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Minerais critiques : pourquoi le stock américain de 10 milliards $ peut cibler l’Afrique

Minerais critiques : pourquoi le stock américain de 10 milliards $ peut cibler l’Afrique
  • Date de création: 24 septembre 2026 10:53

(Agence Ecofin) - Du cuivre au cobalt, en passant par les terres rares et le graphite, les États-Unis font de l’Afrique l’un de leurs fronts stratégiques pour sécuriser leurs approvisionnements. Dès lors, chaque nouvelle initiative de Washington en la matière soulève la question de sa portée pour le continent.

Un milliard de dollars : c’est le montant total des engagements de Glencore et Mercuria dans le cadre de VaultCo, le projet américain de constitution d’une réserve de minerais critiques. Annoncée mercredi 23 septembre par la Banque d’Import-Export des États-Unis (EXIM), cette nouvelle étape peut renforcer le lien entre ce dispositif et le secteur minier africain, où les deux groupes disposent déjà d’importants intérêts opérationnels.

La RDC, déjà une porte d’entrée

Annoncé en début d’année sous la dénomination de « Projet Vault », VaultCo est une initiative soutenue par un prêt de l’EXIM pouvant atteindre 10 milliards USD. L’objectif est de constituer un stock de minerais critiques aux États-Unis afin de renforcer la résilience du pays face à d’éventuelles perturbations du marché. Si l’intégration de Mercuria et Glencore est présentée comme la « première participation à la réserve », le programme avait déjà ouvert une première piste en Afrique autour de la mine Kipushi, exploitée par Ivanhoe Mines en République démocratique du Congo.

En février, le groupe canadien annonçait des discussions visant à exporter vers le marché américain, dans ce cadre, le concentré de zinc, cuivre et plomb produit sur le site, ainsi que du germanium et du gallium. L’opération devait s’appuyer sur une société de négoce issue d’une coentreprise entre Mercuria et la compagnie publique congolaise Gécamines. Le premier bénéficie depuis 2025 du droit d’acquérir jusqu’à un tiers du concentré de zinc non encore attribué de Kipushi, tandis que la seconde détient 38 % de la mine et ambitionne de commercialiser davantage la production des actifs dans lesquels elle est actionnaire en RDC.

Peu de détails ont toutefois depuis filtré sur l’état d’avancement de cette initiative. La participation de Glencore élargit pour sa part le champ des possibilités. Le groupe tire déjà une partie de sa production mondiale de cuivre et de cobalt de ses actifs Mutanda et KCC en RDC, mais son activité de négoce lui permet aussi de s’approvisionner auprès de producteurs tiers. D’après son site web, cette structure repose sur des bureaux répartis dans plus de 30 pays en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Afrique, avec notamment une implantation à Johannesburg, en Afrique du Sud. Cette présence s’accompagne de relations commerciales avec des projets miniers africains, comme l’illustre le partenariat autour de la mine de cuivre Prieska d’Orion Minerals en Afrique du Sud, ou plus récemment celui conclu autour de la bauxite de Nimba Mining Company en Guinée.

L’épreuve du terrain

Entre les pistes déjà explorées et les réseaux commerciaux dont disposent ses partenaires, VaultCo dispose donc de plusieurs points de contact potentiels avec le secteur minier africain. Cela ne permet toutefois pas encore de déterminer quelle place les productions du continent occuperont dans la future réserve américaine. Rien n’indique à ce stade que Glencore ou Mercuria s’appuieront effectivement sur leurs positions africaines existantes, ou sur leurs fournisseurs tiers du continent, pour alimenter le dispositif.

La question prend d’autant plus de relief que de nombreux producteurs de minerais critiques cherchent à renforcer leur accès aux chaînes d’approvisionnement occidentales depuis l’Afrique. D’éventuels contrats d’enlèvement ou autres mécanismes d’approvisionnement liés à VaultCo peuvent ainsi leur offrir de nouveaux débouchés, s’ils venaient à être ciblés. Mais cette perspective dépendra aussi des minerais recherchés, des volumes retenus et des conditions commerciales qui seront finalement négociées.

Le dispositif pourrait en outre s’élargir à d’autres négociants. Hartree Partners et Traxys avaient également été annoncés parmi les fournisseurs susceptibles de participer à la constitution du stock. Le premier, via sa filiale Hartree Metals, est déjà présent en RDC et en Zambie et a récemment ciblé la future mine de cuivre Hope & Gorob pour l’achat de 100 % de sa production. Le second s’est quant à lui positionné plus tôt cette année pour s’approvisionner en graphite auprès du projet Kasiya, au Malawi.

Reste à voir si ces connexions se traduiront effectivement par des volumes africains dans la réserve américaine, alors que Washington développe parallèlement d’autres mécanismes pour sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques sur le continent.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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04/02/2026 - Glencore – Ivanhoe : Washington accélère son offensive sur les minéraux critiques en RDC 

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