur un an. Dans le même temps, le PNB progressait de 9 %, à 54,3 milliards, et le résultat net atteignait 29,4 milliards, en hausse de 15 %. Le résultat brut d’exploitation avait, pour sa part, augmenté de 12 %, à 34,7 milliards FCFA.

En 2026, la baisse s’est poursuivie à un rythme plus marqué. Avec 287 millions FCFA de coût du risque à fin juin, la SIB a ramené cette charge à moins d’un cinquième de son niveau à fin juin 2024. Sur deux ans, le coût du risque a ainsi diminué d’environ 84 %.

Les crédits repartent à la hausse

Cette évolution intervient alors que la SIB augmente de nouveau ses financements à la clientèle. Après un recul de 3 % au premier semestre 2025, les crédits sont passés de 1 044 milliards à fin juin 2025 à 1 169 milliards à fin juin 2026, soit une hausse de 125 milliards FCFA.

La banque accompagne cette reprise par une hausse de ses ressources. Les dépôts de la clientèle atteignent 1 581 milliards FCFA à fin juin 2026, contre 1 409 milliards FCFA un an auparavant, soit une augmentation de 172 milliards FCFA. Les dépôts et les crédits affichent ainsi chacun une croissance de 12 % sur un an.

Cette progression des encours pose toutefois la question de l’évolution du risque de crédit. À ce stade, les données semestrielles montrent que la hausse des crédits s’est accompagnée d’une baisse du coût du risque. Celui-ci a diminué de 873 millions FCFA entre juin 2025 et juin 2026.

La performance à fin juin 2026 ne repose toutefois pas uniquement sur cette évolution. Les charges générales d’exploitation atteignent 18,4 milliards, en hausse de 2 %, tandis que le résultat brut d’exploitation ressort à environ 36,1 milliards FCFA. La progression des revenus, conjuguée à une hausse limitée des charges, contribue également à la progression du résultat.

Chamberline Moko

Edité par M.F. Vahid Codjia

L’Afrique réalise des performances globalement modestes. Aucun pays du continent ne figure dans le Top 50 mondial, et la majorité des destinations africaines couvertes ont régressé ou stagné par rapport à l’édition 2024 du classement.

La République de Maurice, l’Afrique du Sud et l’Égypte sont les pays africains les plus performants dans le domaine du développement de l’industrie du tourisme et des voyages, selon un classement publié le 25 septembre par le Forum économique mondial (WEF), en collaboration avec Zurich Insurance Group.

Le classement Travel & Tourism Development Index 2026 évalue la qualité des conditions-cadres permettant un développement durable et résilient du secteur touristique, lequel contribue à son tour au développement économique et social. Il ne mesure pas directement les performances touristiques des différentes destinations, telles que le nombre d’arrivées, les dépenses ou les recettes, mais les conditions qui déterminent la capacité d’une destination à attirer, soutenir et pérenniser le tourisme et les voyages de manière à générer des retombées positives pour l’économie et la société.

L’indice bisannuel, qui couvre 110 pays, s’appuie sur 102 indicateurs, dont l’État de droit, le taux de criminalité, l’incidence des maladies transmissibles, l’utilisation des paiements numériques, les dépenses publiques dédiées au secteur touristique, les exigences en matière d’octroi de visas, la compétitivité des prix, la connectivité aérienne, le niveau de stress hydrique et le nombre de sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces indicateurs, qui proviennent de données collectées par des institutions internationales comme ONU Tourisme et la Banque mondiale, ainsi que d’une enquête menée par le Forum économique mondial, sont structurés en 17 piliers, eux-mêmes regroupés au sein de cinq dimensions majeures : environnement favorable ; politiques dans le domaine du tourisme et des voyages ; infrastructures et services ; ressources touristiques ; et développement durable. Pour être comparables, toutes les données brutes sont converties sur une échelle allant de 1 point (performance la plus faible) à 7 (performance la plus élevée).

Les indicateurs normalisés appartenant à un même pilier sont ensuite combinés par moyenne arithmétique simple ou pondérée, selon la sous-structure du pilier, pour donner une note de 1 à 7 au pilier. Le score de chaque dimension est ensuite obtenu en faisant la moyenne arithmétique simple des piliers qui la composent. Le score global d’un pays correspond à la moyenne arithmétique simple des scores obtenus dans les cinq dimensions. Il est également calculé sur une échelle allant de 1 à 7 points.

Malgré un recul de trois rangs dans le classement général par rapport à l’édition 2024 de l’indice, la République de Maurice reste le pays le plus performant dans le domaine du développement du tourisme en Afrique. Cet État insulaire de l’océan Indien occupe cette année le 59e rang sur les 110 destinations étudiées, avec un score de 4,07 points. L’Afrique du Sud (61e rang mondial) arrive à la deuxième position à l’échelle africaine, devant l’Égypte (63e rang mondial), le Maroc (70e), la Tanzanie (74e), le Kenya (77e), la Tunisie (82e), le Botswana (84e) et l’Algérie (89e). La Namibie (90e rang mondial) ferme le Top 10 africain.

(Voir le classement des 23 pays africains couverts par l’indice ci-dessous.)

Au total, 10 pays ont régressé par rapport à 2024, tandis que huit ont progressé et cinq ont stagné. Les plus fortes régressions ont concerné le Botswana (-9 rangs), la Namibie (-7) et la Tunisie (-4), alors que les plus fortes progressions ont concerné le Maroc (+7 rangs), l’Algérie (+4) et le Nigeria (+3).

À l’échelle mondiale, le Japon arrive en tête de la liste, suivi des États-Unis, de l’Espagne, de l’Australie et de la France. L’écrasante majorité des pays étudiés (101 sur 110) ont amélioré leur score entre 2024 et 2026, la moyenne ayant progressé de 2,1 %, soit la hausse la plus rapide depuis 2019. Des atouts culturels renforcés, des infrastructures et des services touristiques plus solides, ainsi que de meilleures liaisons aériennes et un tourisme d’affaires plus vigoureux, ont été à l’origine de ces progrès.

Walid Kéfi

Les pays africains les plus performants dans le domaine du développement du tourisme en 2026 :

1-Maurice (59e rang mondial)

2-Afrique du Sud (61e)

3-Egypte (63e)

4-Maroc (70e)

5-Tanzanie (74e)

6-Kenya (77e)

7-Tunisie (82e)

8-Botswana (84e)

9-Algérie (89e)

10-Namibie (90e)

11-Rwanda (91e)

12-Zambie (96e)

13-Ghana (97e)

14-Sénégal (99e)

15-Zimbabwe (101e)

16-Côte d’Ivoire (102e)

17-Nigeria (104e)

18-Angola (105e)

19-Bénin (106e)

20-Malawi (107e)

21-Cameroun (108e)

22-Sierra Leone (109e)

23-Mali (110e)