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Cacao : ce qu’il faut savoir sur la filière malgache

Cacao : ce qu’il faut savoir sur la filière malgache
  • Date de création: 26 septembre 2026 18:18

(Agence Ecofin) - L’Afrique concentre environ 70 % de l’offre mondiale de cacao, principalement grâce aux contributions de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria ou encore du Cameroun. À côté de ces poids lourds, Madagascar occupe une place plus modeste en volume, mais se distingue par la qualité de sa production.

À l’issue de la 114e réunion ordinaire du Conseil de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), tenue du 14 au 18 septembre 2026 à Abidjan en Côte d'Ivoire, Philippe Fontayne, vice-président du Conseil national du cacao de Madagascar, a été élu président de cette instance pour l’année cacaoyère 2026-2027.

Cette nomination place la Grande Île au cœur de la gouvernance internationale d’une filière largement dominée par les grands producteurs ouest-africains. Cette annonce remet en lumière un acteur relativement peu connu, mais dont le positionnement repose davantage sur la qualité que sur les volumes. Voici en 4 points ce qu’il faut savoir sur la filière malgache de la fève.

  •     Une production modeste concentrée dans le nord du pays

Madagascar reste un producteur de taille modeste à l’échelle mondiale. Les dernières données officiellement renseignées par l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) font état de 10 234 tonnes de fèves produites en 2022. Les estimations plus récentes sont toutefois plus élevées : la base FAOSTAT recense 21 000 tonnes en 2024, mais précise que cette valeur provient d’une source externe, et n’est donc pas classée comme donnée officielle.

Quoi qu’il en soit, le pays reste un acteur de niche à l’échelle mondiale. Sa production représente moins de 1 % de l’offre globale, estimée à près de 4,8 millions de tonnes pour la campagne 2024/25 par l’ICCO. La filière repose largement sur de petites exploitations, et fait vivre environ 30 000 à 33 000 producteurs. Près de 95 % du cacao serait produit dans le bassin du Sambirano au nord-ouest du pays, notamment autour du district d’Ambanja.

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  •     Une filière principalement tournée vers l’export

Comme dans la majorité des pays producteurs africains, la récolte de cacao est majoritairement orientée vers le marché international. Selon les données compilées par la FAO, la Grande Île a placé près de 13 411 tonnes de fèves en moyenne sur le marché international entre 2020 et 2023. Les recettes d’exportation générées par ces ventes se sont élevées à près de 25 millions USD en moyenne par an sur la même période.

Parmi les principaux débouchés figurent les pays de l’Union européenne, les Émirats arabes unis, les États-Unis, ou encore l’Inde et la Russie.

  •     Un cacao fin et aromatique recherché

Madagascar bénéficie d’un positionnement particulier sur le marché mondial. L’ICCO classe 100 % des exportations de fèves du pays dans la catégorie du cacao fin ou aromatique. Cette classification ne repose pas uniquement sur la variété des cacaoyers. Selon l’organisation, elle résulte de l’interaction entre la composition génétique du plant, les conditions du terroir, les pratiques culturales ainsi que les opérations de récolte et de post-récolte.

Dans le cas malgache, cette réputation est notamment associée aux caractéristiques du bassin du Sambirano, aux variétés qui y sont cultivées et aux pratiques de fermentation et de séchage. Ce positionnement permet à Madagascar de se différencier sur un marché spécialisé, où les cacaos fins peuvent généralement bénéficier d’une prime par rapport aux cours du cacao courant.

  •     Une transformation locale encore limitée

La faiblesse de la transformation locale constitue néanmoins un enjeu majeur, comme dans la plupart des pays producteurs africains. Alors que la Grande Île a exporté près de 11 617 tonnes de fèves de cacao en 2023, les données officielles compilées par la FAO font état d’environ 283 tonnes de produits dérivés exportés la même année. Dans le détail, les produits cacaotés (chocolats et dérivés) ont représenté 97 % des volumes exportés de produits dérivés, devant la poudre et la masse de cacao, le beurre de cacao ainsi que la pâte de cacao.

Des investissements commencent néanmoins à renforcer les capacités de transformation locale. En 2024, deux nouvelles unités ont notamment été inaugurées dans le principal bassin de production. À Ambanja, une usine de production de poudre de cacao, financée par l’État dans le cadre du programme One District, One Factory, a été mise en service en juillet avec une capacité de traitement de 1 tonne par heure.

Quelques mois plus tard, l’entreprise Sambirano Ingredients a inauguré, en novembre de la même année, une usine destinée à transformer le cacao, avec une capacité annoncée d’au moins 100 tonnes par an de produits semi-finis.

Stéphanas Assocle

Edité par : Feriol Bewa

Lire aussi : 16/09/2026 : Cacao : le Ghana s’intéresse à l’expérience malaisienne de la transformation

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