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Glencore – Ivanhoe : Washington accélère son offensive sur les minéraux critiques en RDC

  • Date de création: 04 février 2026 06:38

(Agence Ecofin) - Dans la course mondiale aux minéraux critiques, les États-Unis cherchent depuis plusieurs mois à renforcer leurs positions sur le sous-sol congolais et ses ressources. Cette ambition a notamment été entérinée par la conclusion d’un partenariat bilatéral avec le gouvernement congolais en 2025.

En République démocratique du Congo (RDC), la mine de zinc Kipushi figure parmi les actifs susceptibles d’alimenter le projet américain de stock stratégique de minéraux critiques, doté de 12 milliards USD. L’information a été rapportée mardi 3 février par son opérateur canadien Ivanhoe Mines, qui précise être en pourparlers avec ses partenaires sur le projet, y compris la compagnie minière publique Gécamines, sur les modalités de cette initiative. Ce mouvement, combiné à une autre offensive américaine ciblant au même moment les mines de cuivre congolaises exploitées par le groupe suisse Glencore, illustre l’accélération des plans de Washington dans les minéraux critiques en RDC.

Deux offensives pour alimenter le marché américain

Lancé plus tôt cette semaine, le stock stratégique de minéraux critiques des États-Unis vise à sécuriser les filières industrielles nationales face au risque de ruptures d’approvisionnement. Si les sources d’alimentation de cette réserve n’ont pas encore été officiellement dévoilées, la communication d’Ivanhoe Mines autour de la mine de Kipushi apporte un premier indice. L’entreprise et ses partenaires discutent en effet d’un accord pour exporter, à cette fin, vers les États-Unis le concentré de zinc, de cuivre, de plomb, ainsi que de germanium et de gallium issus de ce site.

L’opération passerait, apprend-on, par une société de négoce récemment créée par la Gécamines et le groupe suisse Mercuria. Pour mémoire, la compagnie publique congolaise détient 38 % de la mine de Kipushi, tandis que Mercuria bénéficie depuis 2025 du droit d’acquérir jusqu’à un tiers du concentré de zinc non encore attribué de Kipushi. Si les contours définitifs de l’initiative restent à préciser, la stratégie américaine de sécurisation des approvisionnements s’étend parallèlement aux mines de cuivre et de cobalt Mutanda et Kamoto, exploitées par Glencore.

Cette fois, il ne s’agit pas d’alimenter le stock stratégique en cours de constitution, mais de sécuriser directement une part de la production de ces actifs. Concrètement, Orion Critical Mineral, consortium créé l’an dernier avec le soutien de Washington, a signé un protocole d’accord avec Glencore pour acquérir 40 % des intérêts dans les deux mines. Selon un communiqué conjoint publié, mardi, la transaction impliquerait une valorisation combinée d’environ 9 milliards de dollars pour Mutanda et Kamoto. L’objectif est de disposer, à terme, d’un volume de production proportionnel à cette participation pour des acheteurs désignés, « garantissant ainsi l’approvisionnement en minéraux des États-Unis et de leurs partenaires ».

De premiers pas pour le partenariat minier États-Unis -RDC

Pris ensemble, le projet annoncé à Kipushi et les initiatives autour des mines de Glencore répondent ainsi à une même logique : assurer l’approvisionnement du marché américain en minéraux critiques. Plus largement, il s’agit des premières avancées tangibles dans le cadre du partenariat bilatéral conclu début décembre 2025 entre Kinshasa et Washington, destiné à encourager les investissements américains dans le secteur minier congolais.

En janvier, une liste d’actifs miniers stratégiques congolais a d’ailleurs été soumise aux entreprises américaines dans le cadre de cet accord commercial. Son contenu reste toutefois confidentiel, et l’on ignore si les trois mines récemment ciblées par les initiatives américaines en RDC y figurent. Toutefois, selon le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau, l’offre formulée par Orion CMC à Glencore s’inscrit déjà pleinement dans les objectifs fixés par le partenariat entre Kinshasa et Washington.

 « Cette transaction proposée entre Glencore et le consortium Orion Critical Mineral, soutenu par les États-Unis, reflète les objectifs fondamentaux de l'accord de partenariat stratégique États-Unis-RDC en encourageant un accroissement des investissements américains dans le secteur minier de la RDC et en promouvant des flux sûrs, fiables et mutuellement avantageux de minéraux critiques entre nos deux pays », a notamment déclaré le responsable américain.

Pour la RDC, ces initiatives vont au-delà de l’attraction de nouveaux investissements miniers. Elles traduisent aussi une volonté affirmée de réduire l’emprise des acteurs chinois sur le secteur minier national. Leur concrétisation reste toutefois à confirmer, l’offre faite à Glencore étant notamment conditionnée à la signature d’accords juridiquement contraignants et à l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires. L’évolution de ces dynamiques sera donc à suivre dans les prochaines semaines, alors que Glencore et Orion affichent déjà leur intention « d’acquérir des projets et des actifs miniers critiques supplémentaires en RDC ».

Aurel Sèdjro Houenou

Lire aussi :

24/10/2025 - Minéraux critiques : un consortium doté de 1,8 milliard $ va soutenir la demande américaine

28/08/2025 - RDC : avec Mercuria, Ivanhoe couvre désormais la vente de 100% du zinc de Kipushi

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