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Minerais critiques : entre la Chine et les États-Unis, la Namibie cherche à attirer les capitaux

Minerais critiques : entre la Chine et les États-Unis, la Namibie cherche à attirer les capitaux
  • Date de création: 28 septembre 2026 07:33

(Agence Ecofin) - La Namibie cherche à renforcer la transformation locale de ses minerais critiques, alors que la Chine occupe déjà une place importante dans l’exploitation de l’uranium. Windhoek veut diversifier ses partenariats et industrialiser son secteur minier.

La présidente namibienne, Netumbo Nandi-Ndaitwah (photo), a invité la semaine dernière les entreprises américaines à investir dans l’ensemble de la chaîne de valeur des minerais critiques, lors d’une table ronde organisée à New York par la Chambre de commerce américaine. L’offre couvre l’exploration, l’exploitation, le traitement, le raffinage et la fabrication.

L’uranium, le lithium, les terres rares, le cuivre, le cobalt, le graphite, le manganèse, le tantale et l’étain figurent parmi les ressources ciblées. Windhoek cherche ainsi à attirer les technologies et les capacités industrielles nécessaires pour accroître leur transformation sur place.

Cette démarche intervient après le renforcement de la coopération avec la Chine. En juillet, lors d’une visite d’État à Pékin, Nandi-Ndaitwah a conclu huit accords portant notamment sur les minerais, l’énergie, les infrastructures et les technologies. Les deux pays sont convenus d’approfondir leur coopération dans l’uranium, le lithium et les terres rares, avec un accent sur le traitement local, le transfert de technologies et le développement des compétences.

L’uranium mesure l’empreinte chinoise

Selon les données de l’American Enterprise Institute citées par Reuters, les entreprises chinoises ont investi environ 4,2 milliards de dollars en Namibie, dont la quasi-totalité dans les mines. La Chine absorbe par ailleurs environ un quart des exportations namibiennes, selon le FMI. Parmi les biens namibiens exportés vers la Chine, près de 85 % sont constitués d’uranium.

Les groupes chinois sont présents dans les trois mines en activité. China National Nuclear Corporation (CNNC) détient 68,62 % de Rössing et 25 % de Langer Heinrich, tandis que des capitaux chinois possèdent 90 % de Husab, aux côtés d’Epangelo, l’entreprise publique namibienne. En 2025, la Namibie s’est classée troisième producteur mondial et première productrice africaine d’uranium.

L’empreinte chinoise s’étend aussi aux capacités futures. Le 25 septembre, CNNC Overseas Limited (CNOL) a finalisé son entrée dans Etango, le projet de l’australien Bannerman Energy, après un investissement de 320,4 millions de dollars. CNOL détient indirectement 42,75 % du projet, qui pourrait devenir la quatrième mine d’uranium du pays. Bannerman dispose d’un permis depuis 2023 et les travaux préparatoires ont commencé. La décision finale d’investissement est attendue au quatrième trimestre 2026. Etango doit produire en moyenne 1 588 tonnes d’oxyde d’uranium (U₃O₈) par an, dont CNOL pourra acheter 60 % sur la durée de vie de la mine, à un prix indexé sur le marché.

Washington cherche à prendre position

L’ouverture de la Namibie aux entreprises américaines intervient alors que Washington cherche à sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement en minerais critiques. Le 23 juillet, l’administration Trump a lancé un programme de 500 millions de dollars destiné à soutenir, en Afrique subsaharienne, des projets d’exploration, de transformation, de raffinage et d’infrastructures minières.

Les financements, compris entre 5 et 50 millions de dollars par projet, doivent diversifier les approvisionnements américains, renforcer la présence des entreprises américaines dans les chaînes de valeur africaines et développer les capacités locales. Cette stratégie répond notamment à la croissance des besoins américains en ressources indispensables aux batteries, aux technologies énergétiques et à d’autres industries stratégiques.

La présence américaine reste toutefois plus limitée en Namibie. NANO Nuclear Energy avait signé en 2025 un protocole d’accord portant sur des infrastructures liées à la chaîne de valeur du combustible nucléaire. L’appel de Nandi-Ndaitwah élargit désormais la coopération potentielle à l’ensemble des minerais critiques et aux activités situées en aval de l’extraction. Pour la Namibie, l’enjeu est de convertir l’intérêt de ces différents partenaires en capacités industrielles locales. L’interdiction, depuis 2023, d’exporter certains minerais critiques non transformés, notamment le lithium, le cobalt, le manganèse, le graphite et les terres rares, participe déjà de cette volonté de retenir davantage de valeur sur le territoire.

Olivier de Souza

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