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Objectif 6 % du PIB : l’Égypte accélère sa stratégie pour valoriser son potentiel minier

Objectif 6 % du PIB : l’Égypte accélère sa stratégie pour valoriser son potentiel minier
  • Date de création: 26 mai 2026 04:17

(Agence Ecofin) - De l’or au cuivre, en passant par l’argent et le zinc, l’Égypte revendique un potentiel minier diversifié, mais encore largement sous-exploité. Le secteur contribue actuellement à moins de 1 % du PIB, un niveau que les autorités ambitionnent toutefois de relever grâce à de nouvelles réformes.

Lundi 25 mai, le gouvernement égyptien a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec la société turque OZ Mining, en vue du lancement d’une campagne d’exploration destinée à évaluer le potentiel aurifère du désert oriental. Il s’agit de la dernière initiative s’inscrivant dans les efforts menés par Le Caire pour porter la contribution du secteur minier au PIB national à 6 %, contre moins de 1 % actuellement.

Accélérer la prospection et renforcer l’attractivité…

Quelques heures seulement avant le programme impliquant OZ Mining, le ministère égyptien du Pétrole et des Ressources minérales annonçait déjà un développement similaire. Il s’agit de la signature d’un contrat de coopération avec la société Xcalibur Smart Mapping pour la réalisation d’un levé aérien géophysique destiné à cartographier les ressources minérales du pays.

Actée le dimanche 24 mai et menée en collaboration avec la société locale Drone Tech, cette campagne est présentée comme la première opération de ce type planifiée en Égypte depuis plus de quatre décennies.

Les travaux couvriront six zones géographiques du pays, dont le sud et le nord du désert oriental, le Sinaï, ainsi que le nord et le sud du désert occidental. L’objectif affiché est d’établir, à terme, une base actualisée des données géologiques du sous-sol égyptien, afin d’améliorer la connaissance du potentiel minier et de faciliter les activités d’exploration pour les investisseurs intéressés par les opportunités locales. Le pays des pharaons ne se limite toutefois pas à ces démarches pour attirer ces acteurs sous ses cieux.  

L’accent est également mis sur le renforcement du cadre réglementaire du secteur minier. Plus tôt ce mois-ci, l’État a approuvé un ensemble d’amendements portant notamment sur la réduction de sa participation dans les projets miniers à 10 %, contre 25 % auparavant. Les lourdeurs administratives ont été aussi abordées, avec l’instauration d’un délai maximal de 30 jours pour le traitement des demandes de permis. Ces avancées s’inscrivent dans la continuité de la réforme engagée en 2020, qui a mis fin au système jugé contraignant des accords de partage de production et à l’obligation faite aux compagnies minières de former des coentreprises avec l’État autour de leurs projets.

« Ces modifications viennent à la lumière de la stratégie du ministère du Pétrole et des Ressources Minérales visant à créer un environnement d’investissement attrayant, à réaliser une utilisation optimale des ressources naturelles et à accroître la contribution du secteur minier à l’économie nationale », expliquait alors le ministère.

Valoriser un potentiel minier diversifié

En déployant sa stratégie à travers ces différentes initiatives, l’Égypte entend relever le défi de valoriser pleinement d’un potentiel minier diversifié, mais encore largement sous-exploité. L’inventaire mis en avant par les autorités illustre pourtant cette richesse, avec des réserves d’or, de tantalite ou encore de charbon. À cela s’ajoutent d’autres ressources minérales telles que le cuivre, l’argent, le zinc et le platine. 

Pourtant, l’activité minière du pays reste limitée à un nombre restreint de projets, dont la mine d’or Sukari d’AngloGold Ashanti, qui constitue depuis sa mise en service en 2010, la principale vitrine du secteur minier égyptien. Avec une production de 500 000 onces l’an dernier, ce site compte aussi parmi les plus importants complexes aurifères du continent. D’autres acteurs se positionnent toutefois ces dernières années pour contribuer à terme au renforcement de cet appareil productif.

Le canadien Aton Resources prévoit par exemple de lancer la production d’or et d’argent sur son projet Hamama West d’ici 2027. Le front de l’exploration n’est pas en reste, la junior australienne Nex Metals Exploration ayant conclu un accord pour prendre le contrôle du projet aurifère North Hennai. Ces avancées se concentrent toutefois encore largement sur la seule filière aurifère, dans un contexte marqué par une hausse prolongée des prix du métal précieux ces derniers mois.

Il faut dire que l’atteinte des ambitions égyptiennes nécessitera non seulement la concrétisation des projets annoncés, mais aussi le lancement de nouveaux investissements. Si les récentes politiques incitatives visent à renforcer l’attractivité du secteur minier, leur effet reste encore à démontrer. D’autant plus que, malgré la série de réformes déjà engagées depuis le début de cette décennie, l’image du pays comme destination d’investissement demeure mitigée. Dans le classement 2025 des juridictions minières les plus attractives du Fraser Institute, l’Égypte se classe à l’avant-dernière place dans le classement des 14 pays africains évalués, juste devant le Burkina Faso.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi :

24/12/2025 - Le canadien Aton veut doter l’Égypte d’une nouvelle mine d’or et d’argent en 2027

11/03/2020 - Potentiel minier sous-exploité ou inexploité (2e partie) : le cas de l’Égypte

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