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Rhodium : à la découverte d’un métal rare dont l’Afrique fournit l’essentiel de l’offre

Rhodium : à la découverte d’un métal rare dont l’Afrique fournit l’essentiel de l’offre
  • Date de création: 28 septembre 2026 13:40

(Agence Ecofin) - L’inventaire des métaux stratégiques fournis par l’Afrique est bien plus important et diversifié que ce qui est généralement mis en avant. Aux côtés du cuivre, du cobalt, des terres rares ou du graphite figurent aussi des métaux plus rares et tout aussi essentiels, comme le rhodium.

Lundi 28 septembre, le rhodium s’affiche à 9 350 USD l’once, en hausse de 3,31 % sur un mois et de 31,23 % sur un an, selon Trading Economics. Mais les récentes analyses de marché entrevoient un possible essoufflement de cette dynamique, avec notamment le retour d’un excédent mondial dès 2027. Des perspectives contrastées qui offrent l’occasion de s’intéresser davantage à ce métal rare, fourni en grande partie par l’Afrique.

De l’automobile à l’industrie du verre

Le rhodium est l’un des six métaux du groupe des platinoïdes (PGM), aux côtés du platine, du palladium, du ruthénium, de l’iridium et de l’osmium. Très rare, il n’est généralement pas extrait comme produit principal, mais récupéré comme sous-produit du platine et du palladium. Sa production est concentrée dans quelques régions, notamment en Afrique australe, où les complexes géologiques du Bushveld en Afrique du Sud, et du Great Dyke au Zimbabwe, figurent parmi les principaux pôles mondiaux.

L’Afrique du Sud domine largement l’offre minière, avec une capacité de production annuelle de rhodium estimée à environ 25 tonnes par l’US Geological Survey, contre 1,9 tonne pour le Zimbabwe, la Russie (3 tonnes) et le Canada (0,8 tonne) comptant également parmi les principaux fournisseurs. À cette production primaire s’ajoutent les volumes issus du recyclage des pots catalytiques des véhicules en fin de vie.

Très résistant à la corrosion et aux températures élevées, il possède surtout des propriétés catalytiques qui le rendent particulièrement efficace pour réduire les oxydes d’azote (NOx) dans les gaz d’échappement des véhicules à essence. C’est de loin son principal débouché, loin devant ses usages dans l’industrie chimique et la fabrication du verre. Dans cette dernière, il est notamment associé au platine pour former des alliages capables de supporter les températures très élevées nécessaires à la production de fibre de verre. Le rhodium intervient également comme catalyseur dans l’industrie chimique.

Cette combinaison entre rareté, concentration géographique de la production et importance de certains usages, explique aussi pourquoi le rhodium est considéré comme un métal critique. Aux États-Unis, il figure sur la liste officielle des 60 minerais critiques publiée en 2025 par l’US Geological Survey, qui le classe parmi les chaînes d’approvisionnement présentant les risques les plus élevés.

Un marché encore déficitaire

Depuis quelques années, le marché du rhodium est déficitaire. D’après le groupe technologique allemand Heraeus, le déficit était estimé à 75 000 onces en 2025 et devrait se réduire à 40 000 onces en 2026. Mais, selon une analyse attribuée en fin de semaine dernière à TD Securities, filiale de la banque canadienne TD Group, la demande du secteur automobile devrait s’affaiblir et entraîner dans son sillage le premier excédent du marché depuis 2022, susceptible de pousser parallèlement les prix à la baisse. TD prévoit ainsi que le prix du rhodium passera de ses niveaux actuels à 7 600 USD l’once en 2027, puis à 6 500 USD l’once en 2028.

Ce n’est en réalité pas la première fois que le marché est alerté sur la faiblesse persistante de la demande automobile. Si la demande brute de rhodium a augmenté de 3 % en 2025, notamment grâce au secteur du verre, celle attribuée au seul secteur automobile a fléchi de 10 000 onces sur l’exercice et devrait encore diminuer de 4 % cette année, selon Heraeus. Dès lors, les perspectives d’augmentation de l’offre minière, auxquelles s’ajoutent celles des circuits de recyclage, alimentent les spéculations sur un retour du surplus. L’entreprise chimique britannique Johnson Matthey indiquait même en mai dernier que le marché pourrait déjà connaître un « léger excédent » en 2026.

Ces dynamiques devraient être scrutées de près par le marché dans les prochains mois, aussi bien par les industriels en quête d’approvisionnement en rhodium que par les producteurs, notamment en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Si les évolutions de prix sont essentielles dans la planification de cette dernière catégorie d’acteurs, l’offre de rhodium réagit généralement peu à son propre prix, en raison de son extraction en tant que sous-produit d’autres métaux du groupe des platinoïdes.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

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12/05/2026 - Strontium : l’autre métal critique dominé par la Chine que l’Afrique veut produire

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