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Terres rares : l’Afrique devrait contribuer à hauteur de 7 % à l’offre mondiale d’ici 2034 (Fitch Solutions)

  • Date de création: 06 novembre 2025 19:39

(Agence Ecofin) - Alors que les Etats-Unis et l’Europe cherchent à briser la domination chinoise sur le marché mondial des terres rares, l’Afrique devrait se positionner comme une alternative crédible dans les années à venir. 

Le continent africain devrait contribuer à hauteur de 7% à la production mondiale de terres rares d'ici 2034, grâce notamment à un portefeuille de projets relativement solide dans les sous-régions de l’Afrique australe et de l’Afrique de l’Est, a estimé Fitch Solutions dans un rapport publié le 21 octobre 2025.

Intitulé « Africa rare earths outlook : South Africa, Tanzania, Angola and Malawi set to emerge as major regional players », le rapport précise également que l’Afrique devrait représenter à ce même horizon environ 16% de l’offre mondiale hors Chine de ces minerais indispensables à la fabrication de technologies phares de la transition énergétique et d’appareils électroniques.

Aucun pays du continent ne produit actuellement des terres rares. L’Afrique du Sud, l'Angola, le Malawi et la Tanzanie, sont cependant bien placés pour devenir les principaux producteurs africains des 17 éléments chimiquement apparentés sous forme minérale, dont le scandium, l’yttrium, le néodyme et le praséodyme, durant les prochaines années.

L’Afrique du Sud compte trois projets en cours de développement, qui devraient tous entrer en production avant 2030. À la frontière entre le Cap-Occidental et le Cap-Nord, Frontier Rare Earths développe le projet Zandkopsdrift, qui a été répertorié par la Commission européenne en juin 2025 comme l'un des 13 projets stratégiques situés en dehors de l'Union européenne. Ce projet abrite 789 kilotonnes (1 kilotonne/kt = 1000 tonnes) de réserves prouvées et probables d'oxydes de terres rares d'une teneur moyenne de 1,92 %, et table sur une production de 17 kilotonnes par an (ktpa) de terres rares, dont 4 kt de terres rares magnétiques, sur une durée de vie de la mine de 45 ans. D'après la dernière mise à jour annoncée en février 2024, le projet devrait entrer en production au second semestre 2028.

Situé au sud dans la province du Cap-Occidental, le projet Steenkampskraal repose, quant à lui, sur un gisement de monazite contenant environ 87 kt d'oxydes de terres rares. À partir du second semestre 2025, ce gisement devrait produire initialement environ 5,4 ktpa de concentré de monazite, un minerai qui constitue la principale source d'éléments de terres rares. Prévue en 2026, la deuxième phase de ce projet comprend la mise en service d'une usine de craquage de monazite, tandis que la troisième phase verra la construction d'une usine de séparation, produisant environ 2,7 ktpa d'oxydes de terres rares individuels, y compris l'oxyde d'yttrium, à partir de 2027.

Plus à l'est, dans la province du Limpopo, la société Rainbow Rare Earths développe le projet Phalaborwa, qui recèle des ressources estimées à 35 millions de tonnes à une teneur de 0,44 %. Ce projet devrait produire 1,9 ktpa d'oxydes de terres rares magnétiques séparés, notamment du néodyme, du praséodyme, du dysprosium et du terbium.

De nouveaux investissements étrangers en vue

D'ici 2034, Phalaborwa, Zandkopsdrift et Steenkampskraal devraient produire ensemble 12,4 kt d'oxydes de terres rares, ce qui positionnerait l'Afrique du Sud comme le premier producteur de ce groupe de minerais en Afrique et le septième au niveau mondial.  

En Angola, la compagnie britannique Pensana développe le projet Longonjo. Situé le long du corridor ferroviaire de Lobito, ce gisement devrait produire 20 ktpa de carbonate de terres rares mixtes (MREC), un produit intermédiaire qui sera livré à une usine de transformation au Royaume-Uni, d’où sortiront 12,5 ktpa d'oxydes de terres rares magnétiques.

L'entrée en production de ce projet financé par la Development Finance Corporation américaine (DFC) est prévue pour le deuxième semestre 2026. Pensana envisage aussi de doubler la capacité de production de Longonjo pour la porter à 40 ktpa au terme d'une éventuelle phase d'expansion.

Au Malawi, le projet Kangankunde, détenu par la compagnie minière australienne Lindian Resources, devrait produire 8,3 ktpa d'oxydes de terres rares, dont 1,61 ktpa de néodyme et de praséodyme. Lindian, qui a conclu un accord de financement et d'achat avec le négociant en matières premières Gerald Metals en décembre 2024, vise une première production de minerais au premier trimestre 2026. Toujours au Malawi, le projet Songwe Hill de Mkango Resources devrait produire 5,9 ktpa de TREO (oxydes de terres rares totaux), qui seront ensuite transformés en Pologne, avec un objectif de production de 1,9 ktpa d'oxydes de néodyme-praséodyme. À l'instar du projet sud-africain de Zandkopsdrift, Songwe Hill a été désigné comme projet de stratégique par la Commission européenne en juin 2025.

En Tanzanie, le projet Ngualla du groupe australien Peak Rare Earths devrait produire en moyenne 16,2 ktpa de concentrés de terres rares à haute teneur, contenant 3,6 ktpa de néodyme et de praséodyme, sur une durée de vie prévue de 24 ans.  

En Ouganda, Ionic Rare Earths développe le projet Makuutu, qui repose sur un gisement d'argile à adsorption ionique similaire à ceux que l'on trouve dans le sud de la Chine et en Birmanie, offrant un approvisionnement en oxydes de terres rares lourdes.

De leur côté, le Mozambique, Madagascar, la Namibie et la Zambie accueillent des projets d'exploration de terres rares, qui sont encore à un stade précoce.

Au regard de l’importance stratégique croissante des terres rares, Fitch Solutions prévoit de nouveaux investissements étrangers dans ce secteur en Afrique dans un contexte marqué par la volonté de puissances occidentales telles que les États-Unis et l'Union européenne de réduire rapidement leur dépendance à la Chine.

Walid Kéfi

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26/08/2025 - Longonjo, première mine de terres rares d’Angola, pourrait entrer en production début 2027

20/08/2025 - Lindian mobilise 59 millions $ pour faire du Malawi un producteur de terres rares d’ici 2026

 
 
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