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Gabon : des diplômés sans poste forcent le dialogue avec le gouvernement 

Gabon : des diplômés sans poste forcent le dialogue avec le gouvernement 
  • Date de création: 12 mai 2026 08:53

(Agence Ecofin) - Après plusieurs jours de bras de fer, le Mouvement national des chômeurs du Gabon met fin à sa protestation. Cette suspension n’efface pas pour autant les milliers de dossiers d’intégration en souffrance depuis des années à la Fonction publique.

Le Mouvement national des chômeurs du Gabon (MNCG) a suspendu son mouvement de protestation ce lundi 11 mai à Libreville. Déclenché le mercredi précédent, il portait sur le recrutement et l’intégration à la Fonction publique, selon l’Agence gabonaise de presse (AGP).

À l’issue d’une séance de travail avec les autorités, la coordinatrice du MNCG, Octavie Aboghe Okome, a salué l’ouverture des discussions. Les membres ont pu exposer leurs difficultés accumulées depuis plusieurs années, précise l’AGP. Elle a par ailleurs dénoncé des pratiques attribuées aux anciens responsables du mouvement.

Les autorités ont relevé plusieurs dysfonctionnements internes, notamment des tentatives de désinformation, selon l’AGP. Elles ont néanmoins réaffirmé leur volonté de dialogue. « Nous repartons avec l’espoir qu’en tant que mère, elle prendra le temps de réfléchir et de chercher une solution pour ses enfants », a déclaré madame Okome. En attendant, le MNCG maintient les échanges avec les autorités compétentes, l’objectif étant une résolution progressive des revendications.

Le secteur éducatif gabonais traverse une période de turbulences sociales. Depuis décembre 2025, le Syndicat de l’Éducation Nationale (SENA) et le Syndicat national de l’Enseignement technique et professionnel (SYNETECPRO) mènent une grève pour exiger la régularisation des carrières gelées depuis 2015. Face à cette pression, le gouvernement s’est engagé à traiter près de 4000 situations administratives en suspens, avec des premiers effets financiers attendus dès la fin du mois suivant cet engagement.

Cette crise sociale s’inscrit dans un contexte plus large de blocage des recrutements, qui laisse des milliers de dossiers en attente, pesant directement sur l’emploi des jeunes. Le chômage des moins de 35 ans atteignait 34,5 % il y a deux ans.

Pour rappel, en août 2024, le président Brice Clotaire Oligui Nguéma avait reçu une délégation du MNCG au Palais présidentiel et pris plusieurs engagements formels. Il promettait alors 1500 postes budgétaires dans la santé et l’éducation, 2000 emplois dans les stations-service et 150 postes chez Foberd-Gabon. Deux ans plus tard, ces engagements sont restés largement sans suite.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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