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Ghana : l’industrie des engrais organiques se renforce avec de nouveaux projets

Ghana : l’industrie des engrais organiques se renforce avec de nouveaux projets
  • Date de création: 29 septembre 2026 04:40

(Agence Ecofin) - Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt croissant de la part des investisseurs qui souhaitent se lancer dans l’industrie des fertilisants.

Au Ghana, l’entreprise ABC Oyeasase Yie Ltd a signé, le 24 septembre dernier, un protocole d’accord avec le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture (MoFA) pour la mise en place d’une unité de mélange d’engrais organiques dans la région de l’Est. D’un coût annoncé de 50 millions $, le projet prévoit une capacité annuelle de 500 000 tonnes, selon le ministère.

Près de deux mois plus tôt, le 28 juillet, c’est l’entreprise Omanbapa AgriTech qui signait un protocole d’accord avec le MoFA pour la construction d’une usine de production d’engrais organiques dont le site d’implantation doit être choisi entre les régions d’Ashanti et d’Ahafo. Évalué à 10 millions $, le projet prévoit une capacité initiale comprise entre 20 000 et 30 000 tonnes par an, extensible à 60 000 tonnes à terme. L’entreprise prévoit notamment de valoriser des résidus agricoles comme les spathes de maïs pour approvisionner l’usine.

Ces deux projets annoncent ainsi un changement d’échelle par rapport au niveau encore limité de la production locale d’engrais organiques. Selon les données compilées par le Centre international pour le développement des engrais (IFDC), celle-ci était estimée à 7 883 tonnes en 2024. Cette estimation repose toutefois sur les données disponibles auprès de seulement deux entreprises au moment de la validation des statistiques.

Une exposition aux importations d’engrais minéraux à réduire

Le développement de ces nouvelles capacités s’inscrit d’abord dans une volonté de renforcer l’offre locale d’intrants. Dans son communiqué sur le projet ABC Oyeasase Yie, le MoFA évoque explicitement la réduction de la dépendance aux engrais importés.

Cette orientation intervient dans un marché où les importations occupent une place centrale. Selon l’édition 2025 des statistiques de l’IFDC, le Ghana a importé 554 457 tonnes d’engrais en 2024, dont moins de 1 % d’engrais organiques. Les engrais minéraux importés comprennent notamment le NPK, l’urée, le sulfate d’ammonium ou encore le chlorure de potassium, certains étant ensuite mélangés localement avant leur distribution. Cette dépendance aux importations d’engrais minéraux expose également les agriculteurs et les finances publiques aux fluctuations du marché international.

Dans son rapport Commodity Markets Outlook publié en avril dernier, la Banque mondiale prévoit une hausse de plus de 30 % des prix mondiaux des engrais en 2026, notamment sous l’effet des perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, un corridor stratégique par lequel transite près d’un tiers du commerce maritime mondial de fertilisants, soit environ 16 millions de tonnes par an.

C’est dans ce contexte que le Ghana a également modifié son dispositif de soutien aux producteurs. En mars 2026, le gouvernement a annoncé le remplacement du système de subvention par une distribution gratuite d’engrais aux agriculteurs pour la campagne agricole. Si cette nouvelle politique vise à encourager l’utilisation des engrais en supprimant le coût supporté par les producteurs, elle fait aussi peser sur l’État le coût de l’approvisionnement sur un marché international volatil.

Le développement d’une industrie locale d’engrais organiques apparaît ainsi comme l’une des pistes permettant au Ghana de réduire sa dépendance aux approvisionnements extérieurs. Les nouvelles capacités ne permettront pas nécessairement de remplacer les engrais minéraux importés. Leur intérêt réside plutôt dans l’élargissement de l’offre locale, la valorisation des résidus agricoles et, à terme, la réduction d’une partie de l’exposition du pays aux marchés internationaux.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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21/09/2026 : Ghana : les investissements se multiplient dans la production locale d’engrais

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