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Renouvelables : après un record en 2025, le monde doit encore doubler la cadence d’ici 2030 (IRENA)

Renouvelables : après un record en 2025, le monde doit encore doubler la cadence d’ici 2030 (IRENA)
  • Date de création: 24 septembre 2026 10:59

(Agence Ecofin) - La transition énergétique a franchi un cap historique en 2025, portée par un niveau inédit d’installations renouvelables. Toutefois, l’effort devra encore s’intensifier fortement dans les prochaines années.

Avec 693 GW de capacités renouvelables ajoutées en 2025, le monde a signé sa meilleure année à ce jour. Mais pour atteindre l’objectif de 11,2 TW fixé dans le cadre du Consensus des Émirats arabes unis pendant la COP28 en 2023, les installations annuelles devront atteindre en moyenne 1 200 GW entre 2026 et 2030. C’est l’appel lancé par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) dans un rapport publié cette semaine avec la présidence turque de la COP31 (prévue du 9 au 20 novembre à Antalya) et la Global Renewables Alliance (GRA).

« Cet objectif est réalisable »

Si l’ampleur de la tâche reste importante, les auteurs estiment que les ambitions sont atteignables. Ils en veulent pour preuve l’année 2025, qui a été historique pour les renouvelables dans le monde. Après l’ajout net de près de 693 GW, les capacités renouvelables mondiales ont progressé de 15,5 % à 5 155 GW, soit plus du double du niveau enregistré en 2016.

Le solaire photovoltaïque a été le moteur de cette croissance, avec 513 GW supplémentaires, soit environ trois quarts des nouvelles capacités renouvelables installées. L’éolien a, pour sa part, ajouté 158 GW, portant sa capacité mondiale à 1 291 GW.

Cette dynamique a permis aux renouvelables de représenter 49,5 % de l’ensemble des capacités électriques mondiales en 2025, contre 46,5 % un an auparavant. Alors que l’Asie a pesé pour plus de 74 % des ajouts mondiaux et compte pour plus de la moitié du parc mondial, l’organisation souligne que la baisse des coûts du solaire et de l’éolien, associée à la recherche d’une plus grande sécurité énergétique, renforce leur compétitivité pour l’addition de nouvelles capacités électriques dans la plupart des marchés, comme l’Europe et l’Afrique.

Ce dernier continent a d’ailleurs enregistré sa plus forte progression annuelle en 2025, avec 11,3 GW de nouvelles capacités, soit une hausse de 15,9 %.

« Cet objectif est réalisable : les capacités industrielles existent et les arguments économiques sont incontestables. Mais le déploiement doit s’accélérer dès maintenant, en particulier dans les marchés émergents et les économies en développement, où le coût du financement et les obstacles réglementaires restent des freins persistants », a déclaré Ben Backwell, président de la GRA.

Le défi des infrastructures

L’IRENA estime que l’expansion des capacités de production ne suffira pas sans une modernisation parallèle des infrastructures électriques.

Le rapport appelle à investir près de 1 000 milliards $ par an dans les réseaux et la flexibilité entre 2026 et 2030, soit plus du double du niveau de 2025. Cette enveloppe doit financer l’extension des lignes de transport, la numérisation des réseaux, les interconnexions et les équipements nécessaires à l’intégration de volumes croissants de solaire et d’éolien.

Le défi est d’autant plus important que la demande mondiale d’électricité augmente rapidement, sous l’effet de l’électrification des usages, de l’essor des véhicules électriques, de la climatisation, de l’industrie et des centres de données. Les investissements doivent donc porter simultanément sur la production renouvelable, les réseaux, les batteries et les mécanismes de flexibilité qui permettent d’ajuster l’offre et la demande.

Le stockage est appelé à devenir un pilier de cette nouvelle architecture. Le coût des batteries a chuté de 30 % entre 2024 et 2025 et de 95 % depuis 2010, ce qui accélère le déploiement de centrales hybrides combinant solaire et stockage. Ces solutions, capables de fournir une électricité renouvelable disponible en continu, représentaient environ un quart des capacités solaires à grande échelle mises en service dans le monde en 2025.

L’électrification, l’autre chantier à accélérer

Parallèlement au réseau, le rapport indique que la course aux capacités renouvelables doit aussi prendre en compte la nécessité de développer rapidement l’électrification. En d’autres termes, il ne suffit pas de produire davantage d’électricité verte. Il faut remplacer les usages directs de combustibles fossiles par une électricité décarbonée, tout en réduisant les pertes et le gaspillage énergétique.

« L’électrification rapide des secteurs d’usage final est indispensable pour réaliser les gains d’efficacité requis, en particulier dans les transports, le chauffage, les bâtiments et l’industrie. Elle peut réduire la demande finale totale d’énergie, même si la consommation augmente, tout en accélérant la décarbonation. Mais pour avoir une chance d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, cette électrification doit impérativement être alimentée par une production d’électricité renouvelable. Or, les réseaux électriques ne se sont ni étendus ni modernisés au même rythme que le déploiement des renouvelables. Il en résulte un allongement des files d’attente pour les raccordements, aggravé par les lenteurs liées aux procédures d’autorisation », explique Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA.

Espoir Olodo

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