(Agence Ecofin) - L’Union européenne constitue le principal débouché des exportations africaines de produits agricoles biologiques. Encore marginale sur ce marché, l’Algérie cherche à renforcer sa filière et son dispositif de certification, dans un contexte où les exigences de commercialisation se renforcent.
L’Union européenne (UE) et l’Algérie ont officiellement lancé, le mercredi 23 septembre, un projet de jumelage institutionnel baptisé « Appui au cadre normatif régissant l’agriculture biologique et la labellisation ». D’un coût de 1 million d’euros (1,13 million $), l’initiative est financée par l’UE et mise en œuvre au bénéfice du ministère algérien de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche (MADRP) en partenariat avec les ministères italien et français de l’Agriculture sur une période de 24 mois.
De quoi s’agit-il ?
Selon la Commission européenne, le jumelage institutionnel est un mécanisme de coopération technique permettant à une administration publique de bénéficier de l’expertise de ses homologues européennes afin de renforcer ses capacités, d’améliorer ses procédures et d’adapter son cadre réglementaire aux standards internationaux.
Dans le cas de l’Algérie, cette coopération porte sur deux volets. Le premier qui concerne l’agriculture biologique, vise à accompagner l’élaboration du cadre réglementaire et de ses textes d’application, préciser les responsabilités des structures compétentes et organiser les procédures de contrôle et de certification en Algérie. Il prévoit également le renforcement des compétences des acteurs appelés à faire fonctionner le futur dispositif national.
Le second volet porte sur le Label Agricole de Qualité (LAQ). « Cinq filières pilotes seront accompagnées dans l’analyse des produits, l’identification de leurs spécificités et la définition des critères de qualité. Cette démarche conduira à l’élaboration participative de cinq cahiers des charges, en vue de leur soumission au Comité national de labellisation », détaille un communiqué de la délégation de l’UE en Algérie sur son site.
Un marché européen stratégique, mais plus exigeant
Ce développement intervient alors que l’Union européenne occupe une place centrale dans le commerce africain des produits biologiques. En 2024, l’Afrique a exporté 687 395 tonnes de produits agricoles biologiques vers l’UE et les États-Unis, selon la dernière édition du rapport « The World of Organic Agriculture » publiée le 14 février dernier par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL). L’UE en a absorbé 428 845 tonnes, soit 62,4 % du volume.
Il convient toutefois de noter que l’accès au marché européen est devenu plus exigeant depuis l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2022, du nouveau règlement sur l’agriculture biologique. Celui-ci renforce les règles de contrôle et de certification des produits importés de pays tiers. Une période de transition a toutefois été prévue pour certains pays et organismes déjà reconnus sous l’ancien système, avec des échéances allant jusqu’au 31 décembre 2026. Pour les exportateurs, disposer d’un système fiable de certification devient donc essentiel pour accéder au marché européen.
Dans ce contexte la volonté d’Alger de structurer son propre secteur prend une importance particulière. Les données disponibles sur l’agriculture biologique montrent encore une présence limitée du pays à l’échelle africaine. Avec 4 103 hectares de terres agricoles biologiques en 2024, l’Algérie ne représente ainsi qu’environ 0,15 % des 2,8 millions d’hectares recensés sur le continent, selon le FiBL.
Cette faible présence se retrouve également dans les échanges. En 2024, le pays a exporté 3 701 tonnes de produits biologiques vers l’Union européenne et les États-Unis, dont environ 84 % vers le seul marché européen.
Reste à voir dans quelle mesure le projet de jumelage engagé avec les partenaires européens pourra permettre à la filière algérienne de mieux se positionner sur le marché international des produits agricoles biologiques.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
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