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Engrais : le Burkina Faso veut constituer un stock de sécurité de 56 700 tonnes

Engrais : le Burkina Faso veut constituer un stock de sécurité de 56 700 tonnes
  • Date de création: 09 mai 2026 06:38

(Agence Ecofin) - Avec le conflit au Moyen‑Orient, les prix des fertilisants flambent depuis février 2026, érodant les revenus des agriculteurs et menaçant les rendements agricoles à venir. Le Burkina Faso qui importe la quasi‑totalité de ses besoins, prend des dispositions pour réduire sa vulnérabilité.

Au Burkina Faso, le gouvernement veut assurer la disponibilité des engrais au cours des prochains mois. Selon le compte rendu du Conseil des ministres du jeudi 7 mai, le gouvernement prévoit à cet effet la constitution d’un stock de sécurité de 56 700 tonnes d’engrais pour faire face à la flambée des prix sur le marché international.

Dans son dernier rapport « Commodity Markets Outlook » publié le 28 avril dernier, la Banque mondiale prévoit en effet que les prix mondiaux des engrais pourraient grimper de plus de 30 % en 2026 sous l’effet du conflit au Moyen‑Orient et des perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du commerce maritime mondial de fertilisants, soit environ 16 millions de tonnes par an.

L’urée, principal engrais azoté utilisé dans le monde, est particulièrement exposée à ces tensions. Selon la Banque mondiale, son prix pourrait atteindre en moyenne 675 dollars la tonne cette année, soit près de 60 % de plus qu’en 2025.

D’après Ouagadougou, la constitution du stock de sécurité d’engrais annoncé sera réalisée dans le cadre de l’Opération d’urgence pour le renforcement de la production agricole au Burkina Faso (OURPA‑BF), financée par la BAD et l’État burkinabè pour un coût total de 60,04 milliards FCFA (107,4 millions $).

« L’objectif global de l’OURPA‑BF est de contribuer à la souveraineté alimentaire à travers l’accroissement de la production des spéculations ciblées. De façon spécifique, il s’agit de faciliter l’accès des agriculteurs aux intrants agricoles de qualité, de renforcer les capacités des acteurs sur les bonnes pratiques agricoles et d’améliorer la gouvernance des sous‑secteurs semences et fertilisants », souligne le communiqué du conseil des ministres.

En plus du stock de sécurité, le programme prévoit, entre autres interventions, l’acquisition de 68 700 tonnes d’engrais ainsi que de 10 087 tonnes de semences améliorées de riz, soja, blé, maïs et mil. Les autorités envisagent également la construction de quatre entrepôts de stockage de 15 000 tonnes chacun à Bobo‑Dioulasso, Koudougou, Ziniaré et Koupéla, ainsi que de cinq magasins de stockage d’une capacité de 500 tonnes chacun.

Au Burkina Faso, le recours aux engrais ne cesse de croître. Selon les données du Centre international de développement des engrais (IFDC), la consommation apparente est passée de 164 422 tonnes en 2019 à 327 163 tonnes en 2023, soit une hausse de près de 99 % en cinq ans.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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