Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Avec l’OMS, le Bénin renforce la formation médicale face à la pénurie

Avec l’OMS, le Bénin renforce la formation médicale face à la pénurie
  • Date de création: 18 juin 2026 14:36

(Agence Ecofin) - Face à des systèmes de formation qui peinent toujours à transformer leurs diplômés en emplois durables, plusieurs États africains, dont le Bénin, misent sur la modernisation de leurs facultés de santé.

Le gouvernement béninois poursuit la modernisation de sa formation médicale, dans un contexte de pénurie de personnel de santé en Afrique. Dans ce dynamisme, la ministre de l’Enseignement supérieur, Sèdami Médégan Fagla (photo, à gauche), a reçu le représentant de l’OMS, Jean Kouamé Konan (photo, à droite), le mardi 16 juin. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération entre l’institution spécialisée des Nations unies et la République du Bénin.

De la lecture optique à l’intelligence artificielle 

Le pays dispose déjà d’un centre de correction par lecture optique (CCLO) installé en 2025 à la Faculté des sciences de santé (FSS) de l’université d’Abomey-Calavi. Un second centre fonctionne à Parakou. D’après les autorités, l’équipement est capable de traiter 7 500 copies d’examen par heure. Le Bénin devient le troisième en Afrique de l’Ouest francophone à adopter cette technologie, après la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Le gouvernement envisage l’extension du CCLO à d’autres départements universitaires en plus de la création d’un centre virtuel de documentation scientifique donnant accès aux bases de données de l’OMS. Le représentant onusien a mentionné le soutien aux écoles paramédicales et l’expansion des laboratoires de simulation en santé.

Le paradoxe formation médicale-emploi en Afrique 

Cette coopération s’aligne sur la Stratégie de coopération OMS–Bénin 2023-2027. Le financement du CCLO, estimé à 100 000 dollars, répond à une hausse annuelle d’environ 1000 étudiants à la FSS. Mais le défi reste continental. Selon le rapport « State of the Health Workforce in Africa 2026: Plan. Train. Retain » de l’OMS, l’Afrique ne dispose que de 46 % des effectifs de santé nécessaires. Le ratio varie de 0,25 pour 1000 habitants au Niger à 9,15 aux Seychelles. Le rapport relève aussi des faiblesses qualitatives allant d’un diagnostic correct dans 62 % des cas à un traitement approprié dans 40 %.

Dans cette conjoncture, près de 46 % des agents envisagent de migrer. L’absentéisme ferait perdre jusqu’à 20 % de la masse salariale, selon la même source. Pourtant, chaque dollar investi dans le personnel de santé peut rapporter dix fois son montant. Les retombées socio-économiques élargies pourraient atteindre trente fois la mise initiale, précise l’institution de santé.

Une feuille de route continentale 

La pénurie de personnel de santé reste l’un des principaux défis pour les systèmes africains. Selon l’OMS, les effectifs sont passés de 4,3 millions en 2018 à 5,72 millions en 2024. Malgré cette hausse, 943 000 professionnels formés restaient sans emploi la même année. Le même rapport précise que pour réduire l’écart, les pays devraient accroître leurs dépenses d’environ 4 dollars par habitant chaque année. Ils devraient aussi relever leurs budgets de santé de 15 % par an.

En novembre 2025, les États membres de l’Union africaine et plusieurs universités se sont réunis à Pretoria. Ils ont adopté les grandes priorités de l’Africa Health Workforce Agenda 2026-2035. Ces priorités portent sur la gouvernance, la modernisation de la formation, l’amélioration de l’emploi des diplômés, la mobilisation de financements et la collecte de données fiables. Cette feuille de route est censée être « entérinée en 2026 ».

L’OMS a aussi révisé ses projections de pénurie pour 2030. Elle estime désormais le déficit à 5,85 millions de travailleurs, contre 6,1 millions auparavant. Le Bénin, comme les autres pays africains, devra traduire ces orientations en politiques concrètes pour renforcer durablement son système de santé.

Félicien Houindo Lokossou

Lire aussi:

02/03/2023 - Le Bénin ouvre 2 filières de formation en médecine d’urgence, les premières du pays

Sur le même thème
La flambée d’Ebola en Afrique centrale reste caractérisée par une forte concentration des cas en RDC, où la progression de la transmission s’ajoute aux...
Cette semaine en Afrique : L'OMS publie un guide sur le cancer du sein pour les soins primaires, et le Burkina Faso distribue 15 millions...
Partenaire de la 8e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), Neemba Burkina veut renforcer son ancrage dans la chaîne...
Dans une Afrique où quelques grandes plateformes concentrent une part importante des correspondances internationales, Kampala cherche à faire émerger une alternative à l’Est. Uganda...