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Les prix des engrais attendus en hausse de plus de 30 % en 2026 (Banque mondiale)

Les prix des engrais attendus en hausse de plus de 30 % en 2026 (Banque mondiale)
  • Date de création: 30 avril 2026 10:53

(Agence Ecofin) - Le marché des engrais est l’un des plus impactés par les perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, avec celui du pétrole et du gaz. Face à cette situation, les inquiétudes se multiplient quant à la sécurité alimentaire.

En 2026, les prix mondiaux des engrais pourraient grimper de plus de 30 % en raison du conflit au Moyen-Orient. L’alerte a été émise par la Banque mondiale le mardi 28 avril, dans la dernière édition de son rapport « Commodity Markets Outlook ». Depuis le début du conflit il y a deux mois, le marché mondial des fertilisants est soumis à de fortes tensions avec les perturbations dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du commerce maritime gobal de fertilisants, soit environ 16 millions de tonnes par an.

Déjà en mars, le prix de l’urée a bondi à 725,6 USD la tonne, soit +53,7 % par rapport à février, et son plus haut niveau depuis 4 ans. Dans le même temps, la tonne de phosphate diammonique (DAP), l’engrais phosphaté le plus utilisé, se négociait à 658,3 USD la tonne (+5 %), alors que le chlorure de potassium (MOP) a vu son prix passer de 372,5 USD à 380,6 USD la tonne entre février et mars.

Au total, l’indice des prix des engrais a grimpé de plus de 12 % entre le dernier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026. « Les engrais n’auront jamais été aussi peu abordables depuis 2022, érodant les revenus des agriculteurs et menaçant les rendements agricoles à venir », explqiue l’organisation.

L’urée, moteur de la hausse dans les prochains mois

La situation est déjà critique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale, et l’institution financière ne prévoit pas de répit dans un futur proche. Sur les prochains mois, la hausse des prix des engrais devrait se poursuivre, avec comme principale locomotive l’urée, qui est l’engrais azoté le plus utilisé au monde.

Selon le rapport, avec les tensions sur le marché, les prix de l’urée devraient clôturer cette année à 675 USD la tonne, soit près de 60 % de plus qu’en 2025, avant de reculer de 25 % en 2027 dans l’hypothèse d’une accalmie au niveau des prix du gaz naturel.

« Parmi les principaux risques à la hausse figurent la prolongation des fortes contraintes sur le transport maritime au Moyen-Orient ou une reprise des hostilités, qui pourraient aggraver les pénuries. De plus, les craintes liées à la disponibilité d’engrais sur les marchés domestiques pourraient inciter de grands exportateurs à instaurer des restrictions, tandis qu’une remontée plus forte que prévu des prix du gaz naturel renchérirait encore les coûts de production (le gaz représentant 80 à 90% du coût de fabrication de l’ammoniac, principal intrant de l’urée). Si ces risques se matérialisaient, le prix moyen de l’urée en 2026 pourrait dépasser la moyenne de 700 dollars la tonne enregistrée en 2022, soit son deuxième plus haut niveau en termes réels depuis 1974 », prévient la Banque mondiale. 

Pour le reste, les autres engrais connaîtront des hausses beaucoup plus modérées.  Les prix du DAP devraient augmenter d’environ 6 % en 2026 par rapport à 2024, avant de se contracter de 10 % en 2027 avec l’entrée en production de nouvelles capacités. Pour leur part, les tarifs du MOP sont attendus en hausse d’environ 12 % en 2026, avec une décrue de 6 % attendue d’ici 2027.

« À plus long terme, la mise en service de nouvelles capacités de production importantes, notamment au Canada — premier producteur et exportateur mondial de potasse —, pourrait exercer une pression supplémentaire à la baisse sur les prix. Dans l’ensemble, les risques entourant les perspectives de prix apparaissent relativement équilibrés, la production et les exportations de MOP n’étant pas fortement dépendantes du Moyen-Orient », indique la Banque mondiale.

Espoir Olodo

Edité par : Feriol Bewa

Lire aussi : 22/04/2026-Engrais : la Russie limite ses exportations à 20 millions de tonnes entre juin et novembre

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