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En Afrique, la ceinture cacaoyère sous la menace d’une hausse des températures

  • Date de création: 17 février 2025 15:36

(Agence Ecofin) - En Afrique, le cacao est principalement produit dans les sous-régions de l’Ouest et du Centre. Si ces deux régions n’ont pas la même importance dans l’industrie mondiale, elles doivent faire face à une menace commune : le changement climatique.

Au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Cameroun, la durabilité de la culture de cacao est de plus en plus menacée par des périodes plus intenses de chaleur. C’est ce qu’indique le centre de recherche indépendant Climate Central.

Dans son rapport « Climate change is heating up West Africa's cocoa belt » publié le mercredi 12 février, l’organisation se base sur des données collectées entre 2015 et 2024 dans 44 zones de production de l’or brun.

D’après ses conclusions, le changement climatique a provoqué une période de six semaines de jours avec des températures au-dessus de 32°C dans 70% des zones de production de cacao dans les nations concernées durant l’année 2024.

Cette température dépasse déjà la moyenne maximale quotidienne tolérable comprise entre 30°C et 32°C et implique pour les arbres, plus de stress hydrique, une perturbation du développement des fleurs et par extension des rendements plus faibles.  

Image cacao

Si l’année cacaoyère s’étend de manière ordinaire d’octobre à septembre, les auteurs précisent que c’est surtout la campagne principale qui est frappée.

Comprise entre octobre et mars et comptant pour 60 et 80 % de la taille globale de la récolte selon les pays, cette période cruciale a connu plus de jours de chaleur extrême dans 87 % des zones étudiées.

Dans les détails, les auteurs notent qu’il y a maintenant au moins trois semaines de plus par an où la température dépasse 32°C en Côte d'Ivoire et au Ghana. Au Cameroun, la hausse est d'un peu plus de deux semaines par an alors qu’elle est seulement d’une semaine par an au Nigeria.

D’une manière plus globale, Climate Central rappelle que la hausse de la température n’est qu’une des nombreuses manifestations du changement climatique au niveau de la ceinture cacaoyère qui fournit 70 % de l’offre mondiale.

Hormis la hausse des températures, le cabinet pointe également du doigt des précipitations irrégulières qui perturbent la floraison ainsi que les fortes pluies qui induisent un excès d’humidité et favorisent des maladies comme la pourriture brune des cabosses.

« En juillet 2024, des zones de Côte d’Ivoire ont reçu 40% de pluie en plus par rapport à la normale, inondant les champs et endommageant les cacaoyers alors qu’en décembre aucune pluie n’est tombée dans le pays », constatent les auteurs.    

Il faut noter qu’en 2024, les fortes chaleurs liées au phénomène climatique El Niño, combinées aux maladies des cacaoyers ainsi qu’à l’exploitation minière illégale dans plusieurs zones de la ceinture ont conduit à une forte chute de la production et au plus important déficit en fèves sur le marché mondial en 60 ans. Cette situation a fait flamber les prix avec comme point d’orgue un record de 12 500 $ la tonne le 18 décembre dernier à New York.

Pour la nouvelle campagne 2024/2025, les inquiétudes sur le climat persistent. Avec le manque de pluies dans plusieurs régions productrices en Côte d’Ivoire, certains craignent déjà une récolte intermédiaire plus faible d’avril à septembre prochain.  

Espoir Olodo

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13/02/2025 - Côte d’Ivoire : pourquoi le cacao abonde à nouveau dans les ports

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