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Au Gabon, l’État veut former des chômeurs pour répondre aux besoins de l’école

Au Gabon, l’État veut former des chômeurs pour répondre aux besoins de l’école
  • Date de création: 18 septembre 2026 18:32

(Agence Ecofin) - Dans les pays en développement, combler les déficits en personnel enseignant reste un défi qui dépasse le seul cadre budgétaire. La manière dont les États mobilisent et qualifient les ressources humaines disponibles détermine souvent la portée réelle des politiques éducatives.

Le lundi 14 septembre à Libreville, la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, a reçu des membres du Mouvement national des visionnaires du Gabon (MNVG). La rencontre visait à explorer des solutions transitoires pour ces demandeurs d’emploi, en attendant de possibles intégrations définitives dans la Fonction publique. Elle fait suite à une promesse du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, formulée il y a deux ans.

Parmi les pistes examinées figurent des parcours de formation destinés à orienter ces candidats aux profils hétérogènes vers les métiers de l’éducation. « Nous devons examiner dans la sérénité les dossiers qui ont été affectés au ministère de l’Éducation nationale pour une éventuelle intégration à la Fonction publique », a déclaré la ministre.

D’après la presse locale, le dispositif repose sur une formation transversale. Les profils scientifiques et techniques intégreront l’Institut de formation et de développement personnel (IFDP) pour un parcours de 18 mois en alternance. Les titulaires d’une licence ou d’un master rejoindront l’Institut de formation aux métiers de l’éducation (IFME), ex-École normale supérieure, pour se préparer à enseigner dans les lycées et collèges. Ces orientations interviennent dans un contexte de pénurie chronique d’enseignants.

Un système éducatif sous forte pression

Le ministère estimait en 2025 à environ 1 347 le nombre d’enseignants manquants dans les établissements publics gabonais, dont près de 900 dans les disciplines scientifiques. En 2024, certaines classes de Libreville accueillaient jusqu’à 130 élèves faute de personnel suffisant. À cette pénurie s’ajoutaient des dossiers administratifs non traités, notamment ceux d’enseignants totalisant plus de vingt ans de service sans titularisation, des arriérés de salaires impayés et des bénévoles qui n’étaient pas encore pris en charge sur la solde.

Ces tensions ont alimenté une grève déclenchée en décembre 2025. Un mois plus tard, une commission tripartite réunissant les ministères de l’Éducation nationale, de la Fonction publique et du Budget a été mise en place par le gouvernement. Un protocole d’accord a permis la suspension du mouvement et engagé l’exécutif à prendre plusieurs mesures concrètes.

La mise en œuvre a suivi. En janvier 2026, 1 810 anciens bénévoles ont reçu leurs certificats de fin de formation à l’Institut de formation de l’enseignement technique et professionnel (IFETP). Au 25 février, 609 situations administratives avaient été régularisées. Ces avancées n’ont pas pour autant résorbé le déficit d’effectifs documenté par le ministère.

Félicien Houindo Lokossou

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