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Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie 

Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie 
  • Date de création: 29 septembre 2026 18:59

(Agence Ecofin) - Avec la progression du commerce intra-régional, les infrastructures de transport deviennent un enjeu central pour l’intégration économique en Afrique de l’Est. Les projets ferroviaires et routiers transfrontaliers se multiplient ainsi autour des principaux axes reliant les économies de la CAE.

Un plan d’extension du réseau à écartement standard (SGR) kenyan a été dévoilé le dimanche 27 septembre par le président William Ruto. Le projet, qui doit mobiliser environ 5 milliards de shillings (environ 38,5 millions USD) s’étendra de Voi, dans le comté de Taita Taveta, à la frontière tanzanienne. L’infrastructure doit servir au transport de personnes et de marchandises, et accompagner le développement économique de cette zone frontalière.

Cette annonce survient alors que Nairobi poursuit parallèlement l’extension de son réseau SGR vers l’ouest du pays. La ligne doit être prolongée de Naivasha jusqu’à Kisumu, puis à Malaba, à la frontière avec l’Ouganda. Le projet doit ainsi renforcer la connexion du réseau ferroviaire kényan au corridor de transport desservant les marchés d’Afrique de l’Est.

Vers un maillage ferroviaire régional

L’initiative Voi - Taveta s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des infrastructures de transport transfrontalières en Afrique de l’Est. La Tanzanie développe elle aussi son réseau SGR, avec des extensions envisagées vers plusieurs pays de la région, notamment le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo. L’Ouganda travaille de son côté au développement de son propre réseau à écartement standard, avec l’objectif de renforcer sa connexion ferroviaire avec le Kenya.

A terme, ces différents projets pourraient contribuer à constituer un réseau ferroviaire davantage intégré autour des principaux ports et pôles économiques de la région. La connexion entre les réseaux kényan et tanzanien constitue notamment un enjeu pour la circulation des marchandises entre les ports de Mombasa et de Dar es Salaam et les marchés intérieurs de l’Afrique de l’Est.

Le rail n’est toutefois pas le seul axe retenu pour renforcer cette intégration. La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) soutient également plusieurs projets routiers transfrontaliers. Parmi eux figure l’autoroute multinationale Kenya - Ouganda de 193 km, destinée à relier Kisumu et Busia au Kenya à Kakira et Malaba en Ouganda. Le projet doit également moderniser plusieurs postes-frontières afin de faciliter la circulation des biens et des personnes. 

route

Cette multiplication des infrastructures intervient dans un contexte de progression des échanges au sein de la CAE. Selon les données publiées par l’organisation régionale, le commerce intra-communautaire est passé de 14,2 milliards à 18 milliards USD entre juin 2024 et juin 2025, soit une hausse de 27 %.

Un projet à articuler avec les infrastructures existantes

Le nouveau projet SGR annoncé par Nairobi intervient par ailleurs dans une zone où une autre liaison ferroviaire est déjà en cours de réhabilitation. En avril 2026, le gouvernement kényan a lancé les travaux de reconstruction de la ligne à voie métrique Voi - Mwatate - Taveta. Cette ancienne liaison, qui a cessé de fonctionner depuis près de vingt ans, doit notamment contribuer à rétablir les échanges avec le nord de la Tanzanie. Un port sec est également prévu à Voi.

Les deux projets ne reposent donc pas sur le même standard ferroviaire : la ligne réhabilitée est à voie métrique, tandis que l’annonce du nouveau tronçon concerne une nouvelle infrastructure à écartement standard. Leur articulation pourrait donc constituer un enjeu pour éviter une multiplication d’infrastructures parallèles dans un même corridor et optimiser les capacités logistiques de Voi et de la zone frontalière.

Le principal défi du projet SGR Voi - Tanzanie sera toutefois sa concrétisation, au-delà de l’annonce du financement initial. La réalisation de cette liaison transfrontalière nécessitera notamment une coordination étroite avec la Tanzanie sur le tracé, les normes ferroviaires, les procédures douanières et le financement des infrastructures de part et d’autre de la frontière.

Henoc Dossa

Edité par : Feriol Bewa

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