Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Guinée-Bissau : la nouvelle Constitution approuvée par 70 % des suffrages

Carmem Isaura Lobo, présidente de la Commission nationale des élections (CNE), a annoncé mardi les résultats provisoires du référendum populaire Carmem Isaura Lobo, présidente de la Commission nationale des élections (CNE), a annoncé mardi les résultats provisoires du référendum populaire
  • Date de création: 02 septembre 2026 17:23

(Agence Ecofin) - La Guinée-Bissau prépare son retour à un pouvoir civil, près d’un an après la prise du pouvoir par l’armée en novembre 2025. La nouvelle Constitution approuvée par référendum redéfinit l’équilibre institutionnel, avec des prérogatives présidentielles élargies et un Parlement réduit, avant les élections générales annoncées pour le 6 décembre.

La nouvelle Constitution de la Guinée-Bissau a été approuvée par référendum avec 70 % des suffrages valides. Selon les résultats annoncés par la Commission nationale des élections (CNE), le « oui » a recueilli 383 117 voix, contre 160 904 voix pour le « non » (30 %).

La participation s’est établie à 62,6 %, avec 572 714 votants sur 914 428 inscrits. Le nouveau texte renforce les prérogatives du chef de l’État, qui pourra notamment nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, créer ou supprimer des ministères et, dans certaines situations de crise, dissoudre le Parlement. La réforme accroît ainsi le poids de la présidence dans un système jusqu’alors fondé sur un partage de l’exécutif.

Elle ramène également le nombre de sièges de l’Assemblée nationale de 102 à 65 et celui des circonscriptions électorales de 29 à 12. Les candidats à la présidentielle devront par ailleurs justifier de cinq années consécutives de résidence dans le pays.

Pour les autorités de transition, cette refonte doit corriger les dysfonctionnements du système semi-présidentiel et limiter les conflits entre la présidence et la Primature, tout en favorisant la stabilité institutionnelle avant le retour à un régime civil.

Un référendum contesté par l’opposition

Le scrutin intervient dans un contexte politique tendu, moins d’un an après la prise du pouvoir par l’armée, survenue à la suite d’une crise électorale en novembre 2025. Les autorités de transition ont annoncé des élections générales pour le 6 décembre 2026, avec l’objectif affiché de restaurer un pouvoir civil.

Le processus constitutionnel reste toutefois contesté. Le PAIGC, principale force d’opposition, avait appelé au boycott, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour garantir une consultation crédible. Des organisations de la société civile ont également dénoncé le risque d’une concentration accrue du pouvoir présidentiel. (Reuters)

Les coalitions PAI–Terra Ranka, API–Cabas Garandi et le mouvement Firkidja di Pubis ont qualifié le référendum d’« échec total », estimant que le taux d’abstention aurait dépassé 90 %. Interrogé par DW Afrique, l’analyste João Conduto voit dans le boycott un signal en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel. Il estime que les autorités pourraient chercher à réinterpréter le scrutin ou à modifier le calendrier électoral, mais appelle surtout à un dialogue politique inclusif pour sortir de la crise.

Carelle Yourann (stagiaire)

Sur le même thème
La Côte d’Ivoire veut mieux organiser la commercialisation des produits vivriers. Le gouvernement vient de valider de nouveaux textes et outils destinés à encadrer...
Après près d’un an d’exil, Umaro Sissoco Embaló entend revenir sur la scène politique bissau-guinéenne, alors que le pays s’apprête à sortir de la...
La Banque de réserve du Zimbabwe ajuste sa politique monétaire alors que les tensions inflationnistes restent limitées et que l’activité économique devrait conserver un...
Entre 2027 et 2029, la Zambie vise une croissance économique moyenne de près de 7 % dans un contexte de stabilisation macroéconomique. Le gouvernement mise...