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Comment la Côte d’Ivoire veut « éradiquer » l’orpaillage illégal en six mois

Comment la Côte d’Ivoire veut « éradiquer » l’orpaillage illégal en six mois
  • Date de création: 08 septembre 2026 08:01

(Agence Ecofin) - Malgré le démantèlement de milliers de sites depuis 2021, l’orpaillage illégal continue de peser sur les ressources naturelles et l’activité agricole en Côte d’Ivoire. Les autorités misent désormais sur une surveillance accrue et une meilleure coordination des interventions pour contenir durablement le phénomène.

En Côte d’Ivoire, les préfets de région se sont engagés à mettre fin à l’orpaillage illégal dans leurs circonscriptions dans un délai de six mois. Cette décision a été prise à l’issue de l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre le phénomène. Il a été organisé du jeudi 3 au samedi 5 septembre, à Yamoussoukro sous la présidence de Fidèle Sarassoro, ministre et secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité (CNS).

La rencontre a réuni les ministères chargés de l’Environnement, de l’Intérieur et des Eaux et Forêts, alors que la lutte contre l’orpaillage illégal suscite de nouvelles préoccupations dans le pays. Ces derniers jours, la multiplication des dénonciations a relancé le débat sur l’efficacité des mesures prises contre le phénomène. Les autorités ont, dans ce cadre, réaffirmé leur politique de « tolérance zéro », face à une situation qu’elles jugent « préoccupante ».

Renforcer la surveillance et accélérer les interventions

Les autorités veulent d’abord améliorer le renseignement, l’alerte et la surveillance des zones exposées. Les préfets devront également renforcer la coordination entre les différents services de l’État afin de réduire les délais d’intervention.

« Pour prévenir ce phénomène, un dispositif de surveillance par drones a été mis en place. Ces appareils survolent le département au moins une fois par semaine afin de détecter toute nouvelle installation et de faire remonter rapidement les informations aux autorités », a déclaré Kouadio Kouassi Eugène, préfet de l’Indénié-Djuablin.

Le gouvernement entend parallèlement accroître les capacités opérationnelles des services et veiller à l’application effective des sanctions. L’enjeu est d’éviter que les sites démantelés ne soient rapidement réoccupés par de nouveaux exploitants.

La stratégie des préfets prévoit la réhabilitation des espaces dégradés, notamment à travers les programmes de travaux à haute intensité de main-d’œuvre (THIMO). L’objectif est à la fois de restaurer les terres et de limiter les risques de reprise des activités clandestines.

Ces leviers d’action, qui visent à renforcer l’autorité de l’État et le contrôle sur le terrain, nécessiteront une mobilisation financière. La CEDEAO soutient déjà l’Abidjan Legacy Program, un projet lancé en février 2026 en vue de restaurer 4500 hectares de terres dégradées par l’orpaillage illégal d’ici 2030. Aucune enveloppe nationale spécifique n’a toutefois, pour l’heure, été annoncée pour les opérations de surveillance, dont le coût reste à déterminer.

Un phénomène qui persiste malgré les opérations

Cette nouvelle échéance intervient alors que les opérations conduites ces dernières années ont produit des résultats tangibles, sans toutefois permettre de contenir durablement le phénomène. Selon un bilan du CNS établi fin juillet, plus de 8500 sites ont été démantelés depuis 2021 et 4474 personnes ont été déférées, dont 65 % étaient des ressortissants étrangers. Les autorités ont par ailleurs saisi plus de 960 millions FCFA (1,7 million) et environ 136 kg d’or.

Malgré ces interventions, l’orpaillage illégal persiste dans certaines zones, notamment à proximité des frontières. Il entraîne la dégradation des terres agricoles, des forêts et des ressources en eau, tout en menaçant les moyens de subsistance des populations et, dans certaines zones, la production agricole.

La Côte d’Ivoire entend en outre approfondir sa coopération avec les pays frontaliers, notamment pour lutter contre la pollution des cours d’eau partagés. Cette approche s’inscrit dans le cadre de la Coalition africaine contre la dégradation des terres et la pollution environnementale liées aux activités illégales d’exploitation minière artisanale et à petite échelle, lancée en marge de la COP17 sur la désertification.

La coalition prévoit notamment le partage de renseignements, l’harmonisation des mécanismes de lutte et la création d’une plateforme géospatiale commune pour cartographier les principaux foyers d’exploitation illégale.

Charlène N’dimon

Edité par M.F. Vahid Codjia

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