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Sénégal : le gouvernement poursuit les efforts pour faciliter l’écoulement du riz local

Sénégal : le gouvernement poursuit les efforts pour faciliter l’écoulement du riz local
  • Date de création: 09 mars 2026 10:06

(Agence Ecofin) - Au Sénégal, le riz est la principale céréale consommée. Avec le recours croissant aux importations, la production locale peine à se frayer un chemin jusqu’aux assiettes des consommateurs.

Au Sénégal, le ministère de l’Industrie et du Commerce a décidé d’accorder, depuis le 5 mars, une subvention de 50 francs CFA par kilogramme pour l’achat de riz produit localement. Dans un communiqué publié sur son site, ledit ministère indique que cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à faciliter l’intégration de la production locale dans les circuits commerciaux.

Selon l’Agence de Régulation des Marchés (ARM), l’initiative permettra de renforcer la compétitivité de la filière rizicole par rapport au riz importé. « En tant que garant de l’équilibre entre l’offre et la demande, l’ARM voit en cette subvention un levier essentiel pour stabiliser les prix au consommateur tout en assurant une juste rémunération aux producteurs nationaux », indique le régulateur.

Il s’agit de la dernière initiative en date du pouvoir public pour promouvoir le riz local dans les assiettes des consommateurs. En effet, dans une circulaire publiée le 26 février dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko recommandait déjà aux services administratifs, établissements publics, agences et autres entités sous tutelle ministérielle, de privilégier systématiquement le riz d’origine sénégalaise dans leurs achats, en vue de créer un débouché supplémentaire pour les producteurs locaux.

Un peu plus tôt, en novembre 2025, le ministère de l’Industrie et du Commerce a décidé, de commun accord avec les acteurs de la filière, de suspendre pour une période d’un mois la délivrance des Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA) pour le riz, afin de mieux réguler le marché.

Ces différentes mesures interviennent dans un contexte où les producteurs sénégalais peinent à écouler leurs stocks depuis plusieurs mois, freinés par la concurrence du riz importé jugé moins cher et de meilleure qualité. Déjà en octobre 2025, les producteurs de riz du département de Dagana, dans la vallée du fleuve Sénégal, tiraient la sonnette d’alarme sur le risque que près de 195 000 tonnes de riz paddy et usiné, issus de la campagne 2025, restent invendus.

Il convient de noter que le recours au riz importé s’est intensifié au Sénégal ces dernières années. Les données compilées par le Département américain de l’Agriculture montrent par exemple que le pays de la Teranga s’est procuré 1,6 million de tonnes de riz blanchi sur le marché international durant la campagne de commercialisation de 2024/2025, enregistrant une croissance de 23 % par rapport à celle de 2022/2023 (1,3 million de tonnes). L’USDA estime par ailleurs que les achats pour la campagne 2025/2026 en cours devraient s’établir à terme à 1,7 million de tonnes.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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