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Prix des métaux : les précieux à la fête, les industriels en demi-teinte à mi-2025 (partie 1/2)

  • Date de création: 15 juillet 2025 08:23

(Agence Ecofin) - Tirés vers le haut par des tensions politiques et géopolitiques, ou freinés par une offre excédentaire, les prix des produits miniers ont eu des destins différents à la fin du premier semestre 2025. Cette première partie est dédiée aux principaux métaux industriels, à l’exception des minéraux critiques, et aux métaux précieux.

Les prix des métaux et minéraux industriels sont restés relativement stables au premier semestre 2025. C’est ce qui ressort d’un document publié le 2 juillet par la Banque mondiale et dont l’analyse montre des disparités entre matières premières, comme la progression de l’étain et du cuivre, ainsi que le recul du minerai de fer. A contrario, l’indice des prix des métaux précieux confirme la flambée de ces derniers sur les six premiers mois de l’année.

Le Commodity Markets Outlook a déjà souligné que les prix des métaux et minéraux industriels ont enregistré une légère baisse en avril 2025, après de modestes gains au premier trimestre. L’institution de Bretton Woods anticipait alors une baisse de 10 % de l’indice des prix des métaux et minéraux en 2025, après une progression de 3 % en 2024.

Fer et nickel en baisse

Au deuxième trimestre 2025, le prix du minerai de fer a ainsi baissé de 12 % par rapport à la moyenne de 2024, s’échangeant à 95,5 dollars la tonne. Il en va de même pour le nickel, dont le prix moyen (selon la Banque mondiale) est passé de 16 814 dollars la tonne l’année dernière à 15 154 dollars au deuxième trimestre 2025.

La baisse des prix du fer est non seulement liée à une offre abondante, mais aussi à une demande plus faible de la Chine, premier consommateur mondial. Les importations de minerai de fer de la Chine ont par exemple baissé de 5,5 % en glissement annuel sur la période de janvier à avril, tombant à 388 millions de tonnes.

Du côté de la production, la firme de recherche BMI estime qu’elle devrait rester solide cette année au Brésil et en Australie, les principales régions de production, alors qu’une nouvelle offre se profile bientôt en Guinée avec le gisement Simandou. Le brésilien Vale veut produire entre 325 millions et 335 millions de tonnes, contre 328 millions de tonnes en 2024. Même chose du côté des australiens BHP et Rio Tinto, dont les prévisions de production respectives sont similaires aux performances enregistrées l’année dernière.

Quant au nickel, son prix est principalement en baisse en raison d’une offre excédentaire depuis quelques années désormais. Alimenté surtout par la production indonésienne, ce surplus est passé de 170 000 tonnes en 2023 à 179 000 tonnes un an plus tard, et devrait atteindre un pic à 198 000 tonnes en 2025, d’après l’International Nickel Study Group (INSG). En avril, la Banque mondiale prévoyait un prix moyen de 15 800 dollars la tonne pour le nickel en 2025, contre 95 dollars la tonne pour le minerai de fer.

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Etain

Cuivre et étain en hausse

Depuis le début de l’année, les prix du cuivre sont influencés en partie par la politique commerciale américaine. Mardi dernier, le président Donald Trump a par exemple promis des droits de douane de 50 % sur le cuivre importé aux États-Unis, annonce qui a renforcé l’écart entre les prix du métal rouge à Londres (LME) et à New York (CME).

D’après Benchmark Mineral Intelligence, l’arbitrage CME/LME a bondi à 2820 $ le lendemain, soit une hausse de 143 % entre le 7 et le 9 juillet. Concrètement, cet arbitrage reflète la prime payée par les acheteurs américains sur le contrat CME par rapport au LME. En occultant la hausse sur le marché américain, la Banque mondiale montre malgré tout une augmentation du prix du cuivre, qui est passé d’une moyenne de 9142 dollars la tonne en 2024 à un prix moyen de 9515 dollars au deuxième trimestre 2025.

« Compte tenu de l'incertitude persistante entourant les droits de douane, la volatilité des prix du cuivre devrait rester élevée. Nous prévoyons une pression à la hausse sur les prix à court terme, en raison du faible niveau des stocks du LME et de la poursuite des expéditions de cuivre vers les États-Unis », avertissent les analystes de S&P Global Commodity Insights, qui anticipent un prix moyen de 9394 dollars la tonne pour le cuivre en 2025.

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Cuivre

À 32 363 dollars la tonne, l’étain affiche aussi un prix en hausse de plus de 7 % au deuxième trimestre 2025, par rapport à la moyenne de 2024. Alors que la fermeture temporaire de la plus grande mine congolaise a accentué la pression sur l’offre entre mars et avril, portant les prix à près de 36 000 dollars, un sommet inégalé depuis juin 2022, l’accalmie est revenue depuis. Selon la Banque mondiale, le prix moyen de l’étain en 2025 devrait être de 31 000 dollars la tonne.

L’aluminium a enregistré un gain modeste, avec un prix moyen de 2449 dollars la tonne fin juin 2025, contre 2419 dollars en 2024. Après avoir perdu 7 % au premier trimestre 2025, le zinc a reculé à 2640 dollars la tonne au trimestre suivant, contre 2776 dollars en moyenne l’année dernière. Tout comme le plomb qui s’est échangé à 1945 dollars au deuxième trimestre 2025, contre un prix moyen de 2069 dollars en 2024.

Or, platine et argent, grands gagnants du début d’année

La flambée de l’or sur les marchés est au cœur de l’actualité des métaux précieux cette année. Depuis janvier, le prix du métal jaune a progressé de 30 % environ, soit autant que sur toute l’année dernière. Comme en 2024, l’or profite d’une demande soutenue (+1% en glissement annuel au premier trimestre 2025), face aux risques géopolitiques croissants. Selon plusieurs analystes, le prix actuel d’environ 3300 dollars l’once peut encore augmenter, avec des prévisions de 3675 dollars pour J.P. Morgan d’ici la fin de l’année, contre 3700 dollars chez Goldman Sachs.

Dans le sillage du métal jaune, l’argent a aussi fortement progressé depuis le début de l’année. Vendredi 11 juillet, les contrats pour livraison en septembre ont atteint un record inégalé depuis 2011, à 39 dollars l’once. Le ratio or/argent, qui indique le nombre d’onces d’argent qu'il faut pour acquérir une once d’or, a en parallèle baissé ces dernières semaines, témoignant d’un écart qui se resserre entre les hausses des prix des deux métaux précieux. La cible de 40 dollars l’once d’argent prévue par la banque Citi d’ici 2026 est plus que jamais proche.

Notons enfin la progression du platine, dont l’once est passée de 955 dollars en moyenne en 2024, à 1063 dollars au deuxième trimestre 2025. Son prix a d’ailleurs flambé en juin, avec une moyenne mensuelle de 1251 dollars selon la Banque mondiale. En réalité, le métal a même atteint un pic de 1432 dollars fin juin, soit un record inégalé depuis 11 ans et une hausse de 40 % en six mois.

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Platine

Le bond des cours s’explique par une demande spéculative accrue, notamment aux États-Unis où la fin annoncée des subventions aux véhicules électriques pousse les constructeurs à revenir vers des moteurs hybrides plus gourmands en platine, souligne le site Investing News Network. En Chine les joailliers, confrontés à un prix de l’or record, se tournent vers le platine. Dans le même temps, l’offre sud-africaine reste limitée et présage un troisième déficit annuel consécutif. Pour la suite, des analystes relayés par Reuters restent prudents sur la poursuite du rallye, estimant que les prix du platine ont désormais peu de marge de progression.

Emiliano Tossou

Lire aussi:

02/05/2025 - Recul attendu des prix de l’énergie, des métaux et des aliments en 2025 et en 2026 (BM)

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