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Côte d’Ivoire : pourquoi le cacao abonde à nouveau dans les ports

  • Date de création: 13 février 2025 14:48

(Agence Ecofin) - La Côte d’Ivoire fournit 40 % de l’offre mondiale de cacao. Dans le pays, les autorités ont mis les bouchées doubles pour améliorer la commercialisation intérieure depuis le début de la nouvelle campagne 2024/2025.

En Côte d’Ivoire, les arrivées de cacao vers les ports d’Abidjan et de San Pedro ont atteint 1,32 million de tonnes entre le début de la campagne en octobre dernier et le 9 février, selon les données des exportateurs, relayées par Reuters. Il s’agit d’un volume en hausse de 21 % par rapport à l’année dernière à la même période.

Interrogé par l’Agence Ecofin, Ousmane Attai, consultant indépendant dans le cacao, souligne que cette amélioration est le résultat de plusieurs interventions des autorités, notamment la lutte renforcée contre la rétention de stocks dans les bassins de production, qui empêchait la circulation du flux de cacao vers les débouchés d’exportation.

Avec la baisse de la production ivoirienne enregistrée l’année dernière et la rareté des fèves sur le marché, cette pratique illégale permettait aux acteurs impliqués d’exiger un montant au-delà du prix garanti pour livrer leurs cargaisons (surpaiement) aux exportateurs qui avaient des contrats à honorer.

Selon la règlementation en vigueur dans la filière, les acheteurs et les sociétés coopératives doivent céder leurs cargaisons dans un délai maximum de 21 jours.

« Les acteurs gardaient le cacao en stock pour spéculer sur les cours en obtenant un surpaiement ou en confiant cela aux réseaux clandestins qui font sortir le cacao vers le Liberia et la Guinée. Mais il y a désormais une traque aux fraudeurs lancée par le CCC. Les magasins des acheteurs sont répertoriés. Dès que les stocks atteignent la limite, il y a une obligation de convoyer du cacao vers les ports », explique l’expert.

Sur un tout autre plan, M. Attai indique que l’augmentation des stocks disponibles vers les ports est une preuve que les efforts déployés par les autorités pour resserrer l’étau autour des réseaux de contrebandiers commencent à porter leurs fruits. S’il est vrai que depuis le début de la saison, entre 50 000 et 75 000 tonnes de cacao ivoirien ont frauduleusement quitté le pays, il estime que les récentes arrestations ont probablement dissuadé les complices au sommet de l’administration et limité les sorties supplémentaires de fèves.

Le 14 janvier dernier, le chef d’état-major de l’armée ivoirienne avait suspendu le préfet, le commissaire de police, le chef du détachement des forces armées, le commandant de la brigade de gendarmerie et le chef du bureau des douanes dans la ville frontalière de Sipilou proche de la Guinée. Ces derniers censés lutter contre le trafic illégal sont accusés de collusion avec les contrebandiers.

« Ces arrestations ont permis de booster un peu les volumes acheminés. Les gens ont pris peur depuis plus d’un mois déjà. L’unité qui traque les contrebandiers […] a lancé un mandat d’arrêt contre les gros bonnets du trafic en Côte d’Ivoire, ce qui a perturbé les opérations clandestines et ralenti l’acheminement de cacao vers les pays voisins », souligne l’analyste.

Plus globalement, l’embellie au niveau de la commercialisation contraste avec les craintes qui règnent actuellement au niveau de la récolte intermédiaire qui doit débuter en avril prochain.

Avec l’absence de pluies signalées dans la plupart des régions productrices de cacao, certains redoutent une pénurie de fèves durant cette petite traite qui compte ordinairement pour le tiers de la récolte globale.

Selon les autorités ivoiriennes, la production de cacao en 2024/2025 est attendue à 1,9 million de tonnes contre des prévisions initiales comprises entre 2,1 et 2,2 millions de tonnes.   

Espoir Olodo

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