Le Burkina Faso veut améliorer le pilotage de son système de santé en s’appuyant sur des données fiables, accessibles et géolocalisées. La numérisation de la carte sanitaire doit notamment aider à mieux planifier l’offre de soins et à orienter la répartition des ressources.
Au Burkina Faso, le ministère de la Santé a placé la numérisation de la carte sanitaire au cœur de son premier conseil d’administration de secteur ministériel (CASEM) de 2026, tenu le lundi 21 septembre à Ouagadougou. L’objectif est de disposer de données fiables, accessibles et géolocalisées pour mieux planifier l’offre de soins et répartir les ressources.
La numérisation doit permettre de visualiser les disparités géographiques dans l’offre de soins et d’appuyer plusieurs décisions : localisation des infrastructures, affectation des ressources humaines, approvisionnement en médicaments essentiels et entretien des équipements biomédicaux. Le ministère présente ainsi la carte non seulement comme un outil de recensement, mais aussi comme un instrument de planification et de pilotage du système sanitaire.
La géolocalisation au service de la planification sanitaire
Cette orientation rejoint les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son initiative sur les données géolocalisées des établissements de santé vise à aider les ministères à disposer d’un répertoire régulièrement mis à jour recensant notamment le nombre d’établissements, leur localisation et les services proposés par chaque structure. L’OMS estime que ces données permettent d’analyser l’accessibilité des établissements, d’identifier les zones insuffisamment couvertes et d’améliorer la planification des interventions sanitaires.
Le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique a d’ailleurs lancé en 2025 une base de données géospatiales régionale regroupant notamment les établissements de santé, les populations et les limites administratives. La plateforme permet aux pays de mettre à jour et de partager des données vérifiées, ainsi que de les intégrer à d’autres systèmes grâce à des interfaces dédiées. L’objectif est notamment d’améliorer l’interopérabilité et la prise de décision fondée sur les données.
Au Burkina Faso, la numérisation de la carte sanitaire s’inscrit dans une transformation numérique déjà engagée. Le Plan stratégique de la santé numérique 2025-2029 fait de la disponibilité de données de qualité pour la prise de décision un objectif central. Le document identifie toutefois plusieurs obstacles, dont la connectivité insuffisante de certaines structures sanitaires, le manque de ressources spécialisées et la faible interopérabilité entre les différentes plateformes numériques.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
Avec 29 % des inscrits âgés de 60 ans et plus, contre 4 % pour les 18-24 ans, le corps électoral marocain se caractérise par un net déséquilibre générationnel. Une configuration qui prend une résonance particulière dans une campagne où l’emploi, le pouvoir d’achat et la protection sociale occupent une place importante dans les programmes des formations politiques.
Le Maroc se rend aux urnes ce mercredi 23 septembre pour élire les 395 membres de la Chambre des représentants. Il s’agit des douzièmes élections législatives depuis l’indépendance du Royaume. Au total, 15,8 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales, selon les données officielles.
Vingt-huit partis, dont une alliance constituée pour ce scrutin, ainsi que deux listes de candidats indépendants, participent à la compétition. Selon les autorités, 7288 candidatures ont été enregistrées à l’échelle nationale. Les candidatures féminines s’élèvent à 2658, soit 36,47 % du total. Parmi les candidats figurent 227 parlementaires en exercice qui cherchent à conserver leur mandat.
La structure du corps électoral fait toutefois ressortir un déséquilibre générationnel. Les personnes âgées de 60 ans et plus représentent plus de 29 % des inscrits, contre seulement 4 % pour les 18-24 ans. Les 25-34 ans représentent 15 % des inscrits. Les hommes représentent par ailleurs 54 % des inscrits, contre 46 % de femmes, tandis que 55 % des inscrits résident en milieu urbain.
Cette structure de l’électorat prend une résonance particulière dans un contexte où l’emploi des jeunes figure parmi les principaux enjeux de la campagne. Selon les premiers résultats de l’Enquête sur la main-d’œuvre 2026 (EMO2026), le taux de chômage des 15-24 ans atteint 29,2 %, soit le niveau le plus élevé parmi les différentes catégories d’âge. Dans ce contexte, les formations politiques mettent notamment en avant des mesures liées à l’emploi, au pouvoir d’achat, au logement et à la protection sociale.
Le scrutin doit également déterminer la composition de la prochaine Chambre des représentants et contribuer à définir les contours de la future majorité parlementaire. Les choix qui seront faits au Parlement interviendront notamment dans un contexte de poursuite des investissements dans les infrastructures, alors que le Maroc prépare la Coupe du monde 2030, qu’il coorganise avec l’Espagne et le Portugal.
Les autorités ont par ailleurs renforcé le dispositif de supervision du scrutin. Plus de 3000 observateurs issus d’organisations nationales, ainsi que des observateurs internationaux, sont mobilisés pour suivre le processus électoral.
Carelle Yourann (stagiaire)
Edité par M.F. Vahid Codjia
La relance de la production pétrolière au Bénin a connu plusieurs reports depuis le lancement des forages en 2025. Chaque échéance manquée a renforcé l’attente autour d’une première commercialisation.
Après une absence de près de trois décennies, le Bénin s’apprête à vendre sa première cargaison de pétrole brut. Selon des informations relayées par plusieurs médias locaux, l’opérateur Akrake Petroleum Benin, prévoit de mettre sur le marché international 250 000 barils extraits du champ offshore de Sèmè en octobre.
Le champ de Sèmè, situé dans le Bloc 1 au large du pays, avait produit environ 22 millions de barils entre 1982 et 1998 avec la société norvégienne Saga Petroleum, avant d’être fermé en raison d’un cours du brut tombé à 14 dollars le baril. Le Bloc 1 a été attribué en décembre 2023 à Akrake Petroleum Benin, filiale du groupe singapourien Rex International Holding, dans le cadre d’un contrat de partage de production. Rex International détient 76 % des intérêts, l’État béninois 15 % et la société locale Octogone Trading 9 %.
La reprise n’a pas été linéaire. La campagne de forage lancée en août 2025 a été perturbée par des difficultés géomécaniques dans des couches de schistes instables situées au-dessus du réservoir. Cette situation a entraîné plusieurs incidents techniques ayant conduit au report du démarrage initialement prévu avant fin 2025, a rapporté Agence Ecofin en janvier dernier.
Le forage du puits horizontal AK-2H, le puits de production clé ciblant le réservoir H6, s’est achevé avec succès début février 2026, mais les opérations de raccordement aux unités offshore ont encore retardé le calendrier. La production effective a finalement démarré en mars 2026, grâce à la mise en service de l’unité mobile de production offshore Stella Energy 1 et de l’unité flottante de stockage et de déchargement Kristina.
Une relance encore en deçà du potentiel
Le rythme actuel tourne autour de 3000 barils par jour, soit nettement en dessous des 5 000 à 6 000 barils quotidiens initialement projetés pour cette phase. Les réserves prouvées et probables du champ ont été évaluées à 10,9 millions de barils dans un rapport indépendant publié en mars 2025.
La cargaison de 250 000 barils attendue en octobre représente donc environ deux mois de production au rythme actuel. L’identité de l’acheteur de cette première cargaison n’a pas été rendue publique. Le Bénin aborde sa commercialisation sur le marché international, dans un contexte de perturbations liées à la fermeture du détroit d’Ormuz depuis février et de reconfiguration des flux pétroliers mondiaux.
En parallèle de cette dynamique, source d’instabilité des cours du Brent qui oscille actuellement autour de 98 dollars le baril, d’après les données de OilPrice, l’opérateur traverse une période de turbulences financières.
Dans un communiqué du 19 février 2026, Lime Petroleum Holding, la holding norvégienne par laquelle Rex International contrôle Akrake, reconnaissait que les surcoûts de forage et les retards de production au Bénin avaient conduit ses capitaux propres en territoire négatif.
Abdel-Latif Boureima
Édité par Wilfried ASSOGBA
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De Rabat à Nouakchott, les infrastructures routières deviennent un nouvel instrument dans la compétition pour l’accès aux marchés ouest-africains et sahéliens, où plusieurs corridors cherchent désormais à s’imposer.
Le Maroc et la Mauritanie ont franchi une nouvelle étape vers le renforcement de leur interconnexion routière, avec la signature d'une convention-cadre le lundi 21 septembre à Rabat, pour la réhabilitation et l’élargissement de la route de 480 km reliant Nouakchott à Nouadhibou. Selon le ministère marocain de l’Equipement, le projet doit améliorer la liaison entre les réseaux routiers des deux pays, et faciliter la circulation des transporteurs et opérateurs économiques. Il vise également à fluidifier les échanges commerciaux et à soutenir la coopération dans les domaines économique, commercial et de l’investissement.
Au-delà de la liaison, cette infrastructure s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des connexions terrestres vers l’Afrique de l’Ouest. Le projet est en effet présenté comme l’un des axes structurants de l’Initiative Atlantique portée par le roi Mohammed VI, qui entend notamment renforcer les liaisons entre le Maroc, la Mauritanie, et les pays enclavés du Sahel.
A terme, cette stratégie doit contribuer à améliorer l’accès au réseau logistique marocain pour des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Pour ces Etats dépourvus d’accès direct à la mer, la disponibilité de corridors routiers efficaces constitue un enjeu majeur pour l'approvisionnement et l’acheminement des exportations vers les ports et les marchés internationaux.
Cette orientation complète le développement des infrastructures portuaires marocaines, notamment autour de la plateforme de Tanger Med. Le pays dispose aujourd’hui d’une importante capacité de traitement des flux maritimes, dont une partie est destinée au transbordement à destination d’autres marchés africains. Le renforcement des liaisons terrestres doit permettre de prolonger cette connectivité maritime vers l’intérieur du continent.
Rabat devra toutefois composer avec une concurrence régionale croissante, notamment celle de l’Algérie, qui cherche elle aussi à utiliser la Mauritanie comme point d’accès aux marchés ouest-africains. Alger et Nouakchott ont engagé plusieurs projets destinés à renforcer cette connexion, dont la route Tindouf - Zouérate, présentée par les autorités mauritaniennes comme un axe devant permettre à l’Algérie de se connecter à l’Afrique de l’Ouest. En parallèle, Alger développe une zone de libre-échange à Tindouf, et a renforcé sa desserte maritime vers Nouakchott, Nouadhibou et Dakar.
Henoc Dossa
Edité par : Feriol Bewa
Des investissements soutenus, plusieurs nouvelles mines en préparation et les ambitions de l’État contribuent à façonner le secteur aurifère ivoirien. À travers son projet Boundiali, la société australienne Aurum Resources entend elle aussi prendre activement part à cette dynamique.
La junior minière australienne Aurum Resources a annoncé, mercredi 23 septembre, avoir obtenu des engagements fermes d’investisseurs pour une levée de fonds de 52,5 millions de dollars australiens (environ 37 millions USD). Cette enveloppe doit notamment financer les premières étapes de son plan visant à faire progresser le projet Boundiali vers une future mine d’or en Côte d’Ivoire.
L’opération présentée comme un placement, porte sur l’émission de 95,4 millions de nouvelles actions Aurum et bénéficie du soutien d’investisseurs déjà présents au capital comme de nouveaux entrants. La société indique que les fonds levés doivent porter sa trésorerie à environ 95 millions de dollars australiens. Ils seront notamment consacrés à l’acquisition d’équipements à long délai de livraison pour la future usine de traitement de Boundiali, à la construction de la route d’accès au site, à l’acquisition des terrains destinés à l’usine et au parc à résidus, ainsi qu’à la poursuite des travaux d’exploration.
La mention de ces premiers investissements dans les infrastructures de la future mine illustre la trajectoire désormais envisagée par Aurum pour Boundiali. Parti il y a encore près de deux ans d’un projet d’exploration sans découverte majeure, l’actif dispose aujourd’hui de 3,22 millions d’onces de ressources minérales. Une étude de préfaisabilité (PFS) publiée en juin prévoit une exploitation industrielle capable de produire au total 1,5 million d’onces d’or sur 11 ans, dont une moyenne annuelle de 185 000 onces au cours des cinq premières années. Ces paramètres doivent encore être affinés dans le cadre d’une étude de faisabilité définitive (DFS), attendue d’ici fin 2026.
Le nouveau financement constitue ainsi une étape supplémentaire dans la préparation du projet. Le placement ne nécessite pas l’approbation préalable des actionnaires et sa finalisation est attendue le 29 septembre. Si les fonds doivent permettre à Aurum d’avancer sur des éléments clés du développement avant même la finalisation de la DFS, ils ne couvrent pas à eux seuls les investissements nécessaires à la construction de la mine. La PFS évalue actuellement le capital de pré-production à 342 millions USD. La prochaine étape consistera donc à voir comment les résultats de la DFS, puis la décision finale d’investissement, préciseront les besoins et les conditions de financement du projet.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
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En février 2026, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Nigeria (CBN) avait abaissé son taux directeur à 26,50 %, avant de le maintenir à ce niveau au cours des mois suivants. Une nouvelle baisse intervient dans un contexte de ralentissement progressif de l’inflation et d’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques.
Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Nigeria (CBN) a décidé d’abaisser son taux directeur de 350 points de base, à 23 %, contre 26,5 % auparavant. C’est ce qu’indique le communiqué de l’institution publié le mardi 22 septembre, à l’issue de la 307e réunion du Comité. Cette baisse intervient après six mois de maintien du taux directeur, en vigueur depuis mars 2026.
Cette réduction s’inscrit dans un contexte de désinflation progressive, illustrée par trois mois consécutifs de recul de l’inflation globale. En glissement annuel, celle-ci est ressortie à 15,39 % en août 2026, contre 15,43 % en juillet. La tendance est également visible du côté des prix alimentaires, dont l’inflation est passée de 20,31 % à 19,57 % entre juillet et août. L’inflation sous-jacente a, pour sa part, reculé de 14,97 % à 13,29 % sur la même période.
La CBN souligne surtout que la moyenne mobile sur douze mois de l’inflation globale s’est établie à 16,30 % en août, contre 16,89 % en juillet, marquant vingt mois consécutifs de ralentissement.
Parallèlement à la réduction du taux directeur, le Comité de politique monétaire a ajusté le corridor des facilités permanentes à +50/-300 points de base. Il a précisé que « le recalibrage de la fourchette ne constituait pas un changement de l’orientation actuelle de la politique monétaire, mais plutôt un réajustement opérationnel visant à améliorer l’efficacité de la politique monétaire et à soutenir la transition vers un cadre de ciblage de l’inflation ».
Cette décision intervient dans un contexte de progression de l’activité économique. Le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 4,43 % au deuxième trimestre 2026, contre 3,89 % au premier trimestre, porté principalement par l’agriculture, les services et le secteur pétrolier. Le solde de la balance des paiements s’est également amélioré, passant d’un excédent de 2,38 milliards $ au premier trimestre à 3,51 milliards au deuxième trimestre 2026.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), les réformes macroéconomiques mises en œuvre au Nigeria depuis 2023 ont contribué à stabiliser l’économie. Les membres du Comité estiment également que le contexte macroéconomique actuel reste propice à ce recalibrage sans compromettre le processus de désinflation. L’institution estime que l’inflation devrait continuer à se modérer à court et moyen termes, soutenue par la stabilité du marché des changes ainsi que par l’effet différé des précédentes mesures de resserrement monétaire.
Lydie Mobio
Edité par M.F. Vahid Codjia
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Avec la transformation numérique en cours, les usages et les besoins en télécommunications augmentent et se diversifient. Les opérateurs s’adaptent pour y répondre.
L’opérateur de téléphonie public Tunisie Telecom a choisi la société néerlandaise VC4 B.V. pour gérer l’inventaire de son réseau fixe et mobile à l’échelle nationale. Annoncé le mardi 22 septembre, le partenariat s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large de transformation numérique et de modernisation de ses systèmes de support opérationnel (OSS).
Grâce à la plateforme Service2Create de VC4, Tunisie Telecom doit pouvoir centraliser les données relatives aux différents composants de ses réseaux fixe et mobile. Il peut s’agir des équipements de transmission, des fibres optiques, des infrastructures d’accès, des sites mobiles, des équipements IP ou encore des ressources associées à ces réseaux. L’objectif est de disposer d’une vue unifiée de ces infrastructures, de leur localisation, de leur état et de leurs interconnexions afin de faciliter leur exploitation, leur maintenance et leur évolution.
Cette opération s’inscrit dans le prolongement d’initiatives déjà engagées par Tunisie Telecom pour digitaliser la gestion de ses infrastructures. En 2022, l’opérateur avait mis en place GeoNetwork, un système de gestion géospatiale de l’inventaire de son infrastructure réseau et de ses équipements physiques. Il avait également déployé une base d’adresses géolocalisées, ainsi que des outils destinés à automatiser les études d’éligibilité et de faisabilité technique et à optimiser la gestion des équipes sur le terrain.
La modernisation de l’entreprise figure par ailleurs parmi les volets du financement pouvant atteindre 190 millions d’euros obtenu en janvier 2026 auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Le programme prévoit entre autres la modernisation du réseau mobile avec le passage de la 3G/4G à la 5G, l’extension du réseau fibre pour raccorder jusqu’à 200 000 foyers, ainsi que la modernisation du backbone et du cœur de réseau. Il comprend aussi la connexion de Tunisie Telecom au câble sous-marin MEDUSA pour renforcer sa connectivité internationale.
Une pression accrue sur le marché
Ces efforts interviennent dans un contexte de développement des usages numériques et de diversification des besoins en connectivité, qui amènent les opérateurs à faire évoluer leurs réseaux et leurs outils de gestion. Tunisie Telecom doit en parallèle composer avec une concurrence importante sur le marché télécoms national.
Selon les données de l’Institut national des télécommunications (INT), l’opérateur historique compte 4,4 millions d’abonnés à la téléphonie mobile au deuxième trimestre 2026, contre 6,5 millions pour Ooredoo et 3,9 millions pour Orange. Sur le segment de l’Internet mobile, Tunisie Telecom compte 3,4 millions d’abonnés, contre 4,5 millions pour Ooredoo et 2,9 millions pour Orange.
Tunisie Telecom conserve toutefois une position dominante sur la téléphonie fixe, avec un parc de 1,3 million d’abonnements, contre 471 000 pour Ooredoo et 329 000 pour Orange. Sur le segment de l’Internet fixe, l’opérateur historique compte 392 000 abonnés. Il arrive ainsi en troisième position, derrière Ooredoo (489 000) et Orange (398 000).
Isaac K. Kassouwi
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Après plusieurs années à des postes liés au renseignement et à la Présidence, Ahmat Kogri prend la tête de la diplomatie tchadienne dans un environnement régional marqué par la guerre au Soudan, l’insécurité aux frontières et la recomposition des partenariats militaires du pays.
Ahmat Kogri (photo) a officiellement pris ses fonctions le mardi 22 septembre en qualité de ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger.
Avant cette nomination, il était le conseiller aux Affaires africaines et internationales à la Présidence de la République, poste qu’il occupait depuis juillet 2025. Son parcours au sein de l’appareil d’État l’a conduit à exercer plusieurs responsabilités dans les domaines de la sécurité et des affaires institutionnelles. Il a dirigé pendant près de sept ans l’Agence nationale de sécurité (ANSE), dont il avait pris la tête en juillet 2017 avant de quitter ses fonctions en 2024. La même année, il avait été nommé ministre secrétaire particulier du président de transition.
Une diplomatie à l’épreuve des enjeux sécuritaires régionaux
La nomination d’Ahmat Kogri intervient dans un contexte régional marqué par de fortes tensions sécuritaires, notamment aux frontières du Tchad. La guerre au Soudan, les menaces aux frontières et l’évolution des partenariats militaires du pays comptent parmi les dossiers auxquels sa diplomatie devra être attentive. Plus largement, le Sahel est marqué par une évolution des alliances et des partenariats sécuritaires, dans un contexte de recomposition des relations entre les différents acteurs de la région.
En février 2026, N’Djamena avait fermé sa frontière avec le Soudan afin, selon les autorités, de prévenir tout risque d’extension du conflit sur le sol tchadien, de protéger les concitoyens et les populations réfugiées, ainsi que de garantir la stabilité et l’intégrité territoriale.
En outre, le bassin du lac Tchad reste exposé à la menace des groupes armés, dont Boko Haram, tandis que les frontières avec la République centrafricaine et le Cameroun restent sous surveillance. Le Tchad doit ainsi composer avec plusieurs foyers d’instabilité autour de son territoire, ce qui confère aux relations avec les pays voisins une dimension directement sécuritaire.
Le nouveau ministre devra également accompagner l’évolution des partenariats militaires du Tchad. Depuis la fin de la présence militaire française permanente en 2025, N’Djamena cherche à diversifier ses alliances. Après la rupture des accords de défense et le retrait des forces françaises, le Tchad et la France ont engagé un rapprochement en 2026, avec des discussions autour d’une nouvelle forme de coopération militaire.
Lydie Mobio
Le Gabon a engagé depuis 2023 une politique de transformation locale de ses matières premières. Sa concrétisation dépend d’un secteur énergétique dont les fragilités structurelles restent à ce jour sans réponse définitive.
Lors d’une réunion tenue en Chine entre le ministre gabonais des Mines, Sosthène Nguema Nguema, et les équipes de Huawei Digital Power Technologies le défi de l’accès à l’électricité au Gabon a été mis en exergue. Selon les données rapportées samedi 19 septembre par l’Agence gabonaise de presse (AGP), le pays accuse un déficit de 500 mégawatts (MW) dans sa seule capitale, et ses besoins totaux pourraient atteindre 2,5 gigawatts (GW) si l’industrie minière se développe comme prévu.
Ces chiffres pèsent d’autant plus lourd que le Gabon a pris un engagement industriel majeur. Fin juillet, Libreville a signé avec Eramet et sa filiale Comilog qui extrait environ 90 % du manganèse national, un accord pour transformer jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an sur le sol gabonais d’ici fin 2031. Le texte reconnaît qu’une énergie à la fois stable et à prix compétitif conditionne la viabilité du projet.
Or la trajectoire actuelle va dans le sens inverse. Au premier trimestre 2026, la production d’électricité a reculé de 20 % sur un an, indique la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF) dans sa dernière note de conjoncture. Un recul qui fragilise davantage le Pacte national de l’énergie, publié en juin et qui vise 1100 MW installés d’ici 2030.
Dans son discours sur l’état de la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé plus de 800 milliards de francs CFA (environ 1,3 milliard de dollars) en nouvelles capacités, tout en reconnaissant que les résultats prendront plusieurs années. Dans ce contexte, Huawei a proposé d’associer hydroélectricité, énergie solaire et batteries pour rapprocher la production des zones minières plutôt que d’étendre un réseau national déjà fragile.
Le groupe a cité notamment un projet en Arabie saoudite combinant 400 MW de solaire et 1,3 gigawattheure (GWh) de stockage, a rapporté Gabon Infos. Le Gabon dispose par ailleurs d’un potentiel hydroélectrique estimé entre 5 000 et 6 000 MW par plusieurs études sectorielles, une ressource encore largement sous-exploitée.
Face à ce défi, la question du financement reste entière. On ignore encore qui construira ces infrastructures, qui en assumera la maîtrise d’ouvrage et à quel tarif l’électricité sera fournie aux industriels. D’après l’AGP, Huawei recommande une coordination entre le ministère des Mines, le ministère de l’Énergie, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et les entreprises minières pour trancher ces points.
Abdel-Latif Boureima
Édité par Wilfried ASSOGBA
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La technologie satellitaire gagne du terrain en Afrique, suscitant l’intérêt des consommateurs, des opérateurs et des gouvernements. Elle est perçue comme un moyen d’étendre la connectivité et de réduire la fracture numérique sur le continent.
L’entreprise canadienne d’infrastructures télécoms NuRAN Wireless teste au Nigeria le recours au service de Starlink pour améliorer la connectivité de l’un de ses sites mobiles ruraux. L’expérimentation doit déterminer si le satellite peut constituer une alternative aux solutions terrestres dans les zones difficiles à connecter, avant une éventuelle extension à d’autres marchés africains.
Dans un communiqué publié mardi 22 septembre, NuRAN Wireless a précisé que le service Starlink utilisé dans le cadre du pilote est fourni par l’intermédiaire d’un prestataire tiers. La société ajoute qu’elle n’a ainsi aucune relation contractuelle ou commerciale directe avec Starlink ou SpaceX pour cette expérimentation. Elle est menée en partenariat avec Infratel.
Le satellite comme complément aux solutions terrestres
Selon NuRAN, l’utilisation de Starlink pourrait permettre de rendre accessibles des sites ruraux jusque-là difficiles à connecter, en leur apportant une capacité de transmission plus importante. L’entreprise estime que le satellite peut être particulièrement utile dans les zones où le raccordement terrestre est contraint par la géographie, le manque d’infrastructures ou son coût.
Concrètement, une antenne mobile doit être reliée au reste du réseau de l’opérateur pour acheminer les données échangées par les utilisateurs. Cette liaison, appelée backhaul, peut être assurée par la fibre optique ou par des liaisons hertziennes. Dans certaines zones rurales, ces solutions sont difficiles ou coûteuses à déployer. C’est là que le satellite devient intéressant, grâce à sa capacité à fournir une couverture généralisée.
NuRAN ne prévoit toutefois pas de remplacer systématiquement les solutions terrestres par le satellite. L’entreprise indique vouloir continuer à utiliser la fibre, les liaisons hertziennes et d’autres technologies lorsque les conditions locales le permettent, et recourir au satellite lorsque la géographie ou les coûts rendent ces options moins adaptées.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que NuRAN explore le satellite pour connecter ses infrastructures rurales. L’entreprise avait déjà travaillé avec des fournisseurs comme Avanti Communications et Eutelsat dans le cadre de précédentes initiatives de backhaul en Afrique. Le nouveau pilote introduit toutefois Starlink et ses satellites en orbite basse (LEO) dans le réseau de NuRAN.
Une ambition numérique et continentale
Ces efforts interviennent alors que la demande d’infrastructures de télécommunications reste importante en Afrique, en particulier dans les zones rurales encore mal desservies. NuRAN est actuellement présente au Cameroun, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire et au Bénin, où elle déploie et exploite des sites pour des opérateurs comme Orange et MTN. L’entreprise a aussi engagé son implantation à Madagascar.
À fin juin 2026, NuRAN comptait 5092 sites couverts par neuf contrats NaaS avec MTN et Orange dans huit pays. Une partie de ces infrastructures est déjà en exploitation, tandis que certains déploiements restent à réaliser. L’entreprise vise à porter ce portefeuille à 10 000 sites sous contrat dans les cinq années suivant le lancement de son modèle NaaS. Cette expansion la place sur un marché où évoluent de grands acteurs de l’infrastructure télécoms comme IHS Towers, Helios Towers ou American Tower, même si leurs modèles et leurs implantations diffèrent de ceux de NuRAN.
Les ambitions de l’entreprise ne se limitent toutefois pas au déploiement de sites mobiles. NuRAN veut progressivement augmenter leurs capacités et leurs usages afin d’en faire des infrastructures pouvant accueillir d’autres services numériques. L’entreprise évoque ainsi le calcul en périphérie de réseau (edge computing), des applications d’intelligence artificielle et des solutions de gestion de l’énergie.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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