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Le Maroc tente de se repositionner sur le marché international des oranges

  • Date de création: 05 mai 2025 06:03

(Agence Ecofin) - Le Maroc est le troisième producteur et exportateur d’oranges en Afrique, derrière l’Égypte et l’Afrique du Sud. Pourtant, contrairement à ces deux poids lourds du secteur qui sont respectivement 1er et 2e exportateurs mondiaux, le royaume chérifien peine à s’imposer durablement sur le marché international. 

Au Maroc, le gouvernement a entériné l’entrée en vigueur d’un nouveau mécanisme d’appui à l’exportation des agrumes frais, applicable sur 5 campagnes agricoles de 2024 à 2028. Selon les détails publiés dans le Bulletin officiel du royaume le 21 avril dernier, il est prévu l’octroi d’une prime forfaitaire de 1 000 dirhams (107,7 $) par tonne d’agrumes exportée à destination de l’UE, du Royaume-Uni et de certains pays africains.

D’après les autorités, l’aide sera attribuée exclusivement aux unités de conditionnement exportatrices disposant d’un agrément valide et soumise à un plafond annuel fixé à 65 000 tonnes pour la première année, avec une augmentation progressive jusqu’à 125 000 tonnes en 2028.

Cette manœuvre est à inscrire dans un contexte où la filière orange est en difficulté sur les marchés internationaux depuis plusieurs années. Les données compilées par le Département américain de l’Agriculture (USDA) révèlent que les exportations marocaines d’oranges ont baissé de 15,37 % en moyenne par an, passant de 117 000 tonnes durant la campagne de commercialisation de 2019/2020 à seulement 60 000 tonnes en 2023/2024.

Sur la période considérée, le pays d’Afrique du Nord est ainsi passé du 7ᵉ rang des exportateurs mondiaux du fruit à la 10ᵉ place, au profit de la Chine et du Chili, qui sont montés dans le classement, derrière l’Égypte, l’Afrique du Sud, les États-Unis, l’Union européenne (UE), la Turquie et l’Australie.

« L’idée principale, c’est surtout d’essayer d’encourager l’exportation des oranges qui sont mises à mal par la compétitivité de l’Égypte. […] C’est le premier bénéfice attendu du nouveau dispositif », a indiqué Kacem Bennani Smires, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes (Maroc Citrus), à Médias 24, le 30 avril dernier.

Un soutien qui pourrait ne pas être suffisant

Si ce nouveau mécanisme public est salué dans la filière, les acteurs s’accordent notamment sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une panacée aux maux de l’industrie agrumicole marocaine. « C’est une bonne nouvelle, mais cela ne résout pas tout. En raison de la dévaluation de leurs monnaies, l’Égypte et la Turquie restent nettement plus compétitives que nous, y compris avec le soutien dont on va bénéficier », explique M. Bennani Smires.

Selon les observateurs, en plus de la concurrence sur le marché international, la filière marocaine doit également composer avec la sécheresse persistante, qui affecte sa productivité et la hausse des coûts de transport. Déjà, en 2023, les exportations marocaines d’agrumes avaient reculé de près de 70 %, s’établissant à seulement 39 000 tonnes, d’après l’USDA, sous l’effet combiné de ces trois facteurs, et peinant depuis à franchir à nouveau la barre des 100 000 tonnes.

À terme, cette politique de soutien pourrait préfigurer une stratégie plus ambitieuse de repositionnement du Maroc sur le marché mondial des agrumes. Mais pour y parvenir, elle devra s’accompagner de réformes structurelles visant à renforcer la résilience de la production face à la sécheresse, améliorer les performances logistiques et diversifier les débouchés.

Stéphanas Assocle

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06/01/2025 - Egypte : le volume d’oranges transformées attendu en hausse de 50 % en 2024/2025

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