Agence Ecofin

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Du cuivre au cobalt, en passant par les terres rares et le graphite, les États-Unis font de l’Afrique l’un de leurs fronts stratégiques pour sécuriser leurs approvisionnements. Dès lors, chaque nouvelle initiative de Washington en la matière soulève la question de sa portée pour le continent.

Un milliard de dollars : c’est le montant total des engagements de Glencore et Mercuria dans le cadre de VaultCo, le projet américain de constitution d’une réserve de minerais critiques. Annoncée mercredi 23 septembre par la Banque d’Import-Export des États-Unis (EXIM), cette nouvelle étape peut renforcer le lien entre ce dispositif et le secteur minier africain, où les deux groupes disposent déjà d’importants intérêts opérationnels.

La RDC, déjà une porte d’entrée

Annoncé en début d’année sous la dénomination de « Projet Vault », VaultCo est une initiative soutenue par un prêt de l’EXIM pouvant atteindre 10 milliards USD. L’objectif est de constituer un stock de minerais critiques aux États-Unis afin de renforcer la résilience du pays face à d’éventuelles perturbations du marché. Si l’intégration de Mercuria et Glencore est présentée comme la « première participation à la réserve », le programme avait déjà ouvert une première piste en Afrique autour de la mine Kipushi, exploitée par Ivanhoe Mines en République démocratique du Congo.

En février, le groupe canadien annonçait des discussions visant à exporter vers le marché américain, dans ce cadre, le concentré de zinc, cuivre et plomb produit sur le site, ainsi que du germanium et du gallium. L’opération devait s’appuyer sur une société de négoce issue d’une coentreprise entre Mercuria et la compagnie publique congolaise Gécamines. Le premier bénéficie depuis 2025 du droit d’acquérir jusqu’à un tiers du concentré de zinc non encore attribué de Kipushi, tandis que la seconde détient 38 % de la mine et ambitionne de commercialiser davantage la production des actifs dans lesquels elle est actionnaire en RDC.

Peu de détails ont toutefois depuis filtré sur l’état d’avancement de cette initiative. La participation de Glencore élargit pour sa part le champ des possibilités. Le groupe tire déjà une partie de sa production mondiale de cuivre et de cobalt de ses actifs Mutanda et KCC en RDC, mais son activité de négoce lui permet aussi de s’approvisionner auprès de producteurs tiers. D’après son site web, cette structure repose sur des bureaux répartis dans plus de 30 pays en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Afrique, avec notamment une implantation à Johannesburg, en Afrique du Sud. Cette présence s’accompagne de relations commerciales avec des projets miniers africains, comme l’illustre le partenariat autour de la mine de cuivre Prieska d’Orion Minerals en Afrique du Sud, ou plus récemment celui conclu autour de la bauxite de Nimba Mining Company en Guinée.

L’épreuve du terrain

Entre les pistes déjà explorées et les réseaux commerciaux dont disposent ses partenaires, VaultCo dispose donc de plusieurs points de contact potentiels avec le secteur minier africain. Cela ne permet toutefois pas encore de déterminer quelle place les productions du continent occuperont dans la future réserve américaine. Rien n’indique à ce stade que Glencore ou Mercuria s’appuieront effectivement sur leurs positions africaines existantes, ou sur leurs fournisseurs tiers du continent, pour alimenter le dispositif.

La question prend d’autant plus de relief que de nombreux producteurs de minerais critiques cherchent à renforcer leur accès aux chaînes d’approvisionnement occidentales depuis l’Afrique. D’éventuels contrats d’enlèvement ou autres mécanismes d’approvisionnement liés à VaultCo peuvent ainsi leur offrir de nouveaux débouchés, s’ils venaient à être ciblés. Mais cette perspective dépendra aussi des minerais recherchés, des volumes retenus et des conditions commerciales qui seront finalement négociées.

Le dispositif pourrait en outre s’élargir à d’autres négociants. Hartree Partners et Traxys avaient également été annoncés parmi les fournisseurs susceptibles de participer à la constitution du stock. Le premier, via sa filiale Hartree Metals, est déjà présent en RDC et en Zambie et a récemment ciblé la future mine de cuivre Hope & Gorob pour l’achat de 100 % de sa production. Le second s’est quant à lui positionné plus tôt cette année pour s’approvisionner en graphite auprès du projet Kasiya, au Malawi.

Reste à voir si ces connexions se traduiront effectivement par des volumes africains dans la réserve américaine, alors que Washington développe parallèlement d’autres mécanismes pour sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques sur le continent.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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Depuis l’année dernière, le Liberia tente de relancer l’exploration pétrolière en mer après une décennie de pause. Son régulateur prépare déjà un nouveau cycle d’attribution de blocs pour la fin de l’année.

L’australien Bounty Oil & Gas a signé le mardi 22 septembre, un accord pour racheter PetroQuest Liberia Deep Water, une société enregistrée en Arizona. Celle-ci détient le droit exclusif sur le bloc pétrolier offshore LB-32 au Liberia, pour lequel aucun contrat n’a encore été signé.

Ce droit repose sur une lettre d’engagement délivrée en octobre 2025 par la National Oil Company of Liberia (NOCAL), la compagnie pétrolière publique. Le futur contrat de partage de production doit fixer la répartition du pétrole entre l’État et l’investisseur. Les conditions commerciales figureraient en grande partie dans la lettre d’engagement, d’après Bounty, mais celle-ci n’a pas été rendue publique. PetroQuest doit encore le négocier avec la NOCAL et le régulateur, puis le Parlement devra l’approuver. L’entreprise espère conclure ces étapes vers janvier 2027.

Les vendeurs recevront 1,5 million de dollars australiens, soit environ 1,07 million $, et 863 millions d’actions Bounty. Un milliard d’actions supplémentaires leur reviendront si des objectifs de ressources et de partenariat sont atteints. Ils conserveront aussi une redevance de 1,75 % sur la production future. S’y ajoute la moitié des sommes qu’un futur partenaire versera pour entrer sur le bloc. Bounty lève 3,55 millions de dollars australiens (2,53 millions $) pour financer l’opération.

Le bloc LB-32 s’étend sur 2322 km² en mer, au large du sud-est du Liberia, près de la frontière avec la Côte d’Ivoire. La profondeur d’eau y varie entre 1500 et 4200 mètres. Aucun puits n’a encore été foré pour vérifier la présence de pétrole dans ce type de gisement, précise Bounty.

Un bloc issu d’une attribution directe

Sur son site, la NOCAL range LB-32 parmi quatre blocs obtenus par « Executive Allocation ». Cette procédure prévue par la loi pétrolière amendée en 2019, permet au président de confier directement des zones à la compagnie publique, sans appel d’offres.

En juin 2025, des experts cités par FrontPage Africa craignaient qu’elle nuise à la transparence et à la confiance des investisseurs. Emmanuel Azango, vice-président de la NOCAL, avait répondu que chaque contrat resterait soumis au régulateur, la Liberia Petroleum Regulatory Authority (LPRA), puis au Parlement.

Les élus ont déjà débattu de la revente de blocs. En décembre 2025, ils ont ratifié les contrats de la multinationale française TotalEnergies et du groupe nigérian Oranto. Le député Musa Bility avait alors accusé Oranto d’acquérir des blocs pour les revendre, rapporte The Liberian Investigator.

À ce stade, plusieurs points restent inconnus. Le communiqué ne dévoile pas les propriétaires de PetroQuest. Il ne précise ni la part du bloc que la NOCAL lui accordera ni la somme qu’un « tiers » a versée pour obtenir l’exclusivité. Si le contrat n’est pas signé 18 mois après la finalisation du rachat, la société pourra annuler les actions remises aux vendeurs. Elle récupérerait alors une partie de l’argent versé.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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L’Union européenne constitue le principal débouché des exportations africaines de produits agricoles biologiques. Encore marginale sur ce marché, l’Algérie cherche à renforcer sa filière et son dispositif de certification, dans un contexte où les exigences de commercialisation se renforcent.

L’Union européenne (UE) et l’Algérie ont officiellement lancé, le mercredi 23 septembre, un projet de jumelage institutionnel baptisé « Appui au cadre normatif régissant l’agriculture biologique et la labellisation ». D’un coût de 1 million d’euros (1,13 million $), l’initiative est financée par l’UE et mise en œuvre au bénéfice du ministère algérien de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche (MADRP) en partenariat avec les ministères italien et français de l’Agriculture sur une période de 24 mois.

De quoi s’agit-il ?

Selon la Commission européenne, le jumelage institutionnel est un mécanisme de coopération technique permettant à une administration publique de bénéficier de l’expertise de ses homologues européennes afin de renforcer ses capacités, d’améliorer ses procédures et d’adapter son cadre réglementaire aux standards internationaux.

Dans le cas de l’Algérie, cette coopération porte sur deux volets. Le premier qui concerne l’agriculture biologique, vise à accompagner l’élaboration du cadre réglementaire et de ses textes d’application, préciser les responsabilités des structures compétentes et organiser les procédures de contrôle et de certification en Algérie. Il prévoit également le renforcement des compétences des acteurs appelés à faire fonctionner le futur dispositif national.

Le second volet porte sur le Label Agricole de Qualité (LAQ). « Cinq filières pilotes seront accompagnées dans l’analyse des produits, l’identification de leurs spécificités et la définition des critères de qualité. Cette démarche conduira à l’élaboration participative de cinq cahiers des charges, en vue de leur soumission au Comité national de labellisation », détaille un communiqué de la délégation de l’UE en Algérie sur son site.

Un marché européen stratégique, mais plus exigeant

Ce développement intervient alors que l’Union européenne occupe une place centrale dans le commerce africain des produits biologiques. En 2024, l’Afrique a exporté 687 395 tonnes de produits agricoles biologiques vers l’UE et les États-Unis, selon la dernière édition du rapport « The World of Organic Agriculture » publiée le 14 février dernier par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL). L’UE en a absorbé 428 845 tonnes, soit 62,4 % du volume.

Il convient toutefois de noter que l’accès au marché européen est devenu plus exigeant depuis l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2022, du nouveau règlement sur l’agriculture biologique. Celui-ci renforce les règles de contrôle et de certification des produits importés de pays tiers. Une période de transition a toutefois été prévue pour certains pays et organismes déjà reconnus sous l’ancien système, avec des échéances allant jusqu’au 31 décembre 2026. Pour les exportateurs, disposer d’un système fiable de certification devient donc essentiel pour accéder au marché européen.

Dans ce contexte la volonté d’Alger de structurer son propre secteur prend une importance particulière. Les données disponibles sur l’agriculture biologique montrent encore une présence limitée du pays à l’échelle africaine. Avec 4 103 hectares de terres agricoles biologiques en 2024, l’Algérie ne représente ainsi qu’environ 0,15 % des 2,8 millions d’hectares recensés sur le continent, selon le FiBL.

Cette faible présence se retrouve également dans les échanges. En 2024, le pays a exporté 3 701 tonnes de produits biologiques vers l’Union européenne et les États-Unis, dont environ 84 % vers le seul marché européen.

Reste à voir dans quelle mesure le projet de jumelage engagé avec les partenaires européens pourra permettre à la filière algérienne de mieux se positionner sur le marché international des produits agricoles biologiques.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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Produit dans des régions enclavées de la RDC et de la Zambie, le cuivre dépend de corridors étalés sur plusieurs milliers de kilomètres pour rejoindre les ports. Alors que les deux pays veulent accroître leur production, la fiabilité des corridors d’expédition compte plus que jamais.

Le Zimbabwe a annoncé le 22 septembre avoir sécurisé le financement pour moderniser Chirundu, poste-frontière avec la Zambie emprunté notamment par le cuivre vers les ports d’Afrique australe. Le projet rejoint les investissements annoncés ces derniers mois en RDC et en Zambie pour fluidifier le fret routier, alors même que des milliards de dollars sont mobilisés pour développer le corridor ferroviaire de Lobito et réhabiliter celui de TAZARA, appelés à évacuer davantage de cuivre.

Des postes-frontières indispensables

À Kasumbalesa, principal poste-frontière entre le sud de la RDC et la Zambie et maillon du corridor cuprifère régional, Kinshasa prépare un port sec destiné à réduire les files de camions et les délais de transit du fret. Attribué au consortium Yellowstone dans le cadre d’une concession de 23 ans, le projet représente un investissement de 600 millions de dollars, avec un démarrage des travaux annoncé pour janvier 2027.

La Zambie agit aussi sur sa façade orientale. En mars, elle a inauguré la première phase de modernisation du poste de Nakonde, à la frontière tanzanienne et sur l’axe routier menant au port tanzanien de Dar es Salaam. L’investissement de 12 millions de dollars doit notamment renforcer les capacités d’inspection et de stationnement à un passage qui traite environ 800 camions par jour. TradeMark Africa estime que les travaux doivent permettre de réduire de plus de moitié les délais de dédouanement.

Ces investissements répondent à des congestions persistantes aux postes-frontières, liées notamment au manque d’infrastructures et à une coordination insuffisante des procédures entre la RDC et la Zambie. La Banque mondiale relève de son côté que les camions peuvent attendre jusqu’à quatre jours à Nakonde et davantage encore à certains autres postes zambiens. L’impact sur les exportations de cuivre est d’autant plus important que le rail n’a pas encore remplacé la route. Dans un rapport publié en 2025, la Banque mondiale estimait que plus de 80 % des exportations de cuivre de RDC et de Zambie étaient encore transportées par camion vers des ports comme Durban en Afrique du Sud ou Walvis Bay en Namibie.

Le train ne suffit pas

La domination de la route tient aussi aux faiblesses du rail. Selon la Banque mondiale, le transport entre mines, fonderies et ports s’effectue presque exclusivement par camion, notamment parce que la plupart des mines ne disposent pas d’embranchement ferroviaire et que leurs capacités sont insuffisantes. Les investissements dans les corridors ferroviaires ambitionnent précisément de modifier cet équilibre en rendant le rail plus compétitif sur les longues distances.

Pour la mine Kamoa-Kakula en RDC, une première cargaison a rejoint le port angolais de Lobito en huit jours grâce au rail, contre au moins 25 jours par route vers Durban ou Dar es Salaam, selon son propriétaire Ivanhoe. La réhabilitation de TAZARA doit améliorer des performances longtemps dégradées par le manque d’entretien et de matériel roulant. La Banque mondiale rappelle que cette ligne, conçue pour transporter jusqu’à 5 millions de tonnes par an, n’en acheminait plus qu’environ 500 000 en 2023. La Chine s’est engagée à investir environ 1,4 milliard de dollars dans la réhabilitation de ce corridor reliant la Zambie au port de Dar es Salaam, avec pour ambition de transporter annuellement 3 millions de tonnes de fret à terme.

Cette montée en puissance ne devrait cependant pas suffire à évincer le camion. Les investissements dans Lobito doivent porter la capacité du chemin de fer à 4,6 millions de tonnes de fret par an. Or, la RDC exportait déjà plus de 3,1 millions de tonnes de cuivre en 2024, tandis que la Zambie vise 3 millions de tonnes de production annuelle d’ici 2031. Alors que ses capacités ferroviaires ne sont en outre pas réservées au cuivre, la route devrait rester nécessaire au-delà des seuls trajets entre les mines et les terminaux ferroviaires.

Et si Lobito fonctionne déjà entre la RDC et l’océan Atlantique via l’Angola, son extension vers les régions minières zambiennes reste à construire. Le partage des volumes de fret devrait ainsi évoluer plutôt que se résumer à un remplacement de la route par le rail. Si la modernisation annoncée de quelques postes-frontières devient effective, la capacité de la route à conserver ce rôle dépendra toutefois d’un chantier plus large. La SADC souligne notamment la nécessité d’améliorer les axes routiers eux-mêmes, de mieux coordonner et numériser les procédures douanières, de renforcer la sécurité et le partage d’informations entre pays.

Emiliano Tossou

Le Kenya a été le berceau du mobile money moderne avec le lancement, en 2007, de M-Pesa, un système de transfert d’argent par téléphone portable qui a transformé l’économie du pays et inspiré le reste de la planète. Depuis, le succès fulgurant du système a suscité l’intérêt de l’administration fiscale et poussé d’autres acteurs du secteur financier à se réinventer pour rattraper leur retard dans le domaine des paiements mobiles et des services financiers numériques.

Les transactions de mobile money au Kenya ont enregistré des baisses en matière de volume et de valeur en 2025, reflétant une mutation structurelle profonde du paysage des paiements numériques et des comportements des consommateurs, selon des données publiées cette semaine par la Banque centrale kényane.

Dans son rapport « Bank Supervision Annual Report 2025 », le régulateur du système financier a révélé que le nombre mensuel de transactions de mobile money est passé de 309,3 millions en 2024 à 217,6 millions en 2025, enregistrant ainsi une forte baisse de 30 %. Dans le même temps, leur valeur mensuelle a reculé de 4 % pour s’établir à 722,5 milliards de shillings kényans (5,58 milliards de dollars) durant l’année écoulée, contre 753,5 milliards de shillings une année auparavant.

Ce repli du mobile money s’est produit alors que les infrastructures de télécommunications, ainsi que le nombre de comptes et d’agents de mobile money, ont continué à progresser. Le nombre d’abonnés aux réseaux de téléphonie mobile est passé de 71,4 millions en décembre 2024 à 78,4 millions une année plus tard, soit une augmentation de 10 %. Parallèlement, le réseau d’agents de mobile money actifs a enregistré une hausse de 24 %, passant de 381 116 agents en 2024 à 473 536 en 2025.

Au cours de la même période, le nombre d’abonnements aux services de mobile money a également progressé rapidement de 22 %, passant de 42,3 millions à 51,4 millions.

Comment expliquer alors la baisse de régime du secteur durant l’année écoulée alors que le Kenya est universellement reconnu comme le berceau mondial du mobile money, principalement grâce au succès phénoménal de sa plateforme nationale, M-Pesa, lancée en 2007 par l’opérateur Safaricom ?

De vieux rivaux qui se réinventent

Le rapport de la Banque centrale souligne d’abord un changement dans la manière dont les clients utilisent les services d’argent mobile dans le pays d’Afrique de l’Est qui a inspiré le reste de la planète en sautant l’étape de la bancarisation traditionnelle pour passer directement aux services financiers numériques. Les utilisateurs réduisent fortement les petits paiements et transferts au quotidien, et effectuent de plus en plus des transactions d’un montant élevé. Au bout du compte, les volumes de transactions chutent beaucoup plus vite que la valeur globale des fonds transférés. Cela signifie que, bien que moins de transactions aient été enregistrées, le montant moyen par transaction a augmenté durant l’année écoulée.

Le ralentissement du mobile money intervient également dans un contexte de hausse de la fiscalité appliquée aux transactions de mobile money. Le droit d’accise appliqué sur les frais de transaction facturés par les opérateurs est passé de 10 % à 12 % en 2018, puis à 15 % en 2023. Cette taxe pèse davantage sur les ménages à faibles revenus, qui réduisent la fréquence de leurs transferts ou se tournent de nouveau vers l’argent liquide pour éviter les frais appliqués par les opérateurs.

La baisse de régime du mobile money reflète par ailleurs l’utilisation croissante de canaux de paiement numérique alternatifs, y compris les paiements marchands et les plateformes bancaires mobiles. À mesure que plus d’options de paiement deviennent disponibles, les particuliers et les entreprises peuvent effectuer des transactions directement via des canaux numériques au lieu de dépendre aussi lourdement des agents pour les dépôts et retraits d’argent liquide. Malgré l’essor des canaux de paiement numériques alternatifs, qui dénotent une adaptation des autres acteurs de l’écosystème financier à la déferlante du mobile money, celui-ci continue de jouer un rôle important et reste au cœur de l’activité économique quotidienne, en particulier dans les zones rurales et mal desservies.

Walid Kéfi

Mines, agro-industrie, télécoms, hôtellerie ou infrastructures sportives : plusieurs grandes figures du football africain ont transformé une partie des revenus de leur carrière en investissements sur le continent. Derrière les millions engagés se dessinent des trajectoires très différentes, entre investissements aboutis et paris qui n’ont jamais tenu leurs promesses.

À Bambali, dans le sud du Sénégal, Sadio Mané a lancé cette semaine les travaux de SM10 Agro, un complexe destiné à transformer la mangue produite en Casamance grâce à un investissement de 20 millions de dollars. L’international sénégalais n’est pas le premier grand nom du football africain à convertir une partie des revenus de sa carrière en capital entrepreneurial sur le continent. Avant lui, plusieurs stars ont tenté de faire fructifier leurs millions dans leur pays d’origine. Que deviennent réellement ces investissements une fois les annonces et les inaugurations passées ?

De la mine de Drogba aux usines de Seydou Keïta

En Côte d’Ivoire, Didier Drogba (photo) a choisi l’or. Sa société, DYD International Holding, détenait 5 % de la mine d’Ity, dans l’ouest du pays. En décembre 2018, Endeavour Mining a racheté cette participation en échange de 1,07 million de ses propres actions, valorisées à environ 15 millions de dollars au moment de l’opération.

Drogba quittait ainsi le capital d’une mine dans laquelle il avait investi plusieurs années auparavant. Impossible toutefois d’en déduire le rendement de son placement : les 15 millions de dollars correspondent à la valeur de sa participation lors de la cession, et non au bénéfice réalisé par l’ancien attaquant de Chelsea.

Au Mali, Seydou Keïta a privilégié l’agro-industrie. L’ancien milieu du FC Barcelone a investi plus de 14 milliards FCFA (soit environ 24 millions $) dans le complexe Seydou Diogo Awa, inauguré en juillet 2024 à Sanankoroba, à une trentaine de kilomètres de Bamako. Six unités y produisent notamment du beurre de karité, des huiles, des aliments pour bétail, du savon et des emballages. Le projet avait été lancé trois ans plus tôt.

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Les quelque 14 milliards FCFA engagés par Keïta sont du même ordre de grandeur que les 11,7 milliards mobilisés aujourd’hui par Mané. Les deux joueurs ont également choisi la transformation agricole, avec des investissements destinés à traiter localement des matières premières.

À Sanankoroba, les difficultés sont cependant apparues après le démarrage des machines. En mars 2025, moins d’un an après l’inauguration, Journal du Mali rapportait que le complexe ne fonctionnait pas à plein régime en raison de problèmes d’approvisionnement en matières premières.

Télécoms, aviation, hôtellerie : des paris plus difficiles

Tous les investissements des footballeurs africains n’ont pas connu la même trajectoire. Samuel Eto’o en a fait l’expérience au Cameroun avec Set’Mobile.

Lancée en juillet 2012 par Eto’o Telecom, la marque arrivait sur un marché dominé par MTN et Orange. Le démarrage avait pourtant suscité de l’intérêt : 50 000 personnes avaient souscrit avant le lancement commercial. Quelques mois plus tard, l’entreprise revendiquait près de 200 000 abonnés.

Mais attirer les premiers clients ne suffisait pas. Dès les premiers mois, Set’Mobile peinait à se différencier par ses prix. En octobre 2012, certaines de ses communications étaient facturées plus cher que chez ses principaux concurrents et des distributeurs faisaient état d’une demande en recul.

En février 2026, Eto’o est revenu sur cette aventure en affirmant avoir engagé 4 milliards FCFA de fonds personnels dans le projet. L’ancien international camerounais présentait lui-même Set’Mobile comme l’un de ses échecs dans les affaires.

Au Ghana, Asamoah Gyan s’est attaqué à un secteur encore plus exigeant en capitaux : l’aviation. En 2017, l’ancien capitaine des Black Stars a créé BabyJet Airlines. Le projet avait obtenu une licence de transporteur aérien et son lancement avait été annoncé publiquement par le président Nana Akufo-Addo.

Malgré plusieurs dates de lancement annoncées, la compagnie n’avait toujours pas commencé ses opérations plusieurs années plus tard. À ce jour, aucun vol commercial n’a décollé sous cette marque. CAPA, spécialisé dans le secteur aérien, classe désormais BabyJet Airlines parmi les compagnies n’ayant jamais réussi à se lancer et considère le projet comme abandonné.

Nwankwo Kanu avait, lui, choisi l’hôtellerie au Nigeria. En 2004, l’ancien joueur d’Arsenal s’est associé à un homme d’affaires pour créer Hardley Apartments à Lagos, dont il détenait 70 %. L’entreprise a ensuite contracté un prêt bancaire de 457 millions de nairas afin de développer l’établissement. Le remboursement de cette dette a par la suite nourri plusieurs années de contentieux.

Pour Kanu, l’hôtel devait aussi répondre à une préoccupation très concrète : faire vivre sa fondation après la fin de sa carrière. L’ancien international expliquait en 2018 que la Kanu Heart Foundation, créée pour financer des opérations cardiaques, avait d’abord reposé sur ses revenus de footballeur. Hardley Apartments devait fournir une source de financement plus durable. Le projet a lui-même fini par être rattrapé par ses difficultés financières et judiciaires.

Investir pour l’après-football, mais aussi « chez soi »

Pour les joueurs, ces investissements répondent aussi à une réalité simple : une carrière sportive est courte et les revenus qui l’accompagnent ne durent pas toujours.

En 2021, une enquête de la FIFPRO menée auprès de 282 footballeurs et footballeuses en activité ou retraités dans 33 pays montrait que 67 % n’étaient pas certains de ce qu’ils feraient après leur carrière. Plus de la moitié, 54 %, déclaraient n’avoir reçu aucune aide pour préparer cette transition. Si les données ne portent pas spécifiquement sur les joueurs africains, elles illustrent les difficultés qui accompagnent le passage à l’après-football.

Certains commencent à s’y préparer très tôt. En 2017, à seulement 24 ans, l’international nigérian Ahmed Musa investissait environ 500 millions de nairas, soit 1,4 million de dollars à l’époque, dans un complexe sportif et de loisirs à Kano. L’ensemble comprend des terrains de football, une salle de sport, un restaurant et un espace destiné aux événements. Quelques mois après son ouverture, Musa inaugurait également une station-service dans la ville. ESPN relevait alors que le joueur cherchait déjà à investir en vue de son avenir.

Le choix du lieu n’est pas anodin. Musa avait commencé sa carrière professionnelle à Kano. Mané investit à Bambali, son village natal. Seydou Keïta a installé son complexe industriel au Mali. Drogba détenait une participation dans une mine ivoirienne. À la préparation de l’après-carrière s’ajoute donc souvent un retour du capital vers le pays, voire la région d’origine.

Les motivations et les modèles restent toutefois très différents. L’investissement peut viser à diversifier un patrimoine, générer des revenus après le football, financer d’autres activités ou créer de l’emploi local. Et les montants engagés ne suffisent pas à préjuger du résultat.

À Bambali, Sadio Mané en est encore au début de l’aventure. Les 20 millions de dollars mobilisés doivent permettre de bâtir l’usine, équiper le site et développer la plantation. Ensuite viendront les questions auxquelles toute entreprise agro-industrielle doit répondre : disposer de suffisamment de matière première, produire à un coût compétitif et vendre régulièrement. L’expérience de Seydou Keïta au Mali montre que ces difficultés peuvent apparaître une fois les machines installées.

Louis-Nino Kansoun

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Le gouvernement kényan cherche à transformer les besoins des institutions publiques en projets d’investissement structurés, avec des mécanismes destinés à réduire le risque pour les investisseurs et à faciliter la mobilisation de capitaux privés.

Le Kenya cherche à attirer davantage de capitaux privés vers la cuisson propre en structurant une demande publique estimée à 600 millions $. L’opportunité, présentée par la Kenya Investment Authority le mercredi 23 septembre, concerne notamment les écoles, les établissements de santé et les services pénitentiaires.

Les 600 millions $, identifiés dans l’Institutional Clean Cooking Investment Pack, ne correspondent pas à un financement déjà mobilisé, mais à un portefeuille d’opportunités lié à des marchés publics. Nairobi veut transformer cette demande en projets capables d’attirer des capitaux, notamment via le financement en monnaie locale, les garanties et le financement fondé sur les résultats, afin de réduire les risques et d’améliorer la visibilité des investisseurs.

Cette démarche intervient alors que l’accès à la cuisson propre reste limité au Kenya. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en 2023, 31 % de la population disposaient de solutions de cuisson propre, contre 10 % en 2013, ce qui laisse encore une large majorité de la population dépendante de combustibles polluants, notamment du bois.

Le gouvernement cible particulièrement les institutions publiques, où la consommation de bois et de charbon demeure élevée. La demande devrait également progresser avec l’extension du programme national de repas scolaires, qui doit porter le nombre d’élèves bénéficiaires de 1 million à 10 millions d’ici 2030.

Un enjeu qui dépasse le Kenya

L’initiative kényane s’inscrit dans un effort plus large visant à mobiliser des financements pour la cuisson propre en Afrique. Lors du premier Sommet africain sur la cuisson propre, organisé à Paris en 2024, les gouvernements et le secteur privé avaient annoncé 2,2 milliards $ d’engagements. Selon l’AIE, environ 740 millions $ avaient été déployés dans 22 pays africains en septembre 2026.

À l’échelle du continent, près d’un milliard de personnes en Afrique n’ont toujours pas accès à des solutions de cuisson propre, selon l’AIE. La transition vers ces solutions constitue donc un enjeu à la fois énergétique, sanitaire, environnemental et économique.

Carelle Yourann (stagiaire)

La sécurisation du trafic maritime constitue un enjeu majeur pour Djibouti, dont l’activité économique repose largement sur ses infrastructures portuaires. Le nouvel appui européen intervient dans une région où les risques pour la navigation restent élevés.

Le Conseil de l’Union européenne a décidé de doubler l’enveloppe destinée aux forces armées djiboutiennes, en la portant de 10 à 20 millions d’euros, soit environ 22,8 millions de dollars. L’annonce a été faite le mardi 22 septembre.

Cette enveloppe vise principalement à renforcer les capacités de la marine djiboutienne et à améliorer la sécurité maritime. Elle servira à entretenir et développer les équipements et moyens navals, à renforcer la surveillance de l’espace maritime, à accroître la présence en mer et à maintenir une capacité opérationnelle durable.

En juillet 2025, le conseil avait déjà adopté une première mesure d’assistance au titre de la Facilité européenne pour la paix.

Cette nouvelle décision intervient dans un contexte de tensions persistantes en mer Rouge et dans le golfe d’Aden. Djibouti occupe une position stratégique à l’entrée de la mer Rouge, à proximité immédiate du détroit de Bab-el-Mandeb, l’une des principales routes maritimes reliant l’océan Indien à la mer Rouge et, au-delà, au Moyen-Orient et à l’Europe.

Une part importante du commerce maritime mondial passe par cette zone. Selon le Council on Foreign Relations, entre 10 et 15 % du commerce maritime mondial, notamment du pétrole et des produits alimentaires, transite par ce corridor.

Depuis plusieurs années, et plus particulièrement avec la dégradation de la situation sécuritaire en mer Rouge, la protection des navires commerciaux et la surveillance maritime sont devenues une priorité. Selon les Nations unies, « les Houthis ont lancé une offensive visant à accroître leur poids stratégique sur la mer Rouge et le détroit ».

L’Organisation maritime internationale (OMI) indique par ailleurs que plusieurs actes ou tentatives de piraterie ont été recensés dans la région de la mer Rouge et du golfe d’Aden au cours des derniers mois.

Ces enjeux revêtent une importance particulière pour Djibouti, dont l’économie dépend largement de ses activités portuaires et de la présence de bases militaires étrangères. Le pays a ainsi développé plusieurs partenariats consacrés à la formation des garde-côtes et au renforcement de la sécurité en mer.

Lydie Mobio

L’enjeu pour la Côte d’Ivoire sera désormais de transformer ces engagements et financements en investissements productifs et en emplois, alors que le pays entame la mise en œuvre de son nouveau cycle de développement à l’horizon 2030.

En Côte d’Ivoire, la Banque mondiale entend accompagner les priorités du PND 2026-2030, notamment l’objectif de créer plus de 3 millions d’emplois sur cinq ans. Cette ambition a été rappelée le lundi 21 septembre à Abidjan, à l’ouverture des premières Journées portes ouvertes du Groupe de la Banque mondiale.

Pour contribuer à cet objectif, la Banque compte s’appuyer sur son portefeuille d’investissements couvrant plusieurs secteurs, tels que la santé, la protection sociale, l’énergie et la jeunesse. Pour l’exercice 2025-2026, ce portefeuille était estimé à 6,3 milliards $, couvrant 25 projets. Les chiffres du portefeuille de l’exercice actuellement en cours (2026-2027) n’ont pas été détaillés, mais le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly a révélé l’ambition de faire passer le taux de décaissement actuel de 32 % à 40 % sur la période.

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Cette initiative intervient alors que le gouvernement ambitionne de porter la population en emploi de 11,5 à 14 millions de personnes d’ici 2030 et de doubler le nombre d’emplois formels, actuellement supérieur à 1,5 million. Cette cible s’inscrit dans un PND qui vise une croissance moyenne de 7,2 % et une hausse de l’investissement privé.

Dans ce contexte, la Société financière internationale (SFI), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, qui revendique près de 2,7 milliards $ investis entre 2021 et 2025, devrait elle aussi financer les ambitions de l’État ivoirien. En mars, des échanges avec le directeur général de la SFI, Makhtar Diop, avaient permis d’inviter l’institution à participer au groupe consultatif international chargé de mobiliser des financements privés pour le PND 2026-2030.

Ce nouveau plan prévoit au total 114 838,5 milliards FCFA (199,78 milliards $) d’investissements sur cinq ans, dont 70,2 % devraient provenir du secteur privé, selon le ministère du Plan et du Développement. Le groupe consultatif organisé en juillet 2026 avait par ailleurs enregistré 80 milliards $ d’engagements, dont 17 milliards $ annoncés par le Groupe de la Banque mondiale.

Carelle Yourann (stagiaire)

Nairobi multiplie les initiatives pour développer ses capacités en intelligence artificielle et en intégrer davantage les usages dans ses institutions. Le nouvel accord conclu avec Anthropic prévoit une coopération dans la recherche, la formation, la sécurité et l’évaluation des systèmes d’IA.

Le Kenya et Anthropic ont conclu un accord de collaboration destiné à encadrer et à renforcer l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle (IA) dans le pays. L’entente intervient après plusieurs mois de travaux conjoints, a annoncé le mercredi 23 septembre Philip Thigo, envoyé spécial du Kenya pour les technologies auprès de la présidence kényane.

L’accord fixe un cadre de coopération dans plusieurs domaines, notamment le développement des compétences, la recherche, ainsi que la sécurité et l’évaluation des systèmes d’IA. L’éducation et la santé figurent également parmi les secteurs concernés.

Selon M. Thigo, le partenariat repose sur un principe simple : « cocréer avec les institutions kényanes, renforcer les capacités locales, tester ce qui fonctionne et déployer les solutions de manière responsable dans le respect du droit kényan ».

L’initiative vise également à veiller à ce que les technologies d’IA prennent en compte les réalités institutionnelles et linguistiques du Kenya, ainsi que ses priorités de développement et l’intérêt public. Elle doit aussi permettre au pays de renforcer sa capacité à participer à l’évaluation et à la gouvernance des technologies d’IA.

Une stratégie qui accompagne la transformation numérique du pays

Cette coopération intervient deux jours après la signature d’un accord avec l’Emerging Markets Working Group de la Hoover Institution de l’Université Stanford. Celui-ci vise à améliorer l’utilisation des données, de l’IA et des outils numériques au sein de l’administration.

Ces dernières années, le Kenya a accéléré sa transformation numérique et met notamment en œuvre sa « Kenya AI Strategy 2025-2030 ». Le pays cherche ainsi à renforcer les capacités de son administration et à accroître l’intégration des technologies numériques dans les services publics.

Parmi les initiatives engagées figurent l’extension de la plateforme eCitizen, qui donne accès à plus de 22 000 services publics, le développement de la connectivité haut débit, ainsi que la mise en œuvre du Government Enterprise Architecture (GEA) et du Government Interoperability Framework (GIF).

Le renforcement des compétences constitue également un enjeu majeur de cette transformation. Selon Africa’s Development Dynamics 2024, publié par l’OCDE et la Commission de l’Union africaine, 32,7 millions d’emplois au Kenya nécessiteraient des compétences numériques d’ici 2030. Parmi ces emplois, 21,4 millions nécessiteraient des compétences numériques de base et 1,7 million des compétences avancées.

Charlène N’dimon

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