(Agence Ecofin) - La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a approuvé quatre opérations d’un montant cumulé de 390 millions $, destinées à financer des projets dans l’énergie, les mines, les infrastructures ferroviaires et l’agriculture en Afrique de l’Ouest.
Ces décisions ont été prises lundi 28 septembre 2026, lors de la 101è session du Conseil d'administration de la BIDC, qui s'est tenue au siège de l'institution à Lomé. Les projets concernent principalement le Ghana et le Nigeria ; toutefois un financement régional couvre ensemble le Ghana, le Sénégal et le Togo.
Le principal engagement porte sur le secteur aurifère ghanéen. La BIDC prévoit une facilité de 230 millions $, près de 59 % de l’enveloppe, en faveur d’Azumah Resources Ghana Limited pour le développement du projet aurifère Black Volta. Le financement doit accompagner la mise en valeur de cette ressource et favoriser la création de valeur au niveau local.
Au Nigeria, 100 millions $, soit 26 % du montant total approuvé, seront consacrés à la deuxième phase du projet de chemin de fer à écartement standard Kano-Maradi. La facilité doit financer l’acquisition de matériel roulant et d’équipements d’exploitation. Le projet s’inscrit dans une logique de renforcement des échanges et de la mobilité entre le Nigeria et le Niger, tout en contribuant à l’intégration des réseaux de transport régionaux.
La BIDC a également approuvé une facilité de 50 millions $, équivalant à 13 %, pour MOSL Limited au Ghana. Elle doit soutenir l’approvisionnement en produits pétroliers et, selon la banque, contribuer au renforcement de la sécurité énergétique du pays.
Enfin, une enveloppe de 10 millions $, soit 2,6 %, est destinée à la phase pilote de l’Initiative ouest-africaine pour une agriculture intelligente face au climat (WAICSA). Le mécanisme couvre le Ghana, le Sénégal et le Togo et vise à améliorer l’accès au financement pour des investissements agricoles adaptés aux effets du changement climatique.
Au total, les quatre opérations traduisent une intervention de la banque sur plusieurs maillons des économies ouest-africaines : valorisation des ressources minières, sécurisation de l’approvisionnement énergétique, développement des infrastructures de transport et financement de l’agriculture résiliente.
Cette répartition montre que 84,6 % des financements vont à deux opérations : le projet aurifère Black Volta et le projet ferroviaire Kano-Maradi. Les secteurs de l’énergie et de l’agriculture climatique représentent respectivement 12,8 % et 2,6 % du montant total.
Pour la BIDC, ces investissements s’inscrivent dans sa stratégie « Croissance, Résilience et Optimisation » (GRO) 2026-2030. L’institution entend notamment orienter ses financements vers des projets susceptibles de soutenir la croissance, l’industrialisation, l’intégration régionale et la résilience des économies de la CEDEAO.
De fait, selon Dr George Agyekum Donkor, président de la BIDC et de son Conseil d’administration, les 4 projets au total approuvés pour un montant d’environ 400 millions $, réparti entre le secteur minier, le secteur agricole, la construction des routes, « contribueront à l’amélioration des activités économiques dans les pays membres de la BIDC ainsi qu’à la stratégie GRO 2026-2030 (Croissance, Résilience et Optimisation). Celle-ci consiste à investir dans les secteurs à fort potentiel de développement dans les différents pays de la sous-région ouest africaine ».

Dans le secteur agricole, indique-t-il, « nous avons par exemple financé les petits exploitants agricoles dans les pays membres », avant de marteler : « Tout ceci s’aligne sur la stratégie GRO qui vise améliorer la croissance économique et le développement et un des principes que nous avons intégrés, c’est ESG (Les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance) pour renforcer l’intégration de ces questions dans la sous-région ».
Souveraineté alimentaire, agriculture, infrastructures, … les priorités de financement pour les prochaines années
L’agriculture devrait rester l’un des principaux axes d’intervention de la BIDC dans les prochaines années, dans un contexte ouest-africain marqué par les enjeux de sécurité alimentaire. La banque entend ainsi renforcer ses financements en faveur de projets susceptibles d’accroître la production agricole et de contribuer à la résilience des systèmes alimentaires dans la sous-région. « Comme vous le savez, le secteur agricole est un secteur très important dans la sous-région qui est confrontée à des questions de sécurité alimentaire. Donc les priorités pour la BIDC dans les prochaines années, c’est d’abord d’investir dans la sécurité alimentaire, les infrastructures, … le continent africain éprouve un important déficit de financement d’infrastructures », a déclaré le président de la BIDC et président du CA.
Cette orientation s’inscrit plus largement dans une stratégie axée sur des secteurs considérés comme prioritaires pour le développement économique régional, notamment les infrastructures et l’énergie. Le déficit de financement des infrastructures constitue en effet un enjeu majeur pour le continent africain, alors que les besoins d’investissement restent importants pour améliorer les réseaux de transport, l’accès à l’énergie et les capacités productives.
En tant qu’institution régionale de financement du développement, la BIDC entend donc mobiliser davantage de ressources vers ces secteurs, afin de soutenir les investissements structurants et accompagner la transformation des économies ouest-africaines.
Cette approche rejoint par ailleurs plusieurs des Objectifs de développement durable (ODD), notamment ceux relatifs à la sécurité alimentaire, à l’accès à une énergie abordable et aux infrastructures durables. « La BIDC en tant qu’institution de financement du développement va se concentrer sur ces secteurs (agriculture, infrastructures, énergie) ; ce qui s’aligne aussi sur les ODD (Objectifs de Développement durable) », a dévoilé le N°1 de la BIDC.
S.A
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