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GNL : le Nigeria veut porter sa capacité à 30 Mtpa, mais bute sur le manque de gaz

GNL : le Nigeria veut porter sa capacité à 30 Mtpa, mais bute sur le manque de gaz
  • Date de création: 17 septembre 2026 19:58

(Agence Ecofin) - Dans un marché du GNL marqué par les perturbations d’approvisionnement, les acheteurs cherchent à diversifier leurs sources et à sécuriser des volumes fiables. Cette recomposition offre des opportunités aux producteurs capables d’augmenter durablement leurs livraisons.

Le Nigeria prépare une hausse de ses capacités d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), mais son principal producteur, Nigeria LNG (NLNG), doit d’abord lever une contrainte qui limite déjà sa production : le manque de gaz. La compagnie n’exploite en effet pas pleinement ses installations faute de volumes suffisants. Son directeur général, Adeleye Falade (photo), l’a indiqué le 15 septembre, en marge de la conférence Gastech à Bangkok.

NLNG exploite actuellement six trains de liquéfaction, dont le taux d’utilisation se situe entre 82 et 83 %. La compagnie reste par ailleurs sous le régime de force majeure instauré en 2022 après des perturbations de son approvisionnement, notamment liées à d’importantes inondations. Elle prévoit de lever cette mesure lorsque son taux d’utilisation atteindra 90 %.

Cette contrainte intervient alors que NLNG prépare l’extension de son outil industriel. Le consortium vise la mise en service de son septième train de liquéfaction d’ici fin 2027. Cet investissement de 10 milliards de dollars doit permettre de porter la capacité de l’usine de Bonny Island de 22 à 30 millions de tonnes par an.

Le projet Train 7 a toutefois connu plusieurs reports au cours des dernières années, notamment en raison de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine.

Une fenêtre commerciale, mais pas assez de gaz

Pour atteindre cette nouvelle capacité, NLNG doit avant tout sécuriser davantage de gaz. Adeleye Falade estime à environ 15 % l’écart à combler et précise que la compagnie travaille avec les différents acteurs concernés, dont le gouvernement, pour accroître les volumes acheminés vers l’usine.

Selon lui, les capacités opérationnelles de NLNG permettent d’augmenter la production, mais l’approvisionnement en gaz constitue actuellement le principal frein.

Cette situation intervient alors que les conditions du marché offrent des opportunités supplémentaires aux fournisseurs capables de garantir des volumes. Les perturbations des exportations transitant par le détroit d’Ormuz dans le contexte du conflit au Moyen-Orient ont notamment suscité un intérêt accru pour les cargaisons supplémentaires et les ventes spot de GNL. Les acheteurs cherchent ainsi à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à privilégier des fournisseurs capables d’assurer des livraisons régulières.

NLNG entend néanmoins concentrer ses efforts sur ses engagements existants. La compagnie donne la priorité à l’exécution de ses contrats concernés par la force majeure avec ses clients, tout en cherchant à maximiser les volumes qu’elle peut actuellement produire.

NLNG est majoritairement détenue par la compagnie pétrolière publique nigériane NNPC, aux côtés de Shell, TotalEnergies et Eni.

Olivier de Souza

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