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Au Ghana, Tullow Oil restructure sa dette et pose les bases d’un redressement financier durable

  • Date de création: 23 février 2026 17:25

(Agence Ecofin) - Après plusieurs années de turbulences, Tullow Oil lance une restructuration financière majeure. Des accords avec ses créanciers et l’État ghanéen visent à stabiliser sa trajectoire, améliorer sa visibilité à moyen terme, et posent les bases d’un redressement discipliné.

Le vendredi 20 février, le groupe pétrolier britannique Tullow Oil a finalisé des accords de refinancement avec Glencore et avec les détenteurs d’environ deux tiers de ses obligations sécurisées, pour un montant total de 1,3 milliard USD. Les maturités de dette sont repoussées à novembre 2028, soit plus de deux ans supplémentaires.

Ce refinancement vise à stabiliser la structure de capital d’un des producteurs indépendants les plus endettés de la place londonienne. En repoussant les échéances à 2028, Tullow desserre la pression immédiate sur sa trésorerie et se donne le temps nécessaire pour aligner ses finances avec ses objectifs opérationnels attendus à partir de 2026.

En parallèle, le pétrolier a obtenu du gouvernement du Ghana l’extension de ses licences pétrolières West Cape Three Points (WCTP) et Deep Water Tano, et signé l’acquisition du FPSO opérant sur les champs TEN pour 205 millions USD. Cette décision est stratégique, car plus de 90 % de la production du groupe est désormais concentrée dans ce pays Ouest-africain, après la vente de ses actifs au Gabon, au Kenya et en Ouganda. Le Ghana constitue ainsi aujourd’hui l’ossature industrielle et financière de Tullow.

Autre décision structurante : le rachat du FPSO desservant les champs TEN pour 205 millions USD. Selon la direction, cette opération permettra de réduire les coûts fixes et d’améliorer le flux de trésorerie à long terme. Elle s’inscrit dans une politique de rationalisation des opérations sur l’ensemble du portefeuille ouest-africain, engagée alors que l’entreprise fait face à un endettement élevé et à des retards de paiement de la part de l’État ghanéen.

Retrouver de la visibilité après des années de fragilité

Depuis 2024, Tullow a multiplié les ajustements structurels pour faire face à une situation financière critique. La réduction de ses prévisions de production, la perte nette d’environ 57 millions USD enregistrée au premier semestre clos le 30 juin 2025, et la vente d’actifs majeurs, notamment au Gabon, pour 300 millions USD, ont traduit un recentrage contraint plutôt qu’un choix offensif.

Les échecs de deux projets de fusion successifs, en 2024 puis en 2025, ont renforcé l’image d’un groupe fragile, peu attractif pour de grands partenaires industriels. Dans ce contexte, la priorité est devenue la stabilisation : préserver la liquidité, réduire l’exposition aux risques et consolider la base d’actifs existante. Le refinancement et les accords ghanéens répondent à cet impératif. Ils alignent la structure financière avec les catalyseurs opérationnels attendus en 2026 et avec d’éventuelles additions de réserves, tout en offrant une meilleure lisibilité aux investisseurs.

Une reconstruction progressive fondée sur la discipline

Tullow aborde désormais une phase de reconstruction méthodique. En 2025, le groupe prévoit une production moyenne comprise entre 50 000 et 55 000 barils équivalent pétrole par jour, portée par une croissance attendue à Jubilee, son principal champ. La discipline financière devient le socle de sa stratégie, davantage que l’expansion géographique.

Le challenge central reste la dépendance quasi exclusive à deux champs vieillissants dans un seul pays. Mais les décisions récentes montrent une volonté claire de transformer une position défensive en trajectoire de stabilisation durable. Sans promettre une renaissance spectaculaire, Tullow s’offre un répit précieux qui peut lui permettre de consolider ses actifs, de réduire ses coûts, et de préparer un éventuel rebond à partir de ses bases ghanéennes.

Olivier de Souza

Edité par : Feriol Bewa

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