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Agriculture biologique : l’Afrique voit ses superficies reculer pour la première fois en dix ans

  • Date de création: 25 février 2026 07:37

(Agence Ecofin) - En 2024, les surfaces certifiées bio sur le continent ont reculé de 17,6 %. Une contraction inédite, liée en partie au durcissement des normes européennes, mais qui ne freine pas la dynamique commerciale du secteur.

En 2024, l’Afrique a enregistré une contraction notable de ses superficies dédiées à l’agriculture biologique, qui sont passées d’environ 3,4 millions d’hectares à un peu plus de 2,8 millions d’hectares. C’est ce qui ressort de la dernière édition du rapport « The World of Organic Agriculture » publié le 14 février dernier par l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL).

Cette baisse de 600 000 hectares représente un recul de 17,6 % d’une année sur l’autre et marque en outre la première contraction des superficies dédiées à l’agriculture biologique sur le continent depuis plus d’une décennie, soit depuis 2011.

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Selon le rapport, la contraction des superficies biologiques déclarées en Afrique coïncide avec la transition vers le nouveau règlement biologique de l’UE, qui impose à partir de 2024 que les importations en provenance de pays tiers respectent les mêmes standards que ceux exigés des opérateurs européens. Ce cadre réglementaire marque la fin progressive du système d’équivalence, qui permettait jusque-là à certains pays tiers d’exporter vers l’UE selon leurs propres normes jugées comparables.

Dans ce contexte, le repli observé dans les superficies déclarées peut s’expliquer par la nécessité, pour les organismes de certification, de réviser leurs données et de ne retenir que les terres pleinement conformes aux nouvelles exigences européennes.

L’Afrique représente désormais 2,8 % des terres bio mondiales, mais seulement 0,2 % de sa propre superficie agricole. La répartition des superficies consacrées à l’agriculture biologique sur le continent demeure très concentrée, avec quatre pays qui totalisent près de la moitié des terres certifiées du continent.

En tête, l’Ouganda conserve sa position de premier pays africain par la superficie certifiée, avec 505 308 hectares en 2024, suivi du Burkina Faso (251 000 hectares), de l’Éthiopie (227 000 hectares) et du Togo qui arrive en quatrième position, avec plus de 225 000 hectares.

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Les exportations progressent, tirées par la demande américaine

En dépit de la réduction annoncée des surfaces de culture, les exportations africaines de produits agricoles bio se sont consolidées. D’après le FiBL, le continent a placé 687 395 tonnes de cette catégorie de produits sur le marché international en 2024, signant une croissance de 7,6 % d’une année sur l’autre.

Principal débouché, l’UE a absorbé 62,38 % des expéditions africaines, mais les achats réalisés par le bloc économique se sont légèrement repliés de 0,4 % à 428 845 tonnes. Deuxième destination privilégiée pour les produits agricoles biologiques exportés depuis l’Afrique, les Etats-Unis ont enregistré de leur côté une croissance de 24,4 % d’une année sur l’autre de leurs achats depuis le continent, à 258 550 tonnes.

Avec plus de 340 000 tonnes et près de 50 % des exportations biologiques africaines, le soja et les produits dérivés du soja constituaient le principal groupe de produits agricoles bio exportés, suivi par les huiles végétales (63 000 tonnes, principalement de l’huile d’olive) et la banane (48 000 tonnes). Le principal exportateur africain demeure le Togo, qui expédie principalement du soja et ses dérivés, suivi par la Tunisie réputée pour son huile d’olive, et le Ghana qui se distingue par ses expéditions de bananes.

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Des perspectives favorables pour les prochaines années ?

Pour les exportateurs africains, le nouveau règlement de l’Union européenne sur l’agriculture biologique constitue à la fois un défi d’adaptation réglementaire et une porte d’entrée vers un marché en expansion, mais aussi parmi les plus exigeants au monde. Si cette transition implique des coûts supplémentaires de conformité et une meilleure structuration des filières, certains signaux témoignent néanmoins d’un mouvement de fond déjà engagé sur le continent.

En l’absence, pour l’heure, de données consolidées sur les superficies certifiées, les volumes produits ou les exportations en 2025, le FiBL observe toutefois une progression tangible dans l’adoption des pratiques biologiques et agroécologiques.

Dans son rapport, l’institution indique par exemple qu’à la fin de l’année 2025, 14 pays africains avaient intégré des politiques ou des lois en faveur de l’agroécologie, tandis que 42 universités proposaient des programmes académiques dédiés, révélant une transformation institutionnelle progressive. À titre de comparaison, seulement 5 pays sur le continent disposaient de législations sur l’agriculture biologique en 2022.

À cela s’ajoute l’expansion des Participatory Guarantee Systems (PGS), une forme de certification alternative développée par l’initiative continentale pluriannuelle sur l’agriculture biologique écologique (EOA-I) et le Centre de connaissances pour l’agriculture biologique et l’agroécologie en Afrique (KCOA). En 2025, 1 326 agriculteurs avaient été certifiés via PGS, avec 18 groupes supplémentaires en cours de certification, souligne le rapport.

Stéphanas Assocle

Lire aussi:

06/02/2026 : Production biologique : le Togo amorce la mise en place d’un cadre de référence

12/03/2025 : L’Afrique, zone avec la plus forte croissance des superficies dédiées à l’agriculture biologique

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