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Au Sénégal, l’État veut rapprocher les jeunes professionnels de santé d’un emploi

Au Sénégal, l’État veut rapprocher les jeunes professionnels de santé d’un emploi
  • Date de création: 21 septembre 2026 15:50

(Agence Ecofin) - Alors que le Sénégal cherche à renforcer ses effectifs sanitaires et à mieux répartir les compétences sur son territoire, l’insertion des jeunes formés aux métiers de la santé reste un enjeu pour le système de soins et le marché du travail.

À travers le programme Africa Health Collaborative (AHC), l’État sénégalais veut rapprocher les jeunes professionnels de santé des débouchés professionnels. D’après des informations relayées par l’Agence de presse sénégalaise (APS) le mercredi 16 septembre, le dispositif vise à accompagner 7 000 jeunes d’ici 2027, dont 1 037 déjà enrôlés et formés.

Mis en œuvre depuis avril 2024, le programme résulte d’un partenariat entre la Fondation Mastercard et l’ONG AMREF, en collaboration avec le ministère de la Santé. D’abord circonscrit à Dakar, Diourbel et Kaolack, il couvre aujourd’hui les 14 régions du pays, a précisé Ndèye Sokhna Ndao, cheffe de la division de la formation du ministère de la Santé. Son budget est estimé à 4 milliards de FCFA, soit environ 6 millions de dollars.

Le dispositif s’articule autour de trois piliers : l’emploi et l’employabilité, l’entrepreneuriat en santé et le renforcement de l’écosystème sanitaire. Le premier accompagne l’insertion des jeunes et la formation des formateurs. Le deuxième vise à réduire leur dépendance à l’emploi public en développant l’entrepreneuriat, explique Ndeye Maguette Ndiaye, directrice de cabinet du ministre. Le troisième porte sur le renforcement des capacités institutionnelles et l’amélioration de l’environnement sanitaire, en cohérence avec la stratégie nationale de transformation du système de santé. Le programme a par ailleurs déjà soutenu 80 initiatives entrepreneuriales.

L’enjeu dépasse le seul Sénégal. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les 5,72 millions de professionnels de santé recensés en Afrique en 2024 ne représentent qu’environ 46 % des effectifs nécessaires au continent. Elle relève pourtant un paradoxe : un million de professionnels formés se trouvent au chômage. Dans plusieurs pays du continent, plus de la moitié des jeunes diplômés en soins infirmiers, médecine ou sage-femme restent ainsi sans emploi peu après l’obtention de leur diplôme.

Au Sénégal, ce défi se double d’un enjeu de répartition territoriale des compétences. Le nombre de médecins est passé de 1 707 en 2021 à 2 057 en 2022, soit une hausse de 20,5 %, selon le rapport 2024 sur la Situation économique et sociale du Sénégal de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Cette progression reste toutefois inégalement répartie sur le territoire. Dakar concentrait à elle seule 42,4 % des ressources humaines en santé en 2022, contre 10 % pour Thiès. Sédhiou et Kédougou fermaient la marche, avec 2,5 % chacune.

Le budget 2026 du ministère comporte lui aussi un volet rural, sans préciser si les régions les moins dotées en seront prioritairement bénéficiaires. Il prévoit le recrutement de 2 500 professionnels de santé et la construction de 35 centres de santé en zones rurales, selon le rapport de présentation du budget du ministère de la Santé.

Félicien Houindo Lokossou

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