Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Le Sénégal veut améliorer la gouvernance de sa filière riz avec l’appui de la CEDEAO

Le Sénégal veut améliorer la gouvernance de sa filière riz avec l’appui de la CEDEAO
  • Date de création: 31 mars 2026 05:08

(Agence Ecofin) - Le riz est la principale céréale cultivée et consommée au Sénégal. Alors que la production locale couvre moins de la moitié des besoins du marché intérieur, elle peine encore à séduire convenablement les consommateurs, au profit du riz importé jugé de meilleure qualité.

Le Sénégal met en place le chapitre national de l’Observatoire du riz de la CEDEAO (ERO) pour améliorer la compétitivité du riz local. L’annonce a été faite dans un communiqué publié sur le site du ministère de l’Agriculture le 30 mars.

L’ERO est une plateforme multipartite regroupant États, producteurs, secteur privé, instituts de recherche et partenaires techniques, créée en 2021 pour opérationnaliser l’« Offensive riz », la politique de la CEDEAO qui vise l’autosuffisance dans la céréale en Afrique de l’Ouest. Elle est chargée de coordonner, les programmes liés au secteur rizicole, les investissements publics/privés, les recommandations politiques pour les décideurs clés et de faciliter l’accès au financement tout au long de la chaine de valeur.

La mise en place d’un chapitre national de l’ERO au Sénégal suggère une volonté des autorités d’adapter cet outil de suivi et de coordination de la filière riz aux réalités du pays. « Les acteurs procéderont à l’adoption d’un cadre de gouvernance inclusif, à la mise en place des organes de pilotage et à l’élaboration d’une feuille de route pour opérationnaliser le chapitre en faveur d’un riz local compétitif et durable », peut-on lire dans le communiqué.

Un contexte opportun ?

Au Sénégal, la question de la compétitivité du riz produit localement est au cœur de l’actualité du secteur agricole. Dans le pays, les producteurs peinent à écouler leurs stocks depuis plusieurs mois, freinés par la concurrence du riz importé jugé moins cher, plus homogène, mieux nettoyé, mieux conditionné (formats de sacs adaptés aux budgets) et disponible de façon régulière.

Déjà en octobre 2025, les producteurs de riz du département de Dagana, dans la vallée du fleuve Sénégal, tiraient la sonnette d’alarme sur le risque que près de 195 000 tonnes de riz paddy et usiné, issus de la campagne 2025, restent invendues.

Face à la persistance de cette situation jusqu’en 2026, le gouvernement sénégalais a adopté une série de mesures dont la dernière, annoncée le 5 mars dernier, portait sur l’octroi d’une subvention de 50 francs CFA pour l’achat de chaque kilogramme de riz produit localement pour faciliter l’écoulement des stocks.

Malgré ces efforts, les riziers et agro-industries de Saint-Louis, dans la vallée du fleuve Sénégal, ont estimé à plus de 50 000 tonnes le stock de riz paddy et usiné encore invendu dans leurs magasins le 28 mars dernier, selon les informations relayées par les médias locaux.

Les prochains développements permettront de dire si la mise en place du chapitre national de l’ERO dans le pays peut insuffler une nouvelle dynamique dans la gestion de la filière rizicole.

Au Sénégal, le recours au riz importé s’intensifie. Dans son dernier rapport sur le marché mondial des céréales, le Département américain de l’Agriculture (Usda) indique que le pays de la Teranga s’est procuré 1,47 million de tonnes de riz blanchi sur le marché international durant la campagne de commercialisation de 2024/2025, enregistrant une croissance de 13 % par rapport à 2022/2023 (1,3 million de tonnes). L’Usda estime par ailleurs que les achats pour la campagne 2025/2026 en cours devraient s’établir à terme à 1,5 million de tonnes.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi:

09/03/2026 : Sénégal : le gouvernement poursuit les efforts pour faciliter l’écoulement du riz local

14/11/2025 : Sénégal : le gouvernement annonce une suspension temporaire des importations de riz

 
 
Sur le même thème
Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt...
La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation...
La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord...
Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est...