(Agence Ecofin) - Entre 2027 et 2029, la Zambie vise une croissance économique moyenne de près de 7 % dans un contexte de stabilisation macroéconomique. Le gouvernement mise notamment sur une réorientation de sa politique économique.
La Zambie amorce une nouvelle phase de sa politique économique. Après plusieurs années consacrées à la stabilisation macroéconomique et à la restructuration de sa dette, le gouvernement entend désormais réorienter ses priorités vers l’accélération de la production et des exportations, ainsi que la hausse des investissements, avec pour objectif de stimuler la création d’emplois et d’améliorer les revenus des ménages.
Cet objectif figure dans le Plan budgétaire à moyen terme 2027-2029 et dans le Livre vert sur le budget national 2027, publiés par le ministère des Finances et de la Planification nationale le dimanche 27 septembre. Ces documents serviront de cadre pour l’élaboration du budget national 2027 et la mise en œuvre des priorités de développement à moyen terme.
Les priorités du nouveau cadre
Les autorités zambiennes ont ainsi fixé une série d’objectifs de production regroupés sous l’appellation « 10-10-5-3-3-1-1-1 ». Ce cadre prévoit 10 millions de tonnes de maïs, 10 000 MW de production électrique, 5 millions de touristes, 3 millions de tonnes de cuivre, 3 millions de tonnes de soja, 1 million de tonnes de blé, 1 million de tonnes de sucre et 1 milliard de dollars de recettes d’exportation de viande bovine. Il place l’industrialisation tirée par les exportations au cœur de la transformation économique et de la création d’emplois.
Parallèlement, le gouvernement renforcera la gestion des finances publiques, préservera la viabilité de la dette et poursuivra des opérations proactives de gestion des engagements. Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central dans cette nouvelle phase. Le gouvernement souhaite voir davantage d’investissements, de production, de transformation locale et d’exportations, tandis que les institutions financières sont encouragées à accroître l’accès au financement productif.
Le secrétaire au Trésor, Felix Nkulukusa (photo), indique que ce cadre « s’appuie sur les progrès réalisés à la suite de la restructuration de la dette extérieure de la Zambie et de la stabilisation des principaux fondamentaux macroéconomiques ».
Des fondamentaux macroéconomiques améliorés
Cette nouvelle orientation intervient notamment dans un contexte d’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques. L’inflation annuelle est revenue à 6,1 % en septembre 2026, contre 16,7 % en décembre 2024, et devrait converger vers la fourchette cible de 6 à 8 % d’ici 2027. Les réserves internationales brutes ont dépassé 5,5 milliards de dollars, soit plus de quatre mois de couverture des importations, tandis que la balance commerciale affichait un excédent de 1,6 milliard de dollars à fin juin 2026.
Par ailleurs, la monnaie locale, le kwacha, s’est renforcée pour atteindre une moyenne de 17,81 kwachas pour un dollar américain en 2026.
L’amélioration de ces indicateurs macroéconomiques permet désormais au gouvernement d’afficher des ambitions de croissance plus élevées. Selon le nouveau cadre, l’économie zambienne devrait progresser de 6 % en 2027, de 7,5 % en 2028 et de 7,1 % en 2029, soit une moyenne de près de 7 % sur la période.
Ces évolutions interviennent après les avancées enregistrées dans la restructuration de la dette extérieure. Lusaka est engagée dans un processus de restructuration de sa dette publique après avoir fait défaut sur le paiement de ses euro-obligations et accumulé des arriérés de paiement envers ses créanciers bilatéraux officiels et d’autres créanciers commerciaux externes en 2020.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), « les accords de restructuration de la dette couvrent désormais environ 94 % du périmètre de restructuration ». L’institution estime que la dette publique zambienne est soutenable, mais considère que le pays demeure exposé à un risque élevé de surendettement global et extérieur.
Cependant, des pressions subsistent, notamment en raison du changement climatique, des tensions géopolitiques, de recettes publiques inférieures aux prévisions et de l’augmentation des besoins de dépenses.
Les perspectives à moyen terme demeurent favorables, selon le FMI, et reposent sur l’augmentation des investissements miniers, une production agricole soutenue, l’amélioration de la production d’électricité et le maintien d’une discipline budgétaire.
Lydie Mobio
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