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Kenya : un recours foncier menace le calendrier de la raffinerie de Dangote

Kenya : un recours foncier menace le calendrier de la raffinerie de Dangote
  • Date de création: 29 septembre 2026 11:45

(Agence Ecofin) - A deux jours du lancement officiel de sa future raffinerie de Lamu, Aliko Dangote se heurte à un premier obstacle judiciaire. Un tribunal kényan a ordonné le maintien du statu quo sur une partie du site, après un recours de 133 habitants qui contestent leurs conditions d’expropriation. Le projet, estimé à 16 milliards de dollars, doit devenir l’un des principaux pôles de raffinage d’Afrique de l’Est.

Le premier coup de pioche devait symboliser l’entrée du Kenya dans une nouvelle dimension pétrolière. Il pourrait finalement devoir attendre. La justice kényane a ordonné le maintien du statu quo sur une parcelle destinée à accueillir la future raffinerie de Dangote à Lamu, sur la côte nord-est du pays, dans l’attente d’une nouvelle audience fixée au 14 octobre.

Au cœur du litige, 133 agriculteurs et habitants de la région qui revendiquent des droits sur les terres concernées. Ils estiment que la réalisation du projet pourrait entraîner leur expulsion sans mécanisme adéquat de relogement ou d’indemnisation. Ils dénoncent également des manquements aux procédures d’évaluation environnementale et de consultation publique prévues par la législation kényane.

La décision judiciaire ne remet toutefois pas encore formellement en cause la cérémonie de lancement prévue le 30 septembre. Le tribunal de Malindi a refusé d’interdire spécifiquement la cérémonie de lancement des travaux, mais exige que la situation sur la parcelle litigieuse reste inchangée jusqu’à l’examen du dossier. Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals a indiqué qu’aucune activité ne serait menée sur le site avant cette échéance, tout en maintenant la cérémonie officielle.

Un projet stratégique pour le marché régional

L’enjeu dépasse largement ce contentieux foncier. Évaluée à environ 16 milliards de dollars, la raffinerie projetée doit disposer d’une capacité de traitement pouvant atteindre 700 000 barils par jour. Dangote a récemment confié à l’indien Engineers India une mission d’ingénierie et de supervision portant sur ce complexe pétrolier et pétrochimique.

Pour Nairobi, l’investissement doit surtout réduire la dépendance du Kenya et de plusieurs économies d’Afrique de l’Est aux carburants raffinés importés. Le complexe est également appelé à s’intégrer au vaste corridor Lamu Port-South Sudan-Ethiopia Transport (LAPSSET), qui regroupe ports, routes, pipelines et autres infrastructures destinées à faire de Lamu un nouveau hub logistique régional.

Pour Dangote, déjà propriétaire au Nigeria de la plus grande raffinerie d’Afrique, le projet kényan est une nouvelle étape d’expansion : passer d’un champion industriel ouest-africain à un acteur capable de remodeler la carte du raffinage à l’échelle du continent.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia

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