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Formation technique : ce que l’Afrique doit changer pour former aux métiers de demain

Formation technique : ce que l’Afrique doit changer pour former aux métiers de demain
  • Date de création: 15 septembre 2026 20:38

(Agence Ecofin) - Le numérique, l’automatisation et la transition écologique redessinent les économies africaines et les compétences qu’elles exigent. Les systèmes de formation doivent s’adapter à ce nouveau rythme.

Le mercredi 9 septembre, l’Institut de l’UNESCO pour les technologies de l’information dans l’éducation (UNESCO IITE) a annoncé une série régionale destinée à renforcer les capacités pédagogiques dans l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) en Afrique, avec un accent sur la transformation numérique et les compétences vertes. Cette initiative met en lumière un enjeu que les systèmes de formation ne peuvent plus ignorer, celui d’évoluer au même rythme que les métiers auxquels ils préparent.

La pression est déjà visible dans les offres d’emploi. Une analyse de la Banque mondiale portant sur près de 4,9 millions d’offres publiées en ligne au Kenya, au Nigeria, en Afrique du Sud et en Ouganda entre 2020 et 2024 montre que près d’une offre sur deux exige au moins une compétence numérique. La même institution estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Or seuls 11 % des diplômés africains de l’enseignement supérieur avaient reçu une formation formelle dans ce domaine, selon les données présentées à la Conférence générale de l’UNESCO en 2025. La transition écologique ajoute une exigence supplémentaire. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), les métiers liés à cette transformation mobilisent simultanément des compétences techniques, numériques, cognitives et socioémotionnelles.

Face à ce constat, les acteurs du secteur s’accordent sur trois priorités. L’actualisation des programmes figure en tête. L’Institut international de planification de l’éducation de l’UNESCO (IIPE-UNESCO) documente l’inadéquation persistante entre les contenus enseignés et les besoins réels des marchés du travail africains, et travaille sur des outils d’identification et d’anticipation des compétences recherchées par les employeurs. Le renforcement des capacités des formateurs constitue le deuxième levier. Lors de la Semaine africaine des compétences d’octobre 2025 à Addis-Abeba, les participants ont identifié cette question comme une priorité explicite de la transformation numérique de l’EFTP, aux côtés du suivi de l’insertion professionnelle. Le troisième levier est celui des partenariats public-privé. La même conférence a souligné la nécessité de consolider ces liens, afin que les établissements disposent d’équipements adaptés et puissent anticiper les évolutions des métiers plutôt que de les subir avec retard.

Pour l’Afrique, l’enjeu n’est donc pas simplement de créer davantage de formations numériques ou vertes, mais de rendre les systèmes d’EFTP suffisamment réactifs pour modifier leurs contenus, leurs formateurs et leurs équipements au rythme de l’économie. C’est à cette condition que la croissance de l’offre de formation pourra se traduire par des compétences réellement utilisables dans les métiers qui émergent.

Félicien Houindo Lokossou

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